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sa puissance destructive, que séduits par l'éclat trompeur de ses éclairs et de ses foudres !
Les rares et piquantes beautés de la vallée de Campan se présentent d'une manière graduée et méthodique, en allant au Tourmalet, dont l'aspect si différent en efface , pour ainsi dire , l'image par les impressions d'un tout autre genre qu'il cause aux sens et à l'esprit. Ces beautés s'offrent, au contraire , en perspective et comme une peinture, lorsqu'on redescend vers Bagnères ; aussi ce retour est-il nécessaire pour compléter l'idée , pour achever le tableau de ce charmant paysage, qu'on apprend à connoître et à saisir ainsi par la double méthode qui donne le vrai savoir : Varia- • lyse et la synthèse : l'une pour saisir les détails et l'autre pour former l'ensemble. Tous les objets prennent en redescendant une apparence nouvelle, et se classent dans l'ordonnance générale du tout; l'œil qui les a déjà vus, les reconnoît et assigne à chacun son rang par rapport aux autrés j mais ce n'est qu'aux approches de Grip que la vue s'étend un peu loin , et elle se repose agréablement de tous côtés pendant tout le trajet qui conduit à Bagnères, à travers cette vallée, dont le voisinage ajoute tant d'àgrémens à ceux qui foraient de la ville thermale par excellence, un séjour si justement admiré et recherché, et où l'on se plaît toujours à revenir.
De Bagnères , centre et chef-lieu des établissemens thermaux des Hautes-Pyrénées, on peut se diriger à volonté vers la partie orientale, soit à travers la llmirque.tte d'Arreau , soi{ par la route de Lannemezan , en longeant la racine des monts ; on peut de même se porter vers la partie oepidentale, soit par le TouruuiLet , soû par l'embrapclicment de route qui conduit à Lourdes, à travers des mamelons sinueux et des sites extrêmement variés. Ce dernier trajet de quatre lieues peut se faire en voiture.
C'est vers la partie orientale qu'il nous reste à diriger les pas des curieux qui veulent visiter l'entier dédale des Hautes- Pyrénées , après toutefois que nous aurons rappelé succinctement les faits historiques de la contrée que nous venons de parcourir.
iv. (Supoittodj '.' au . rti& laatà
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" r CHAPITRE XVI.
Précis historique du comté de Bigorre : généalogie chronologique des princes souverains; constitution du Bigorre.
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J'ai fait connoître dans l'Introduction le carac* tère et les mœurs des anciens habitans du Bigorre: soumis au pouvoir druidique, et imbus de la mythologie celte , ils devinrent chrétiens avec toutes les Gaules, sous les premiers empereurs romains, dont ils respectèrent la domination, après avoir noblement résisté à la conquête.
Jusqu'à la civilisation romaine, les Bigorrois, menant une vie dure et grossière, ressembloient aux anciennes tribus hispaniques ou ibériennes , desquelles Strabon a fait provenir les Aquitains, et dont Justin nous a tracé le portrait (î), plutôt
(i) « Corpora hominum ad inediam laboremque , animi ad mortem parati, dura omnibus et adstricta parcimonia. Bellum quàm otium malunt : si extraneus deest , domi hostem quxrunt. Sœpe tormentis pro silentio rerum creditarum im-
mortui : adeo illis fortior tàcitumitatis cura quàm Vîtae
Vclocitas genti pcrnix : inquies animus »
qu'aux Gaulois, auxquels Dion Gassius reproche leur frivolité , leur foiblesse et leur arrogance, César leur mobilité, leur vaine curiosité, leur loquacité : défauts que Silîus Italicus a peints dans ce vers :
Vaniloquum celtaB genus et mutabile mentis.
La bravoure étoit commune aux deux peuples; des soldats se dévouoient à leur chef, périssoient pour sa gloire , et tels que les membres du bataillon sacré de Thèbes, ne survivoient pas au compagnon d'armes qu'ils avoient choisi (1).
Les Bigorrois, comme nous l'avons dit, étoîent un des neuf peuples qui composèrent la Novempopulanie , à l'époque ou les pays situés entre la Loire et la Garonne , reçurent aussi la dénomination d'Aquitaine; mais ce ne fut point Adrien qui • divisa la Gaule en quatorze provinces, ainsi que l'affirme de Marca , puisque sous Probus , plus d'un sièole et demi après , la Gaule ne formoit encore que sept provinces (2); ce fut sous Dio r clétien qu'il y eut deux Aquitaines ; la nouvelle prit le titre de première , et l'autre s'appelant deuxième , fut diminuée désormais de la JNovem-
-, , (0 « Neque adhuc hominum memoriâ, repertas est quis 7 quara qui, eo interfecto cujus se amicitiae devovisset, mori, jrecusaret. (Cacsar. de Bel. Gai. lib. III. )
(2) Kssais historiques sur le Bigorrc, liv. H, cjb. 3.
