ROUTE- 105. ASCENSION DU CANIGOU
châtaignier; à 1320 met., il rencontre les premiers rhododendrons , dont les touffes fleuries lui annoncent qu’il entre dans l’air pur des régions alpines. Les derniers champs de seigle et de pommes de terre que l’infatigable Catalan va cultiver à l’extrême limite où il peut espérer une récolte, lie dépassent pas 1640 mèt. A cette hauteur, le hêtre, le sapin argenté, le pin, le bouleau ombragent le sol; mais leur taille se réduit peu à peu sous l’influence combinée du froid, du vent et du poids de la neige. Le sapin s’arrête à 1950 mèt. ; le bouleau à 2000 mèt. ; le pin gravit la montagne jusqu’à la hauteur de 2430 mèt.
Au-dessus, s’étend une pelouse composée de plantes alpines ou polaires inconnues aux régions tempérées.
Le rhododendron ne dépasse pas 2540 mèt. Le genévrier seul , rabougri, couché sur le sol, monte jusqu’au sommet, à 2785 mèt., où les plantes du Spitzberg et du Mont- Blanc dorment ensevelies pendant ,neuf mois sous la neige, et croissent, fleurissent et fructifient en trois mois. »
En 1842, MM. François Arago, Laugier et Victor Mauvais firent un voyage à Perpignan dans le but d’observer l’éclipse totale de soleil du 8 juillet; mais le lieu de leurs observations étant très - rapproché du Canigou , ils profitèrent de cette proximité pour étudier certains problèmes relatifs à la physique du globe. Ils prièrent M. Petit, directeur de ^'Observatoire de Toulouse, de les aider dans leurs travaux. Parmi les questions d’une égale importance qui s’étaient présentées à leur esprit, il s’agissait surtout de résoudre les suivantes :
Les variations diurnes que l’aiguille
de déclinaison exécute si régulièrement dans les plaines , se reproduisent-elles au sommet d’une montagne élevée dans les mêmes amplitudes et aux mêmes heures?
L’intensité de la force magnétique décroît-elle d’une manière sensible sur un lieu élevé? Enfin, sous une même latitude, l’inclinaison magnétique est-elle la même, quelle que soit la hauteur de la station?
MM. Mauvais et Petit, désignés par le sort, allèrent s’établir avec leurs instruments sur la' cime la plus élevée du Canigou, tandis que MM. Arago et Laugier restèrent à l’établissement du Vernet. Les instruments, comparés entre eux la veille même de l’ascension , furent installés de part et d’autre avec toute la solidité désirable, et régulièrement consultés à des heures Convenues à l’avance entre les physiciens.
Les observations constatèrent :
1° Une entière simultanéité de variations diurnes dans la marche des deux aiguilles. Le maximum de digression occidentale eut lieu entre 2 et 3 h. de l’après-midi , pour l’aiguille portée sur le sommet du Canigou, comme pour celle observée au Vernet.
2“ Une inclinaison de l’aiguille plus faible environ de 5 minutes sur le Canigou que dans la plaine, tandis que, d’après les positions relatives des deux stations, elle devrait au contraire être un peu plus forte. Aucune circonstance locale n’a pu donner l’explication de cette irrégularité; car on sait, par les travaux de M. Dufrénoy, que la quantité de fer magnétique qui peut se trouver dans les environs est réellement très-faible.
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
3° Une intensité magnétique plus | petite source , qui jaillit dans un faible sur la montagne que dans la ; petit vallon près de la partie supéplaine : si l’on désigne par 1000 rieure de la terrasse , est ordinaire^ cette intensité à l’établissement du ment l’endroit que l’on choisit pour Vernet, 988 représentera celle que le déjeuner, l’on observe sur le Canigou. Ainsi il On oôtoie ensuite un large vallon y aune diminution de plus del/100 pour aller gagner le point culmipour une différence de hauteur de nant d’un ravin qui semble descen- 2133 mètres entre les deux sta- dre du sommet même de la montions. tagne. Les arbres commencent déjà
4" Le décroissement rapide des à devenir rares; à peine quelques amplitudes des oscillations au som- pins rabougris se montrent çà et là. met du Canigou. Telle aiguille qui , Bientôt on atteint l’extrémité infédans la plaine, faisait 400 oscilla- rieure d’une longue pente couverte tions entre deux limites d’ampli de neige, et l’on s’élève sans danger tude données, s’arrêtait au bout de sur la croûte épaisse et dure qui se 250 au sommet de la montagne. redresse de plus en plus à mesure En résumé, les forces magnéti- qu'on approche du sommet; quand ques deviennent de moins en moins la pente devient tropforte pour qu’on actives à mesure qu’on s’élève. puisse en continuer l’ascension ,
on gravit à g. une masse énorme à. vmr s»i»t-M«rtin a., canigou. ^ rochers écroulés formant une
k h. è 5 b. pour monter. $ h. pour des- espèce de retranchement, et l’on se Cendre. Chemin impraticable à cheval, trouve sur un immense éboulis 45 min. Du Vernet à Saint-Mar- qu* tapisse de ses blocs tout le ver tin (V. R. 104). sant septentrional du Canigou, delà
Au delà des ruines de Saint-Mar- c'me à la base; presque toute trace tin, on continue à monter dans la de végétation disparaît; plus d ardirection du S. E. , en suivant un i>res> plus de fleurs, plus de versentier conduisant au sommet d lire • r*en flue des pierres et queld’uue arête qui sépare deux gorges. ques mousses couvrant les rochers A 2 kil. environ de Saint- Martin, ■comme de la rouille, ce sentier cesse tout à coup , et la ^ ne res*e Pius T1 <** monter en pente devient beaucoup plus forte. droite 1®ne vers la cime qu’on voit 11 faut franchir des ravins profonds se dresfer au-dessus de soi ; les blocs en s’accrochant aux pierres et aux écroulés forment une sorte descaracines des arbres, et se diriger, en *iel 'iue * 1)11 Kraul en s aidant des droite ligne, à travers des rochers mains; après une ascension fatiétioulés, vers une crête élevée qui Ballle d environ 2 h., on atteint cache le véritable sommet. Ce n’est enfln sommet.
qu’après 2 h. de fatigue qu’on peut
atteindre cette première terrasse,
au - dessus de laquelle on voit se On peut descendre du Canigou dresser presque à pic la seconde, au Vernet : 1° directement en 3 h.; crête du Canigou, hérissée de rocs 2° par les granges et le ravin de entièrement nus et tachetée çà et Cadi en 4 ou 6 h Oa peut aussi allà de larges flaques de neige. Une 1er le ndême jour coucher à H rats