‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 248 sur 384 · PRISE ENTRE LES · texte numérisé non relu

PRISE ENTRE LES

ROUTE 70. LÜCHON. — LE PORT DE VENASQUE. 4t>7

tournent autour de son pied; une ceinture de rocs noirs bosselle sa poitrine aride, et les glaciers lui font une couronne. »

La Maladetta, entièrement couverte de glace et de neige excepté sur son versant occidental qui plonge sur Venasque, est isolée, des deux côtés, par un large vide, du reste de la haute chaîne. Ses vastes flancs , où çà et là quelques roches noires font saillie au-dessus des glaciers, se couronnent d’une longue crête qui se relève à l'E. pour former le pic central de la Maladetta, et le pic oriental de Nethou, plus superbe encore : autour de lui tout s’abaisse, et le pic d’Esbarrans, à l’E. , semble n’ètrc qu’un renflement de la base.

Du port de Venasque, on peut gravir le pic de Sauvegarde, qui s’élève à l’O. , à 3*0 mèt. plus haut.

L’ascension n’en est pas difficile, et ne demande pas plus de 1 h. Du sommet , on a sur la Maladetta la même vue que du port; mais on peut voir en outre Venasque au S. , et Bagnères de Ludion au N.

Après avoir franchi le port de Venasque, on descend sur le Versant espagnol . et l’on contourne à g. les flancs de la Peiia B lança, (Roche blanche) , ainsi nommée à cause de la couleur de ses escarpe- . ments brûlés par le soleil. On passe auprès d’une petite fontaine Où, quand on s’y arrête , on est souvent espionné et rançonné par les douaniers espagnols (il vaut mieux aller déjeuner à la fontaine des Aranais , on y jouit d’ailleurs d’une plus belle ■ vue) , puis on s’élève par des pentes insensibles jusqu’au port de la Ficade (2424 mèt.), qu’on voit se dresser en face du côté de l’E. . à 2 kil. environ du port de Vertasque.

De ce col qui sépare là vallée d’Aran de celle de Venasque, on contemple la Maladetta dans toute sa magnificence, et l’on distingue parfaitement à sa base orientale le val fermé où viennent s’engouffrer les eaux du JoUeou.

Du col de la Picade, un sentier appelé Passage des Aranais descend à l’E. vers le (ioueil de Joueou et Arligue de Lin , dans la vallée d’Aran. 2 h. 30 min. de descente (V. *

Après une courte descente sur le versant oriental , on se dirige à g.

vers le Fas d’Escalette (2454 mèt.), qui s’ouvre sur une crête aux formes arrondies, et, à 1000 mèt. au plus du port de la Picâde, on rentre sur le versant français , pour redescendre à l’Hospice (fi kil. de l’Escale tte) , à travers les pâturages du val de la Frèche.

Ascension de t'Efttécadft.

17 kil. l/a. Aller, k h., retour, 3 !i. Cheval et guide, chacun, 5 rr. Course trèsfacile et recominamldê . Un guide n’est pas absolument nécessaire.

Au delà île l’Hospice (10 kil.). on suit d’abord le chemin qui remonte à travers les bois lavallée de la Frèche où l’on s’élève en 30 min. audessus des derniers arbres, et on atteint en 5 min. une source près de laquelle on peut déjeuner. 10 min.

plus loin , on quitte le sentier qüi bonduit en 2 h. pat le Pas e l’Escalette au port de la Picade (Voy. ci-dessus), et, se dirigeaht à g. ou à l’E. on monte par des pentes gazonneuses sur les pâturages dePoUylané, où l’on trouve (30 m.) la cabane de Pouylané, occupée par des bergers espagnols d’Aran. De là on aperçoit pour la première fois le pic de l’Entécade. Bientôt après, on

passe près du petit lac des Garces (Grues) , puis ou atteint (10 min.) un premier cold’où l’on découvre la vallée d’Artigue de Lin, le pic de Fourcanade, le pic de Poumero, et la Maladetta; et (20 min.) un second col qui offre [ sur la vallée d’Aran une vue presque aussi belle que celle dont on jouit du sommet.

Enfiu, en 10 min. d’une montée roide , on s’élève jusqu’au point culminant de l’Entécade , haut de 2220 mèt. De ce belvédère , on découvre un magnifique panorama.

Au S. , la Maladetta apparaît dans toute sa splendeur au-dessus du port de la Picade ; à l’O. , on voit jusqu’au Vignemale et au Pic du Midi de Bigorre , la vallée de Barousse qui se révèle entre les masses de l’Anteuac et du Monné; au N., le regard se perd sur les plaines de la France ; à l’E., on a le val d’Aran sous les pieds, et la vallée du Barrados remontant jusqu’au port d’Orle.

On peut redescendre par le plan de Campsaure. Il faut prendre, au delà de la cabane de Pouylané, le sentier qui se dirige à dr. , et , sur un épais gazon couvert de troupeaux, une pente douce conduit au plan de la Cabane, situé près des premières eaux qui descendent dans la vallée de l’Artigon. Ensuite on laisse à dr. le sentier qui mène au sommet du Couradilles, à g. la belle forêt qui s’étend jusqu’à l’Hospice, et on passe à la cabane de Barguères. Puis, descendant par une pente rapide et pierreuse , à l’omlue de frênes et de hêtres qui bordent de jolies prairies , on rejoint la route de l’Hospice , vis-à-vis de l’entrée de la vallée du Lys. Dans cette dernière partie du trajet on passe près de la cascade de Courrêges, qui tombe de 30 mèt. au mi-

lieu de débris d’arbres et de rochers.

Ascension dn Couradilles.

12 kil. 1/2 de Luchon. Aller, 3 h. 30, retour, 2 h. 30. Cheval et guide, 5 fr. chacun.

On remonte par le val de l’Artigon jusqu’au delà des cabanes de Barguères, situées à 10 kil. (2 h. à 2 h. 15 min. ) de Luchon ( Voy. la course précédente) , et on s’élève par des pentes faciles , en 1 h.

15 min. .jusqu’au sommet du Couradillef , ou plan de la Serre haut de 1985 mèt. La vue est à peu près la même que celle de l’Entécade :

cependant on voit de plus la ville de Luchon et les beaux glaciers qui couronnent l’amphithéâtre de la vallée du Lys.

De Luchon à Bosost par le Portillon.

13 kil. 1/2. Aller, 3 h. 30 à 4 h., retour, id. Cheval et guide, 4 fr. chacun. Chaise à porteurs (4 hommes), 25 fr.

On passe à Saint-Mamet (Voy.

page 445), et, laissant à dr. l’usine abandonnée vis-à-vis de la tour de Castelvieil, on remonte le vallon de Burbe, qui s’ouvre à g. à travers des pâturages dominés par de petits promontoires boisés. Après avoir passé près de la gracieuse cascade de Pi ch de Vergés ou Sidoine, on arrive bientôt sur une espèce de terrasse où le vallon s’élargit pour former de magnifiques pâturages. Plus haut , le sentier, devenant un peu plus rapide, monte en zigzags à travers une belle forêt de hêtres , dont les racines servent de marches. Quelques minutes après, on atteint le col dit Portillon, qui , situé à 9 kil. 1/2 ou 2 h. 15 m.

de Luchon , et à 1308 mèt. de hauteur, forme les limites de la France

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