A. LETELLIER
L'Assemblée nationale, 17 juin 1857.
Les habitués intimes d’un des plus brillants salons du faubourg Saint-Honoré, la fine fleur de l’aristocratie élégante, une vingtaine de jeunes femmes et d'aimables cavaliers, se sont donné rendezvous, pour les premiers jours du mois prochain, à Interlachen. 11 y a une douzaine d'expéditions pareilles sur le tapi* et dans ces
voyages au pays des lacs et des montagnes, du ranz et des chalets, les voyageurs emportent un livre bien rare dans notre littérature française, un excellent guide de voyage. Nous avons peu de ces ouvrages; la plupart sont très-stériles, très-inexacts, ce qui fait d’autant mieux ressortir le mérite de Y Itinéraire de la Suisse par M. Adolphe Joanne, un guide complet, abondant, plein de détails intéressants, et qui vous conduit pas à pas dan3 les mille chemins de ce beau pays, qui vous en montre minutieusement toutes les curiosités, et vous enseigne le meilleur emploi de votre temps et la tournée qu’il faut faire selon le nombre de\ jours que vous voulez dépenser. Il y a depuis le voyage de deux mois jusqu’au voyage de dix jours; — le premier plus complet, sans doute, mais le dernier n’est pas moins cuarmant.
Eugène GUINOT.
Le Pays, 19 juin 1853.
La littérature des Guides, car c’est une véritable littérature maintenant, vient de s’enrichir d’un monument nouveau. Si le mot monument vous parait trop ambitieux, disons: ouvrage. Les Environs de Paris ont paru il la librairie Hachette ; il est bon de signaler ce volume au moment où ces environs, si beaux au point de vue pittoresque, si intéressants pour l’histoire et les beaux-arts, vont devenir le but des excursions de tous les touristes.
On nous disait quelquefois: Faites des tragédies! faites des tragédies! Quant aux guides, vous n’y entendez rien, laissez cette besogne aux Anglais, gens éminemment pratiques qui voient tout, qui n'oublient rien. M. Adolphe Joanne s est chargé de répondre à ces reproches ; son guide des Environs de Paris est un véritable chef-d’œuvre ; charme du récit, érudition piquante, sûre, variée, renseignements de toutes sortes, historiques, techniques, domestiques, tout est réuni dans ce volume illustré qu’on feuillette comme un album, dont on se sert comme d’un guide et qu’on lit comme un roman.
M. Adolphe Joanne a déjà publié des guides en Suisse, en Ecosse, en Allemagne. Il s’occupe depuis quatre ou cinq ans d’un Guide en France, et cet ouvrage plus utile, plus nouveau, plus sérieux qu'on pourrait le croire, sera prochainement livré à l'impression. Nous attendons avec impatience la France de M. Adolphe Joanne. Ce que nous connaissons le moins, nous autres Français, c’est notre pays, et les étrangers assurent que nous avons tort. Nous finirons peut-être un jour par les croire.
Taxile DELORD,
Charivari, 17 juin 1857.
A une époque où la facilité des commani cations rend tout le monde voyageur, il est peu de livres plus intéressants, plus utiles cjue les itinéraires. Malheureusement rien n'est moins facile que d écrire un ouvrage de cette nature. 11 ne suffit pas d’avoir parcouru soimême et vu de ses propres yeux les contrées que l’on doit.décrire, il faut avoir en partage le génie de l’observation ; il faut avoir en outre la patience de prendre note exacte des plus petits détails, qui ont tant d’importance pour celui qui voyage ; ilfautenfin se livrer à des investigations quelquefois longues et pénibles, et puiser à des
sources dignes de confiance, si l’on veut entrer dans le domaine de l’archéologie et de l’histoire.