( 5io )
popuianie (i ) dont la capitale fat Eluse , ou Elusa* berris, selon Pomponius Mrla : la terminaison celte hêrrisj signifie ville** II y eut alors dans les Gaules onze .provinces que Constantin porta à quatorze. La Novempopulanie a voit douze cités lors de la rédaction de la notice des provinces , ce qui a jeté de la confusion dans la désignation des neuf cités primitives (2).
Julien , qui s'appliqua à. réprimer dans les Gaules , les exactions du fisc et le luxe scandaleux des ducs pu gouverneurs, ternit l'éclat de soh administration par les horribles effets de son apostasie., Ses officiers, pour lui plaire , firent couler à flots le sang des chrétiens dans toutes les provinces, et la Novempopulanie eut alors ses mar-
(1) La Novempopu&niç n'était point toute l'ancienne Aquitaine, comme le dit par, méprise M. Davezac-Macaya , au chap. 3 du liv. Il des Essais historiques duBigorre,car ily avoit dçux Aquitaines, outrçla ÎNovempopulanie , qualifiée de troisième Aquitaine par l'Art de vérifier les dates. Voyez Chronologie dés comtes de Bigorfe. x
(2) jNous peïicherions à croire que les Elusates et les Ausques ne formaient dans le principe qu'une cité; qu'il en étoit de même pour les BénÔhhrndis et les Elloroneuses , pour les Convènes et les Consorannes : dès-lors les neuf peuples primitifs aùroient été tesAusques ;les TarMîiens, les 1 kaetorates, les Cônvenés ; lés fibàte S ;ies Bénéharilois , les basâtes, les Aturrenses et les Bigorrdis. ( Essais Historique sttr îe Bigorre . liv. II , chap. 3: ) •
tyrs(i). Les maux de la guerre succédèrent, lors de l'invasion des barbares appele's par Stilicon , qui voulut arracher le sceptre à Honorius, pour le donner à son propre fils Eucher. Les frères Didyme et Vérinien, cousins de l'empereur, ayant trop bien gardé les passages des Pyrénées qui eonduisoient en Espagne, ces hordes du nord refluèrent sur les peuplades Novempopulaniques, où les femmes, les enfans, les vieillards furent massacrés, les temples brûlés , les vases saints profanés. Didyme et \érinien furent faits prisonniers par Constant , fils du soldat Constantin , élu empereur ; alors les Vandales s'écoulèrent en Espagne , ne bissant après eux que des ruines que vinrent accroître d'autres, barbares, avec lesquels Honorius fut forcé de traiter.
Toute la Noveropopulanie ne fut pas comprise dans la cession faite, en 419 , par cet empereur, à Wallia,roi des. West-Goths ou Visigoths (2), troi-
(i ) Sainte Libérate fut décapitée dans le bois de Montus , d'où l'évêque Pierre Raymond de Monuyrun transféra ses reliques , en i34a , dans l'église de Saint-Jean de Mazères. Saint Girin fut décolé sur les bords de l'Adour, là où est le pont de Tarbes; une femme aveugle ayant alors touché sa tête, recouvra la vue. Ses reliques sont à Aureillan, dans une église bâtie sous son invocation. Saint Sever, confesseur y est encore un martyr bigorrois , dont les reliques étaient conservées dans l'abbaye de ce nom dans le Rustan. ( Essais Historiques sur le Bigorre, liv. H, ch. 4. )
(2) Idace , Prosper , Isidore , Paul Diacre , parlent de
sième successeur du farouche Alaric 1 er ; mais la possession de fait n'est pas douteuse pour le Bigorre, et tout le reste, soit immédiatement, soit peu après , sous les prédécesseurs d'Euric qui , pour régner, se défit violemment de Theuderic 11, son frère , comme celui-ci avoit arraché la vie à Thurismund, leur frère aîné : tous trois étoient fils de Theuderic I er , successeur de Wallia.
Dès les premiers siècles de l'ère vulgaire , des Vascons étoient venus s'établir dans l'Aquitaine , où Pline les place sous le nom de Vaccei, près des T armâtes ; les grandes irruptions de ces peuplades cantabriques eurent lieu sous la domination franque, et le Bigorre et toute la Novempopulanie devinrent leur conquête 5 leur duc Amand, s'étant allié avec Charibert, roi d'Aquitaine, les descendans de celui-ci furent ducs des Vascons, et sous Charlemagne et Louis 1 er , lors du partage du duché en comtés , celui de Bigorre resta au sang de Clovis.
l'Aquitaine depuis Toulouse jusqu'à l'Océan. Diego de Saavedra Fajardo, dans sa Corona gothica , et Mariana, dans son Histoire d'Espagne, disent la Novempopulanie , la seconde Aquitaine , et quelques provinces voisines , Freret, de l'Origine des François et de leur établissement dans les Gaules , suit cet avis ; Laurent Echard n'accorde à "Wallia que quelques cités de la Novempopulanie , et de Marca présume que la réduction des autres n'eut lieu que sous Euric ou Evarix. M. Faget. de Baure pense qu'elle fut immédiate. ( Voyez Essais Historiques sur le fcigorre , Yiy. II, ch. 5, note 2.)
