‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 275 sur 382 · laisse à dr · texte numérisé non relu

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û kil. (30 1/2) le pont de Cuhère, formé d'upe seule arche très-hardie jetée sur l'Essera. De là, en remontant la vî^llée 'ÏAstos par des sentiers difficiles à travers des rochers écroulés, on peut atteindre le port d'Oo (V. B. 70). Tout près du pont, on remarque la petite chapelle de Saint- Jacques ; bientôt après , on voit les premiers champs cultivés parsemés de quelques granges isolées, et on longe la base du mont Seia , d'où bondi t la belle cascade de Venasque au sortir même de la source, qui communique sans doute avec un lac situé de l'autre côté de la montagne.

Enfin, à wn tournant 4e la route

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on voit tout h coup apparaître le fort, et bientôt on atteint l'étroite et misérable porte de

;i kil. (33 kil. 1/2) Venasque (auberges : Brousxeau . Pedro l'errax, etc., 8 à lOfr. par jour), petite V.

riche et commerçante, mais affreusement sale, située à 1109 met. d'altitude, dans une position trèspittoresque, et contenant environ ÔOO hab. Elle est dominée h l'O.

par une montagne dont les assises calcaires semblent formées de gigantes(iues gradins ; à TE. do grandes terrasses nues, et comme brûlées par le soleil, s'étendent jusqu'au pied des contre- forts de la Maladetta; au N., les montagnes de la frontière se dressent ainsi qu'une barrière infranchissable. Vne citadelle, entourée de trois côtés par un ravin profond, s'élève au-dessus de la ville avec ses grandes murailles blanches percées d'embrasures, sa tour ronde crénelée et son haut donjon carré. Entre la citadelle et l'Essera, la ville développe sa longue rue, terminée i\ l'extrémité S.

par les deux tours de l'église. Un petit pont ogival la fait communiquer avec la rive dr. de l'E.ssera.

Dans la rue principale , Calle mayor , on voit plusieurs vieilles maisons pittoresques ornées de sculptures et d'inscriptions ; quelques-unes d'entre elles sont encore munies de leurs tourelles de défense. V église, de construction romane, est assez petite, mais on y remarque plusieurs détails curieux:

dans la sacristie, on peut visiter de magnifiques ornements d'or et de soie. Une autre église a été détruite parles Français en 1809. lors du pillage de la ville. La citadelle n'offre pas un grand intérêt: c'était autrefois un simple castel. depuis trans-

formé en forteresse ; les Français l'assiégèrent et la prirent en 1809.

A quelques lieues au-dessous de Venasque, on voit les ruines d'un chAteau maure.

Le commerce de cette ville frontière de l'Aragon consiste surtout en mulets.

De Venasque à Luchon , par le port d'Oo. Il à 1*2 h.; par le port de la Picade et l'Hospice de Luchon. 39 kil. lo h.

(V. l;. 70); par le vul d'Aran (V. R. 73); — à Caldas, env. iî h. (V. R, 73).

Chemin de fer de Laohon à Yenasqae.

D'après le tracé proposé en 18Ô3 par MM. Barrande et Lézat, le chemin de fer international de Toulouse à Saragosse devrait passer par Montrejeau, Luchon et Venasque.

En suivant la vallée de la Garonne depuis Montrejeau jusqu'à l'embouchure de la Pique, le tracé touche à Saint-Bertrand, va plus loin traverser la rivière l'Ourse à l'O. d'Izaourt, se rapproche de Bertren qu'il laisse un peu à l'E. , et arrive au-dessus de Bagiry. A partir de ce village, il se recourbe ;\ dr. autour du vallon de Siradan, va passer à Thèbe et au-dessous de Cazarilh de Mauléon, pour revenir ensuite à l'E.

vers Salechan, Estenos et Cierp; il s'élève à 146 met. au-dessus de cette dernière localité, (jui sera rattachée au chemin de fer par une route ordinaire. Continuant à se développer sur la rive de la Pique pour toucher à Signac, passer entre Binos et Bachos, et se maintenir audessus de Guran, de Cazeaux. de Cior de Luchon, d'Antignac, il aboutit plus loin, à son 42""kil. de;développement, en face et au-dessus de Bagnères de Luchon. Cette ville se trouvantde200mèt.en'contre-basdu

tracé du chemin de fer, devra aussi y être rattachée par une route ordinaire, ayant une montée moyenne de 0'",Orj par met. courant.

Au delà de Bagnères , le tracé suit , en s'inlléchissant vers l'O. , la rive g. du torrent de Go, passe au-dessous de Cazaril de Luchon, de Trébons, de Saint-Aventin et de Castillon, pour remonter au-dessus d'Oo et aller franchir un peu plus loin la vallée du même nom et revenir sur lui-môme en s'attachant aux coteaux qui forment le côté droit de la vallée de l'Arboust. Revenu ainsi en face de Bagnères de Luchon, dans la vallée de la Pique, il continue à la suivre . toujours sur la rive g. , jusqu'au-dessus de l'embouchure du ruisseau du Lys. Il contourne d'abord le promontoire de Superbagnôres , puis se développe sur son flanc occidental , franchit la gorge de Castelvieil, pénètre dans la vallée du Lys , au fond de laquelle il traverse les deux ruisseaux de la Cascade d'Enfer et de la Cascade du Cœur, et revient ensuite sur lui-même, en s'attachant au flanc de la montagne qui forme le versant méridional de cette même vallée. Il pénètre ainsi dans la gorge de Bounéou dont il suit le périmètre pour franchir le ruisseau qui lui donne son nom, et revenir ensuite, en longeant les sinuosités de la montagne, Jans la vallée de la Pique jusqu'en face l'embouchure du ruisseau de la Glère.

