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ROUTE 48. EXCURSIONS. — LE PIC DE BERGONS

EXCURSIONS

Le pio de Bergons.

A. Fivin M VUltMtë.

3 h. pour monter, 2 h. pour descendre.

On arrive facilement à cheval jusqu’au sommet. Guide, 5 fr.; cheval, S Fr.; chaise à porteurs, 20 fr.

Au lieu d’escalader la montagne immédiatement vis-à-vis de Saint- Sauveur , on contourne sa base et on la gravit parle N. E. De ce côté, un ruisseau, appelé la Lise , prend sa source dans les neiges du Bugaret, longe la montagne de Bergons et vient se jeter dans le Gave par le bassin de Luz. En sortant de Luz, on traverse le hameau de Villenate (798 mèt.); puis on s’élève lentement par les molles prairies de YEstibe de Luz, qui s’étendent sur les bords du ruisseau de la Lise; on tourne ensuite àdr. , et un sentier de plus eu plus roide, mais néanmoins très-praticable pour les chevaux, monte jusqu’au sommet du pic.

B, Par Nutnt’Sauveur.

3 h. à la montée, 2 h. I la descente.

Sentier de piéton.

Vis-à-vis du village, les flancs du pic de Bergons sont assez escarpés , mais l’ascension n’oflre cependant pas de difficultés sérieuses; ce n’est que plus au 8., près du pas de l’Echelle , que le Bergons devient vraiment inaccessible. Après avoir traversé le Gave sur le pont Gontaud , on passe au milieu des petits champs de Cabanious et l’on se dirige vers le plateau de Bué, situé au-dessus de l’ermitage de Saint- Pierre, sur le versant N. O. du Bergons; do là, on voit parfaitement YEstibe de Luz et le vallon de la Lise s’élevant jusqu’aux crêtes

du Bugaret. On n’a plus qu’à gravir un petit mamelon, et on se trouve sur la cime du Bergons, à 2112 mèt. d’altitude.

Le pic de Bergons est presque isolé de toutes les autres montagnes :

à l’O. par la gorge du Gave de Pau, au S. par le Gave <le Pragnères, au N. O. par la Lise; sa masse granitique forme donc une espèce de pyramide triangulaire et ne se rattache à la masse de Néouvielle que par l’isthme étroit du Maucapera (mauvais moine), dont le point le plus élevé a 2592 mèt.

De toutes les montagnes des Pyrénées, le Bergons est le belvédère le plus favorable pour observer la grande chaîne calcaire; car tous les sommets, depuis le Vignemale jusqu’à Troumouse, décrivent un arc de circonférence parfait dont il occupe le centre.

« A g., dit M. de Chausenquej se dressent les deux cônes égaux du Brada, laissant entre eux une porta gigantesque, que les paysans appellent fourche du Brada. En face se dresse le cône de Coumilie , sur le sommet duquel semble s’élever un second cône, celui du Mont- Perdu. Tout à côté, vers la dr. , la tour énorme du Cylindre apparaît immédiatement au-dessus de l’aiguille du Piméné. Plus à I’O.

s’étend cette haute plate-forme, chargée de glaciers , dont l’extrémité est le troisième de ces points culminants qui, vus plus distinctement d’Espagne, y ont reçu le nom de las Très Sorellas. L’amphi- f théâtre du Marboré se présente ensuite tout entier, depuis le fond du cirque où la cascade de Gararnie apparaît comme un ruban vertical, jusqu’aux Tours, à la muraille supérieure, et jusqu’à la brèche ouverte

par l’épée merveilleuse de Roland , avec les terrasses brillantes qui composent ses gigantesques gradins.

Plus loin, la masse arrondie du Taillon, blanchie par étages, verse encore quelques glaciers dans le vallon du port, et les hauteurs plus humbles des Tourettes terminent la partie visible de la crête calcaire. . .

« A dr. , on saisit aussi dans leur ensemble les sommités granitiques du chaînon de Saint-Sauveur.

Au-dessus des bois qui recouvrent ses bases et de la zone aride qui leur succède, on ne voit que des crêtes dentelées et des pics drapés de neige, entremêlés d’immenses débris et couronnés par les fières cimes Ardiden , Candemü , Santche. » (V. du reste le panorama gravé par M. Gérin d’après le dessin de M. Victor Petit.)

Le pic de Bergons joue un grand rôle dans les légendes pyrénéennes.

C’est au milieu de cette montagne , au fond d’une vaste grotte , que les fées ont bâti leur plus magnifique palais ; elles y passent leur temps à filer et à broder-, les paysannes qui découvrent l’entrée de la grotte peuvent y déposer leur lin ; le leifüemain, elles le retrouvent merveilleusement filé.

Le pic d'Aubiste.

k h. de maretie & cause des détours, r.uide, 6 fr.; cheval, 6 fr.; chaises k porteur, k6 fr.

De Saint-Sauveur, on monte sur les riants plateaux de Trazères et A'Aragnouède , qui dominent le village du côté de l’O., puis on gravit la butte du Moura, d’où l’on jouit d’une vue magnifique sur les flancs escarpés du Bergons, la gorge de Sia et les vastes pâturages du Coumélie. Là, laissant

à dr. le petit sentier du val de Bastempe, on se dirige vers le S. à travers des pentes herbeuses et monotones , semées de fragments de granit. Sur le plateau du pic, un petit lac, aux eaux noires, donne naissance au torrent d’Aubiste ; vers le S. s’étend un large vallon de neige; à g., se montre le Cavalier, ainsi nommé à cause de la forme du bloc qui le couronne; à dr.

s'élève l’énorme pyramide du pic d’ Ardiden (2988 mèt.).

Du haut d’Aubiste (2701 mèt.), la vue est très-étendue, surtout vers le S. où se dressent tous les pics de la chaîne calcaire. On voit très-bien le Piméné, le Coumélie, leVignemale, le Casque du Marboré ; àl’E. , on suit toute la ligne des pics, le Brada, le Bugaret, le Bergons. En se retournant vers le N. , on découvre toutes les cimes du groupe de Saint - Sauveur, depuis le pic d’Ardiden jusqu’au pic de Viscos, au pied duquel s’ouvre la vallée d’Argelez.

On peut faire d’autres excursions dans le groupe de Saint-Sauveur:

aux lacs de Bastempe , à celui dUrdiden, aux pics de Laze , Barbede-bouc, etc.; mais la plupart des touristes sont rebutés par les difficultés des sentiers et la désolation des paysages. « S’élevant d’un seul jet des profondeurs du Gave jusqu’aux neiges éternelles, l’ascension de ces montagnes, dit M. de Chausenque, est presque sans repos, et nul site riant n’interrompt la sévérité de l’ensemble. A des pentes nues encombrées d’éboulements, ou à des bois impénétrables, succèdent des talus neigeux et d’âpres crêtes. »

De Saint-Sauveur k Cauterets (Y. R.

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