‹ Itinéraire descriptif et historique des Pyrénées de l'océan à la Méditerranée [microform]Chapitre 67 sur 382 · ROUTE 13. DE BA YONNE A CAMBO · texte numérisé non relu

ROUTE 13. DE BA YONNE A CAMBO

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011 ne peut mieux tenue. Chacun du reste fera son choix selon ses ^'oùts et sa fortune. Les prix, on le conçoit, varient selon l'époque de la .sa'ison et Taffluencedes baigneurs.

A rétabli.ssement, on est logé et nourri pour 5 fr. et G fr. par jour.

Mkdf.cin. — M. Délissal.le. Il est lous les jours à des heures fixes à l'établissement et il habite une fort jolie maison située à Ventrée du village, à g. en venant de Bayonne.

Pharmacien. — Fagalde.

Cabinkt be lecture. — Fagalde (livres et journaux).

Anes et chevaux, voitures. — Prix variables.

Cambo est une V. de lfr26 hab.

( canton dEspelette , arrond. de Iteyonne,dép. des Basses-Pyrénées), située sur la >;ive qui ia divise en deux parties éloignées Tune de l'autre de près d'un kilomètre. Le haut Cnmhn, où sont les hôtels et les maisons meublées, couronne, à (S2 met. au-dessus de la mer, une colline tellement escari)ée ((u'on ne peut même pas se i)romener dans les bois (pii en tapissent les ])entes. De ses maisons et de ses terrasses plantées darbres on découvre un charmant i)aysage. A la base de la colhne boisée qui décrit le plus gracieux contour, la Nive aux eaux limpides descend à la mer avec la rapidité d'un torrent; sur la rive dr. s'étend une vaste plaine couverte de prairies et de chami)s et douiinée par un amphithéâtre de coteaux aux aspects variés. A l'extrémité inférieure de cette plaine, à 1 kil. environ du haut Cambo, en ligne directe, se trouve le bas Cambo. Que si on se tourne au contraire du côté des montagnes, car, malgré son élévation au-flessus de la Nive, le haut Cambr» ost en-

core en plaine, ou remarque à g.

la montagne d'Ursouia , et à dr. le Mondarrain et la Rhune. Un pont de bois, auquel descend un chemin trop rapide et mal entretenu, met le haut Cambo en communication avec le bas Cambo. Ce paysage n'a rien de grand, mais il est frais, riant, champêtre, calme; il repose les yeux et l'esprit. On le contemple avec plaisir, même quand on vient dadmirer des sites plus grandioses, idus pittoresques, plus intéressants.

A part sa situation et ses eaux dont nous allons parler, Cambo n'a rien de curieux à montrer à un étranger. Son église ne mérite pas une visite , et ses maisons sont toutes mo<lernes. Rien ne peut donc, si ce n'est la vue d'un joli paysage, V retenir les étrangers qui ne viennent pas y prendre les eaux.

l'étaulisslmest thermal.

A VM) met. environ du haut Cambo, sur la rive g. de la Nive, se trouve l'établissement thermal.

Pour y aller, il faut gagner la route de Bayonne, (pii y conduit après avoir lai.ssé le haut Cambo sur la gauche. La rue par laquelle (•n rejoint cette route aboutit à un carrefour d'où partent également les routes d'Ksi)elette et de Saint-Jeanpied-de-Poi-t. Laissant ces deux routes îi dr., on descend <'i la Nive à lombre de beaux arbres et bientôt on atteint le petit hameau que forment, sur la rive g. de la rivière, l'établissement proprement dit, la maison du médecin, la chapelle et les hôtels ou pensions. Un pont suspendu vient d'être jeté sur la Nive et, avant peu, une bonne route de voiture, partant de l'autre ettré- • mité de ce pont, ira rejoindre à

5 kil. la roule directe <le Bayonne à Saint-Jean-pied-de-Port.

Les eaux de Cambo étaient connues au xvn*" siècle, mais on ne sait ni à quelle époque, ni comment elles avaient été découvertes. Si l'on doit en croire Davity, elles étaient en 1635 très-fréquentées i)ar les Français et les Esi^agnols. Le petit bitiment cimstruit sur la source sulfureuse fut démoli en IG98.

On l'avait jeté bas pour le rebâtir d'après un plan beaucoup plus vaste, mais ce projet ne reçut pas son exécution. En 1819, une ordonnance royale décréta la construction d'un établissement tliermal à Cambo. En 18'2l. M. Fagalde, concessionnaire des sources qui appartiennent à la commune , acheva le pavillon demi-rotonde, près duquel il a fait construire, en 18.')7, un autre bAtiment carré contenant une vaste piscine et destiné aux bains de vai)eur, aux douches, aux bains aromatiques.

L'établissement proprement dit, le pavillon demi-rotonde, soutenu par deux corps de logisquadrangulaires, est simple et propre. C'est tout ce qu'on peut en dire quand on veut en faire l'éloge. L'eau sort d'une roche calcaire; elle est reçue dans un bassin en maçonnerie contenant 43"*, G9 cubes d'eau et qui se remplit en .^7 minutes. Une pompe verse dans une chaudière de cuivre étamé l'eau destinée aux bains et qui, après avoir été suffisamment chauffée , est conduite par des tuyaux dans les deux baignoires que jtossède l'établissement. « Il est à remarquer, dit M. Délissalde dans sa ^ntire sur les eniix inim'rnles de Cnmbn, que le bassin et la chaudière étant toujours couverts avec le plus grand soin, l'eau ne peut en

aucune manière ôtre modifiée par l'air atmosphérique, w Une buvette ayant deux robinets en cuivre est placée à mi-hauteur d'homme, au point central de la façade qui regarde la Nive.

