ROUTE 41. BÉTHARRAM. — SAINT-PÉ
de belles collines boisées dont les pentes arrondies descendent mollement jusqu'à la rivière. Dans les grandes forêts qui dominent ces hauteurs il existe encore des sangliers.
Peu de temps après être sorti du dép. des Basses- Pyrénées pour entrer dans celui des Hautes-Pyrénées, on arrive à
6 kil. (30 kil.) Saint-Pé, V. de 2714 h. , resserrée, sur la rive dr. du Gave, entre des collines couvertes de bruyères au N. et des montagnes assez élevées qui se dressent immédiatement de l'autre côté de la rivière. Elle s'appelait anciennement Geyres; mais, en 1032 , Sanche Guillaume, duc de Gascogne, désirant consacrer par un monument son éclatante victoire sur les pirates normands, y fonda un monastère (le Bénédictins auquel il donna le nom de Saint-Pé (Saint- Pierre), qui peu à peu devint celui de la ville.
Outre les privilèges qu'il accorda aux moines, le duc les enrichit de meubles précieux dont Marca nous fait rénumération. Entre autres, « il leur fit don de ses armes de guerre très-artistement travaillées en or, avec son bouclier et sa lance ; et d'une maison dans SaHes (V.
R. 19) avec la poêle à faire du sel; et fit la délivrance de toutes ces choses avec sa ceinture d'argent qu'il mit sur l'autel. » Pendant les guerres de religion , Montgommery brûla l'église de ce monastère.
Les trois absides du chevet, le fond du bas côté du S. orné à l'intérieur et à l'extérieur de trois grandes arcatures à chaque travée, la tourelle d'escalier de l'angle S. 0. , sont les seuls débris de cette basilique , qui était sans contredit l'une des plus belles du Béam.
«Une reste du cloître, dit M. Cénac-
Moncaut, que quatre doubles corbeilles avec leurs colonnettes; mais ces fragments suffisent encore pour nous apprendre que les galeries primitives, détruites par quelque accident ignoré , avaient été reconstruites au XV' siècle par un sculpteur dégagé des entraves de l'art symbolique du moyen âge; dans ses bas-rehefs, les saints ont perdu leur limbe , et l'enfant Jésus est accompagné par deux petits quadrupèdes lilliputiens qui ressemblent plutôt à des joujoux qu'au bœuf et à l'âne respectables des anciennes sculptures symboliques.
a Le bas-relief le plus remarqué est celui qui représente l'apparition de l'ange aux bergers. Sur le haut de la montagne, deux bergers plus rapprochés de l'ange ont déjà reçu la bonne nouvelle et réveillent un de leurs camarades; mais celui-ci montre peu d'empressement et semble répondre le verset du noêl patois :
Lechem droumi, Noun bengues troubla la cerbello,
Lechem droumi !
Tire d'abans a loun cami ; Ney pas besouin de senti nello Ni de que hé de ta noubello
Lechem droumi.
Laisse-moi dormir !
Ne viens pas me troubler la cervelle,
Laisse-moi dormir.
Tire de l'avant dans ton chemin ; Je n'ai pas besoin de sentinelle, Je n'ai que faire de ta nouvelle.
Laisse-moi dormir !
Saint-Pé possède un collège florissant; elle est en outre renomméô pour son industrie. Ses martinets, sa clouterie, ses fabriques de peignes de buis et de mouchoirs occupent un grand nombre d'ouvriçrs.
L/Bs fers qu'on y travaille viennent
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES