ROUTE 70. BAGNÈRES DE LUCHON. — PROMENADES
3 fr. Nous indiquons tes excursions en allant du N. au S. de Bagnères par l’O., et du S. au N. par l’E.
Ascension du Tno de l’ibécède par Caxaril.
3 ou k h. aller et retour. Sentier.
Après avoir passé le pont de Mousquérês, jeté sur l’One à 1 kil environ de Luchon , on suit la grande route pendant quelques instants, et on tourne à dr. près des premières maisons que l’on rencontre. Le sentier s’élève en zigzags assez roides jusqu’à un rocher qu’il faut contourner pour atteindre Cazaril , v. de 146 hab. , situé à 970 mèt. de hauteur. Là, on prend d’abord le chemin de Trébons à dr. , puis on gravit sur des pâturages les pentes qui s’élèvent du côté du N. , et en 1 h. de marche, on arrive au sommet (1480 mèt.), où se montrent quelques sapins. De ce point, on voit s’étendre à ses pieds et s’allonger au S. le bàssin triangulaire dont les eaux blanches de la Pique font de distance en distance ressortir la verdure ; en face se dresse la masse du Céciré, toute ravinée par les torrents et dominée à dr. par les glaciers du port d’Oo, à g. par ceux de la vallée du Lys. En se retournant du côté de l’E. , on voit du S. au N. toutes les montagnes boisées qui séparent la vallée de Luchon du Val d’Aran depuis le Couradille jusqu’au Pales de Burat; enfin, vers le N., l’arête sur laquelle on se trouve, se prolongejusqu’au sommet de l 'Antenac (1990 mèt.)
0 Du tue de l'Abécède on peut redescendre par C&zaril ou bien par un ravin boisé qui s’ouvre à l’E. sur Moustajou (V. R. 69). On peut aussi revenir par les pentes herbeuses
du S.’ O., qui conduisent au v. de Trébons (V. R. 62).
Chapelle et église de Saint-Aventin.
Route de voitures; du centre de la ville, S kil. 200 mit.
Au delà du pont de Mousquérês qui mène à Cazaril (Voy. ci-dessus), on continue à longer la rive g. de l’One, on traverse les deux ponts qui évitent la courbe que décrit le torrent , et bientôt on arrive au confluent des vallées d’Oueil et de l’Arboust. De là , on découvre à dr. , sur la hauteur, la vieille. tour à demi ruinée de Castelblancat (château blanchi), et, à peu de distance du pont de l’Oueil, on atteint la chapelle de Saint-Aventin.
D’après la légende , ce saint, ayant été emprisonné par les Maures dans le Castelblancat, se précipita du haut des murailles , et, soutenu par les anges dans sa chute, vint tomber délicatement sur le rocher où se trouve aujourd’hui la chapelle.
On voit encore l’empreinte de ses pieds moulée dans le granit qui , pour le Recevoir, se ramollit comme de la cire. Poursuivi par les Maures , Aventin fut décapité; vainement il ramassa sa tête; il dut périr, et son cadavre fut jeté dans une anfractuosité du rocher. Trois cents ans après sa mort, un berger remarqua que ses taureaux s’arrêtaient toujours à un endroit où, sans prendre de nourriture, ils se contentaient de gratter la terre en mugissant. Ils n’en étaient pas moins gras pour cela. Un jour, les populations voisines étaient accourues pour contempler ce miracle, lorsqu’une voix inconnue s’écria ; « C’est ici que repose le corps de saint Aventin. » Après avoir religieuse-
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
ment ethümê les reste» du saint , on les déposa sur un traîneau que deux vaches conduisirent d’ellesmêmes sur l’emplacement où s’élève aujourd’hui la chapelle.
