‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 186 sur 382 · A GAVARNIE · texte numérisé non relu

A GAVARNIE

i9kil.Bonneroutedc chevaux. On peut même la paicouiiren char; mais c'tsl une imprudence. En i8.î7, deux personnes (le man et U femme , qui revenaient de Gavarnie dans un i>eiit char, (»iu eupncipilées au fond du Gave , près du pont de Sia. Le ctieval s'est effrav.-, et le «•ocher n'a pas pu le retenir.

Un guide est inutile aux piétons.

De Saint-Sauveur à Gèdre.

Les deux routes de Luz et de Saint-Sauveur se rejoignent, sur la rive dr. du Gave , à 5(M) met. de Saint-Sauveur et à 900 met. de Luz.

Près du pont , le poteau porte les indications suivantes : Gèdre , 12 kil.; Gavarnie, 19 kil.

On suit d'abord le pied du Bergons; le chemin est bordé de haies et de noyers qui laissent apercevoir Saint-Sauveur pittoresquement étage au-dessus des eaux brillantes du Gave. Burke , qui vint passer une sai son à Saint-Sauveur, avait dans son langage emphatique décoré ce site gracieux «lu nom de Temple de la Méditation. Plus loin, la vallée se resserre, et bientôt on arrive k de grands entassements de i)ierres roulées qui annoncent les ravages fré- (juents du Kioumaiï (Mauvais-Ruisseau). Au-dessus de ces masses de débris se trouve une carrière où les liabitants de Luz vont extraire le marbre veiné de noir et de gris, dont

ils se servent pour la construction de leurs maisons.

De l'autre côté du Rioumaii, la gorge n'est plus qu'une vaste tranchée au fond de huiuelle mugit le Gave .\ une grande profondeur. Ce beau et imposant défilé ne pouvait être franchi autrefois qu'en escaladant les périlleux rochers du Pflv de V Échelle, ainsi nommés parce • m'ils étaient taillés en gradins. La nouvelle route, construite au-dessus de l'ancien chemin, qui n'est pas encore entièrement détruit, a été ouverte à grands frais dans le roc vif, sur une longueur de '200 met. ; trois cavaliers peuvent y passer de front. Kn se penchant sur le bord du rocher, on voit les ruines d'une tour nommée le fort de VEsralelte, ou la Redoute, ou la porte d'Espagne. On raconte que 700 miquelets aragonais. qui venaient ravager la vallée de Luz, furent précipités du haut de cette tour par les montagnards de Bigorre.

Le Pas de TËchellc franchi, au bas d'une petite descente, les guides ne manquent jamais d'inter roger l'écho que les deux parois de la montagne se renvoient l'une à l'autre , puis de montrer la Peyre Ardoune, grand rocher qui . enroulant le long des pentes s'est arrêté , en équilibre sur le bord du précipice.

Bientôt on aperçoit, au pied du pic d'Aubiste, qui attire les regards depuis h)ngtemps, la cascade de Sia, et plus haut, les quatre moulins élevés sur le ruban argenté qui lui donne naissance. La route descend ensuite rapidement au (30 min.) Pont de Sia, formé par des madriers de sapins à plus de :J0 met. au-dessus du (iave ; cette année (18:)8). on doit inaugurer le pont de pierre commencé en 1857.

ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES

Au-«lessous se voyait encore le vieux pont; une arche en ruine sans parapet, toute drapée de lierre. En amont, le Gave tombe d'une hauteur de 30 met. , avec un bruit terrible, au milieu des rochers écroulés.

Sur le flanc de la montagne, quelques maisons éparses parmi les noyers forment le misérable hameau de Sia ; au fond de la vallée en face, sélève la montagne de Brada.

La cascade dépassée , on remonte la rive g. du Gave. La route, assez bonne en cet endroit, man(iue malheureusement d'ombre; toute cette gorge est aride. On passe sous les rochers appelés spêlunuues (speluncœ) par les montagnards, on franchit un passage étroit, où les avalanches sont h. redouter pendant l'hiver, et on arrive au pont Desdouroucat (déraciné), ainsi nommé parce qu'il fut emporté jadis par un grand éboulement. Un peu en deçà du pont, on aperçoit en face de soi le Piméné, et en se retournant le pic de Yiscos. Du pont, on voit en face, c'est-à-dire au S., le Casque du Marboré. Sur la dr. se montre le pic d'Ardiden. Sur la g. on continue à longer la base du Bergons.

Peu de temps après avuir passé sur la rive dr. du détilé. on entre dans le bassin de Prngnères, où viennent se jeter dans le Gave les torrents de deux vallées transversales. Celui qui descend de l'O.

prend son origine au lac de Ccstrède, près du lac dKstom Soubiran , et descend entre le pic d'Aubiste au N., et la Bouque de Caute au S., à travers les forêts de sapins et les prairies de TrimhareiUe.

a Le vallon de Trimbareille est enpore plus sauvage et plus atTreux, dit Ramond, que celui de Pragnères, nonobstant l'éclat des prairies qui

en décorent l'entrée : il remonte jusqu'aux crêtes de granit qui dominent les rameaux orientaux de la vallée de Cauterets. Ces lieux désolés sont la retraite du bouquetin, tant poursuivi et devenu si rare que les chasseurs ne le connaissent presque plus; Tours et le lynx y sont aussi, mais la destruction des forêts en a bien diminué le nombre. «'C'est au fond de ce vallon, au nord du lac de Cestrède, que jaillit la source thermale sulfureuse de Bné (Guide, 10 fr.).