Ces qualités si rarement réunies se retrouvent toutes, nous pouvons l’affirmer, dans les ouvrages dont M. A. Joanne a enrichi la Bibliothèque des chemins de fer. Son itinéraire de Bordeaux à Bayonne, que nous venons de lire, est un guide précieux pour quiconque veut parcourir avec fruit les contrées et les villes qui s’y trouvent décrites. M. Joanne ne dédaigne aucun renseignement; il indique les moyens de transport à l’aide desquels on peut faire certaines excursions en dehors du tracé de la voie ferrée ; il compte le nombre des heures nécessaires à ces petites pérégrinations ; il signale les meilleurs hôtels ou les meilleures auberges; son livre est un ricerone dans toute l’acception du terme. Mais ce n’est point un de ces ciceroni dont le bavardage fatigue au lieu d’éclairer et d’instruire. C’est un compagnon assidu qui sait allier la variété et la profondeur des connaissances à un langage plein de correction, de netteté et de concision. Lalande même, ce désert aride, si plat, si triste, si monotone, la lande s’anime et s’embellit sous la plume de l’écrivain ; il vous initie à toutes ses ressources et aux mœurs si singulières de ses habitants. Peut-être passeriez-vous h Buglose en jetant à peine, sur cet humble village, un regard indifférent; M. Joanne vous rappelle alors que c’est de ce coin obscur des Landes que sortit saint Vincent de Paul; il vous raconte l’histoire de ce bienfaiteur de l’humanité, et démontre ainsi, de la façon la plus victorieuse, qu’il n’y a pas de terre en France, quelque aride qu'elle soit, où ne puissent germer, se développer et mûrir les plus consolantes vertus.
La Gironde, 30 avril 1858.
Nous avons annoncé, il y a quelques jours, la publication de l’Itinéraire de Paris à Lyon, par M. Adolphe Joanne . Notre susceptibilité a été éveillée au premier abord par la reproduction, dans cet ouvrage, d'une ancienne boutade de M. Félix Mornand, et nous avons dit franchement ce que nous pensions des observations assez jnalsonnantes de ce dernier, que nous nous sommes permis de qualifier d’enfant ingrat de notre ville. Sans rien rabattre des réflexions que notre amour-propre froissé a pu nous inspirer, nous devons rendre, en nous plaçant à un autre point de vue, une justice méritée au livre si intéressant et si complet de M. Adolphe Joanne. Il est impossible, en effet, de réunir dans un livre de cette nature plus de documents exacts, do descriptions pittoresques, de renseignements piquants et de notious historiques puisées aux meilleures sources; une centaine de pages ont été consacrées, par M. Adolphe Joanne, h la ville de Lyon, et ces pages contiennent une foule do renseignements que la plupart de nos concitoyens eux-mêmes ignorent complètement; tout ce qui a été édité "dans notre ville depuis un demi-siècle sur son histoire a été de la part de cet auteur l’objet d'une étude approfondie. Nos monuments, nos musées, notre industrie, nos institutions locales, etc., y sont étudiées et jugéesavec une rare intelligence et une sûreté d’appréciation qui ne le cède en rien à la clarté et à l'élégance du style.
