LA GROTTE DE GARGAS
paysans racontent que cette grotte était habitée autrefois par le géant Gargas (Gargantua) , et que les ossements épars çà et là sont les restes des chrétiens qu’il a dévorés. Sa femme était la fée Tibirane, fille de l’enchanteur Merlin. Depuis mille ans on ne l’a plus revue.
De Gargas on peut traverser la Neste et revenir à Luchon par Montrejeau (V. R. G3).
Ascension du Konné par le col de Plerrefltte.
19 kil. % h. 30 m. de montée, 3 h. à 3 h. 30 m. de descente. Route de chevaux jusqu'au sommet (V. R. 62). Cheval et guide pendant le jour, & fr.; pendant la nuit, 6 fr.
Du port de Pierrefitte, on peut gravir à cheval, en 30 min., la pente herbeuse qui se redresse jusqu’au sommet du Monné, haut de 2147 mèt. au-dessus de la mer.
Le Monné, étant projeté en avant du reste de la chaîne, est, comme le Bergonz et le Pic du Midi de Bigorre, un excellent belvédère. On voit : au S., la Maladetta et tous les glaciers qui recouvrent les sommets, Crabiouies, Oo, ClarbideetLa Pez; à l’O. , les Tours du Marboré, derrière lesquelles brille la cime du Mont-Perdu, plus près, l’Arbizou, le Pic du Midi de Bigorre, enfin les maisons éparses d’Arreau, puis toute la vallée de la Neste, qt, du côté du N. , les plaines de Tarbes et de Toulouse.
Ordinairement, on monte pendant la nuit sur le Monné, pour voir le soleil se lever à l’E. derrière le val d’Aran , et projeter sa lumière sur les glaciers de la Maladetta et de la haute chaîne.
Si l’on veut revenir à Luchon par là vallée de la Barousse , on descend
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
sur le versant oriental dans les pâturages des Paloumères; puis on suit, au milieu du vallon et des pelouses de Spongaous , le sentier frayé par les chevaux de Bourgd’Oueil employés au transport des bois , et l’on tourne à dr. pour descendre par les « 666 sentiers des pâturages , » et la forêt de Samaoury jusqu’au chemin des Chalets de Saint-Nérée .(Voy. plus haut, page 446). Ce chemin est praticable à cheval. Du Monné aux Chalets on compte 2 h. 30 min.
On peut aussi revenir du Monné à Luchon par le val de l’Arboust en 3 h. 1/2. On descend au col de Pierrefitte, puis on longe la crête de la chaîne, en se tenant toujours un peu sur le versant oriental. A 2 kil. environ , on passe au-dessous du pic du Lion (2100 mèt.), et, à 1 kil. plus loin , au-dessous du pic de Pouylouby (même hauteur).
Franchissant alors l’arête qui sépare la vallée d’Oueil de la vallée de l’Arboust, on voit fort bien la cascade du lac d’Oo et les montagnes qui la dominent. Le sentier descend ensuite à travers des pâturages dans le vallon de Saoudedo, qui plonge au S. E. , vers la vallée de l’Arboust, traverse le ruisseau qui donne son nom à la vallée un peu au-dessus du v. de Jurvielle (157 hab.), situé à 4 kil. 1/2 du pic de Pouylouby, et à 1354 mèt. de hauteur , laisse à dr. , sur la rive opposée, Portet (164 hab.), puis, descendant sur la rive dr. de l’Arboust, passe un peu au-dessous de Poubeau (104 h.), et, au delà de Cathervielle (147 hab.), rejoint à Garin (264 hab.), situé à près de 3 kil. de Jurvielle , la route 62.
8 kil. de Garin à Luchon ( V. R.
De Lncben à Arreau par le col de Feyresourde.
33 kil. Route de voitures. Cheval et guide, chacun, S fr.; si l’on ne va qu’au col de Feyresourde, on ne paye que 4 fr.
La route de Luchon à Arreau a été décrite dans les routes 60 et 62.
Ascension do pic de Xouségu.
Aller, 5 h. i/2. Retour par Esquierry, 6 h. Cheval et guide/ S fr. chacun, id.
retour par Esquierry, 6 fr.
