BAGAGE ET COSTUME
Diminuer son bagage de poids et de volume, tel est le plus important problème que puisse se poser, avant de se mettre en route, un voyageur à pied.
Ce bagage, réduit à sa plus simple expression, devra peser 6 ou 8 kilog. au plus, et tenir sans peine dans un havre-sac, semblable pour la forme aux sacs des militaires, du prix de 12 àl8fr.*.
Alors même que les piétons se débarrasseront de leur sac , soit qu'ils l'envoient par la diligence ou par des porteurs dans une autre localité peu éloignée , soit qu'après une excursion de quelques jours ils doivent venir le reprendre à l'auberge où ils l'auront laissé, ils feront bien d'emporter avec eux une chemise, un paletot ou un châle et un manteau de caoutchouc; car il n'est pas de jour où l'on n'ait besoin , en arrivant , de changer de linge, et souvent le soir il fait très-froid dans les montagnes.
Pour les vêtements de voyage , la laine est de beaucoup préférable à la toile. Chacun s'habille à sa guise , mais de bons souliers à semelle épaisse et garnis de gros clous sont indispensables pour la marche. Avec des chaussettes de laine on n*a presque jamais d'ampoules. Un grand bâton d'environ 2 mètres, garni à son extrémité inférieure d'une pointe en fer ( il coûte de 1 fr. à 2 fr.), et en général fabriqué avec une tige de buis ou le tronc entier d'un jeune sapin , doit aussi être recommandé. Utile dans une foule de circonstances, le bâton ferré devient d'une nécessité presque absolue lorsqu'il s'agit de monter et surtout de descendre une montagne escarpée, de traverser un glacier, des flaques de neige ou des éboulements de montagnes.
I. Ceux qui 8'ouvrent au milieu sont beaucoup plus commodes que ceux qui s'ouvrent par le haut.
Enfin un voile vert et des lunettes à verre de couleur seront nécessaires aux personnes qui se proposent d'entrepr&ndre de longues courses sur les glaciers ou sur les neiges, car la réverbération du soleil est parfois si éclatante et si forte , qu'elle fatigue les yeux et brûle la peau du visage.
Les conseils suivants pourront être médités avec fruit par les piétons.
— Ne pas faire de trop longues courses les premiers jours.
— Suivre toujours les avis des guides, des chasseurs ou des gens du pays.
— Prendre des guides toutes les fois qu'il s'agira de traverser un glacier ou un col peu fréquenté.
— Se confier à sa monture, cheval ou mulet, sans essayer de la conduire.
— Ne pas oublier, le matin, de faire un léger repas avant de se mettre en route, ou d'emporter des provisions, lorsqu'on doit marcher plusieurs heures sans rencontrer d'habitation.
— Monter lentement; on arrive plus vite au sommet.
— Ne pas boire d'eau fraîche ou de lait frais lorsqu'on a chaud et qu'on s'arrête; avec de l'eau-de vie, du sucre et de l'eau qui n'est pas froide, on fait une boisson aussi agréable que saine.
— Se graisser les pieds avec du suif, ou mettre, le soir, ses pieds dans un mélange d'eau tiède et de vin ou d'eau-de-vie, lorsqu'on est fatigué.
— Percer ses ampoules avec un fil, au heu de les couper; pour les prévenir, savonner l'intérieur de ses souliers avant de se remettre en route; pour les guérir, frotter la plante de ses pieds avec du suif et de l'eau-de-vie.