ROUTE 112. DE PERPIGNAN A PORT-VENDRES
court dans la direction du N. O. au S. K., on atteint en î h. 1 /2 de marche le pic de> Trois-Termes (1129 met:), ainsi nommé parce qu’il forme le nœud de trois chaînons : celui de Saint -Christophe ; un second qui se dirige au S. vers les pics del I'iqne (959 mèt.) et de Llobregat (924 met.); un troisième qui court vers la Méditerranée, et, faisant un détour vers le N,, atteint son point culminant au pic de Seules (1257 mèt.).
Iæ pic des Trois-Termes offre un des sites les plus imposants des Pyrénées-Orientales. On voit les trois chaînons, séparés par des vallées remplies d’arbres, rayonner vers trois points de l’horizon : au N. , le Bois-Soir, peuplé de taureaux sauvages, cache l’origine du vallon de la Roca, au delà duquel s’étendent les plaines du Roussillon ; à PO. , le ravin de Rome sé déverse du côté de Perllius et des Écluses; au S., le Llobregat descend vers la Junquera. et plus loin, apparaissent les campagnes de la Catalogne; à l’E. s’arrondissent les rivages de la mer en deux arcs immenses : à g. le golfe du Lion, à dr. celui de Rosas.
Après avoir dépassé Montesquieu, la route du Boulou traverse plusieurs ruisseaux, et vient enfin se réunir à la route d’Espagne , à 1 kil.
au S. du BoUlou (V. R. 108).
D’Elne à Port-Vendres.
18 kil. Rouie de poste.
Au delà d’Elne , la végétation prend un caractère de plus en plus méridional. La route, au lieu d’ètre bordée, comme elle l’est fréquemment entre Narbonne et Perpignan , de haies de pourpier de mer, au feuillage d’un vèrl blanchâtre, et
de tamarix gallica , présente souvent des cactus mêlés aux roseaux servant de clôtures aux propriétés.
A 2 kil. (15 kil.) , on traverse, sur un pont suspendu, le Tech, large souvent de 250 mèt., puis, à
1 kil. plus loin, le ruisseau de Soréda, et, laissant à g. le village de Palau del Vidre (Voy. page 664), on se dirige au S. E. par une route parfaitement droite. Après avoir laissé à dr. la route qui conduit au Boulou, par (4 kil.) Saint- André et Saint-Genÿs des Fontaines (Voy. ci-dessus), on franchit le ruisseau de Massane, en entrant à
5 kil. (20 kil.) Argelez-sur-Mer, cher-lieu de canton de l'arrondissement de Céret, V. de 2447 hab. , située au milieu de belles et fertiles campagnes, au pied des Albères, à
2 kil. de La Méditerranée. Elle était autrefois fortifiée, et elle a soutenu des sièges nombreux. On voit encore quelques vestiges de ses murailles, démolies en partie par les Français en 1642. Les habitants eux-mêmes avaient forcé la garnison espagnole à se réfugier dans l’église, et ils l’y tinrent assiégée jusqu’à l’arrivée de l’armée française. Les Espagnols s’emparèrent d’Argelez le 23 mai 1793.
L’église d’Argelez possède plusieurs tableaux peints sur bois et sur cuir. Dans une chapelle à dr., un de ces tableaux sur bois représente une dispute entre le diable et saint Michel au sujet d’une âme qu’on pèse dans une balance.
En sortant d’Argelez, on se rapproche de la mer, dont la côté , toujours basse et sablonneuse depuis les environs de Narbonne, rencontre ifci les premiers rochers projetés par la chaîne des Albères. Arrivée ellemême au pied des collines, la roule
Di
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
décrit une forte courbe, puis vient longer un instant le rivage près de Porteills, traverse le ruisseau Ravaner, et passe près de plusieurs forts situés à g., entre autres celui du Mirador, dont la poudrière, frappée par la foudre, sauta en 1818.
7 kil. (27 kil.) Collioure, l’ancienne Cauco-llliberis , ville fortifiée de 3846 hab., est située dans une position pittoresque , autour d’une baie semi-circulaire. Son origine remonte à une haute antiquité; elle existait dès l’an 535 de Rome, époque où des ambassadeurs romains y débarquèrent pour se rendre à Ruscino , et demander aux chefs des Sardons de s’opposer au passage d’Annibal. Lors de la chute de l’empire romain , elle partagea les destinées du Roussillon, et fut plusieurs fois saccagée. En juillet 1793, le général espagnol Ricardos voulutcommencer la campagne contre les Pyrénées- Orientales par la prise de Collioure ; i 1 envoya 3000 soldats attaquer la ville où se trouvait alors une très-faible garnison. Les assaillants rencontrèrent d’abord en dehors des murailles un petit poste de Français qui paraissait devoir leur opposer peu de résistance : en effet « ceux-ci , dit M. FerVel, semblaient n’avoir plus à attendre qu’une mort glorieuse:
soudain des coups de feu se font entendre ; c’était une centaine seulement de Français qui , bravant les ordres de la place , venaient de s’échapper par-dessus les remparts , et accouraient au secours de leurs frères. L’ennemi, se croyant coupé , s’arrête , tourbillonne , perd la tête , et s’enfuit dans le plus grand désordre , laissant sur la montagne 400 morts ou mourants.
«Le lendemain, l’escadre ennemie parut dans les eaux de Collioure;
mais ce fut en vain qu’elle chercha des yeux, sur les montagnes, le drapeau dont son pavillon venait saluer la victoire. En revanche, elle put de ses batteries muettes contempler à loisir un spectacle qu’elle n’attendait pas : la populace de Collioure traînant sur la plage et jetant à la mer le cadavre de son gouverneur, l’infortuné Valette, dont la conduite, la veille, avait laissé prise à de vagues soupçons, et qui venait de se donner ou de recevoir la mort. »
Vers la fin de la même année, les Espagnols attaquèrent Collioure de nouveau, et, grâce à la trahison de Dufaux, gouverneur du fort Saint- Elme, ils parvinrent à s’emparer de Collioure et de Port-Yendres, dans l’espace de quelques heures. Ils trouvèrent dans la ville 88 bouches à feu, un hôpital complet et des provisions de toutes sortes. Les Français y perdirent 150 hommes, entre autres le représentant Fabre.
L’ancien commandant de Saint-Elme échappa au supplice des traîtres en passant à l’ennemi ; mais un décret national voua sa mémoire à l’exécration publique. Quatre mois après, les Espagnols étaient forcés de rendre la place au général Dugommier.
Collioure est généralement mal bâtie et percée de rues étroites :
elle n'offre d’ailleurs rien de remarquable, si ce n’est une croix gothique en pierre érigée dans le cimetière. A quelques mèt. du rivage, à l’extrémité N. de l’anse, on voit un petit îlot rocheux, couronné d’une chapelle dédiée à saint Vincent.
Une fois l’an, à 9 h. du soir, une procession maritime promène la châsse du saint tout autour de la rade à la lueur des flambeaux.
Les fortifications élevées par Vauban pnt été modifiées depuis. Le fort