Le torrent qui vient de TE. apporte au (iave les eaux d'un vaste cirque de hautes montagnes. Au fond de la vallée sauvage qu'il arrose, ou aperçoit la cime neigeuse de VEstibère-Male ou pic Vierge (Guide, 10 fr.).

A 45 min. du pont de Sia (l h.

15 min. de Luz ou de Saint-Sauveur), on franchit le Gave de Pragnères, au ham. du môme nom (960 met.) , et l'on continue à suivre la rive dr.

du Gave, entre des buis et des ormeaux ; en face, le Piméné se dresse au-dessus du Coumélie. « Adr., dit M. Lemonnier, est un groupe de maisons dépendant de Gèdre, à l'endroit nommé Sarre de Ben. Ce hameau, placé sur un promontoire fort exposé aux coups de vent, offre les restes d'un môle de rochers, que le cours des eaux a renversé lorsqu'elles s'échappèrent du bassin d'Héas. »

Une petite montée aboutit ensuite à deux vastes courbes que décrit successivement la route au-dessus du Gave. On commence à apercevoir le Marboré : « c'est d'abord une tour, puis une autre; ensuite apparaissent les murailles, et enfin la brèche, au haut d'un plan vertical où sont suspendus des lambeaux de neige. »»

ROUTE 49. GÈDRE. — LE PIMÉNÉ.

45 min. de Pragnères. Gèdre (auberge de la Crof/t'), v. de 900 h., est situé à 980 met. au point de jonction des vallées d'Héas et de Gavarnie; des bois touffus de hêtres et de buis ombragent le confluent des deux torrents.

Si l'on veut visiter la grotte, il faut payer une contribution de 50 cent, à l'auberge de Palasset.

a La^ prétendue grotte de Cèdre ou de Palasset n'est plus, depuis la débâcle du lac d'Héas en 1788, que le débouché d'une longue tranchée d'où s'échappe le Gave d'Héas entre deux murailles de granit, et sous les branches croisées des érables et des tilleuls, qui n'y laissent pénétrer qu'une demi-clarté. Les parois de cette tranchée sont ornées de plantes toujours fraîches, de grêles saxifrages et de framboisiers dont les fruits, hors d'atteinte, mûrissent et se dessèchent sur leur tige. Lorsque les rayons du soleil, filtrant au travers du feuillage , viennent tomber sur les eaux du petit bassin où le Gave s'endort audessous de son tortueux canal , ils répandentdans la grotte un demi-jour ,

merveilleux mélange de lumière et d'obscurité. » (De Chausenque.)

De Gèdre à Héas et au cirque de Troumouso^V. H. 51).

De Qèdre au Fiméné.

rochers du Chaos, on arrive à une dépression dont les eaux du lac de llosse (19G3 met.) occupent le fond; un gazon court recouvre toutes les pentes; quelques rochers seulement en déchirent la surface, mais pas un arbre n'interrompt l'uniformité

du pavsage.

Aj.rès être descendu sur les bords du lac , on commence à gravir les pentes du Piméné, dont le sommet se dresse en face du côté du S. Peu à peu la pente devient tellement escarpée , que les cavaliers doivent descendre de leur monture et continuer à pied leur ascension. Cependant il n'y a point de dangers à courir, et bientôt on arrive sur le sommet du pic, à 2803 met. d'altitude au-dessus du niveau delatner.

Du Piméné on jouit d'une vue très-étendue, analogue à celle du

^ 11. à <» h. 80 m. On peut faire une partie du chemin i cheval. Celle ascension est tn^'s-recommandôe ; peu de sommets, dit Ramond, sont d'un accès pliis facile; aucun peut-être ne dcdomnia^je aussi complètement dece qu'il en acculé pour l'alteiridre.

On gravit d'abord les flancs arides du Coumélie (1 h. 15 min.), et, quand on a laissé à dr. les escarpements d'où se sont écroulés les

,)icde Bergons, mais plus détadlée (V. le panorama de M. V. Petit) : on a sous les pieds, du côté du S., le cirque de Gavarnie; à dr. s'élèvent les hauts pitons et les glaciers du Yignemale; en face les terrasses et les tours du Marboré, le port de Gavarnie, la brèche de Roland, les cimes du Mont-Perdu , en partie cachées par l'Astazona;à g. le cirque de Troumouse et toute la vallée d'Héas, les ports de la Canaou et deCambielle; en se retournant, on voit Néouvieille , le pic de Bergons, le Pic du Midi , toutes les montagnes du Bigorre, Argelez et la plaine de Tarbes.

La vue du Piméné a inspiré de belles pages à Ramond. a Est-ce des aspects que l'on cherche? \oilà le Mont-Perdu, le Cylindre , le Marboré, ses tours et ses créneaux. On les a vus séparés , il faut les voir ensemble ; on les a vus de loin, il faut les voir de près. On les a vus

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