‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 188 sur 382 · ROUTE 49. LE CIRQUE DE GAVARNIE · texte numérisé non relu

ROUTE 49. LE CIRQUE DE GAVARNIE

et semblait se retirer à leur apjiroche. D'autres se couchaient sur le ntcher, les yeux fixés sur l'inaccessible barrière, et la contemj.laient douloureusement avec le .sentiment de leur petitesse et de leur

impuissance. •

Le cirque de Gavarnie a 400 met.

de haut, :\m) met. de tour, trois étages de murs perpendiculaires, et, sur chaque étage, des gradins innombrables. Les neiges éternelles fpii recouvrent les sommets sont dominées à l'E. par les môles énormes dWstazou ou Frazona (:i080 met.) ;àrO. , par les crêtes du raillon;Qn face, s'élèvent leff/i/ndre(33'>2 met.) et IcaTours du Marboré, la Brèche et la fausse Brèche; mais ce qui attire surtout les regards, ce sont les Cascades. « Les filets d'eau arrivent par milliers de la plus haute assise, dit M. Taine, bondissent de gradin en gradin, croisent leurs raies d écume, serpentent, s'unissent et tombent par dix ou douze ruisseaux qui glissent de la dernière assise en traînées floconneuses pour se perdre dans les glaciers du sol. » Le nombre des cascades varie suivant les saisons et la quantité des neiges; mais il en est deux qui ne tarissent jamais.

L'une d'elles, la troisième sur la g., a 42*2 met. de haut. «Elle tombe lentement comme un nuage qui descend, ou comme un voile de mousseline qu'on déploie ; l'air adoucit sa chute; l'œil suit avec complaisance la gracieuse ondulation du beau voile aérien. Elle glisse le long du rocher, et semble plutôt flotter que C(nUer. Le soleil luit, h. travers son panache, de l'éclat le plus doux et le plus aimable. Elle arrive en bas comme un bouquet de plumes fines et on-

ildvantes, et rejaillit on poussière

largent; la fraîche et transparente vapeur se balance autour de la pierre trempée, et sa traînée rebondissante monte légèrement le long des assises. »

La neige ne disparaît presque jamais du fond du cirque, et le (;ave, formé par les eaux des cascades, est obligé de passer sous un long pont de neiije qui varie de longueur et d'épaisseur suivant les saisons. Peu de curieux vont plus loin; cependant on ne peut avoir une idée exacte de la cascade, située à une heure de marche, qu'en allant la voir de près.

En été , elle est rompue aux deux tiers par une saillie du rocher, et, (juand on arrive au-dessous d'elle, (m n'en voit plus que la partie inférieure, haute de 130 met. environ, ce Ces eaux, ([ui semblent tomber de la nue, ne forment d'abord qu'une nappe déployée, dit M. de Chausenque. La résistance de l'air la divise en vapeur que la moindre brise pousse au loin ; un brouillard hum ide vohige dans l'atmosphère. . . .

a Mais si la cascade est encore si belle au soleil d'août, alors que les glaciers sont le plus réduits, combien doit-elle être majestueuse et terrible au printemps, lorsque le vent d'Espagne venant à souffler sur les neiges accumulées, les eaux rapidement fondues se précipitent des terrasses supérieures, et, doublant leur volume de tous les rochers (pi'elles entraînent, viennent à s'élancer du haut de ces murailles en une masse énorme qui ébranle la montagne dans tous ses fondements? C'est alors qu'il faut lavoir; la saillie du roc qui la brise a disparu ; dans sa hauteur de plus de 400 met., ce n'est qu'une nappe

ITINERAIRE DES PYRENEES

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