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ROUTE 73. LA SOURCE DE LA GARONNE

est parfaitement délimité , à l’O. et au S. par la Garonne, à l’E. par le val de Bouchergues, au N. par celui de Ganejan.

De Salardu (2 h. de Viella), perché sur une terrasse à l’E. du débouché du val de Bouchergues, on gravit les flancs nus de la montagne, en laissant au-dessous de soi Tredos, dernier v. de la vallée; bientôt la vue, toujours plus étendue, embrasse toute la moitié supérieure du val d’Aran, depuis les trois cols auquel il se termine , jusqu’au bassin 'de Viella. En face, vers le S., on voit le vallon de Tre- 'dos remonter jusqu’au port de la Ratière à l’E. de Montarto, dont le sentier descend comme le port de Caldas sur le Tor et sur le val d’Espot; à l’E., un vallon parcouru par le torrent de la "Rude continue à suivre la direction de la vallée principale de Viella et s’élève sur les flancs herbeux de la montagne de Rude, qui le domine au midi :

c’est le port de Paillas ou de Bonaüjue (3 h. de Viella), ainsi nommé à cause d’une excellente source qui s’y trouve ; les Aranais le choisissent de préférence pour aller à Urgel ou à Barcelone.

On compte du port de Bonaïgue à Valence 1 h. et demie. — De Valence à Esterri, une demi-heure. — D’Esterri à Tirvia, 3 h. De Tirvia à Llaborsi, 1 h. — De Llaborsi à Romandrin , 3 h. — De Romandrin à Castelbè, 2 h. — De Castelbô à Urgel, 2 h. — En tout, 13 h.

du port à Urgel.

Le troisième port , situé au N. E. , est celui de Peyreblanque ou de Béret, le point de partage des eaux de la Garonne ét de la Noguera- Pailaresa.

En 1 h. de marche de Salardu,

à travers de beaux pâturages, on atteint le bas d’un ravin, au milieu duquel le petit ruisseau Garonne bondit en cascatelles. Après avoir gravi une éminence, on voit jaillir au pied d’un petit rocher deux sources modestes, qui vont se réunir au-dessous : ces deux sources sont les yeux ( ojos ) de la Garonne. Un peu au delà s’ouvre le col qui cache la source de la Noguera et les pâturages du Pla de Béret; à g. s’élève une montagne herbeuse de médiocre hauteur : à dr. , un terrain inégal, couvert çà et là de neige, monte par étages jusqu’à la cime blanche du Pouüespaous. Ce petit col, ces hauteurs peu imposantes sont ici la crête qui sépare les bassins des deux mers, et font partie de ce chaînon intermédiaire qui , dans sa direction N. et S. , relie la chaîne des Pyrénées atlantiques à celle des Pyrénées méditerranéennes.

DE LUCHON A CASTtLLON.

A. Pur Salnt-Itéat.

57 kil. — De l.uchou à Saint-Béat 2i kil. Route de voitures. — De Saiot-Béat à Saini-Lary. 2» kil. Sentier de montagnes. $ h. 1/2 à 6 b. de marche — De Sainl-l.ary h Castillon. iS kil. Route de voitures.

21 kil. de Luchon à Saint-Béat (V. R. 70).

En sortant de Saint-Béat, on contou me la base méridionale de la montagne de Rouf du Mont (1250 mèt.), et, entrant dans la vallée du Latbaeh, un peu au-dessus de la carrière de marbre de Les , on remonte à mi-côte le ruisseau qui coule à dr. dans la vallée. Au delà de

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

5 kil. (26 kil.) Boutx, v. de 1000 hab., on longe la lisière inférieure d’une forêt de hêtres, à la base méridionale du Cagire ( 1899 mèt. ) ; puis on s’élève graduellement jusqu’au ool de Mendé , situé à 1331 mèt. d’altitude , entre Cagire au N. et le Tue de l’Estang (1814 mèt.) au S. De ce col on descend par une pente d’abord insensible , puis plus rapide, dans un vallon herbeux et semé de cabanes, qui vient déboucher dans la vallée du Ger.

8 kil. (34 kil.). Couledoux, v. de 729 hab., du canton d’Aspet, est situé, à 880 mèt., à 13 kil.d’Aspet, sur la rive dr. du Ger, qui plus bas arrose la vallée d’Aspet , avant de se jeter dans la Garonne au-dessous île Pointis-Inard.

Pour aller de Couledoux au col de Portets, on a le choix entre deux chemins. On peut ou descendre la vallée et rejoindre à 3 kil. la route de voitures d’Aspet à Castillon, ou monter directement au v. de Portets par de nombreux hameaux.

Du col de Portets (1074 mèt.), on aperçoit la riche Ballongue (vallée longue), qui s’étend dans la direction de l’E. , avec les toits d'ardoise de ses villages, étincelant au milieu des arbres, ses forêts clair- semées, ses hautains, formés de ceps de vigne entrelacés à des érables, ses vertes hauteurs , par-dessus lesquelles on voit poindre çà et là quelque cime lointaine , et que domine au S. la masse énorme du Mont Vallier. Du côté du N. et de l’O. , la vue est moins belle; une longue suite de croupes et de buttes isolées, coupées de frais vallons, convergent vers Aspet et Encausse , et la montagne de Cagire dresse ses roches nues au-dessus des bois nuancés de hêtres et de sapins.