Salut Public de Lyon, 27 juin 1857,
Il est une science dont chaque jour voit s’augmenter l’importance, dont chaque jour réclame une plus large, une plus féconde application. C’est la science de l'itinéraire, du guide du voyageur. J'ai dit science, et j’ai écrit ce mot-là sans engouement, sans parti pris partial ou intéressé, avec un sentiment scrupuleusement consciencieux. Oui, la science de T itinéraire l On se récrierait en vain sur la dénomination honorable donnée à des travaux de ce genre. Elle ne paraîtra ni fausse, ni emphatique, quand on aura lu quelques pages d’un itinéraire bien fait : et pourquoi ne pas le dire tout de suite, quand on aura passé un quart d'heure à feuilleter l'un des itinéraires de M. Joanne, par exemple; on ne peut se rendre compte, avant examen et réflexion, de tout ce qu’il faut de méthode, d'étude, d'instruction varice, d’activité, de tact dans le choix des documents, et de courage, pour composer ces livres de sept à huit cents pages à deux colonnes et à texte fin et serré, qui sont des cheis-d’œuvre d'exactitude dans les indications, des merveilles de prévoyance et de sollicitude pour les besoins si multiples, pour les plaisirs, pour les caprices du voyageur et du touriste. Il faut qu’un itinéraire soit une notice géographique, historique, artistique, médicale et confortable t des pays que l'on se propose de traverser ou d’explorer, une encyclopédie en miniature, qui contienne une réponse à toutes les questions qui peuvent embarrasser un voyageur, une solution pour toutes les difficultés qui peuvent entraver un voyage. Ce n’est point la une œuvre facile et que puisse accomplir le premier venu. C'est, répétons-le, toute une science à saisir, et qui réclame dans ses adeptes des facultés diverses rarement réunies t} ans le même homme. M. Adolphe Joanne était éminemment propre à entreprendre et b mener à bonne fin l’immense travail des itinéraires de l'Europe occidentale; parlant et écrivant avec facilité l’anglais, l'allemand et l'italien, initié par des études vigoureuses et incessantes à la littérature de toutes les nations civilisées, M. Adolphe Joanne a été l’un des écrivains les plus féconds et les plus goûtés de la Tt'vue Britannique et de l'Illustration ; il était admirablement préparé, par ce cosmopolitisme du savoir et de l’esprit, au travail des itinéraires. 11 pouvait en bannir la sécheresse et relever la vulgarité des détails par une forme littéraire également éloignée de 1 atfeciaiion et de la basspsse. Du reste, tout était à faire ou à refaire. La création de nouvelles routes, l’éiabli>sement de grandes lignes de chemins de fer et de nombreux cm branchetnen s avaient changé les conditions de voyage, multiplié les buts de pérégrination, rendu hertains pays accessibles et fait la solitude pour d’autres lieux. M. Joanne s’est mis à l’œuvre, il y a quelque quinze ans déjà. Avant d'écrire le premier mot de ses itinéraires, il a voulu tout visiter, tout voir, tout constater lui-même ; pendant un grand nombre d'années il a été d’une ubiquité incroyable, parcourant en tout sens, dans sa course sans fin, l'AngletPrre, l'Ecosse, la France, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse et l'Italie: interrogeant l'histoire de chaque peuple ; étudiant les monuments de chaque ville : notant les curiosités naturelles de chaque pays; voyageur intrépide, piéton infatigable, il a gravi tous les sommets, il s’est arrêté au bord de tous les lacs, il a traversé
1 Qu'on nous pardonne de détourner ce mot de sa signification grammaticale pour ('employer dans un sens facilement saisissable. Sans cette licence, il eût etc nécessaire d'employer une périphrase.
tous les ruisseaux. Sa mémoire prodigieuse relient autant de noms propres de lieux et de personnes qu’il peut y en avoir dans le grand almanach du commerce parisien. Toutes ces ressources d'une riche et belle organisation ont été mises au service de ces travaux qui paraissent ingrats au premier abord, et dont il a su rendre le résultat attrayant. La tâche de M. Joanne est aujourd’hui à moitié remplie. Parmi ses itinéraires publiés, en dehors de l’itinéraire de la France, on remarque les suivants: Écosse, Suisse, Spa et ses enviions, bords du Rhin, du Neckar et de la Moselle, Bade et la forêt Noire, trains de plaisir des bords du Rhin , Allemagne du nord, Allemagne du sud.... Aristide ALBERT.
Revue des Alpes, 10 janvier 1858.
Dans peu d’années, la collection Joanne, qui déjà nous guide en Suisse, en Ecosse, en Allemagne, sur les bords du Rhin, dans la forêt Noire, en Italie, en Sicile, aux grands établissements thermaux, nous ouvrira l’Europe entière par la description consciencieuse et détaillée de ses voies de communication, de ses villes, de ses monuments, de ses richesses enfin, naturelles, artistiques ou littéraires, agréable et dernier complément de toute étude géographique. De tels livres activent considérablement le désir de voyager, et, si l’on ne le peut absolument ou bien même si Ton est pris de l’horreur du déplacement, maladie qui devient de jour en jour plus rare, on voyage du moins fort agréablement avec M. Joanne sur sa causeuse même ou dans son cabinet, et Ton reconnaît de plus en plus la vérité du mot de Jacques Arago :
Voyager, c'est apprendre ; voir, c’est avoir.
