‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 299 sur 384 · ROUTE 94. D’AX A. PUYCERDA · texte numérisé non relu

ROUTE 94. D’AX A. PUYCERDA

10 min. On voit alors s’oilvrir (levant soi une véritable vallée dominée au S. E. par les montagnes de la Cerdagne. Sur un rocher de granit s’élèvent (1 kil.) deux tours carrées réunies par des débris de murailles : ce sont les tours de Carol, reste d’un manoir féodal, encore officiellement le chef-lieu du district, bien qu’inhabitable. Suivant la tradition, ce château fut construit par les Maures, puis conquis sur eux par Charlemagne, qui , en souvenir de cette victoire, donna son nom aux tours comme à toute la vallée (V. R. 93). De ces ruines on aperçoit au loin Puycerda sur un promontoire à l’entrée de la plaine; mais la vue est encore plus belle quand on se retourne vers le col de Puymorin.

Au delà de Carol, on traverse à 1363 mèt. le ham. de

4 kil. (31 kil.) Courbassil, situé au milieu de prairies qui disparaissent çà et là sous des amas de pierres roulées. Près de là, une source sulfureuse, connue sous le nom de Quel , jaillit dans un pré à dix pas de la rive g. de la rivière.

Elle sort du granit à 1 mèt. environ au-dessous du sol, et coule dans un petit bassin , où les habitants de la vallée viennent puiser de l’eau qu’ils utilisent en boisson, surtout contre les maladies de la peau. La température de la source (de 16* à 17*C.) est la moins-élevée des sources des Pyrénées-Orientales.

Au sortir de Courbassil, on suit une voie rocailleuse, frayée sur le versant oriental de la vallée, le long d’un canal d’irrigation qui va jusqu’à Puycerda, puis on traverse le hameau de Rioutès avant d’arriver à

2 kil. (33 kil.) la Tour de Carol,

bourg comprenant avec les hameaux voisins une population totale d’environ 1500 hab.

De Carol aux Bains d’Escaldas. 8 kil.

, Au delà de ce bourg, la vallée s’élargit; on franchit le canal, ombragé de saules; puis, s’éloignant un peu de la Sègre de Carol, on ne tarde pas à apercevoir à l’E. la haute cime du Canigou, et au S. E.

la masse escarpée du Puigmal. Bientôt on laisse à g. le chemin qui conduit à Bourg-Madame (V. cidessous B), et, franchissant les limites de la France et de l’Espagne, on atteint

5 kil. (38 kil.) Puycerda , ancienne capitale de la Cefdagne, V.

de 1900 hab. , située à 1242 mèt. sur une colline qui domine la Cerdagne, entre la Sègre de Carol et la Sègra de Llivia, à 20 min. de Bourg- Madame. Aucune route de voitures ne la relie ni à la France ni à l’Espagne. Les chemins qui y conduisent sont en si mauvais état qu’on risque à chaque pas de s’y donner une entorse. Des espèces de fortifications, moitié en pierres sèches, moitié en terre et à demi ruinées , l’entourent ; mais rien n’égale la malpropreté des rues et des maisons; on ne sait littéralement où mettre le pied. Une rue dont quelques habitations sont garnies de balcons conduit à une place bordée de maisons à arcades, parmi lesquelles se trouve 1 ’hostal. On y remarque surtout une maison de style mauresque.

L’église, dédiée à sainte Marie, a une porte ogivale, dont les chapiteaux sont ornés de têtes sculptées; elle se compose de trois nefs où la lumière ne pénètre jamais.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

et, comme la plupart des églises espagnoles , contient une grande quantité de lourds ornements dorés ; on y voit aussi un tableau représentant l’Enfer, où le peintre a entassé sans aucun scrupule des reines, des évêques et des papes. L’ancienne abbaye est en ruines. Du haut des remparts on découvre une belle vue sur la vallée trop nue de la Cerdagne. « Ici, dit M. Boucoiran, c’est l’entrée de la vallée de Carol et le port de Puymorin, qui dessine son échancrure dans le ciel; puis le pic de Lanoux; là-bas, Llivia, Caldegas; plus haut, c’est Montlouis et le col de la Perche ; les croupes brumeuses du Canigou , et, en face, le Puigmat avec ses belles vallées et les nombreux villages à ses pieds, qui se cachent à demi sous une abondante verdure. »

De Foycerda à Urgel.

ko kil. 7 à 8 h. de marche. Route de mulets .

Le chemin de Puycerda à Urgel traverse dans tonte sa longueur la fertile vallée de la Cerdagne, limitée au N. par le val d’Andorre et la France, au S. par un chaînon de montagnes, dernières ramification du massif de Costabona. Cette vallée resta longtemps indépendante après l'inyasion des Maures, puis, en l’an 119C, devint une province de l’Aragon, et fut enfin absorbée dans la grande monarchie espagnole ; une petite partie , qu’en détacha la paix des Pyrénées, en 16G9, a été cédée à la France, bien que la limite ainsi établie entre les deux États ne pût être justifiée par la géographie.

Au sortir de Puycerda, on descend vers la Sègre de Carol, que l’on traverse pour longer le versant

septentrional de la vallée, appelé ici Garganta (gorge) à cause de l’escarpement des montagnes qui la dominent. On franchit plusieurs torrents descendus des champs de neige de Mène et de Framiquel, et après 3 h. de marche on arrive au petit v. d’isobal , situé au débouché d’un vallon latéral. Au delà d’isobal , on continue à longer la rive dr, de la Sègre pendant une heure environ, puis, après avoir franchi divers cours d’eau , on ne tarde pas à atteindre

Belrer (Belle- vue), v. de 630 hab.

environ, bâti sur une roche escarpée au-dessus de la rive g. de la Sègre.

Son vieux château ruiné, la tour carrée de son église et ses murailles en partie éboulées lui donnent tou!

à fait l’apparence d’une ville féodale.

Des sentiers en zigzag gravissent les flancs du rocher qu’il couronne ; au-dessous, s’étendent des champs cultivés que traversent des chemins ombreux; et par derrière s’élèvent des montagnes aux formes arron-, dies, couvertes de pâturages jusque près du sommet, où se montrent encore quelques restes d’une antique forêt ; à g. du côté de la France, se dressent les hauts pies de la chaîne. Belver jouit d’une vue magnifique , ainsi que spn nom l'indique.

Au delà de Belver, ou franchit de nouveau la Sègre , puis on traverse les petits villages d'Aristnt et d’Estimari avant d’arriver à

Urgel (V. H. 93).

De Puycerda à Rivas.

fi h. i fl de marche. Sentier de montagnes. ,

De Puycerda à Vilar, par la vallée de la Sègre de Carol, et par le vallon de la Molina, 1 h. — De Vilar au col dé Tosa, J h.r- Du

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