ROUIS 93. LE VAL D’ANDORRE
fenêtres, est un tableau de Jésus- Christ qui parait assez bien peint ;
U est ordinairement couvert par deux vantaux sur les parois intérieures desquels sont dessinées en grand les armoiries de la république, et qui, lorsqu’on les ouvre dans les cérémonies solennelles , servent aussi à la décoration de la salle. De cette chambre, ‘on passe dans celle moins vaste où se trouvent les archives; elles sont renfermées dans une armoire en bois de chêne à deux volets, au-dessus de laquelle on lit cette inscription :
Arxiux las es-cryturas de Andorra.
Puis, sur les portes de cette armoire (pratiquée dans l’épaisseur du mur qui sépare cette salle de celle du conseil) , on voit six serrures, dont le premier consul a la clef ; à côté de chacune d’elles est inscrit le nom de la paroisse, dans l’ordre suivant; Canillo, Encamp, Ordino, Massana, Andorra, San-Julian. A g. de cette salle, ou trouve la chapelle dédiée à saint Armengol, évêque d’Urgel; elle est d’une grande simplicité; au mur est appendue une belle carte des vallées d’Andorre, qui sert aussi à décorer, pendant les jours de cérémonie , la salle du conseil. Non loin de la chapelle est la cuisine qui, celtes, n’est pas une des parties les moins curieuses de la maison munioipale ; son centre est occupé par une immense cheminée dont le tuyau forme une espèce de pilier; quatre chenets de fer, d’ une hauteur colossale, prouvent qu’au besoin on peut y faire rôtir un bœuf ; à côté est le dortoir où les membres du conseil souverain des paroisses les plus éloignées peuvent passer la nuit lorsqu’ils viennent assister aux sessions. Cet édiüce est tout à la fois le palais du
gouvernement ( casa de la Valle), l’hôtel de ville d’ Andorra, la maison d’école de cette paroisse et la prison d’Ëtat. »
Autour de la ville, on voit encore les restes de quelques vieux remparts.
Au lieu de revenir directement d’ Andorra à Ax par le chemin de l’Hospitalet, on peut revenir par Urgel et Puycerda. Cette excursion demande trois journées.
D'Andorre à Urgel par la vallée de l’Bmbalire.
6 b. Chemin de mulets.
On suit la rive dr. de l’Embalire jusqu’au y. de Santa-Colovia , situé à 30 m. de marche du chef-lieu de la vallée; puis, après avoir traversé un torrent latéral, et laissé à g. le vallon de l’Aixiravall , on franchit l’Embalire en deçà de 2 h. 1/2 d’ Andorra, San Julian de Loria, v. de 600 hab., l’une des six communes fédérales. « C’est le seul endroit du val d’Andorre, dit M. Boucoiran, où l’on trouve des magasins et toute sorte de marchandises de. France et d’Espagne. Favorisé par sa position de terrain neutre, il a poussé hardiment le commerce de contrebande. Les magasins sont des lieux de dépôt, toujours approvisionnés par leurs correspondants français, qui n’attendent que le moment favorable pour introduire leurs marchandises eu Espagne, soit à l’aide de traités secrets avec les chefs des carabineros, soit à leurs risques et périls.
» Ici, la température est moins rigoureuse que dans le reste d’Andorre; on a déjà pu voir apparaître successivement quelques arbres à fruits et dçs pampres sauvages en
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desceiulunt de la haute vallée ; maintenant, les produits de la nature méridionale commencent à se montrer. Au pied du Mont Olivero , couronné par les vieilles ruines d'un château où Charlemagne s'arrêta , dit-on, quelques jours, on cultive le chanvre et le tabac ; les coteaux voisins sont couverts de vignes.
« A peine a-t-on perdu de vue le pont de San Julian, que le bruit du torrent d’Auvina sollicite le regard ; ce torrent forme une suite de cataractes qu’on voit bondir du haut de la montagne, et l’on peut étudier la composition géologique des terrains qu’il parcourt, en examinant les blocs de granit et de marbre de toutes couleurs qu’il a amoncelés auprès de la route. »
Une heure après avoir franchi l’Auvina, on eutre en Espagne, dont la frontière est indiquée par un poste de douaniers espagnols établis auprès d’une forge et d’une scierie de planches. Le chemin suit d’abord des défilés étroits, qui s’élargissent un peu pour former le riant bassin où se montre (1 h.) le v. d’Anseralt, entre les peupliers et les prairies.