1400 mèt. plus loin se trouve le village de Saint-Aventin y situé sur la rive g. du torrent de l’Arboust (V. R. 62). L’église, bâtie sur une terrasse , domine la plus grande partie des maisons du village; elle a une longueur de 26 mèt. ét une largeur de 15 mèt. Elle date du xi* siècle ou des premières années du xut ; mais elle ne fut pas achevée d’un seul jet, et les ornements de la porte ne furent sculptés qu’un siècle plus tard. Elle se compose d’une nef et de deux bas côtés trèsétroits, séparés perdes piliers massifs sur lesquels retombent des arceaux. Au - dessus des bas côtés , des galeries supérieures s’ouvrent sur la nef par des arcades fort espacées. Le chevet se termine par trois absides; une grille d'un travail assez délicat sépare le sanctuaire de la nef.
Le tombeau de saint Aventin, plaeé derrière le maître autel, est très-grossièrement taillé et n’offre absolument aucun intérêt; mais on remarque sur le retable de l’autel de très-jolies sculptures représentant diverses scènes de la vie du saint. On le voit, nouvel And roclès, arracher l’épine de la patte d’un purs, el, nouveau saint Denis ou saiqt üaudens, porter sa tête dans ses mains.
La biographie de' saint Aventin est également reproduite presque ep entier sur les doubles chapiteaux de la porte du S. A côté, deux autels votifs cousacrés à Abélipn (le dieu Soleil des Gaulois ?) sont incrustés dans la muraille.
Le premier porte cette inscription :
ABELIONI UEO TAVRIKYS BONS COMIS. F. y. B.L. M.
On Ijt sur la seconde ;
APFLLION III
cisostsji CIS80NB0N HIS FIL. ' N V.S. L. H
Sauf ces détails, l’extérieur de la chapelle n’offre qu’un intérêt trèssecondaire. Le clocher carré est percé au dernier étage, sur chaque face , d’une fenêtre à quatre pleinscintres reposant sur trois colonnes isplées, sans chapiteaux et sans hases. Upe seconde tour panée, mais tnqins haute, s’élève au-dessus du transsept.
Église tfe Caraux.
T l*il. de (-action, (toute de voitures.
A 1500 mèt. de Saint- Aventin, après avoir laissé à g. le village de Gastillon (V. R. 62), on trouve le village de Cazaux , qui possède une église romane datant évidemment de 11 flft du xir siècle.
La nef, longue d'environ 25 mèt , est voûtée en four et divisée en trois travées inégales avec chevet en cul-de-four. A g. , s’étend une espèce de contre-nef s’ouvrant sur la grande nef par deux grossiers arceaux peroés dans le mur à une époque postérieure. Presque toutes les sculptures curieuses ont été soigneusement badigeonnées ou recouvertes de maçonnerie par les architectes du village.
Les peintures murales qui recouvrent la voûte de l’église méritent surtout d'attirer l’attention. La première fresque à dr. représente a
ROUTE' 70. LUCHCTN. — CAZAUX.
bénédiction d’Adam et d'Eve par le Pire Éternel revêtu de longs vêtements d’archevêque; la deuxième et la troisième figurent nos premiers pères dans le Paradis terrestre et leur expulsion de ce lieu de délices; mais la composition la plus remarquable est celle du Jugement dernier. On y voit Jésus-Christ entouré d’une armée de saints, jugeant les vivants et les morts. Les bienheureux qu’il envoie à sa dr. ne sont plus reconnaissables, à cause des infiltrations de la voûte; biais on peut encore voir les damnés dans toute la vivacité criarde de leurs couleurs. Comme dans les peintures de Bourisp (V. R. 62). les démons portent une figure humaine au bas du ventre, pour indiquer sans doute que chez eux le siège de l’intelligence est déplacé. Il va sans dire que ces fresques n’ont aucune valeur au point de vue de Fart.
Église d ite.
U kit. Route de voitures jusqu’à Caianx. Route de chevaux de Cuzaux à Oc.
Au sortir de Cazaux, on suit un sentier voisin du Go, dont le cours est indiqué par une double rangée d’arbres, et en 30 min. on atteint Oo, v. de 408 hab.
