‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'Océan a la MéditerranéeChapitre 338 sur 384 · ROUTE 108. LA MAS-DEU. — THUIR · texte numérisé non relu

ROUTE 108. LA MAS-DEU. — THUIR

« 11 livres 10 soir, bonne monnoie | de Montpellier. »

Les Templiers du Roussillon ne furent pas plus heureux que ceux des autres parties de la France, lors de la chute de l’Ordre. Pris et enfermés, au nombre de 25, dans le château de Truilias, ils se virent condamnés à mort en 1310, par jugement de l’évéque d’Elne.

11 ne reste presque rien de l’ancienne Commanderie. Quelques pans de mur seulement semblent dater du xu° siècle; mais les deux ou trois fragments sculptés qui subsistent , corn n te l’écusson du pigeonnier, ne remonteut pas au delà du xvi' siècle. Les bâtiments modernes sont aujourd’hui occupés par une ferme modèle.

En avril 1793, les Espagnols, qui venaient de passer la frontière , attaquèrent l’armée française sur les hauteurs- de Mas-üeu, et la forcèrent à battre en retraite. Le général Ricahios n’avait qu’à poursuivre les fuyards pour entrer à Perpignan , qui ne pouvait lui résister ; il commit l’inooncevable faute de revenir sur ses pas pour attaquer Prats de Moilo, Fort-ies- Bains et Bellegarde, qui succombèrent. Mais en même temps un camp retranché s’établissait sous Perpignan et permettait au général de Fiers de créer une armée.

Au delà de Mas-Deu, on descend une petite côte , puis on traverse , à 77 mèt. d’altitude, la Canterane, plus large ici qu’à son confluent avec le Réart, et on laisse à g., de l'autre côté de la rivière, 1

6 kil. (15 kil.) Truilias, y. de 728 hab. , près duquel, en 1793., les Français essuyèrent une défaite sanglante. Les Espagnols, postés au N.

de Truilias , au camp fortifié de

Ponteüla . menaçaient la plaine de Perpignan.Dédaignant les avis du général Dagobert, les générauxd’Aoust et Goguet attaquèrent de front les retranchements ennemis; mais, après une bataille sanglante où ils perdirent 3000 hommes, ils furent forcés d’abandonner le champ de bataille. Cependant cette défaite eut les mêmes résultats qu’une victoire , et le général espagnol Ricardos, craignant une seconde attaque, opéra sa retraite sur le Boulou (Voy. ci-dessous).

Au delà de Truilias , la route gravit une petite côte, puis traverse des campagnes fertiles où se trouvaient autrefois de nombreuses lagunes rendues aujourd’hui à la culture. On laisse à g., sur un petit monticule,

4 kil. (19 kil.) LUipia, v. de 281 hab., près duquel on trouve quelques ruines de murailles romaines et d’un ancien couvent de Bénédictins. On franchit successivement les ruisseaux de l’Adou et de Tkuir avant d’entrer à

2 kil. (21 kil.) Thuir, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Perpignan, petite V. de 2626 hab., située dans une belle et riche plaine, à 100 mèt. de hauteur moyenne au-dessus de la mer, et renommée pour ses poteries. Elle fut le quartier général de Condé pendant le siège de Perpignan , en l’an 1642. En 1793, un combat sanglant se livra shus ses murs, entre les Français et les Espagnols. Ces derniers s’en emparèrent le 6 juin, mais ils en lurent chassés le 25 septembre de la même année.

Thuir est encore entourée de ses vieilles murailles flanquées de tours rondes. Elle est généralement bien bâtie, et les rues en sont assez bien

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES-

percées-, quoique étroites. La place publique est ornée d’une belle fontaine en marbre.

Au delà de Thuir, la route longe la base septentrionale des premiers contre-forts des montagnes, parcourt des campagnes fertiles, mais monotones, arrosées par plusieurs canaux dérivés des eaux de la Tèt, entre autres par le canal nommé ruisseau de Perpignan , et vient se rétmir à la route de Perpignan à Prades, à 1 kil. au-dessous de

10 kil. (31 kil.) Millet (V.

Après avoir laissé à dr. la route de Thuir et de Millas, à g. la route d’Elne, la route d’Espagne, continuant à suivre la direction du S., passe à (1 kil. — 11 kil.) l’auberge de la Croix-Blanche , puis laisse à dr. , à plus d’un kil. à l’O. , sur la rive dr. du ruisseau de Passa, le v. de Villemolaque (207 hab.), en espagnol Villamaluca (vilaine ville). A 1 kil. en amont, sur la rive g. du même ruisseau, se trouve le Monastir del Camp, ancien prieuré d’Augustins, dont l’église -• et le cloître, construits en 1488, par la faniille des Rocaberti, conservent encore quelques parties intéressantes. «Le cloître, dit M. Henry, n’avait qu’un seul rang de colonnesau pourtour du pFéau ; mais un arc s’élançait libre d’une colonne à l’autre, laissant un jour entre son extrados et l’espèce d’entablement qu’il supportait. Une seconde archivolte trilobée, s’élançant pareillement d’un chapiteau à l’autre, sons l’intrados de cette fausse arcade , servait à la renforcer. »

A g. , et à plus d’un kil. de la route, on aperçoit Saint-Jean-la-

Seille, x. de 108 hab. Plus loin, en vue de Banyuls-les-Âspres , riche.v.

de 518 hab., situé à l’E. , sur un monticule de .115 mèt. de hauteur, on atteint le point culminant de la plaine élevée qui sépare les vallées de la Têt et du Tech (102 met.). Ou traverse ensuite le ruisseau de la Coume, et l’on descend par une pente insensible dans la vallée du Tech , que l’on remonte dans la direction du S.. O., et dont on franchit plusieurs petits affluents, entre autres la Valmagne , avant d’atteindre

11 kil. (22 kil.) X>e Boulou ou Volo (relais de poste), bourg de 1333 hab., situé, sur la rive g. du Tech, dans un petit bassin dominé au S. par la chaîne des Albères.

D’après Marca, ce serait l’ancienne station romaine désignée dans l’itinéraire d’Antonin sous le nom de Stabulum; mais M- Henry trouve cette étymologie ‘fort improbable.

Le Boulou était autrefois une place forte et sa position près de la frontière l'a exposé à plusieurs sièges; on y voit encore quelques restes de murailles flanquées de tours.

L’église du Boidou, autrefois possédée par les Templiers, date du x* et du xi* siècle. Le portail, en marbre blanc, est orné de bas-reliefs sculptés non sur la frise, mais dans le cavet de la corniche ; ils représentent l’histoire de la naissance de Jésus-Christ avec les costumes du moyen âge ; les trois Mages sont habillés en chevaliers, la tête armée d’un casque.

Dans les débrisde murailles qui sont restés debout près de l'église, M. Taylor a cru voir des restes de constructions arabes semblables à celles de Séville et de Cordoue.

Les environs du Boulou ont été le

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