Enfin, les coteaux se couvrent de vignes depuis la base jusqu’au sommet; puis apparaissent les oliviers, les figuiers, les arbres à fruits, et la nature du Midi se révèle presque brusquement lorsqu’on commence à découvrir la belle plaine de la Seu d’Urgel. On quitte ici l'Embalire, qui, faisant un détour vers la dr. , va se jeter dans la Sègre , sous les forts de Castel- Ciudad.
1 h. (6 h.) Urgel ou Seu d’Ur-
gel (siège épiscopal d’Urgel), V. de 3200 hab. , située sur la rive dr. de la Sègre. près de sou confluent
avec l’Embalire, est dominée parles tours de sa cathédrale, espèce de château fort à l'épreuve du canon , et par sa citadelle, qui s’élève sur la colline de las Horcas (Gibet).
Un pont de bois fort laid, jeté sur la Sègre, réunit la ville aux campagnes de la rive g.
L’évêché d’Urgel, dont les titulaires se donnent le titre de princes d’Andorre, a été fondé en 820. et a toujoursexercéune grande influence sur les destinées politiques de la Catalogne. En outre, les régions montueuses et les gorges difficiles qui environnentUrgelont généralement été le siège principal des soulèvements des populations catalanes. En 1691, les Français prirent la ville et la brûlèrent; en 1794, ils l’attaquèrent de nouveau et furent d’abord repoussés, mais ils revinrent bientôt l’assiéger, et, s’en étant emparés, ils la mirent au pillage. En 1822, les royalistes s’y prononcèrent en faveur de Ferdinand VII; en 1827, l’insurrection carliste en fît sou quartier général, et plus tard, le terrible comte d’Espagne , après avoir gouverné la Catalogne avec une main de fer au nom de Ferdinand VII, y prit le commandement de l’armée de don Carlos.
Quand le comte d’Espagne devint le général en chef des troupes carlistes de la Catalogne, il trouva au milieu de l’armée les parents et les amis de victimes qu’il avait fait périr au nom de Ferdinand VII, et une partie de ceux mêmes qu’il avait persécutés du vivant de ce roi.
« Tout en obéissant aux ordres «le don Carlos, dit M. L. de Lavergne, tous les coryphées de la foi absolutiste conservaient contre le comte d’Espagne une haine profonde et le désir secret de la vengeance. Ce>-
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senti raents avaient paru effacés pendant cinq ans, mais ils dormaient au fond des coeurs , car on oublie peu en Espagne , et ils se réveillèrent tout à coup, dès que la défiance qu’inspirait le comte put trouver une occasion de se manifester....
« Peu après la conclusion de la convention de Bergara (1839), qui fut si funeste à la cause de don Carlos, le comte reçut des ouvertures du gouvernement de la reine pour une transaction semblable à celle qui venait d’avoir lieu ; un commissaire anglais se présenta pour traiter avec lui. La conférence' dura environ une heure, et, bien que rien n’eût ranspiré de part et d’autre sur cette entrevue, il n’en fallut pas davantage pour provoquer les accusations des ennemis du comte d’Espagne. Cependant il reprit avec énergie les opérations militaires, et redoubla de vigueur, probablement afin d’endormir les défiances.
« Quoi qu’il en soit, la conspiration marchait, fomentée par Cabrera, le rival du comte, et, suivant quelques-uns, par don Carlos lui-même , qui aurait donné l’autorisation verbale de déposer le généralissime des armées de Catalogne comme traître et transactionniste.
* Averti , celui-ci montra d’abord une grande confiance, réelle ou feinte; mais ou le vit devenir peu à peu triste et taciturne , et il se fit entourer d’une escorte qui l’accompagnait partout. Lorsqu’il allait à la junte, Borrès, le capitaine de ses grenadiers, devait garder les avenues extérieures, et par intervalles s’introduire dans la salle des séances pour s’assurer de sa présence.
