‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 246 sur 384 · ROUTE 70. LUCHON. — LA VALLÉE DU LYS · texte numérisé non relu

ROUTE 70. LUCHON. — LA VALLÉE DU LYS

avant de la cascade , monte en zigzag à travers les roohers et la forêt au pont d’Enfer (15 min.). Si belle que soit la vue que l’on y découvre, on ne doit pas s’en contenter; il faut continuer 4 monter, et en moins d’un quart d’heure on atteint une saillie de roc garnie de murs d’appui, où l'on est récompensé de ses fatigues, car on contemple dans toute sa beauté la Cascade du Gouffre infernal. Le torrent tombe d’un jet , du haut d’un rocher perpendiculaire dans lequel il s’est aussi creusé une large coupure , au fond d’un abîme que des rochers couverts de sapins surplombent de tous les côtés, et d’où il sort par une étroite fissure pour aller former plus bas d’autres cascades. A peu de distance, un second pont, auquel il est indispensable de monter, a été jeté au-dessus du torrent, là où il se précipite dans l'abîme et où il sa fait admirer sous un autre aspect.

Plug haut, se trouvent encore d’autres cascades, descendues des glaciers de Crabioules et de Maqpas.

En traversant l’arête des tqontagnes qui s’élèvent à g. , on peut gagner le vallon des lacs situés au pied du glacier de Maupas (Ypy. page 460).

JLa Cascade du Cœur n’est pas moins intéressante à visiter de près que la cascade d’Enfer et le Gouffre infernal. Pour y aller, il faut traverser le petit pont jeté sur le torrent du Lys , puis suivre le sentier de dr. , qui remonte la rive dr. du torrent du Cœur. 10 ou 15 min.

suffisent pour atteindre le point d’où l’on découvre la cascade tout entière. Elle se compose en réalité de deux chutes dont l’une se précipite d’un jet. à travers les sapins,

tandis que l’autre serpente entre des rochers qui la brisent en écume.

Avant de se réunir , ces deux masses d’eau ainsi divisées contournent, par une succession de cascatelles, un rocher dont la masse dépouillée de sapins imite 4 peu près la forme d’un cœur : de là le nom de la chute. A peine les eaux se sont-elles mêlées, que, se divisant de nouveau en plusieurs masses distinctes , elles bondissent au milieu des pierres et des sapins brisés.

Le lae vert.

Aller par la cascade du Cœur, 4 b.

Retour par le val de Bounéou, 4 h. Cheval et guide, s fr. chacun.

En s’élevant au-dessus de la cascade du Cœur à travers la forêt de sapins qui la domine, on voit le torrent former plusieurs autre» chutes fort belles, et, en 40 min. de marche, on atteint le plateau des cabanes d’Artt'pus. De là, on gravit à dr. , dans la direction du S. , un ravin qui aboutit au 1m Yerl* situé à 1960 mèt. de hauteur et 4 1 b. 30 min. environ de la cascade du Cœur. Ce lac a la forme d’un fer à cheval; une presqu’île verdoyante et un petit ilôt le séparent en deux parties distinctes. A l’E.,des rochers élevés le dominent, tandis qu’à l’O.

s’étendent de vastes pâturages; sur la rive méridionale , une cascade y déverse les eaux du lac Bleu , et sur la rive septentrionale une autre cascade en descend, Yers le commencement du siècle, un habitant de Saint-Béat, qui exploitait les bois de ces montagnes , fit faire une écluse pour fermer à volonté le déversoir et élever le niveau du lac.

Les troncs de sapins coupés aux environs étaient jetés dans l’eau, puis, quand ils y ôtaient accumulés

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

en assez grand nombre, on ouvrait l’écluse, et tout le bois, se précipitant avec fracas du haut de la cascade, descendait avec le torrent. En remontant le ruisseau qui se jette dans la lac Vert, on atteint en quelques minutes le lac Bleu, triste bassin, dominé au N. et à TE. par les glaces et parle Tue de Maupas, haut de 3110 mèt.

Si l’on ne veut pas traverser en ligne droite les rochers qui s’élèvent àl’E.,on redescend le ruisseau du lac Vert jusqu’à son confluent avec un autre ruisseau, venu du S. E. , dont on remonte ensuite la rive dr. On passe à côté de deux chutes d’eau qui se réunissent pour former la cascade de Solage , et quittant le ravin qui se redresse au S. jusqu’aux glaciers de Graouès, tout parsemés de petits lacs glacés, on gravit à g. le sommet de l’arête qui sépare la vallée du lac Vert de celle de Hounéou, puis on redescend , par une multitude de zigzags tracés au milieu des pâturages , au fond du val de Bounéou; on traverse la belle forêt qui tapisse ses pentes, et, 2 h. 1/2 après avoir quitté le lac Vert, on entre dans la vallée du Lys, tout près de la cascade Barrié (Voy. pag. 462).

Cascades des Demoiselles et du Parisien.

10 kil. Cheval et guide, k fr. chacun.

Après avoir dépassé le pont de Ravi (5 kil., voir page 461) , on remonte la rive dr. de la Pique, en laissant à l’O. la gorge noire qui forme l’entrée de la vallée du Lys.

Peu après, le chemin se bifurque, et, au lieu de continuer à suivre la route d’Espagne qui domine le torrent à une assez grande hauteur, il faut obliquer à dr. et se diriger

vers un pont à demi caché sous le feuillage des aunes. On traverse ce pont pour suivre un sentier facile qui conduit à travers la forêt jusqu’à la belle pelouse de Jouiou, où un tas de pierres amoncelées à g. et un petit arbre planté sur des ruines indiquent la place d’un hospice fondé par les Templiers, lorsque le port de la Glère était encore fréquenté.

Traversant cette pelouse , on laisse à dr. le chemin qui conduit au port de la Glère, et, montant à dr., on atteint en 35 min. (7 kil.) la Cascade des Demoiselles, formée par le torrent qui descend du col de la Glère (Voy. ci-dessous).

Pour aller de la Cascade des Demoiselles à celle du Parisien , il faut redescendre jusqu’au chemin qu’on a quitté et continuer à remonter la rive g. de la Pique , dans une belle forêt appelée le bois de Saint-Just; on traverse (25 min.) une clairière formée par les avalanches et par une ardoisière encore exploitée; puis, rentrant dans la forêt, on monte en 15 min. à la Cascade du Parisien (10 kil.), qui tombe par étages réguliers comme une chute artificielle.

De la cascade du Parisien, on peut monter en 15 ou 20 m. à l’Hospice par une belle forêt de hêtres.

On traverse le torrent sur quelques troncs d’arbres; puis on gravit un sentier escarpé, et, avant d’arriver à l’Hospice , on franchit le Gave du port de Venasque.

Fort de la Blere.

à h. 30 min. de marche. De Bagnêres de Luchon à la pelouse de Jouéou, 1 h.

30 min.; de la pelouse de Jouéou au port, 3 h.; 4 fr. par course de guide jusqu’à l’entrée du port; h fr. en sus pat cheval.

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