‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 234 sur 384 · L’ÉTABLISSEMENT THERMAL · texte numérisé non relu

L’ÉTABLISSEMENT THERMAL

« L’établissement thermal, construit par MM. François et Chambert, a , dit M. Ernest Lambron , 97 mèt. de façade sur 53 mèt. de profondeur, couvre une superficie de 5141 mèt.

carrés, et renferme tous les modes balnéaires connus jusqu’à ce jour, de manière à ne rien laisser à désirer pour une parfaite administration des eaux. La disposition générale est si bien coordonnée , que le malade, dès son entrée dans l’établissement, passe successivement, pour se rendre dans sa baignoire r par une atmosphère de plus en plus chaude et riche en principes sulfureux, et qu’au sortir du bain, au contraire, il voit décroître peu à peu ces conditions, de sorte qu’il arrive au dehors et regagne sa demeure sans transition brusque et dangereuse. A chaque ronde de bain, c’est-à-dire de cinq quarts d’heure en cinq quarts d’heure, il est mis à la disposition des malades 102 baignoires, pourvues chacune d’une douche locale ; 20 à 30 places dans les petites piscines, et 30 dans la piscine de natation; 5 grandes douches; 30 douches descendantes tombant dans autant de baignoires ; des étuves et des bains de vapeur pour 40 malades, etc., etc. *

Cet édifice ne se distingue aucunement par sa beauté architecturale, et ressemble plutôt à un entrepôt qu’à un palais des thermes.

La façade se compose de cinq pavillons juxtaposés et précédés d’un péristyle à massives et basses colonnes de marbre blanc. Le pavillon du milieu forme un vestibule et donne accès dans une grande galerie ou salle des pas perdus , qui se termine par un grand escalier.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

Les parois de cette salle sont décorées de fresques dues à M. Romain Caze, et souvent critiquées.

D’après M. Nérée Boubée, la peinture allégorique située au-dessus du grand escalier a est d’un style vraiment magistral. Le premier personnage placé à g. du spectateur est le Génie des sources découvrant les eaux et les montrant à la Chimie qui les analyse; sur celle-ci s’appuie la Médecine.... Plus loin, écoutant leurs conseils, l’Architecture trace les plans d’un édifice digne d’abriter ces eaux salutaires. Aux deux extrémités du tableau, on voit les Génies des arts et des sciences. Ils sont de bien petite taille ; l’artiste n-l-il voulu donner à entendre que les arts et les sciences sont peu cultivés à Luchon? »

Deux galeries longitudinales, appelées galerie antérieure ou des salles de bain et galerie du fond ou des douches, coupent la salle des pas perdus à angle droit, de sorte (fue l’établissement est partagé en six compartiments. Entre les deux compartiments du fond, le grand escalier conduit aux réservoirs d’eau sulfureuse et au palier des buvettes, situé sur la face postérieure de l’édifice. Là , on se trouve à la base de la montagne, dans laquelle on pénètre pour suivre les galeries souterraines dont plusieurs sont taillées dans le granit-, elles ont ensemble près de 1000 mèt. de dévelo]>pement.

N. B. C’est dans l’établissement thermal que se trouve le relief des Pyrénées exécuté par M. Lézat (V.

LFS EAOX.

A. Eau thermale sulfureuse.

B. Eau thermale saline -(sulfureuse dégénérée).

Ç, Eau froide saline.

D. Eau thermale ferrugineuse.

Connues dès l’époque romaine.

Émergence : Pour la plupart , du terrain primitif, granité, peg matité grenatitëre, schiste siliceux, ou d’atterrissements modifiés.

Quarante - quatre sources : 38 sources sulfureuses qui forment, dit M. Filhol, la série d’eaux sulfureuses la plus belle et la plus complète qui soit connue. 22 de ces sources ont été découvertes depuis 1848 par M. François; 1 S. saline froide; fi S. ferrugineuses , en y comprenànt les S. Mouret et Castel-Vieil.

— Voici les principales ou plutôt les plus connues : S. de la Reine, S. Bayen, S. Azémar, S. Richard (lb), S. de la Grotte (2), S. Blanche , S.

Ferras (4), S. Bordeu (3).

Débit en 24 h. : '675 057 litres, 38 8. suif. ; 560 600 lit. , 1 S. saline; 2800 lit. , 3 S. ferrug.

Densité ; Un peu supérieure à celle de l’eau distillée.

Température : Reine , 57*, 6 , Bayen, 68*; Azemar, 53°, 17; Richard sup. 50*,04 ; Grotte sup. 58*, 44 ; Blanche, 47*,2t ; Ferras nouv. , 39*,96; Bordeu n° 1 , 49*. (Filhol et François.)

Caractères particuliers : Eaux limpides, incolores, odeur prononcée d’œufs couvés, saveur hépatique; dégageant au griffon une quantité notable d’azote -, quelquesunes déposent de la glairine colorée en noir par le sulfure de fer ou grisâtre et translucide; d’autres, des filaments blancs de sulfuraire.

Elles s’altèrent rapidement au contact de l’air; quelques-unes dégagent dans leurs conduits de l’acide sulfliydrique qui, décomposé par l’air, produit de l’eau et du soufre qui se sublime à la partie supérieure

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