DESCRIPTION
Monuments et établissenaents publics. - Bayonne n'a qu'un monument digne d'une visite : c'est sa cathédrale, dont la fondation remonte à l'année 1140. Cette église primitive ayant été incendiée , l'éditice actuel fut commencé vers 1213. On construisit alors le chœur, l'abside et les chapelles , ainsi que la partie inférieure des deux transsepts avec leurs porches. Une partie du clocher, la nef, les bas côtés , les transsepts et le chœur , à partir de la galerie qui règne audessus de l'arcature principale, datent du xiv siècle ; la dernière partie de la haute voûte de la nef n'a même été terminée que dans les premières années du siècle suivant. Le clocher , commencé en l.'>00, fut continué en 1515 et en 1544; le pavillon qui le couvre est de 1605. Le cloître, commencé en 1213 , mais achevé longtemps après, est formé de quatre côtés inégaux, dont le plus long (44 met.) a été
ITINÉRAIRE DES PYRÉNÉES
adossé au bas côté sud de la cathédrale. C'était le cimetière du chapitre. 11 est en ce moment (mai 1858) transformé en atelier, car on le restaure en reconstruisant le transsept qui le domine et qui menaçait de l'écraser. Le côté qui touche h la cathédrale sera démoli :
il tombait en ruines, et sa consolidation devenait impossible. Du reste, il avait été bàli travée par travée , mal construit, remanié et mutilé à différentes époques; il n'offrait donc aucun intérêt au point de vue de l'art. Sur remplacement qu'il occupe, on élèvera une grande chapelle avec une sacristie. La sacristie aura son entrée par la porte du XIII' siècle , qui donnait autrefois accès dans le transsept méridional , et qui sera rouverte.
La porte du transsept sud est la seule partie de la cathédrale dont les sculptures aient été conservées.
Un trumeau la divise en deux parties, et des statues d'apôtres en décorent les deux côtés. Dans le tympan, on remarque : à g., la Vierge assise sur son trône et tenant le Christ, entourée d'anges qui jouent de divers instruments; ;\ dr. , le Christ montrant ses plaies et entouré d anges qui portent les instruments de la Passion ; au sommet et à la base, l'aigle, l'ange, le lion et le taureau , symboles des Êvangélistes. Les arcatures ud tympan de g. représentent la Résurrection.
La porte du transsept nord (sur la place du Marché) était plus importante et plus richement sculptée que celle du transsept sud. Malheureusement elle a été mutilée en 1793. On a brisé les statues et enlevé à coups de marteau les basreliefs , dont les fonds étaient colo-
riés; leurs derniers débris ont été défigurés il y a une vingtaine d'années. Cette porte est précédée d'un narthex élevé de plusieurs degrés pour atteindre au niveau du parvis.
C'est une espèce de dais ou de pavillon, soutenu par des arcs ogivaux, qui ont pour base de? pilastres chargés de niches d'une exécution délicate. Le chevet est encore entouré de maisons qui , nous l'espérons^ ne tarderont jtas à disparaître.
Quant j\ la façade (du côté de l'évêché), elle n'a pas été terminée. Elle aurait eu ])n)bablement deux clochers placés sur la même ligne , à dr. et à g. du portail principal; une seule tour a été élevée , et encore reste-t-elle inachevée. De la galerie qui la couronne, ou découvre un beau panorama.
La cathédrale de Rayonne, longue intérieurement de 78 met., large, non compris les chapelles, de *28 met. , est divisée en trois nefs par deux rangs de pihers carrés, dont six (deux à l'entrée et quatre au maître autel), ont j.lusde "> met.
de côté. Tous sont taillés en colon nettes sur leur pourtour et ornés de chapiteaux, à la hauteur du plan dimposte des chapelles. Des arêtes ogivales, partant de chacun de ces appuis , s'élancent jusqu'à la clef des voûtes, à une hauteur telle, (jue l'on y distingue à peine les médaillons ciselés aux armes d'Angleteire, portant les trois léopards. Autour de cette nef et du chœur, à la hauteur de la naissance des grandes arcades, marquée par les chapiteaux qui couronnent les pilastres, règne une l»elle galerie, percée elle-même d'arceaux en ogive et décorée de colonneltes et de trèfles.
Un assez grand nombre de fenêtres sont encore garnies de ver-
rières peintes de diverses épocjnes, depuis le xv« siècle jusqu'au xvii'.
Malheureusement ces verrières ont beaucoup souffert des injures du temps et des hommes. On remarque surtout celles de la ciiapelle Saint- Jérôme, qui viennent d'être restaurées par MM. Steinheil et Coffetier.
En 1 847 , un habitant de Bayonne , nommé Lormand , légua à la cathédrale une rente de AOCKJO fr.
(réduite à 3ô()00 par suite de la réduction de la rente), (jui, selon les termes de son testament, a devait être employée à la restauration de l'intérieur et aux autres be.soins de la fabricjue, ainsi (ju'à la construction des chapelles ou de la chapelle du côté sud et d'une .sacristie. »
Les travaux de consolidation et de restauration restent donc à la charge de l'Etat. Un architecte de Paris, aussi distingué par ses connaissances que par son goût , M. Bœswilwald, a été chargé de tous ces travaux qui dépendent les uns des autres. En effet, tant que les parties de l'église qui nienaçaient ruine n'auront pas été reconstruites ou consolidées, il sera dans l'obligation de retarder l'achèvement de l'ornementation intérieure. Toutefois, d'importantes améliorations ont eu lieu depuis ({uelques années.