Les mêmes précautions étaient prises quand le comte allait à la la messe.
Tout cela dura très-peu. Sans aucun motif connu, il fit appeler un ihatin le capitaine Borrès , et lui dit sèchement : « II est ridicule que vous « m’accompagniez toujours avec vos a grenadiers ; je ne crains personne, «vous n’avez qu’à vous retirer avec « vos soldats. *
•« Peu de temps après , uhe personne de confiance lui remit une lettre dans laquelle on l’avertissait que sa mort était positivement résolue. Bien que cette lettre fût anonyme , le comte en reconnut l’écriture, et il en conçut une alarme réelle. Craignant qu’on n’attentât à ses jours le même soir, il fit appeler sur-le-champ les deux chefs de son escorte , il s’assura par lui -même de l’état des armes, et pendant toute la nuit, il ne dormit ni ne se déshabilla. A la pointe du jour, il monta à cheval et se dirigea vers la place forte de Berga, bourg situé à 10 lieues au S. de la Seu d’Urgel. Il resta cinq jours enfermé dans sa chambre , sans recevoir personne. Puis, il fit venir un bataillon, qui lui était tellement dévoué jusqu’au dernier soldat , qu’on l’appelait sa garde royale. L’arrivée de ce renfort remplit d’épouvante les conjurés ; aussi , toute démonstration ostensible étant impossible, eurent-ils recours à la ruse pour arriver au but qu’ils se proposaient, et cherfchèrent-ils à l’attirer au village d’Avia, où la junte tenait ses séances; ils y réussirent enfin.
« Depuis quelque temps, le comte avait prié l’intendant de l’armée, Labandero , de se concerter avec la junte sur le moyen de donner aux troupes, le 4 novembre, pour célébrer la fête du roi don Carlos , une ration double et une gratification d’un demi -mois de solde au moins.
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L'intendant engagea le comte à aller présider la junte pour vaincre par son autorité la résistance que ce corps pourrait lui opposer. Le général refusa longtemps; enfin, le 26 octobre 1839, il finit par accéder, et, sortant de Berga à l’entrée de la nuit, accompagné de son escorte ordinaire, il se dirigea vers Avia. Il était de très- belle humeur, et, durant tout le trajet, il ne cessa pas de parler et de plaisanter.
« A son entrée dans la salle des séances, le comte fut reçu par les membres présents avec les plus grandes démonstrations de respect et de soumission, et on le supplia d’avoir la bonté d’attendre quelques instants pour donner le temps de faire appeler les membres qui manquaient. En même temps, le chanoine Torrebadella et le curé Ferrer sortirent, non pour avertir les absents, comme le pensait le comte, mais pour faire arrêter les chefs de l’escorte, et renvoyer les gendarmes loin de la salle de la junte, dans deux maisons de campagne isolées l’une de l’autre. Peu après , le curé Ferrer rentra.
a Aussitôt le comte ouvrit la séance et commença à parler ; mais Ferrer, se levant le pistolet au poing , l’interrompit d’une voix terrible , lui signifiant qu’il avait cessé, par ordre du roi, d’être commandant-général de la Catalogne, et qu’il devait livrer son épée et son bâton de commandement. Le comte, surpris, répondit cependant avec beaucoup d’énergie qu’il honorait la volonté de son souverain, et que , dès qu’on lui aurait montré des ordres écrits, il résignerait le commandement, mais qu’il ne céderait point à la violence. A ces paroles, qu’il prononça en mettant 1a main
sur la garde de son épée, on ouvrit les rideaux de l’alcôve qui se trouvait derrière lui ; deux hommes armés en sortirent précipitamment et appuyèrent les canons de leurs pistolets sur sa poitrine. Le comte ne montra pas de faiblesse à cette vue, il protesta de nouveau contre ce guet- .
apens. Alors le curé Ferrer, tenant à la main gauche un pistolet armé , s’approcha de lui et lui asséna un coup de poing si violent, qu’il l’étendit par terre sans connaissance.