' Félix FRÉZIÈRES.
Courrier de Tam-et-Garonne, 29 mai 1858.
L’itinéraire de la Suisse par M. Adolphe Joanne, dont une première édition moins complète que celle-ci s’est assez rapidement épuisée, a pris rang parmi les meilleurs livres de ce genre qui existent en langue française. Il rivalise avec le Handbook de Murray, et, nous n’hésitons pas à le dire, il lui est dans plusieurs parties supérieur soit par la richesse des détails, soit par l’abondance des renseignements. L’auteur a étudié la Suisse avec amour, et comme elle doit l’être, c’est-à-dire en la parcourant à pied, en vivant au milieu de ses populations, en s'intéressant à leur histoire, à leurs mœurs, à leurs coutumes. Ce n’est pas un cicerone répétant de belles phrases stéréotypées à l'usage des touristes, c’est un voyageur instruit, un compagnon expérimenté qui connaît bien les lieux qu'il décrit, qui sent vivement les grandes beautés de la nature alpestre, et sait unir à cette admiration chaleureuse les qualités d un guide sûr et prudent. On peut se fier parfaitement à toutes ses indications; quand il parle d'excursions qu’il n'a pas fa ites iui-même, c'est d'après les meilleures autorités, et ses nombreuses citations prouvent que, pour compléter son travail, il s'est entouré des documents les plus dignes d’être consultés.
Bulletin littéraire de la Bibliothèque Universelle de Genève, Revue critique des livres nouveaux (21* année).
34 LlfiîtAÎRlE L. HACHETTE ET C1'.
Aujourd’hui vous voyagez le plus agréablement du monde, et de la manière la plus instructive, sans qu’il soit nécessaire qu’un conducteur vous fasse la leçon. Avez-vous lu les Guides du voyageur en Suisse, en Allemagne, en Ecosse, par M. Adolphe Joanne? M. Joanne s’est fait une spécialité en ce genre de littérature. Littérature est le mot, car il a donné à ces sortes d’ouvrage une valeur littéraire incontestable. Nous venons de parcourir son Guide de Bordeaux à Bayonne, et nous confessons y avoir pris un grand plaisir.
F. LACOINTA.
Revue de Toulouse, 1er mars 1858.
Deux écrivains distingnés, MM. A. Joanne et A. J. Du Pays, ont parfaitement compris qu’un itinéraire doit être avant tout exact, positif et complet dans des limites raisonnables oupossibles; ils se sont mis à l’œuvre après avoir vu, visité, étudié les différents pays et consulté les meilleurs ouvrages publiés déjà sur les diverses contrées et les objets principaux qu’elles contiennent; ils ont entrepris la rédaction d’itinéraires spéciaux et complets.
Nous avons déjà eu occasion de parler dans notre cahier d’avril 1855. page 127, île l’Itinéraire de l’Italie, de M. A. J. Du Pays. L’Itmératre descriptif et historique de l'Allemagne que vient de publier M. Ad. Joanne, nous paraît en tout point digne de ses aînés, les itinéraires de la Suisse et de l’Ecosse, qui jouissent déjà d’une réputation méritée. Les renseignements qu’il offre au voyageur sont en général si abondants et si exacts qu’on peut se mettre en route en toute sûreté : on emporte avec soi toutes les instructions nécessaires... ,
Cette véritable encyclopédie de l’Allemagne s’adresse nonseulement aux voyageurs, mais à tous les hommes de cabinet que peut intéresser le sujet. Nous ne connaissons pas en France et en français un ouvrage aussi complet, dans les limites que lui impose son but, sur les nombreux Ëtat3 de la confédération gefmanique.