De Luchon à Garin (Voy. plus haut, page 443 et R. 62).
Au sortir de Garin , on continue à suivre la route qui monte au col de Peyresourde jusqu’au premier chemin que l’on rencontre à g. au delà de la chapelle de San Tri tous.
Ce chemin, nouvellement taillé dans le rocher au-dessus d’un précipice , conduit en 30 min. à Gouaux-del’Arboust, v. de 307 hab., entouré d’arbres fruitiers. Le vallon fertile, à l’entrée duquel Gouaux est situé à 1306 mèt. , se prolonge pendant plus d’une lieue au S. O.
Au sortir du v. , on entre dans de belles prairies auxquelles succède bientôt une petite forêt de hêtres et de sapins ; puis on monte par des pelouses doucement inclinées j usqu’au sommet du Monségu (2403 mèt.) , que l’on voit se dresser en face. Cette ascension , qui demande environ 2 h. 1/2 depuis Gouaux, peut être faite à cheval.
Du plateau de la cime, on jouit d’une très-belle vue sur les glaciers de la grande chaîne, depuis la Maladetta jusqu’au port de Clarbide, dont on distingue parfaitement les lacs. En face, de l’autre côté d’un étroit et profond ravin, se dressent à 2750 mèt. d’altitude les trois sommets des pieu de Nére (Noirs).
ROUTE 70. LUCHON. — MONSÉGU. — ESQUIERRY. 457
En suivait la crête vers le S. , on arrive en 25 min. près d’un rocher dont l’écho répète jusqu’à neuf fois, assure-t-on, les syllabes qu’on lui fait dire. De ce point, onjouitd’une vue magnifique sur le val d'Esquierry (le paradis des botanistes) , qui s’ouvre à g. comme un immense gouffre. A l’angle S. O. de cette vallée, au pied du Pic de Nére, on voit le tout petit lac de Sadagouaseu, suspendu pour ainsi dire au-dessus des prairies.
Pour descendre dans le val d’Esquierry , les cavaliers doivent mettre pied à terre et conduire leurs chevaux par la bride. On passe à côté de l’endroit où le ruisseau se perd tout à coup sous les rochers pour ne reparaître que beaucoup plus bas, avant d’atteindre les premières cabanes, qui sont à 1 h. environ du point culminant. Quand on les a dépassées, on suit un sentier argileux et glissant, frayé à travers une forêt de hêtres, et en 1 h. 1/2 de marche on atteint les pâturages et le pont de Sainte-Catherine, sur le torrent de l’Arboust.
1 kil. Du pont de Sainte-Catherine à Oo (Voy. la course suivante).
9 kil. D’Oo à Luchon (Voy. p. 443).
De Luchon an lao et à la cascade de 8écnléjo.
19 kil. 6 à 8 h. aller et retour. Cheval et guide, k IV. chacun.
9 kil. de Luchon à Oo (Voy. plus haut, page 443).
Au delà d’Oo (980 mèt.) , s’ouvre immédiatement, dans la direction du S., le bassin supérieur de la vallée de l’Arboust , connue sous le nom de val de l’Astau. Une route parfaitement unie, ombragée de frênes et
entourée des plus verdoyantes prairies, remonte ce vallon étroit et frais ; mais cette richesse de végétation, due à la présence d’une couche épaisse d’alluvions , cesse à mesure que l’on se rapproche des parties plus élevées, plus anciennement abandonnées par les eaux, et par conséquent moins riches en terre végétale. En une demi-heure de marche , on atteint le lit d’un ancien lac entouré de tous côtés , excepté au N., de montagnes grisâtres et pelées , dominées ellesmêmes par des pics neigeux.
Après avoir dépassé les granges d’Astau groupées sur la lisière de 1a forêt, au-dessus de la rive dr. du torrent, on arrive à l'embquchure du torrent d’Esquierry, qui un peu plus haut forme une cascade ondoyante appelée Chevelure de Mardeleine. Du côté opposé, le fond noirâtre du vallon, dominé à g.
par les escarpements du Céciré et de la Couine de Bourg, à dr.
par ceux du pic de Nére, se termine par une haute barrière de rochers, ombragée de magnifiques sapins, au-dessus desquels étincellent au soleil les glaciers du port d’Oo.