« Le superbe comte d’Espagne resta quelque temps par terre sans reprendre ses sens. Lorsqu’il revint à lui, il se mit sur son séant, et d’une voix plaintive , il demanda un verre d’eau , qu’on lui refusa.:..-' Tournant ses yeux abattus vers son ancien ami , l’avocat célèbre de Barcelone , don Ignace Andreu y Sanz, membre de cette terrible junte , il lui demanda conseil; mais Sanz lui tourna le dos en répondant : « Il est «trop tard. »
« Entre dix et onze heures de la nuit, les conjurés firent monter le comte sur une mule, et l’on se mit en route dans la direction de la Seu d’Urgel. Pendant cinq nuits , on le fit ainsi voyager de maison de campagne en maison de campagne, en lui promettant toujours qu’on le relâcherait à la frontière de France.
Dans la nuit du 30, le comte, désespérant d’être relâché, éclata en une rage amère et lança les plus violentes injures contre ses gardiens.
Ceux-ci, furieux, s’élancèrent sur lui , le poussèrent dans une chambre , et voulurent l’attacher avec des cordes. Le comte avait soixante-sept ans accomplis. Ni cet âge avancé, ni ce qu’il souffrait depuis quelques jours, n’avait abattu ses forces physiques. Loin d’être épuisées, elles
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étaient au contraire augmentées à tel point par le désespoir , que Ferrer et six de ses plus robustes complices eurent beaucoup de peine à le soumettre; enfin il succomba, et on l’attacha des pieds et des mains à un vieux fauteuil. Il passa dans cette terrible situation toute la nuit du 30 et toute la journée du 31, vomissant toujours des injures cbntre ses bourreaux , qui se vengèrent amplement en lui crachant à la figure et en exerçant sur lui toutes sortes de violences. Vers les dix heures du soir, l’horrible cortège se remit en mouvement. On détacha le comte, qui fut replacé sur sa mule, et on lui assura avec des rires moqueurs et des cris dé joie que l’heure de le conduire à la frontière de son pays était arrivée.
« Le cortège prit la direction de la Sègre. En arrivant au pont de la Espia , près d’Organt'a , à 3 lieues en aval d’Urgel, le comte fut entouré d’une nouvelle bande d’assassins, parmi lesquels il reconnut son aide de camp, Mariano de Orleu. En le reconnaissant, il s’écria : <> Mariano !» Ce fut sa dernière parole. Orleu répondit en lui déchargeant sur la poitrine son pistolet à bout portant, et, à ce signal, Ros de Eroles, Pons et les autres le criblèrent de coups de poignards.
<c Les assassins s’étaient pourvus de cordes ; on ceignit le corps en lui liant sur la poitrine une énorme pierre, et on le jeta encore palpitant dans le fond du torrent de la Sègre.... Mais, soit que la corde se fût rompue en frottant dans la rivière contre quelque rocher saillant, soit que la pierre se fût détachée en tombant ou qu’elle eût été dégagée par l’impétuosité du courant, il est certain que le cadavre
remonta sur l’eau et fut porté la même nuit à une lieue plus loin , jusqu’à un îlot de sable formé par la Sègre près de Coll de Nargo. Les habitants du pays le trouvèrent le matin du jour suivant. Ils le recueillirent et lui donnèrent en secret la sépulture, supposant bien, d’après sa tête blanche et ses blessures , que c’était le corps du comte d’Espagne. Telle fut la fin de cet homme qui avait fait si longtemps trembler la Catalogne entière....
» Quelques jours après, Ferrer faisait insérer dans le Restaurateur catalan qu’il avait laissé le comte sur le territoire étranger, en toute sûreté. »
D'Urgel & Puycerda , 40 kil. 8 h. de marche (V. R. 9k); — à Barcelone (34 1. i/i espagnoles) et & Gerona (26 1. espagnoles). Voy. l’ Itinéraire de V Espagne, par M. A. ü. de Lavigne; — à Bonaigue (i 3 1. espagnoles), par Eaterri (il 1.) (V. R. 73).
d’ax a puycerda et a bourg-
madame.
