ROUTE 48. SAINT-SAUVEUR
Analyse (Filhol 1855).
S. de l'établissement. S.Ilontalade.
Sulfure de sodium ....
Chlorure de sodium . . .
Sulfate de soude
Silicate de soude
» de chaux
» de magnésie. . .
*> d’aluiuine
» de potasse
Matière organique
Iode
Acide borique
Borate de soude
Azote
gr-
gr.
traces
traces
traces
traces
q. not.
q. not.
Règlement des thermes. Il est affiche dans tous les établissements. Le prix des bains et douches est de t fr 20 c •
la durée du bain, de i b. ’
Bibliographie. Fabas.Lettressurl’action des eaux de Saint- Sauveur.... mg — Aperçu sur les propriétés des eaux sulr. de Saint-Sauveur.... igçp. pilhol. Eaux minérales des Pyrénées, Paris I853 )n-i2. — 0. Henry, Bulletin de 1 Academie de médecine, mai 1 855. Bédouin .- des eaux de Saint-Sauveur Paris 1858, in-8.
Promenades.
« Au bout du village, les sentiers sinueux du jardin anglais descendent jusqu’au Gave, dit M. Taineun frêle pont de bois traverse ses eaux d’un bleu terni, et l’on remonte le long d’un champ de millet jusqu’au chemin de Sia. Le flanc de ce chemin s’enfonce à 600 pieds, rayé de ravines; au fond de l’abîme , le Gave se tord dans un corridor de roches que le soleil de midi n’atteint qu’à peine; la pente est si ra-
pide qu’en plusieurs endroils on ne l’aperçoit pas; le précipice est si profond que son mugissement arrive comme un murmure. Il disparaît sous les corniches et bouillonne dans les cavernes; à chaque pas il blanchit d’écume la pierre lisse.
Son allure tourmentée , ses soubresauts furieux , ses reflets noirs et livides, donnent l’idée d’un serpent écumant et blessé. Mais le plus étrange spectacle est celui de la muraille de roches qui fait face : la montagne a été fendue perpendiculairement comme par une immense épée , et l’on dirait qu'ensuite des mains acharnées et plus faibles ont mutilé cette première entaille. Du sommet jusqu’au Gave, la roche a la couleur du bois mort écorcé: le prodigieux tronc d’arbre, fendillé et déchiqueté, semble moisir là depuis des siècles: l’eau suinte dans ses déchirures noircies comme dans celles d’un bloc vermoulu; il est jauni de mousses semblables à celles qui végètent dans la pourriture des chênes humides. Ses blessures ont les teintes brunes et veinées qu’on voit aux anciennes plaies des arbres.
C’est vraiment une poutre pétrifiée, débris de Babel.
« Les géologues sont heureux; ils expriment tout cela, et bien d’autres choses encore , en disant que le roc est schisteux. »
Vis-à-vis de l’établissement thermal, s’ouvre une rampe, un peu rude d’abord , mais plus douce vers le sommet , qui conduit au plateau de Belle vue, d’où l’on découvre Saint- Sauveur, la gorge du Gave, les flancs escarpés dù pic de Bergons et la vallée du Bastan, qui remonte à l’E. vers Baréges.
Le chemin de Sassis est aussi une agréable promenade. De ce che-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
min, ombragé de chênes et de hêtres, on domine toute la vallée île Lue comme du sommet d'une énorme muraille; à mesure qu’on approehe du village de Sassis, on voit se dérouler l’un après l’autre tous les points de vue du bassftt, la ville de Luz dominée par ses deux vieilles tours, l’eau du Bastan blanche d’écume, et les noyers touffus épars au milieu des prairies.
Au delà de Sassis et de Sazos (V.
R. 46), près de l’embouchure du torrent qui descend du lac d’Ardiden, le sentier vient aboutir à la route de Luz à Pierrefitte (V. R. 4T). On suit la route pendant 2 kil. jusqu’au pont de la Hiladère, puis on monte à g.
à la base du pic de Viscos, si l’on veut aller à Viscos, v. de 147 hab., situé à 6 kil. de Saint-Sauveur.
La promenade la plus fréquentée par les baigneurs de Saint-Sauveur est la route de Luz (V. page 293).
Au delà de la chapelle du village, un sentier qui traverse de petits ruisseaux, dont les petites chutes sont aussi agréables à voir qu’à écouter, conduit dans les montagnes et jusqu’au pont de Sia ; il n’est praticable qu’à pied et assez difficile.
Du haut de l’ermitage de Saint- Pierre (V. Luz) , on jouit aussi d’une vue magnifique.
la route de Gavarnie, le pas de l’Échelle, le pont de Sia, Pragnères, Gèdre, etc., sont décrits dans la route 49.
EAUX DE VISCOS.
A 2 kil. de Luz, sur le penchant du pic de Sardey ,.à 1 kil. à peuprès du v. de Viscos (V. page 289), jaillit une source minérale qui nécessite une mention particulière.
Fau froide, sulfureuse.
Connue de tout temps des gens du pays.
Emergence : D’un schiste calcaire.
Une source.
Débit en 24 h. : Peu abondant.
Température : 11°.
Caractères particuliers : Eau limpide, odeur sulfhydrique, contenant beaucoup de barégine , dans laquelle l’analyse montre 1’existeüce du bitume.
Emploi : En bains ou lotions sur les plaies; son usage est fort peu répandu.
Situation : 100 mèt. au-dessus du village de Visos.
Effets physiologiques i Cette eau passe pour détersive et cicatrisante ; elle a sans doute d autres propriétés qüi ne lui sont pas communes, comme celles-là, avec toutes les eaux minérales ou non.
Classification chimique : Eau sulfurée à base de soude ?
L’auteur de l’analyse suivante pense qu’elle aurait besoin d’être vérifiée par un nouveau travail.
Analyse (Bcrtrd, de Montpellier.)
Eau 10 kil.
Br-
Carbonate de chaux 1,247
» de magnésie. .... . 0,2$6
» de soude et Chlorure de sodium., quantmin.
Sulfate de chaux 0,490
» de magnésie........ 0,050
Chlorure de calcium 0,180
Substance organ. barégine bitumih o,34o
Gaz sulfhjdrique combiné probablement
avec la soude quant, indét.
Ac. carbonique libre. .. quant, pl. forte.
Bibliographie : Filbol, eaux minérales des Pyrénées.