Un sentier, ouvert au milieu d’un entassement de blocs et de cailloux roulés , franchit , après de nombreux lacets, ce dernier obstacle, qui en réalité n'est que la digue du premier lac. Le bouquet de sapins atteint, on se rapproche du torrent, que l’on entend mugir sous ses pieds à une profondeur considérable. Bientôt un mauvais pont , presque au niveau de l’eau, conduit sur la rive g. à la cabane du fermier , sans qu’on ait encore aperçu le lac, lorsque tout à coup, en se retournant à dr. , on le voit à ses pieds (1497 mèt.).
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
Le lac de Séculéjo, comme celui de ©aube, comme tous ceux qui sont placés au pied de montages très-élevées , étonne généralement par sa petitesse apparente ; mais on ne peut, au premier aspect, s’empêcher d’admirer la belle cascade que l’on voit dans le fond s’élancer d’une hauteur de 265 mèt. Elle ne se jette plus, comme autrefois, dans les eaux mêmes du lac ; elle tombe sur de* rochets écroulés qu’elle traverse en bouillonnant. Au tiers de sa hauteur environ , sa masse se brise sur le roc , rejaillit dans tous les sens , puis se resserre de nouveau entre deux saillies audessous desquelles elle s’étale une seconde fois pour former, au milieu d'un brouillard transparent, une gerbe trois fois plus large que celle de la partie supérieure.
De tous les cotés , le lac est entouré de rochers à pic surmontés çà et là de quelques vieux sapins , tandis qu’au loin on voi t se dresser à l’ho- -rixon, par-dessus la cascade, la pyramide neigeuse du Pic Quairat et les glaciers brillants de Montarqué et des Gours-blanes.
Le lac de Séculéjo est le plus considérable des environs de Luchon ; il a 35 hectares de superficie , et sa profondeur , suivant les expériences de M. Boubée, est de 75 mèt. Avant d’avoir été comblé en partie par les ébottlements des rochers environnants, il était beaucoup plus grand, et l’on peut avec quelque raison supposer qu’il avait autrefois la forme d’un entonnoir parfait, d’une profondeur de 100 mèt. environ'.
1. M. Émile Négrin a publié un petit poème, la folle du lac cFOo, qui se vend à Luchon dura tous le* libraires et au Musée Pyrénéen.
Une barque mène en 15 min. les visiteur* sur le bord méridional du lac, au pied de la cascade '.
Lacs d’Esplngo et de Saounsat.
Ou lac d’Oo au !&c d’Espingo, l h.
15 min. ; du lac d’Ëspingo au lac Saotmsat, so min. Cheval et guide , S fr. chacun (depuis Luchon).
Pour atteindre les lacs supérieurs, il faut prendre le sentier escarpé de YEscala, véritable échelle qui monte à l’E. à travers les rochers Ce sentier conduit d’abord à des bouquets de sapins rabougris d’où l’on domine le lac de Séculéjo, qui, situé à 250 mèt. plus bas, ressemble à une vaste chaudière noirâtre ; puis l’inclinaison devient plus forte , et l’on traverse de petits ravins souvent remplis de neige darcie. Enfin ôn atteint l’extrémité inférieure d’un couloir, d’où, pendant les fortes pluies, se précipitent des torrents de pierres; on le gravit et on se trouve bientôt sur une éminence couverte de petits pins rabougris, et formant le prolongement de la digne qui. sépare les lacs supérieurs du lac de Séculéjo.
En traversant le lac eu bateau, oü peut aborder à g. de la cascade sur les rochers éboulés, et monter par un ravin escarpé jusqu’au sentier qui longe la rive du lac. De cette manière , on gagne 1/4 d’h.
de marche environ. On peut aussi prendre à dr. à partir de la cabane, escalader l’arête qui s’élève du
t. Un arrêté du préfet de la Haute- Garonne autorise le fermier du lac d’Oo à percevoir une modique redevance de chaque) visiteur, car il l’oblige à tenir à la disposition des étrangers une barque, des provisions et un abri en cas de besoin.