L’église d’Oo ne peut manquer d’intéresser les archéologues, qui s’étonneront sans doute de rencontrer un édifice de cette importance dans les hautes régions pyrénéennes.
Plus grande que celle de Cazaux , elle se fait surtout remarquer par les trois fenêtres plein-cintre de son abside, qu’encadrent gracieusement des colon nettes ot que séparent l’une de l’autre de grands arcs et des contre-forts à retraite. Le clocher carré de cette église romane rappelle celui de l'église de Cazaux.
Moraine 4e Sarln.
8 kit. jusqu’au village. Route de voitures.
En quittant Cazaux, on suit la route de Peyresourde qui conduit à Caria (V. R. 62), v. dominé par sa vieille tour, et l’on passe à une faible distance de la chapelle de Saint- Pé ou San Tritous, où l’on remarque une foule de petites figures sculptées en marbre blanc et encastrées dans la muraille. L’intérieur renferme un autel votif consacré au dieu Abélion et portant l’inscription suivante :
aiuon
UEO FORTtS
srtxict r.
Mmitéc par les granges de Gourou , 8 til. 1/2. neseenfo par f.iiptelviéfl , 12 til. i/2. Durée de la Comité, s S fi h.;
Au Dieu Abélion , Kortis , fils de Sulliriua, a acquitté son vceu.
De la chapelle, on voit trois terrasses superposées se redresser dans la direction du N. Ces terrasses, composées de rochers accumulés à l’entrée d’un vallon, ne sont autre chose que les moraine* d’un ancien glacier qui remplissait autrefois toute la vallée d’Oo. Arrêtées par les montagnes qui limitent la vallée du côté du N., les glaces devaient se détourner à l’E. dans la vallée de l'Arboust, et déverser dans le vallon de Oarin la moraine latérale que l’on y remarque aujourd’hui.
Du sommet de cette moraine , ou jouit d’une très-belle vue sur Oo et la vallée de l’Astau , qui remonte au Ü. vers les glaciers.
Ascension de Super bagnères.
, 444 ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
montée, 3 h.j retour, 2 b. 30 min. Un choral, % fr., uu guide, t fr.
On remonte ordinairement le cours de l’One jusqu’au débouché du vallon du Gouron , à moitié chemin de 1er chapelle de Saint-Aventin.
Alors, tournant à g., on s’élève à travers les prairies par un petit sentier en zigzags bordé de noisetiers.
En 35 min. on arrive aux premières granges où plusieurs sentiers se croisent; mais en prenant le premier sentier à dr. , on entre dans un chemin creux qui atteint directement en 20 min. le petit hameau de Gouron. Là, on traverse le ruisseau, et on remonte en longeant le versant oriental du ravin , qu’une belle forêt de sapins domine des deux côtés. Environ 45 min.
après avoir quitté le hameau, on sort des forêts, et des pentes rapides de gazon aboutissent au sommet de Superbe guère* (1797 mèt.), d’où l’on découvre un des plus beaux panoramas des environs de Luçhon.
A ses pieds, on voit, au-dessous des sapins, la ville étendre dans la plaine ses grandes avenues de platanes et d’ormeaux; dans le lointain, la plaine se rétrécit jusqu’à Cierp , et les montagnes , de plus en plus basses et vaporeuses , laissent entrevoir la ligne bleue des plaines.
En face, la vallée de la Burbe, dont la base est cachée par le château de Castelvieii, remonte entre les sapins jusqu’au Portillon, et le val d’Aran apparaît derrière la crête des montagnes. Vers le S. E., on peut distinguer tous les sentiers qui conduisent à l’Hospice, et on suit de l’oeil la crête hérissée qui rejoint la chaîne du Couradille et du Campsaure aux puissantes assises de la Maladetta. Au S. , se déroule le superbe amphithéâtre de glaces,
de neiges et de forêts, d’où le torrent du Lys descend par une succession de cascades qui , vues d’en haut, semblent ne former qu’une chute immense. Enfin, à dr. du Céciré , dont les rochers en gradins se dressent au-dessus des pâturages de Superbagnères , on suit tous les contours des vallées de l’Arboust et de l’Oueil , et, par delà le col de Peyresourde , on aperçoit vaguement la cime de l’Arbizon.