Remontant ce dernier cours d'eau par la rive g. , et arrivé dans .son développement à 81 100 met. de Montrejeau, le chemin de fer s'enfonce sous le col de la Glère à 1460 met. d'altitude, pour y former un souterrain de 6660 met. de longueur, et vient soi tir à jour, sur

le versant méridional des Pyrénées, dans la vallée et sur la rive dr. de la rivière Esserra. Le débouché du souterrain dans cette vallée a lieu au-dessous et au S, des bains de Venasque, près de la cascade de Campamiento ; delà, le tracé, après avoir coupé la route qui mène du col de la Glère à la ville de Venasque , se développe le long des flancs de la montagne, contourne le promontoire qui sépare le bassin de l'Essera de la gorge d'Astos de Venasque , dans laquelle il s'enfonce pour franchir le ruisseau qui donne son nom à cette gorge. Il revient ensuite sur luimême vers l'E. , en restant attaché au versant des montagnes qui limitent au N. la vallée de l'Astos ; puis après avoir de cette manière atteint de nouveau l'embouchure de cette gorge, reprend la vallée de l'Essera et franchit ce cours d'eau au-dessous de la scierie de Fraïle, quelque peu au S. du confluent de l'Astos. Une fois établi ainsi sur la rive g. de l'Essera, il descend jusqu'à la ville de Venasque, qu'il laisse à une très- faible distance sur sa dr., après un développement total de 109 2Û0 met.

En résumant les traits saillants que ce tracé présente , nous voyons qu'il offre, sur le sol français, deux lacets principaux, l'un dans la vallée de l'Arboust , l'autre dans celle du Lys; et deux autres d'une moindre étendue, l'un dans la gorge de Cazarilh de Mauléon à Sainte-Marie , et l'autre dans celle de Bounéou.

Sur le sol espagnol, nous ne trouvons qu'un seul lacet, celui de la gorge d'.\stos.

Les rampes maximum étant de 2 centimètres par mètre, il est évident que, si on voulait adopter des

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rampes plus fortes, ou pourrait redresser la voie et éviter ces grands détours dans les vallées latérales.

Sauf le tunnel, il y aurait très-peu de travaux d'art à exécuter; le viaduc le plus long, celui de la vallée de l'Astau à Oo, n'aurait pas plus de 220 met. de longueur.

D'après les auteurs du projet, le kil. courant du chemin de fer international reviendrait à environ 660 000 francs.

LA VALLÉE D'aRAN.

De Salot-Béat à Yiella.

35 kil. Route de voitures jusqu'au pont du Roi. 10 kil. 1/2. Du pont du Roi à Yiella, route de mulets ; cheval et guide de Luchon à Bosost, par Saint-Béat, 6 fr, chacun. — De Luchon à Viella, aller et retour le même jour, cheval et guide, 0 fr. chacun ; idem, en deux jours, 7 fr.

Le Val d'Aran, qui doit son nom à l'antique divinité gauloise Aram , ^st situé au centre même des Pyrépées, au point où les deux chaînes venues de l'Atlantique et de la Méditerranée viennent se rencontrer et former ensemble une espèce de remous circulaire de montagnes; dominé de tous côtés par de hautes sommités en partie couvertes de neige, il n'a d'autre ouverture que l'étroit défilé de la Garonne à son extrémité N. 0. ; partout ailleurs il ne peut communiquer avec les vallées voisines que par des cols trèsélevés. Aussi semblerait-il, au point de vue géographique, devoir former une république indépendante comme le val d'Andorre, ou peutêtre appartenir à la France , puisque toutes ses eaux viennent se déverser par la Garonne dans les plaines de

Toulouse. Cependant les Aranais sont Espagnols, et leur patois est une espèce d'aragonais. Longtemps cette vallée fut tributaire tour à tour du Comminges et de l'Aragon; mais en 1192, elle devint espagnole par le mariage de Béatrix, héritière du comté, avec un seigneur de la maison royale de Saragosse. On y compte actuellement enyiron 20 000 hab. , répartis entre une trentaine de petits bourgs et villages. Les crétins y sont plus nombreux que dans les autres vallées des Pyrénées.

Au sortir de Saint-Béat, on longe la rive g. de la Garonne ; on passe vis-à-vis du ravin de Latbach , où se voient le v. de Lei (265 hab.), et plus bas, la vaste carrière de marbre brèche de Saint-Martin, dont l'exploitation tlate du moyen âge ; puis on s'éloigne un peu du fleuve avant de traverser le Riousec et d'atteindre

3 kil. Arlos, petit v. de 372 hab., dominé par de belles forêts de hêtres et de sapins. Plus loin on laisse à g., de l'autre côté du fleuve, Aryut-dessous , v. de 470 hab. , et Àrgut-dessus ^ v. de 521 hab., qui s'est bAti beaucoup plus haut sur le flanc boisé du pic de VÉtang (1814 met.). Près de ce village on exploite une mine de plomb, une mine de manganèse, une ardoisière et une carrière de marbre sanguin.

Après avoir franchi le Boncouas, qui prend sa source dans les gorges orientales du Pales de Burat, la route continue pendant quelque temps à longer la base des escarpements boisés de la rive g. , puis traverse la Garonne pour entrer à

3 kil. (6 kil.) Po«, petite V. de 1724 hab., qu'a enrichie jadis son commerce avec l'Espagne, quand la vallée d'Aran possédait des privi-

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