‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 180 sur 384 · TARIF · texte numérisé non relu

TARIF

Boisson gratuite.

Bains ou douches l fr.

En sus aux baigneurs ou baigneuses qui fournissent le linge » 20 c.

Idem qui ne fournissent pas le linge » lo

Piscine, de S h 8 heures du matin, de 50 c. h t fr., suivant le nombre de baigneurs, qui ne peut excéder 12 personnes.

Pendant le reste de la journée, 25 c.

Barznn.

Eau thermale, sulfureuse.

Connue plus récemment que les eaux de Baréges , dont elle est éloignée d’environ 5û0 mèt.

Une source, appelée S. Barzun, du nom de son propriétaire.

Température : 31°, 2.

Caractères particuliers : Eau limpide , transparente et semblable par ses propriétés physiques aux autres eaux sulfureuses des Pyrénées ; très-gazeuse et dégageant dans le verre beaucoup de bulles composées principalement d’azote, con-

tenant beaucoup de barégine , stable comme celle de Baréges et supportant mieux le transport.

Service médical : Commun à Baréges.

Emploi: Boisson, bains, douches.

Situation : 1200 mèt. environ audessus de la mer.

Climat et saison comme à Baréges.

Effets physiologiques : Eau notablement sédative et hvposthénisante; différant essentiellement de celles de Baréges dans son mode d’action; utile pour préparer les malades à l’usage de ces dernières, ou pour calmer l’excitation trop vive et les accidents thermaux qu’elles ont produits; convenant surtout aux malades dont le système nerveux est irritable; comme boisson, analogue aux Eaux-Bonne^, et à celles de Saint-Sauveur comme effet de sédation.

L’eau de Barzun se transporte en bouteilles.

Classification chimique : Eau sulfurée sodique , avec forte proportion de chlorure alcalin.

Analyse (Boullay et O. Henry.)

Eau i lit.

gr-

Sulfure de sodium 0,033

Chlorure de sodium 0,liT

“ de potassium I lraccs

» de magnésium f

Sulfate de soude ) ....

» de chaux i ’

Carbonate de soude sensib.

Silicate de soude I

Ul IICUIO UV OUUUb •••«••••• I I • ■ I .

Carbonate et silicate de chaux.) °’

Oxyde de fer >

Glairine ou barégine ,..} 0,030

Bibliographie : Filhol , Eaux minérales des Pyrénées.... Paris, 1853, io-12.

330 Itinéraire des Pyrénées.

PROMENADES

L’allée Verte et l’Héritage à Colas.

A la base du pic d’Ayré s’étend une belle forêt de hêtres , sillonnée par des allées dont la pente est assez douce et qui s’élèvent en serpentant jusqu’à une clairière coupant horizontalement toute la forêtf : cette clairière, appelée l'allée Verte , et où des bancs ont été disposés de distance en distance , est à peu près la seule ressource des malades. On y jouit d’une belle vue sur le pic d’Asblançs et sur les ravins des avalanches.

L'Héritage à Cola* est une ferme construite sur un petit plateau à la base du, pic d’Ayré; on y monte par un sentier facile. De ce point, situé à une demi-heure de Baréges, on découvre une assez jolie vue sur la vallée du Bastan et les montagnes de Saint-Sauveur.

Saint-Justin.

Sentier facile. 40 m. pour aller, 30 ni. pour revenir.

On va d’abord aux bains Barzun (Voy. plus haut) , et, passant le pont, on tourne à g. pour prendre un sentier en partie détruit qui traverse un banc de pierres éboulées, puis s’enfonce dans un petit bois où il devient beaucoup plus facile à distinguer, On s’élève ensuite par de nombreux zigzags sur un mamelon situé en face, et bientôt on se trouve au niveau de Saint-Justin.

Ici deux chemins se présentent :

l’un, plus court, mais aussi plus difficile, longe horizontalement le versant de la montagne , au-dessus du Bastan , sur un terrain friable et glissant; l’autre, un peu plus long, continue à monter pendant 5 min.

environ, puis tourne à g. et suit la crête jusqu’à Saint-Justin.