Pour descendre à Bagnères, on peut choisir indifféremment plusieurs routes, outre celle qu’on a déjà prise à la montée. En traversant d’abord quelques pâturages, puis les forêts qui recouvrent le versant oriental de la montagne, on descend au pont de Ravi, situé sur la Pique, un peu en aval du débouché de la vallée du Lys , et on revient à Bagnères par la route de l’Hospice , etc. D’ordinaire, on descend la pente septentrionale , par les pâturages et les granges de Lesponne et d’Ousselet, jusqu’au torrent du Lys , qui arrose la vallée de ce nom (Voy. p. 452). Tous les sentiers y conduisent.
Tenr de Castelvieii.
2720 mèt. Route de voitures.
La tour de Castelvieii se voit de Luchon à l’extrémité de la vallée et la grande route y mène directement.
En y allant, on laisse à dr. une ancienne chapelle nouvellement rebâtie, puis on traverse un ruisseau descendu des hauteurs de Superbagnères, et l’on passe à côté d'un petit poste de douaniers.
La haute Tour de Castelvieii, située à 772 mèt., surveillait autrefois le défilé de Venasque et celui du Portillon , qui s’ouvre en face vers la vallée d’Aran; pen-
dant l’une des dernières guerres, on l’avait encore jugée digne de porter une pièce de canon; maintenant, ce n’est plus qu’une triste ruine. De son pied, la vue s’étend à g. sur la riche vallée de Bagnères; à dr. , sur la route de la Pique, qui s’enfonce dans une gorge noire de sapins. En face, le vallon de la Burbe descend comme une immense cascade d’arbres.
Sous la butte, on voit encore quelques restes de la manufacture de bleu de cobalt que le comte de Bast y établit en 1184, et qui livrait au commerce environ 3000 quintaux métriques de produits par an.
A dix minutes de Castelvieil, sur la route de l’Hospice, on trouve audessus du lit de la Pique une source ferrugineuse coulant à travers une fissure de rochers.
En descendant de Castelvieil , on peut traverser la Pique un peu en aval, au pont de Péquerin, et passer par le v. de Sainl-Mamet , 519 hab., où se trouvent plusieurs scieries, et dont l’église est décorée de fresques dues à M. Romain Caze. Ensuite, on revient à Luchon par Montauban et l’allée de Piqué.
Cascade de Xontanban.
isoomèt. jusqu’au village. Aller & la cascade et retour, 3/4 d’heure.
Après avoir atteint le v. de Montauban (332 hab.) par l’avenue qui , sur l’autre versant du vallon, fait suite à celle de Piqué, on entre dans le jardin du curé, et l’on se fait conduire à la cascade à travers des parterres et des bosquets. (Entrée, 50 centimes.) La cascade est formée par un ruisseau qui, au sortir, de la forât, bondit tout à
- SUPERBAGNÈRES.
coup dans une fondrière profonde, au milieu des rochers écroulés, et se brise en plusieurs gerbes.
Cascade de Juzet.
3372 met. de Luchon. La course dee cascades de Montauban etjuzet en chaise à porteurs (4 porteurs) se paye ta fr.
Pour aller à la cascade de Juzet, on peut prendre l’allée de Barcugnas, puis tourner à dr., traverser la Pique, sur la rive dr. de laquelle se trouve situé Juset (414 hab.), et remonter le cours d’eau qui arrose ce village. Le propriétaire de la cascade l’a entourée d’une barrière en planches. La chute a 40 mèt. de hauteur environ.
De Juzet en peut revenir à Luchon par Montauban.