On remarquera sur les murs la hauteur ;\ laquelle s'est élevée la crue du Ki juin \Sô6.

LES EAUX

À. Eau thermale, sulfureuse.

Ji. Kau froide, ferrugineuse.

Kmcnjenrc : vers la limite du calcaire sédimenteux et presque h son point de contact avec le granité, d'un côté, et le schiste de transition, de l'autre. Non loin des sources et ;\ l'O., existe une carrière de gyp.se contigu au schiste de tiansition et à des opliites.

Deux sources : S. sulfureuse, S.

ferrugineuse.

Débit en 24 h. : S. sulfureuse.

9920 hectol. Le débit de cette S. ne varie jamais (Déliss:ilde).

Deusité : S. sulfureu.se ]()()3.

'Jempérature : S. sultureuse, 22" à 23"; S. ierrugineu.se, I.>" à IG".

farnctères particuliers .-Enu sulfureuse, limpide, douce et onctueuse au toucher, odeur sulfhvdrique prononcée, saveur d'œufs Cduvés, arrière-goùt fade et douceâtre; dépo.se dans son réservoiiun mélange de soufre et de carbonate de chaux.

Eau ferrugineuse, limpide, saveur astringente; exposée à l'air, perd sa transparence, précipite en ilocons jaunes et se couvre d'une pellicule irisée.

t^tablissement aménagé pour bains, douches et buvettes; une pi.scine.

Service médical : Vn médecin inspecteur.

ITINERAIRE DES PYRENEES

Emploi: boisson, bains, douches.

Situation : 50 met. au-dessus de la mer, climat délicieux et salubre au printemps et à l'automne, trop chaud en été. Deu.\ saisons : avril et mai , septembre et octobre.

Effets physiologiques : Eau sulfureuse excitante des fonctions en général, diuréti(jueou laxativechez certains malades, utile dans Tétat d'inertie, de langueur, consécutif aux longues maladies, contre-indi- ([uée chez les convalescents vigoureux , et dont les organes ont assez d'énergie par eux-mêmes.

Eau ferrugineuse : une des i»lus riclies en fer; action proportionnée sur l'économie.

Leau de Cambo ne se transporte pas.

Classification chimique. À. Eau sulfatée (sulfurée accidentelle ) à base de chaux. B. Eau ferrugineuse.

ilfiaii/j« (Salaignac 1827)

Eau 1 kil.

S. suif. S. ftrr.

gr. gr.

Caibonale de chaux... 0.3159 0,oi33 » de magnésie. . 0,1*230

de fer o,0500

Sulfate de magnésie. . 0,k*)m

de chaux 0,1)300 0,0'200

Clilor. de magnésium.. 0,V2lo

n de calcium 0,0'2G6

Alumine 0,OlttO

Acide silicique 0,Oi*iO traces

Uxy.le de ter 0,000ô

Matière >égét. tirasse holuliledans IViher. 0,0'26o ^ tracgg Insoluble., o.oobo ^

'J,OjjI rt.ioîH»

Aiuio mêlé de traces lit. lit

a'ovyuf'ne. o.iTO o.oii

Acide Milfhydrique. . .. 0,00'*

Acide carbunuiue u,0U2 o,oio

Biblioçiravhie : Delissalde . de.* eaux mjnt'ialts oc Cauil>u.,.. Bayijiuu' js^.i.

La veille de la Saint-Jean , un grand nombre de Basques se rendent à Cambo et bivouaquent autour de l'établissement, non pour se livrer au sommeil mais pour danser, chanter, rire, manger et boire. C'est un véritable champ de foire. A peine le premier coup de minuit a-t-il sonné que tous, les hommes, les femmes, se précipitent vers les .sources, et là, moyennant cinq centimes donnés aux distributeurs, ils se font remplir autant de verres d'eau qu'ils en peuvent avaler. D'après une anti(iue tradition, (jui leur parait parfaitement digne de foi, tout individu qui boit de l'eau de Cambo la nuit de la Saint-Jean est préservé de toute maladie pendant une année entière.

Quand tous les pèlerins ont assuré du mieux ({u ils ont pu leur santé future , ils font des provisions pour ceux de leurs parents et de leurs amis (lui n'ont pas pu les suivre.

Chevaux et midets sont chargés de barri(iues. Si l'on doit en croire la Souiclle chronique de Bayonne, publiée en 1827, un iK)mmé Pidegart lit, il y a environ 90 ans, un objet de commerce des eaux de Cambo dans les lies d'Amérique et gagna de»

sommes considérables. Ce qui est certain, cest ((ue si les Basques, qu»

viennent îi Cambo la veille de la Saint-Jean, ne s'y guérissent pas des maladies qu'ils pourraient avoir pendant l'année, ils y prennent un exercice salutaire en y amassant de joyeux souvenirs.

Rien de plus frais et de plus calme ([ue les ein irons des bains (le Cambo. Les belles allées d'arbres qui vont de rétablissement à la .source ferrugineuse offrent surtout aux heiues chaudes du jour une agi('';d>l(' proiniMiaile. <M» peiil ,

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