ROUTE 70. LES LACS DE SÉCULÉJO ET D’ESPINGO
côté du S. O., puis redescendre vers l’E. par le ravin qui débouche au lac d’Espingo. Ce sentier est plus difficile.
Le bassin supérieur contient deux lacs très-rapprochés l'un de l’autre :
le lac d'Espingo (1875 mèt.), long de 800 met. , est voisin de la tranchée profonde où son ruisseau va former la cascade; celui de Saounsat (1962 mèt.), un peu moins grand, suit dans sa forme irrégulière le contour du vallon. Ici la solitude est complète. C’est à peine si, du côté de la cascade, croissent encore quelques arbres étiolés. Une herbe fine et courte garnit la rive septentrionale ; mais , sur la rive méridionale, dominée à dr. par le pic de Spijole, à g. par celui de Quairat, commence un champ de neige qui se continue sur des pentes escarpées jusqu’aux deux cols, d’Oo il dr. , et du Portillon à g.
Laos glacés ; port d’Oo ; Portillon ; Tuo de Kontarque.
Longue et pénible course , is à is h.
de marche. Un guide de sommets est nécessaire.
De Luchon au lac Saounsat (Yoy.
ci-dessus).
Au delà du Saounsat, la vallée se divise en deux parties, remontant l’une au S. O. (A), l'autre au S. E.
(B), et se terminant toutes les deux par un lac glacé environné de neiges.
A. Kn suivant la riva g. du torrent du S. O. , on monte, par un chemin très-abrupte et à peine frayé , à travers des roches nues, jusqu’au petit lac insignifiant de la Couine de la flaque (1 h. de marche), puis on s’élève en zigzag par l’un des sentiers les plus fatigants de toutes les Pyrénées , jusqu’au lac Glacé,
situé à 2670 mèt. de hauteur, à peu près à la limite des neiges éternelles. (3 h. 15 m. de marche à partir du lac Saounsat.) Sa forme est celle d’un rectangle parfait.
Tout près du sentier, sur le versant qui domine le lac du côté du N., s’ouvre au cœur du granit un riche filon de galène qu’on a eu le courage d’exploiter pendant quelques années.
Le port d'Oo, situé à 3/4 d’h. de marche du lac, est d’un accès facile, malgré la grande quantité de neige qui recouvre ses pentes. Il a 3002 mèt. de hauteur, et il est le plus élevé de toute la chaîne des Pyrénées, à l’exception de la brèche de Roland; dans las Alpes, le col Saint- Théodule atteint seul une plus grande hauteur. La vue qu’on découvre au sommet est bornée, vers l'Espagne, par une grande montagne nue ; du côté de laFrance, elle s’étend sur le vaste désert neigeux et semé de roches noires que l’on vient de traverser.
Du port d’Oo, on peut descendre au S. E. par le ravin d’un affluent de l’Essera, et atteindre Venasque en 3 ou 4 h. C’est une course fatigante.
B. Au delà du lac de Saounsat, on s’enfonce dans le ravin de g. entre les escarpements du pic de Quairat à g., et ceux du Tue (Tusse. Pêne) de Uontarqué à dr. , et en 3 h. de marche, 'par un sentier beaucoup moins difficile que celui du port d’Oo, on s'élève au lao Glacé du Portillon, situé à 2650 mèt. de hauteur. Ce lac est au moins aussi grand que celui de Saounsat. On peut y reconnaître distinctement les couches de glace de plusieurs années consécutives. Lo col du Portillon, situé au-dessus du lac, est
460 >. ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
un peu moins élevé que celui d’Oo; mais il est beaucoup plus difficile à gravir et moins fréquenté.
On peut aller directement du lac du Portillon au lac d’Oo, en gravisvissant le Tue de Montarqué (2933 mèt.) , c’est-à-dire le sommet de l’arête qui sépare les deux lacs.
De ce point on jouit d’une vue magnifique sur tous les glaciers qui recouvrent au S. la vaste étendue du plateau, connue sous les noms de Seilh , Cul ou Coume de la Baque; depuis le pic de Crabioules (3219 mèt.) à l’E., jusqu’au pic du port d’Oo (3150 mèt.) à l’O. Au N.
on domine les vallées de l’Astau et de l’Arboust. Pour aller d’un lac à l’autre par le Tue de Montarqué, il faut environ 3 h.
Les quinze lacs.
Les indications suivantes sont empruntées au livre de MM. Lamhron et Lézat, qui contient d’ailleurs un grand nombre de renseignements exacts.
« Cette course est fatigante , dit M. Lambron , mais elle est très-curieuse, car c’est une pérégrination à travers les beautés les plus merveilleuses des hautes montagnes; on visite successivement vallées, ports, lacs, glaciers, cascades, pics, crêtes, etc. Ellese fait parfaitement en deux jours; seulement on ne dort que quelques heures dans une cabane de pasteur, située au pied des glaciers de Crabioules ; on est trop mal d’ailleurs dans cette bauge humaine, pour espérer y trouver un sommeil plus long et plus complètement réparateur. Cette course n’a pas été mesurée; mais je dois les détails qui suivent à l’obligeance de MM. Blaque, deSchonen, Leguay et Rouget, de Paris, qui en ont noté les distances avec le plus grand soin. »
Première journée.
h. matin.
Départ de Luehon (à pied) à 5 »
A la Fontaine (déjeuner) 8 30
Port de la Glère 10»
Lac de Gourgoutes 10 25
soir.
Pic Sacroux ! „
Lac de Graouis 1 45
Lac glacé du Port-Vieux 2 25
Lac Charles 2 1,5
Glaciers entre le Mal-Plané et
Malverat 3 »
Trou de l'Homme (passage difficile) 4 »
Lac Bleu 4 15
Lac Vert et glaciers du Tue de
Maupas 4 30
Lac de Montagnette 5 15
Glaciers de Crabioules 530
Cabane de Crabioules ( servant au pasteur pour la nuit) 7 »
Deuxième journée.
matin.
Départ de la cabane de Crabioules 1 »
Lac glacé de Crabioules.. 2»
Col du Quairat S 30
Sommet du Quairat ( lever du
soleil) 4 30
Descente du pic Quairat (après
le déjeuner) 6 »
Lac glacé du Portillon (vue du). 6 30
Quatrième lac (vue du) 8 »
Lac Saousat g »
Lac d’Espingo 9 30
Lac d’Oo 1030
soir.
Départ du lac d'Oo 2 »
Rentrée & Luchon 5 »
Ascension du Céoiré.
Aller par les cabanes de Labacb de Cazaux, 15 kil. 1/2; 4 b. 1/2 de marche. Retour par le val du Lys, 13 kil. 1/2 ; 3 h. 1/2 de marche. Retour par la cascade d’Enfer. 21 kil. 1/2; 7 h. de marche. Cheval et guide, 6 fr. chacun.
A. On va d’abord jusqu’à Cazaux (7 kil.) dans la vallée de l’Arboust,