Ainsi, plusieurs autels et confessionnaux , dont le style s'accorde maintenant avec celui de l'église, ont été placés dans diverses chapelles du côté nord ou de l'abside, ()ù il est à désirer que la fabricpie fasse mettre le jilus tôt possible des verrières peintes et exécuter des travaux de peinture. Depuis 1854, un maître autel magnifique , en marbre blanc d'Italie, aux panneaux de vermeil repoussés, s'élève au centre de l'abside, de onze mar-
ches au-dessus du sol de la nef. Il est surmonté d'un tabernacle flan- (|ué de gradins formant retable, et d'un édicule pour l'exposition du Saint-Sacrement. Mais ce qui mérite surtout d'attirer l'attention dans le sanctuaire, c'est le dallage terminé il y a quehjues années, car il est unique en France, Il se compose de belles dalles de marbre bleu d'Italie; les dessins habilement variés ([ui les ornent se détachent sur des fonds de couleur incrustés dans le marbre. On croirait voir un tapis tuic'. A gauche de l'autel et adossé au pilier du transsept, s'élève le trône épiscopal, en face du- (juel sera placée la chtlsse de saint Léon, patron de la cathédrale. Malheureusement ce beau sanctuaire, dont la décoration fait le plus grand honneur à M. Bœswihvald, renferme encore des stalles vulgaires, trop basses , trop étroites , qui cho- (jucnt tous les gens de goût, et que l'évoque de Bayonne a, assure-t-on, l'intention de remplacer dès qu'il le ])ourra, c'est -à dire dès que les ressources disponibles le permettront.
L'cV^c/ie' de Bayonne , fondé, diton, au iv siècle, dépend de larchevêché d'Auch.
M. Durand construit en ce moment, dans un des faubourgs de Bayonne, une grande église (style (lu XIII" siècle) consacrée à saint André, et qui a paru irréprochable ;ï M. de Caumont. Quoique trèsvaste , elle ne coûtera que 500 (XIO fr.
L'église de Saint-Esprit date de la lin du xv* siècle. Elle n'offre pas d'intérêt aux archéologues, mais
1 . Les étrangerî» devront s'adresser au sacristain puur voir ce beau dallage, qui restera souvent recouvert d'un tapis pendant les restaurations de l'église.
elle est complètement pavée de grandes pierres tombales de 2 met.
de longueur.
Bayonne possède encore quelques débris des murailles gallo-romaines qui l'entouraient au vi« siècle. Dans l)eaucoup d'endroits, ces murailles ont été blancbies extérieurement au lait de cliaux, et on ne distingue plus ni l'appareil ni les chaînes de briques, à moins de les examiner de très-près. Elles sont, comme celles de Dax, construites en petit appareil avec chaînes de briques et tlanquées de tours cylindri(iues. On peut en suivre tout un côté, au milieu des maisons bordant les rues qui ont remplacé les anciens fossés.
Nous avons déjà parlé (page 44) du grand bâtiment moderne, construit entre la place Grammont et la place d'Armes, et dans lequel on a eu la malheureuse idée de réunir le théâtre, la sous - préfecture, l'hôtel des douanes et l'hôtel de ville. Ce bâtiment ne mérite qu'une simple mention ; il n'a aucun caractère architectural.
Le château rieux, qui se trouve situé à l'extrémité supérieure de la rue du Gouvernement, a été, diton, construit au xii" siècle par Guillaume Raymond de Sault, le dernier vicomte de Bayonne. Ses quatre tours rondes doivent dater du XV' siècle. Ses fossés et sa ])lateforme ont été détruits quand on a élargi la rue du Gouvernement. 11 sert aujourd'hui de caserne.
Le chdteau neuf, situé entre l'Adour et la Nive, n'a été terminé qu'en 1489, sous Charles VIll. En démolissant, il y a peu d'années, les fondations d'une petite fortification qui reliait ses deux grosses tours, on trouva une médaille sur une des faces de laquelle étaient,
avec la date de 14H0. les aimes et la devise de la ville, nunqunm po/-
luta.
Varsenal, qui n'a aucune importance, renferme une salle d'armes pouvant contenir f»0 00() fusils et 20000 sabres.
Le nouvel hôpital militaire, terminé en 1841, a été construit sur l'emplacement qu'occupaient les couvents des Jacobins et des Capucins. Il peut loger 800 malades. Il est destiné à servir de réserve à la [S" division militaire.
Louis XIV lit construire par Vauban la citadelle de Saint-Esprit et les nombreux ouvrages qui forment actuellement l'enceinte de la ville.
Ces ouvrages ne méritent pas la visite des étrangers. La citadelle elle-même n'a d'intérêt que pour les militaires; mais les amateurs de belles vues ne devront pas manquer d'y monter, car du haut de ses ba'stions ils jouiront d'un admirable ])anorama. On découvre en eflel Bayonne, l'Adour et la mer, Biarritz, le fort du Socoa . qui défend le port de Saint -Jean-<le-Luz. la pointe du Figuier, promontoire voisin de Fontarabie, la Rhune, laHaya, une partie de la chaîne des Pyrénées, et le pays bas(iue, arrosé par la Nive.
Au pied de la citadelle s'ouvre un petit vallon planté de fougères, de genêts épineux, de cerisiers, qui débouche vers le Boucaut par une étroite issue. Là furent refoulés dans la sortie de 1814 trois régiments anglais, et parmi eux le 2* de la garde, qui, exposé au feu des batteries françaises sur un espace restreint, perdit un grand nombre de soldats et d'ofticiers. En 1 830 , le consul anglais de Bayonne , M. Harvey, acheta, avec le produit
d'une souscription, le terrain dans lequel avaient été inhumés les officiers, l'entoura d'un mur, y planta des arbres et y éleva un monument commémoratif. C'est ce qu'on appelle le cimetière anylais.