38 kil. (10 h. de marche). Route de voitures jusqu’à Mérens. 8 kil. Route de mulets, de Mérens à Puycerda.
A* D’Ax A Pnycerd».
17 kil. D’Ax à l’Hospitalet ( V.
En sortant de l’Hospitalet, on passe sur la rive g. du torrent et l’on remonte vers le S. 0; un vallon gazonné. A 15 min. environ, on laisse à dr. le sentier qui s’élève au port de Saldeu et au val d'Andorre (V. R. 93), et, traversant de nouveau le torrent près d’un poste de douaniers, sur le pont appelé Pont Cerda. on gravit à g. , par des
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lacets faciles, les pentes arides qui mènent au ool de Fuymorin. Les
montagnes offrent de tous côtés un aspect triste et nu. On s’élève à travers de maigres pâturages parsemés çà et là de blocs de granit, en dorainant.la vallée désolée de l’Ariége , de l’autre côté de laquelle se dressent les sommités grises et rocheuses d’Andorre. Du reste, il est impossible de s’égarer; de nombreuses pierres levées, semblables à des rangées d’hommes, indiquent le sentier, large et bien tracé, qui serait sans beaucoup de frais transformé en une route carrossable.
Après avoir franchi (45 min.) un premier col gazonné, dominé à g.
par un pic aigu et à dr. par une montagne aplatie au sommet, on traverse une espèce de plateau où s’allonge une longue file de pierres levées, et, à une distance d'environ 1 h. 15 min. de l’Hospitalet, on atteint enfin (15 min.) le vrai col situé à 1918 mèt. de hauteur audessus de la mer , entre le pic de Fonfrède (2554 mèt.) au S. , et le pic Sabarthe (2549 mèt.) au N. , et formant les limites du département de l’Ariége et des Pyrénées - Orientales.
A cent pas du chemin se trouve à g. un corps de garde ou poste de douaniers. Des pâturages du sommet, on voit une vallée grise s’ouvrir à PE. , et vers le S. apparaît dans le lointain une montagne rocheuse sur laquelle croissent à grand’peine quelques sapins.
On descend par des pentes herbeuses dans la vallée de la Sègre , où quelques champs de seigle et de pommes de terre se montrent bientôt. Piirvenu près du ruisseau que forment les eaux du col , le sentier se bifurque : l’embranchement de g. se dirige à l’E. vers le ham. de Porté.
situé, au milieu de belles prairies, au confluent de deux vallons verts; l’embranchement de dr. franchit le torrent, qui est encore bien faible :
c’est le sentier direct. Vis-à-vis de Porté (25 min. du col) , on laisse à g. les ruinas d’un château appelé Tour de Cèrdagne. De ce point , on jouit d’una belle vue sur le grand vallon de Fond/vive, qui s’ouvre derrière Porté et remonte vers les hautes montagnes de Laturux (2857 mèt.) et de Pédrous (2838 mèt.). Sur le versant méridional de ce vallon croissent quelques sapins; le torrent qui en descend y forme de nombreuses cascades, et s’épanouit en lacs derrière les ressauts de rochers qui traversent son cours.
Après avoir rejoint le sentier de Porté, on passe de nouveau sur la rive g. de la Sègre, et, laissant à g. une belle montagne grise où se voient encore çà et là quelques arbres, on atteint (lh. de descente roide depuis le col)
9 kil. (26 kil.) Porta, ham. entouré de prairies situé à 1509 mèt.
On s’enfonce alors dans une gorge sauvage, d’un grand et beau caractère, admirable de forme et de couleur, parsemée de pierres et de rochers, comme le Chaos de Gavarnie (V. R. 49), et portant encore les traces des glaciers qui la remplissaient jadis. Au débouché de cette gorge, on entre dans un petit vallon où se montrent des champs cultivés et quelques bouquets d’arbres ; à g. on est toujours dominé par la haute montagne grise et nue, que l’on côtoie depuis Porta ; à dr. de rares sapins apparaissent sur les pentes des montagnes. La Sègre de Carol, déjà large, roule ses belles eaux pures dans le fond de ce bassin dont on atteint l’extrémité en
osle