‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 181 sur 384 · ROUTE 56. BARÉGES. — LA VALLÉE D’ESCOUBOUS · texte numérisé non relu

ROUTE 56. BARÉGES. — LA VALLÉE D’ESCOUBOUS

ment ruinée, qu’on nous permette cette expression, que les simples touristes ne regretteront pas de l’avoir visité. On ne saurait s’imaginer un paysage plus triste et plus sauvage : c’est le chef-d’œuvre du genre. Quant aux botanistes et aux géologues, ils feront dans cet affreux désert une ample moisson d’échantillons curieux. D’ailleurs , en montant jusqu’au col d’Aure (1 h.

30 m. environ), on découvre un des plus beaux points de vue des environs de Baréges.

a Ce lac , a dit M. Darcet dans son Discours sur l’état des Pyrénées, fut dans les temps passés entouré de rochers ; aujourd’hui toute la partie du N. est à moitié détruite; il n’y reste plus qu’un banc de granit qui est presque au niveau de l’eau. Ceux du levant et du couchant tendent & leur ruine. On trouve des quartiers immenses de ce même granit non roulé, que les éboulements ont portés jusque dans le lac et sur ses bords. Quelque jour même ce lac rompra sa digue, et , si elle s’abîme tout à coup , Baréges sera emporté. • En attendant qu’il soit entraîné, on ne devra pas manquer de gravir le petit monticule qui sert de digue au lac d’Escoubous ; c’est le meilleur observatoire pour contempler ; au N. , la vallée d’Escoubous : à l’E., le vallon latéral à demi rempli des débris du pic Coubére ; au S. , le versant oriental du grand pic de Néouvieille , qu’une série de pics déchirés, et des terrains schisteux s’unissant au granit, relient aux pics d’Escoubous et de Lienz.

Au-dessus du lac d’Escoubous sont trois autres lacs plus petits, le Laquet , le lac de Trassens , où , sur une petite île croissent quelques

arbustes, et le lac Noir, situé à 2195 mût. de hauteur et presque toujours entouré de neige. Une plus grande tristesse règne encore autour de ces nappes d’eau sans verdure. Le rhododendron et l’arbousier ne s’élèvent môme pas jusqu’à ce dernier lac. Les seules plantes que M. de Chausenque y a trouvées sont une petite camarine portant des baies noires insipides, et quelques lis. N. B. Pour trouver ces trois lacs supérieurs, on suivra autant que possible les cours d’eau qui en descendent.

Quand on veut monter au col d’Aure (ascension très-recommandée) , il faut contourner par la dr. le lac d’Escoubous, remonter le torrent qui descend du premier lac supérieur, longer ce lac par la g., puis de là se diriger à peu près en ligne dr. vers le fond du vallon, parallèlement à la crête qui sépare Escoubous de la vallée de la Glaire.

Le sentier est si peu tracé qu’on est souvent obligé de le chercher; près du dernier lac il devient plus distinct. D’ailleurs on voit le col d’où les pierres s’écartent et où la flore alpine, charme du botaniste , se révèle sur un gazon serré qu’émaillent de vives couleurs.

Le col d' Aure, situé à près de 2500 met. au-dessus du niveau de la mer, sépare la vallée d’Escoubous de la vallée de Couplan , une des principales vallées latérales de la vallée d’Aure.

On découvre enyarrivantun admirable point de vue. Derrière soi , on a toute la vallée d’Escoubous; àsag. , les pics peu élevés qui forment le massif de l’Arbizon; à sa dr. , les deux pics du Néouvieille et leurs immenses champs de neige; à ses pieds, au bas d’une pente rapide, deux lacs séparés par un isthme de

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

verdure , 16 lac Dobert et le lac Domar, de vastes forêts de sapins qui s’enfoncent dans les profondeurs de la vallée de Couplan , et au fond les cimes éloignées de la Pez et de Clarbide resplendissantes de glaciers.

Du col d’Aure on peut descendre en 1 h. au lac Dobert (V. R. 57), qui n’estqu’à3h.d’Âragnouet (V. R. 61).

Si l’on ne veut pas revenir à 8aréges par le même chemin , on peut passer de la vallée d’Ëscoubousdans celle de la Glaire, par l’une des nombreuses brèches que le temps a pratiquées dans la crête schisteuse qtii les sépare. On allonge sa course de 1 h. 1/2 environ. Voir le paragraphe suivant pour la vallée de la Glaire.

La vallée de la Blaire et ees lacs.

l h. l/2 ou 2 h. jusqu’au lae de la Glaire, i h. 1/2 de retour, 2 h. pour visiter les autres lacs.

Le lac, de la Glaire se trouvant situé au S. de Baréges, à l’extrémité supérieure de la vallée du Lienz, il suffit, jiour aller le visiter, de suivre le torrent qui ilçscend de cette vallée , en remontant la rive g. ; les sentiers sont à peine tracés , mais les pentes ne sont pas assez fortes pour rendre la marche difficile. À une certaine distance de l’entrée de la vallée , le torrent se resserre entre les rochers; la rive g. que l’on côtoie est encombrée des débris éboulés du pic d’Ayré; il faut alors traverser le Gave en sautant de rocher en rocher. Sur la rive dr. on retrouve un sentier facile ; mais , après avoir dépassé une petite cabane, oh est de nouveau obligé de franchir le torrent. Bientôt après on arrive au lac de la Glaire, le premier et le plus con-

sidérable des nombreux lacs du vallon. Ce lac n’est pas plus remarquable par lui-même que celui d’Escoubous , mais il se trouve situé dans une région encore plus affreuse et plus désolée. Les débris amoncelés sur ses bords forment un chaos plus effrayant que celui de Gavarnie.

En remontant les petits torrents qui se jettent dans le lac de la Glaire, et en escaladant les entassements de blocs écroulés, au milieu desquels ils se frayent un passage , on atteindra bientôt les bords du lac supérieur. Plus haut, on découvrira lçs autres lacs par le même procédé, car toutes çes flaques d’eaü occupent les enfoncements de gradins superposés : c’est un gigantesque escalier de lacs appuyé sur la base du Néotivieille, ui se dresse vers le ë. E. , couvert e neiges éblouissantes.

On peut assez facilement franchir un petit col qui s’élève an S.

O. entre la base du NéouvieiUe et le Bugaret, et descendre dans la vallée de Pragnères. De là, il suffira de 1 h. 1/2 où 2 h. de marche pour atteindre Pragnères , sur la route de Saint-Sauveur à Gavarnie (V. R. 49).

Pour revenir à Baréges , on peut s’élever à dr. sur les hauteurs qui séparent la vallée de Lienz dé celle d’Escoubous, et revenir par cette dernière vallée. En ce cas, le retour demandera environ 3 h.

Le vallon de la J us té offre également une descente facile. En effet, ce vallon prend son origine tout près du lac de la Glaire , en sorte que le pic d’Ayré est parfaitement isolé de toutes les autres montagnes par trois vallées disposées en triangle :

au N., celle du Bastaq; au 5. E., celle du Lienz; aù S. O., celle de

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