L. J. FAVERIE
Gazette des Tribunaux, 11 août 1854.
Nous devons déjh h l’un de nos confrères Ad. Joanne, touriste presque émérite, voyageur infatigable, l'Allemagne du nord et du sud, la Suisse et le Jura français, l'Ecosse, les Bords dulthin , Spa et ses environs, Bade et la Forfl-Noire. . Se rendant aux réclamations de certains promeneurs, qui ne franchissent guère les limites de la France, et aiment par-dessus tout Paris et ses environs, il a joint à ses Guides à l'étranger un Guide aux environs de Paris, guide excellent, sûr compagnon de promenade, dont on ne voudra plus se séparer quand on aura fait avec lui une première excursion, et qui apprendra au Parisien l’art de se promener, comme ses aînés ont appris aux Français celui de voyager
Avant de nous séparer de notre guide, qu’il nous permette de le remercier du fond du cœur des services qu’il nous a rendus, des jouissances qu’il nous a données. Il nous est souvent arrivé de parcourir, le livre de Joanne à la main, les environs de Paris, et jamais nous ne l’avons consulté sans profit; c’est k peine si nous l’avons trois ou quatre fois trouvé en défaut. A l’exactitude des indications il joint la fidélité des descriptions ; aux observations de mœurs et de caractères, le récit de faits historiques curieux et d’anecdotes piquantes. Avec lui, on est sûr de ne jamais s’égarer et de rencontrer aes beautés que, san3 iui, on eût inutilement cherchées,
Il instruit et il amuse en même temps, et c’est bien d’un pareil livre qu’on peut dire qu’il réunit l'utile dulci.
H. MOULIN, avocat, docteur en droit.
Le Droit, journal des Tribunaux, I*r septembre 1859.
Voici deux livres signés d’Adolphe Joanne, le plus infatigable des touristes littéraires. Nous avons déjà rendu compte de la
Îiremière partie de son ouvrage, intitulée: l'Allemagne du Nord; — 'Allemagne du Sud en est le complément naturel. M. Adolphe Joanne en est aujourd'hui à son trentième volume de voyages ; il a donné son nom au genre, comme John Murray en Angleterre ; tous deux rivalisent aujourd’hui et se partagent sur le continent la faveur des touristes européens. Murray donne peut-être un plus grand nombre d’informations matérielles et d’indications gastronomiques ; il sait mieux à quelle table d’hôte on boit le meilleur vin et à quel café se trouve la bière la plus fraîche et le porto le mieux coupé ; mais, pour le détail artistique, pour le trait de mœurs, pour l’instinct pittoresque, pour les grandes et rapides notions historiques, A. Joanne est de beaucoup supérieur à Murray. La petite etude sur le Tyrol, que j'ai eu le plaisir de lire en passant le col du Stelvio, est un vrai modèle du genre, nette, précise, pleine de faits et sans phrases. L’histoire de l’Autriche est aussi très-bien conduite à travers les négociations politiques et les prudentes alliances qui d'un simple duché ont su faire un des grands empires de l’Europe.
Louis ÉNAULT.
Le Constitutionnel, G août 1857.
M. A. Joanne n’est pas seulement un véritable touriste, il est encore spirituel écrivain, et il le prouve à chaque page. En outre, ses livres ne sont pas écrits d'après les livres de ses prédécesseurs. Il s'arrête dans chaque localité, et, recherchant lui-mêine tout ce qui peut piquer ht curiosité, il le consigne dans ses tablettes, se réservant ensuite de le contrôler dans son cabinet au moyen des documents écrits qu’il a rassemblés sur.cbaque pays. Sans doute il ne tient nullement à découvrir quelque chose de nouveau ; mais il s'attache à appeler l’attention sur ce qui mérite d’être remarqué, et il ne veut omettre aucun point important des pays qu’il a visités
Eugène D’AURIAC-
Le Siècle, 30 septembre 1858.
M. Joanne vient d’affranchir les étrangers du honteux tribut que la mauvaise foi élevait sur eux ; il les a mis à même de tirer de leurs courses plus d'instruction et plus de plaisir avec moins de fatigue et de dépen>e.
Son livre est un guide qui, une fois pavé, les conduit partout, à toute heure et par tous les temps, un guide qu’ils prennent quand ils le veulent, qu’ils laissent là quand ils en ont assez et qui ne leur demande ni monture, ni rafraîchissement, ni pourboire.
M. Joanne a réduit des trois quarts les frais et les ennuis des voyages dits de plaisir ; i! a opéré ainsi une vraie révolution, révo lution bienfaisanie, ce qui même qu’on le remarque.
D'autre part, M. Joanne ne nous fait pas voyager en homme qui n’a souci que de nous distraire, mais en homme qui veut aussi nous instruire ; il nous parle des beaux sites en peintre, des monuments en architecte, etcomme l'eussent fait les Fontaine, .les Neveux, les Visconti ; il nous parle des tableaux en connaisseur, si ce n'est en artiste ; il nous parle des ruines en vrai prophète du passé et dont la science est en mesure de relever ce qui est détruit et de reproduire ce qui a disparu.
Ce qu’il a fait pour les arts, il l'a fait pour l’industrie; il n’y a pas sur sa route un pont, un canal, une pompe à feu, une filature, une fabrique, une carrière qui échappe à son attention ; tl n’y a pas un atelier, un hospice, une école où il ne soit entré avant nous, uniquement pour savoir si nous devons y retourner avec lui.
Son livre est une admirable statistique des départements qui forment la ceinture de Paris, et cette statistique embrasse tout, productions du sol et produits de l’industrie : parcs, jardins, forêts, châteaux et villas, forteresses, églises et hôpitaux
Donner un intérêt à un itinéraire nous paraissait chose impossible, celui de M. Joanne nous a prouvé que nous étions dans l’erreur.
ANOT DE MAIZIÈRES.
L'Union, 5 mai 1857.
Ce serait un soin superflu de louer la manière dont M. Joanne comprend ei écrit un itinéraire; ceux qu’il a faits sur diverses contrées de l’F.urope ont vaincu toute concurrence, môme celle des Guides anglais les plus renommés.
Frédéric LOCK.
Revue de l'instruction publique, 5 mai 1857.
M. Joanne n'est pas seulement homme de goût , il est artiste, poëte même ; c’est avec un vif sentiment des beautés qui l’ont frappé qu'il décrit les lieux qu'il a visités, sans s’écarter jamais de l’exactitude qui est le premier devoir d’un guide
Les Guides et Itinéraires de MM. Hachette et C* ne sont donc pas seulement très-utiles, indispensables même, a quicortque veut voyager, ils offrent encore une lecture instructive et agréable.