ROUTE 70. LUCHON. — LE PIC DE CÉCIRÉ
puis, traversant le torrent, on monte par un sentier rapide au milieu des prairies jusqu’au hameau de Labach-Cazaux , composé d’une trentaine de granges environ (40 m.
deCazaux). Là, on voit parfaitement la cime du Céciré se dresser au S. E. , et on n’a qu’à s’élever toujours dans cette direction , d’abord à travers un bois de noisetiers , puis sur les pentes de magnifiques pâturages remontant jusqu’au col de la Coume de Bourg, situé un peu à dr.
du Céciré (2 h. à partir des Granges).
De là, on descend dans un petit ravin, et l’on gagne la cime en 40 m.
B. 4 à 5 h. Un autre chemin plus court, mais beaucoup plus difficile, est celui de Superbagnères. Quand on est arrivé au sommet de cette montagne (Voy. pag. 443) , on s’aperçoit qu’on n’est en réalité que sur une terrasse située à mi-côte du Céciré, dont on voit l’arête aiguë, haute de 2397 mèt. , se dresser au S. O. Pour monter directement, il faut suivre cette arête; d’abord, le sentier n’est que rude et escarpé; mais bientôt il s’engage au milieu de rochers dont l’escalade devient de plus en plus pénible.
Le panorama du Céciré (du mot cerisier en patois cerise!) est à peu prés le même que celui de Superbagnères , mais beaucoup plus étendu.
A l’E., on aperçoit même la cime isolée du Mont-Vallier, et, derrière le cône de Montarto, on découvre les sommets neigeux du Paillas et de l’Andorre. En face , s’ouvre la vallée du Lys, entourée de son magnifique amphithéâtre de glaciers, et la cime espagnole de Posets, à peine inférieure à celle de la Maladetta, se montre par l’échancrure du port d’Oo; à l’O., se dressent les pics du Midi, de Troumouse, d’Arbizon, et.
du côté de la France, les vallées de l’Arboust et de Luchon étalent leurs charmants bassins de verdure au fond des âpres montagnes qui les dominent.
On redescend ordinairement par la vallée du Lys; dans ce cas, on suit le sentier que l’on a pris pour monter jusqu’au fond du ravin qui sépare le Céciré du col de la Coume de Bourg ; là on tourne à g. vers le S. Dès qu’on est sur le sommet de la crête qui sépare les pâturages de la vallée du Lys à l’E. des pâturages de Medassoles à l’O., on incline à g. et on descend en suivant la rive g. d’un petit ruisseau jusqu’aux granges de Castillon dans la vallée du Lys (Voy. plus loin).
Quand on veut revenir par la cascade d’Enfer, il faut, à partir du col de la Coume de Bourg, longer plus longtemps la crête entre les deux versants des vallées du Lys et de l’Astau, puis, avant d’arriver au Pic de Hounts Secs (2790 mèt.), se détourner à g. et suivre le ravin jusqu’au chalet situé un peu au-dessous de la cascade d’Enfer. De là, on revient à Luchon par la vallée du Lys.
Vallée du Lys ou du Lits. Cascades d’Enfer et du Cœur. Gouffre infernal.
13 kil. Route de voitures jusqu'à la rabane du Lys, (O kil. t/2. Aller 3 h. Retour, 2 h. t/2. Cheval et guide, à fr.
chacun. Chaise à porteurs (à hommes), 16 fr.; en passant par Superbagnères, 30 fr. Voiture, 20 fr. Un guide est tout à fait inutile.
On suit d’abord la route du port de Venasque, en remontant la rive g. de la Pique ; on laisse à g. la tour de Castelvieil (V. page 444), le pont Lapadé, celui de Pari, et, à à 5 kil. de Luchon, on arrive au
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
pied d’une belle montagne boisée, où les deux torrents de la Pique et du Lys viennent se réunir presque à angle droit.
La Vallée du Iiys OU du Litt, qui doit sans doute Bon nom à un vieux mot celtique signifiant abondance d’eau, et non pas aux lis qui croissent sur ses pelouses, s’ouvre à dr.
entre une épaisse forêt de hêtres , et se dirige d’abord à l'O. La route remonte la rive g. du torrent qui en desoend.
A 1 kil. environ de l’entrée de la vallée, s’ouvre à g. la Combe de Bouniou, dont les forêts, et plus haut les pâturages , remontent vers le pic Sucro va, haut de 2678 mèt.
Au débouché de cette combe, les regards sont attirés par une jolie casoAde qui brille entre les arbres.
10 minutes plus loin, on laisse à g. le pont et le chemin qui conduisent au S. sur les pâturages de la gorge de Bounéou. Tout près de ce pont, i’eau du Lys forme la belle cascade Barrié, encaissée entre les roches polies. Ici , l’aspect des lieux change : le sol est parsemé de blocs de granit que de vieux arbres embrassent de leurs fortes racines. La forêt se compose d’un grand nombre d'essences diverses : le chêne aux feuilles lisses, le sureau, le tilleul, l’ormeau, le frêne, l’aubépine , l'érable , le sycomore , le hêtre , l’alisier , le sorbier des oiseaux, et, çà et là, le sapin descendu des hauteurs.
La cascade Richard , que l’on volt ensuite en se détournant un peu à g., tombe comme dans une ooupe, sous des rochers à pic ombragés de sorbiers et d’alisiers. Plus loin, on aperçoit à dr. , sur les pentes , les granges du plan de Cazaux; la vallée s’ouvre ; les montagnes qui la
forment s’écartent; et, à mesure que la route se recourbe vers le 8.
avec le torrent, l’horixon s’élargit et le cirque apparaît dans toute sa splendeur. On est devant un des plus charmants et des plus beaux paysages des Pyrénées. Au fond , on voit les cascades superposées tomber d’assise en assise et traverser dans leurs chutes successives toutes les zones, depuis celle des neiges éternelles jusqu’à celle des forêts touffues. Au-dessus , s’étend un immense glacier , dominé à l’E. par le picdeCrabioules(3219 mèt.), à l’O.
par le pic Quai rat (3066 mèt.), que les Gaulois avaient choisi comme le siège de leurs divinités. Nulle part dans les Pyrénées , si ce n’est peut-être sur les flancs de la Maladetta , les glaciers ne sont plus étendus, et la masse d’eau qui en descend n’est plus considérable. A bien meilleur droit que le petit ruisselet de la Garonne, le Lys aurait pu imposer son nom au fleuve qu’il contribue à former.
Après avoir dépassé l'Auberge du Lys (10 kil. 1/2 de Luchon), où finit la route de voitures, à lf 01 mèt., on n’a plus qu'à marcher pendant 400 mèt. environ pour arriver au pied de la Cascade d’Enfer. Cette chute a tellement usé le rocher du haut duquel elle se précipitait autrefois , qu’elle s’y est taillé un canal étroit d’où elle tombe aux deux tiers environ de sa hauteur primitive. Au fond de cette noire coupure, dont les parois ombragées de sapins sont réunies par le Pont d’Enfer, on distingue vaguementia partie supérieure de la chute; à dr. et à g., d’autres cascades plus petites se précipitent du haut des rochers dans la vallée.
Le sentier qui s'ouvre à dr. , en