Du col, on descend rapidement à la petite chapelle de Pounu1, puis à

9 kil. (43 kil.). Vortetty v. de 1009 hab. , situé à 950 mèt. dans la Ballongue, qui, peuplée [d’environ 10000 hab. sur un espace de trois lieues, descend jusqu’à la ville de Castillon. Après avoir traversé deux fois le ruisseau , on sort du département de la Haute-Garonne poür entrer dans le département de l’Ariége, à

2 kil. (45 kil.) Saint- Xiary, grand v. de 1620 hab. , entouré de bois de hêtres et à demi caché sous de grands arbres. « Cette gorge, dit M. Bergès, est célèbre par ses pantières » (V. R. 41).

C’est à Saint-Lary que commença , au mois d’avril 1829, l’insurrection des Demoiselles, paysans insurgés contre les nouvelles lois qui leur défendaient d’aller chercher leur bois selon leurs besoins dans les forêts communales. Ils portaient une chemise sur leurs habits, et, la figure barbouillée de suie , la hache ou le fusil à la main , apparaissaient à l’improviste sur un point pour donner la chasse aux gardes forestiers, puis disparaissaient avec la même promptitude. Au sommet d’une montagne nommée Surroc.

qui domine la ville de Saint-Girons et près d’un rocher appelé dans le pays la Table des Quatre- Seigneurs, ils creusèrent dans la nuit trois tombes, qu’ils surmontèrent de trois croix de bois, en jurant d’y enterrer les trois principaux propriétaires forestiers du pays.

L’insurrection s'étendit bientôt; les gardes effrayés abandonnèrent les forêts; les "soldats , envoyés de Foix et de Toulouse , poursuivirent en vain les révoltés au milieu des forêts ét des montagnes, ou

même lurent obligés d’avoir aveo eux des engagements sérieux. Heureusement la révolution de 1830 éclata, et, grâce au relâchement qui s’introduisit dans l’exécution des règlements forestiers , on n’entendit plus parler des Demoiselles.

De Saint-Lary à Seintein, par le col de Nédé (Voy. plus loin).

Au delà de Saint-Lary, la route descend le long de la rive g. de la Bouiguane.

2 kil. (47 kil.) Augirein, v. de 594 liab. , situé au-dessous de Galet/ (713 hab.), dans les environs duquel on trouve une mine de plomb argentifère.

1 kil. (48 kil.) Saint- Jean , v. de 247 hab. , où se voit encore un vieux château.

1 kil. (49 kil.) Orgibet (905 hab.).

2 kil. (51 kil.) Illartein (434 hab.).

Au-dessus de ce dernier v. se dresse la belle colline, ou plutôt la montagne de Buxan , cultivée depuis le sommet jusqu’à la base, et portant le village qui lui donne son nom.

On traverse la Bouiguane , pour la retraverser à

1 kil. (52 kil.) Aucassein, v. de 383 hab. , au-dessus duquel s’élève à mi-côte Villeneuve (373 hab.).

2 kiL (54 kil.) Argein, v. de 762 hab.

2 kil. (66 kil.) Audressein, v. de 450 hab. , situé au confluent de la Bouiguane et du Lez , dans un lieu bas, où l’air circule difficilement-, aussi y trouve-t-on un grand nomber de goitreux . Après avoir franchi ces deux cours d’eau, on remonte le Lez pendant quelques instants pour atteindre

1 kil. (57 kil.) Castillon, ancienne châtellenie , aujourd’hui chef-lieu d’un canton do 17 484 hab,, b. de

1165 hab. , situé à528mèt.audébouchéde laBellongue à l’O. , duvalde Biros qui se dirige au S. O. vers le pays d’Aran , et de la vallée de Betmale qui descend du S. E. De ces trois vallées sortent trois ruisseaux qui , réunis dans le bassin de Castillon sous le nom de Lez, coulent par une quatrième vallée, celle d’Engommer, jusqu’à Saint-Girons, où ils vont grossir le Salat (V. R. 80).

Le château * auquel la ville doit son nom, n’existe plus aujourd’hui; une chapelle romane du xic siècle , comprise autrefois dans l’enceinte du château , offre à g. du portail une pierre représentant un prêtre avec une inscription en mauvais latin, qui signifie probablement que l’évêque Lacaza fut le fondateur de l’église.

B» Par Dosas! et Melle k.

13 kil. 1/2 ou 40 kil. De Luchon àBosost (V. R. 70 ou R. 73).

1 1 kil. De Bosost à l’embouchure du Sérial (V. R. 73).

Après avoir dépassé la tour de Pomorin , et traversé le ruisseau Sérial ou Maudanron tourne à g. pour monter au v. de Melles (1155 hab.); puis on s’élève au-dessus de champs aux pentes roides, par un sentier taillé dans la roche sur les flancs du ravin. Au delà d’une fontaine , dont l’eau jaillit, à demi cachée sous les herbes , le sentier incline au N.

A mesure qu’on s’élève vers le col, la vue s’étend plus loin sur la vallée de Bassioue , qui , en partie couverte de forêts, se termine, au S. E. sous les escarpements déchirés de la Tour de Crabère (2634 mèt.). — Enfin, une coupure se présente dans le roc au-dessus des pâturages : c’est le pas d’Artiguesçou (1307imèt.), ouvert entre le Tue de Culas à g. et

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celui de Sijol (1771 mèt.) à dr., deux des sommités de l’arête élevée qui unit la Tour de Crabère à Cagire.

Le col franchi, on descend par une pente douce à travers les bois de hêtres et les pâturages, et, dès qu’on est arrivé dans la vallée du 6er, que de tristes hauteurs dominent du côté de l’E. , on n’a plus qu’à suivre la rivière, à travers les prairies parsemées de groupes et de cabanes, pour atteindre Couledoux (Voir ci-dessus).

23 kil. De Couledoux à Castillon (Voir ci-dessus).

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