‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 174 sur 382 · ROUTE 48. LUZ ET SAINT-SAUVEUR · texte numérisé non relu

ROUTE 48. LUZ ET SAINT-SAUVEUR

poste fortifié occupé par des routiers anglais; maintenant il en reste peu de"chose : au N., une tour carrée, percée de quelques meurtrières et de grandes ouvertures servant de créneaux couverts; au S. une seconde tour cylindri(iue, dont l'élancement hardi semble i)rolonger l'aiguille de rocher (jui la supporte, a Ce chAteau resta on la puissance des Anglais (piatorze ans de moins que celui de Lourdes. En l.'»04, Jean de Bourbon le prit avec le concours d'Auger de Laffite de Luz, chef tles troupes de la républi(jue iKirégeoise. »

Derrière la ville s'élève un petit mamelon nu, api»elé Saint- Pierre, qui porte les ruines grisAtres d'un ermitage. De là on peut voir le bassin de Luz avec ses maisons, ses champs, ses promeneurs et ses cavalcades; en face, les ileux sombres tours du château de Sainte- Marie ; à dr. , la gorge du Cave oi'i Saint-Sauveur est suspendu sur les prairies au milieu des hêtres, des aunes et des bouleaux.

Un autre but de promenade peut être aussi la fontainp pétrifiante (pii se trouve sur la rive g. <lu Gave, avant d'arriver à Saint-Sauveur. Le ruis.seau qu'elle protluit dépose sur le sol des incrustations calciiires en forme de larges dalles; les phintes, les racines, les mousses qui trempent dans l'eau sont bientôt revêtues d'une coucbe de pierre.

Mais ce qui fait la beauté du bassin de Luz et plaît surtout à ceux qui s'y promènent au hasard le long des petits sentiers, c'est, dit M. Taine, « l'abondance (les eaux courantes. Les prairies sont traversées de filets d'eau qui se croisent, se séparent, se réunissent et sautent en.semble dans le Gave. Les paysans arrosent ainsi

toutes leurs cultures : un champ a cinq ou six étages de ruisseaux qui courent serrés dans des lits d'ardoise. La troupe bondissante s'agite au soleil comme une bande folle d'écoliers en liberté. Les gazons quelles nourrissent sont d'une fraîcheur et d'une beauté incomparables; l'herbe se presse sur leurs bonis, trempe ses pieds dans l'eau, se couche sous l'élan des petites vagues, et ses rubans luisîints tremblent dans un reflet de perle sous les remous argentés. On ne fait pas dix pas sans rencontrer une chute d'eau : grosses cascades bouiUonnantes qui descendent sur une traînée de blocs rougeàtres, nappes transparentes qui s'étendent

sur un large feuillet de roche, filets d'écume qui serpentent en raies tortueuses depuis la cime jusqu'à la vallée, sources égarées qui suintent le long des graminées pendantes et tombent goutte à goutte.

Le Gave roule sur la droite et couvre tous ces murmures de sa grande voix monotone. De l)eaux iris bleus croissent sur les pentes marécageuses; les bois et les cultures montent bien haut entre les roches. La vallée sourit, encadrée de verdure; mais, à l'horizon, les pics crénelés, les crêtes en scie, les noirs escarpements des monts ébréchés, montent dans le ciel bleu, sous iem- manteau de neige. »

De Laz à Saint San vear.

l^ioo met., bonne route de voitures.

Saint-Sauveur est réuni à Luz par une belle route plantée d'arbres qui a 1400 mètres de longueur. Cette route traverse d'abord le petit torrent de la Lise, contourne le pied du mamelon (lui porte l'ermitage de Saint- Pierre, franchit le Gave suru:ibeau

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