De ce point qui forme un promontoire rocheux entre la vallée de Bastan au S. et celle de Sers à l’O. ,on jouit d’une vue agréable. Outre les deux vallées que l’on domine, on voit aussi en face celle de la Justé, qui , descendue des neiges du Néouvieille, vient fertiliser à son confluent avec le Bastan les charmantes prairies de Betpoey ; à dr.

apparaît le bassin triangulaire de Luz ; à g. on n’aperçoit qu’en partie le vallon de Baréges, caché par la montagne dont Saint-Justin est un contre-fort avancé. Vers le S., l’horizon a pour limites les premières sommités du Bugaret, qui se relie au Bergonz par la longue crête du Brada; à l’O., on découvre bien tout le groupe de Saint- Sauveur, entre autres le pic d’Ardiden, reconnaissable à son long contre-fort arrondi en forme de bosse de chameau.

Au lieu de suivre en redescendant le sentier qu’on a pris pour monter, il vaut mieux revenir à Baréges par la vallée de Sers. On peut côtoyer indifféremment l’une ou l’autre rive du torrent. Si l’on veut passer par le village de Sers, il faut remonter la vallée pendant quelque temps sur le bord de la rive g. , puis traverser le ruisseau et longer la rive dr. jusqu’au village ; de là on regagne la route de Baréges , en face de Betpoey.

EXCURSIONS

Aseension du pic d’Ayré.

Course à pied , à cheval ou en chaise à porteurs; 3 h. de montée, 2 h. de descente. Pour l’ascension, t cheval, 3 fr.; 2 porteurs, 4 fr.; t guide, 3 fr.

On n’a pas besoin de suivre uno

ROUTE 56. BARÈGES. — LE PIC D’aYRÉ.

direction précise pour gravir le pic d’Ayré; seulement il vaut mieux tourner le bois que de le traverser directement.

Le meilleur chemin est celui qui, passant par l’Héritage à Colas et longeant la lisière orientale du bois, gagne les pelouses du Lienz, qui s’étendent au S. jusqu’au chaos deNéouvieille. Un petit torrent descend en filets argentés à travers la prairie et circule au milieu des blocs de granit; plus haut jaillit une petite fontaine , dont l’eau descend en murmurant pour aller se cacher sous les touffes de fraisiers.

De ce point, situé à l’extrémité du plateau, on commence Avoir déjà le Pic du Midi de Bigorre au-dessus des autres montagnes du côté du N.

Aux hêtres succèdent les sapins, qui, dans les Pyrénées, croissent jusqu’à 2000 mèt. de hauteur; mais bientôt on dépasse également la région des sapins, et on atteint une croupe où. les plantes des montagnes, les rhododendrons, les anémones narcisses , les thymélées , croissent à profusion. S’élevant alors sur le flanc de la montagne par un de ces mille sentiers que tracent les' troupeaux , on gagne une large dépression d’où l’on voit très-bien la cime au-dessus des pentes herbeuses ; deux cabanes occupent le centre de ce plateau. Le chemin n’offre aucun danger, et la montagne serait du plus facile accès sans la crête de rochers croulants qui la termine ; la seule difficulté consiste à suivre une arête étroite entre deux précipices descendant brusquement au fond des gorges latérales , dont l’une, le Lienz, montre ses verts gazons, tandis que celle de l’O. est couverte de pierres et de débris.

Du sommet du pic d’Ayré , haut

de 2418 mèt. , on découvre au N.

toutes les montagnes plus rapprochées qui bordent sur sa rive dr. la vallée du Bastan : le Sardetj , aux épaules rembrunies; le roc pourfendu de Pêne -Taillade, visible de vingt lieues ; puis ce chaînon qui , de la butte de Sers, sur la rive dr. du Bastan, monte rapidement au pic d ’Asblancs et se continue , en s’exhaussant toujQurs, jusqu’au plan d'Aube, et au Pic du Midi , dont la tête arrondie annonce de si loin les Pyrénées.

Mais c’est à l’E. que se portent de préférence les regards , sur le colossal Néouvieille , son beau glacier, ses trois pics égaux en hauteur, ses lacs nombreux parsemés à sa base.

De ce côté, jusqu’aux murailles qui soutiennent le glacier, on ne distingue que blocs amoncelés ou rochers croulants. La verdure ne se montre presque nulle part, et des tapis de neige, ou les taches sombres des petits lacs qui s’y sont formés, interrompent seuls la monotonie de l’ensemble. On compte jusqu’à treize de ces lacs ou taquets, qui varient de forme et d’étendue suivant les saisons , et parfois même se dessèchent entièrement ; encore plusieurs restent-ils cachés derrière les crêtes des rochers.

D’après M. de Chausenque , auquel nous empruntons presque tous les détails qui précèdent, le sommet du pic serait formé mi-partie de schiste, mi-partie de granit; la rencontre des deux systèmes aurait lieu justement à la pointe.

On peut redescendre par le vallon du Lienz, qui s’ouvre à l’E., ou par le vallon de la Justé, qui longe la pente occidentale de l’Ayré. La descente par ce dernier vallon demande au moins deux heures et demie.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

Pic de Lien* ou d'Ereslids ou de la Piquette.

2 ou 3 h. de montée ; descente directe,

Aucun chemin tracé ne mène à la cime du pic de Lienz; cependant il est à peu près impossible de se tromper. On se rend d’abord à l’entrée du vallon du Lienz, comme si l’on voulait monter au pic d’Ayré ; puis, passant sur la rive dr. du torrent, on commence aussitôt l’ascension du pic de Lienz, en s’aidant des mille petits sentiers que les troupeaux ont tracés dans tous les sens sur le flanc de la montagne. Après avoir gravi le mamelon inférieur, on se trouve au pied d’une vaste pente gazonnée qui mène jusqu’au sommet : il faut, autant que possible, l’éviter, pour gravir, à dr. ou à g., les escarpements schisteux, dont les anfractuosités offrent aux pieds une base plus solide que le gazon glissant.

Du sommet du pic de Xien»,haut de 2286 mèt. au-dessus de la mer, la vue est à peu près la même que celle de l’Ayré ; cependant elle est peut-être un peu moins étendue.

Du côté de l’O., VAyrê cache le pic de Bergonz , et du côté de TE., l’Escoubous cache également le Néouvieille; on voit aussi moins bien le bassin de Luz. Dans la vallée qui plonge , à l’E. et au S. E. , au-dessous du pic, on découvre les quatre lacs d’Escoubous.

Le pic de Lienz est celui des environs de Baréges qui offre le plus de richesses aux botanistes.

La vallée et le lao d’Escoubous. — Le ool d’Aure.

1 h. 30 m. pour monter au lac , 1 h.

ts m. pour descendre ; 2 h. 30 m. à 3 h.

pourvisiter la vallée elles lacsetmontcr au col d'Aure ; 2 h et 2 h. 30 pour redescendre. Un guiden’est pas indispensable.

N. B. On voit la vallée et le lac d'Escoubous quand on fait l'ascension du Néouvieille.

On remonte d’abord l’ancien chemin du Tourmalet jusqu’à l’entrée de la. vallée d'Escoubous, qui s’ouvre à dr., c’est-à-dire au S., dans la vallée du Bastan, à 3 kil. environ de Baréges, et qui en semble le prolongement naturel; car le torrent qui en sort est plus considérable que celui du Tourmalet. On peut remonter la rive g. de l’Escoubous; toutefois il vaut mieux traverser le Bastan, en longer la rive dr.

pendant 150 pas, et repasser alors sur sa rive g. avant de s’engager dans la vallée d’Escoubous. Le chemin est à peine tracé , mais on ne peut pas s’égarer ; on marche sur les gazons en suivant la rive dr. du Gave. On a à sadr. le versant oriental du pic de Lienz; plus loin, le pic d’Escoubous ; à sa g., le pic Coubère; au fond , la vallée est fermée par la muraille schisteuse qui sert de digue au lac d’Escoubous. A 45 m. environ de Baréges, on atteint quelques misérables huttes de bergers. Là, il faut remonter à g.

de 25 à 30 pas pour trouver un chemin bien tracé qui mène di*ectement au lac. En passant sur la rive g. du Gave, après avoir franchi un affluent descendu à l’E. d’un vallon désolé, on décrit de nombreux zigzags pour gravir l’escarpement le long duquel l’Escoubous fait une longue suite de chutes ; et , cette montée finie , on arrive sur le bord septentrional du lac.

Le lac d’Xacouboui n’a par luimême rien d’intéressant, mais il se trouve situé dans une région telie-

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