flous avons vu dans l'introduction que Loup Centulle, fils de Centulle, fils cadet d'Àdalaric, fils de Loup II, fils de Waifre, fils d'Hunald(i), fils d'Eudes , fils de Boggis , fils de Charibert , frère de Dagobert et gendre d'Amand troisième duc des Vascons , fut dépouillé de ses états de Vasconie ; et que ses enfans, Donat Loup et Centulfe, reçurent l'investiture , à titre de fief héréditaire , mouvant de la couronne de France , l'un du comté de Bîgorre , et l'autre de la vicomté de Béarn; en même temps Louis le Débonnaire laissoit la Vasconie d'Espagne aux enfans de Garsimir ou Garcie Ximin, fils de Scimin ou Ximin , fils aîné d'Adalaric , ainsi que nous l'apprend la charte de Charles le Chauve , qui confirme la fondation par Wandre-
(1) Ahson ou Halton, comte de Poitiers , frère de Hunald, eut trois fils, i° Loup I er , qui fut duc de Gascogne après "Waifre, à qui il avoit marié Adèle, sa fille unique, mère de Loup II : 2° Icterius , comte d'Auvergne, dont on ne connoît pas la descendance ; 3° Altergarius ou Artalgarius , qui fut donné en otage à Pépin, en 760, par Waifre, et que Charlemagne fit comte des Marches de Vasconie. Wandregésile, fils et successeur d' Artalgarius , fonda le monastère ' d'Alaon , au diocèse d'Urgel, et mourut avant 845 ( date de la charte d'Alaon, D. Bouquet, tom. V, p. 199. ) Celui-ci eut quatre fils, i° Bernard, comte de la Marche de Gascogne ; 2 0 Alton , comte de Pailhas au diocèse d'Urgel j 3° Antoine , vicomte de Béziers ; 4° Aznard , vicomte de Louvigny et de Soûle. (Essais Historiques sur le Bigorre, Jiv. III, ch. 3, note G.)
gésile du monastère d'Alaon, aujourd'hui de l'O, au diocèse d'Urgel (i). On soupçonne que ces fils de Garsimir furent Aznard et Inigo. Le dernier seroit ce fameux Arista ou Ariscat , dont aucun historien de Navarre ne fait mention , mais que de Marca (2) et autres écrivains désignent comme fils de Dooat Loup , et second comte de Bigorre , ce qui ne peut être , puisque , d'après la charte d'Alaon qui est de 845, Douât Loup vivoit encore, et qu'Inigo, roi ou plutôt duc de Navarre dès l'année 828, étoit mort en 855. Son frère est l'homonyme de cet Aznard, fils aîné de Loup Sanche, comte de Gascogne, que Louis 1 er , avonsnous dit dans l'introduction, envoya en Navarre en 822, et fit comte de Jacca et de Pampeluue en 824 , et dont la dignité devint héréditaire dans sa famille; un troisième Aznard, ûk de
(i) Nam post inaugurationem in HispaniA filiorum Garcimiri comitis citerions Vasconiae , suprà nominati , juxtà eorura donationein regio diplomate munitam , omne jus super cas, et praecipuè super Bigorritanum , et Benarnensem comitatus ad Donatum-Lupum et Centu-Lupum, prœdicti Lupi-Centulli ducis filios, devoiutum est. Quod à.genitore nostro et nobis coufirmatum duplici extat praecepto. Nunc et iUos tenent dictus Donatus-Lupus cornes , et Centullus jàmdicti Centu-Lupi Benarnensis yicecomitis filius. ( Essais historiques sur le Bigorre, liv. IV, ch, i* r , note i re . ) ! (a) Histoire du Béarn,iiv. II, ch. 8.
Ariscat, dit-il, terme gascon qui veut dire homme déterminé , intrépide. *
Wandregésile , fut vicomte de Louvigny et de Soûle.
Dans cette confusion de noms et d'origines, d'après les termes précis de la charte d'Alaon, on pourroit croire que ce fut Aznard, fils de Garsimir, que Louis I or mit à la tête de la Navarre , et que son frère Inigo le remplaça et devint chef de cette contrée par le choix de la nation, en récompense de sa grande valeur et de ses succès contre les Maures ; alors Aznard auroit pris le titre de comte d'Aragon (1). 11 paroît certain qu' Aznard, comte de Gascogne, fut tué en 836, et que son frère Sanche, qui lui succéda en Gascogne, mourut aussi sans postérité , avant 864.
H se pourroit enfin, qu'lnigo fût descendant de Garcias Ximenes, dont nous avons parlé dans le chapitre VI de l'introduction , comme d'un comte bénéficiaire de Bigorre et de Sobrarbe, élu chef de la guerre contre les Sarrasins ; il éloit l'allié d'Eudes par sa femme Enneca ou Igniga ; ils eurent un fils, Garcie Inigue I er , lequel remplaçant son père en 758, dans sa dignité amovible de comte, mourut en 802. Inigue Ariscat seroit le fils de ce
(1) De celui-ci me paroît descendre , à travers deux générations, un autre Aznard qui, vers 900, possedoit le Comminges et le Conserans , et qui est la tige des maisons de Carcassonne, de Comminges , de Foix , d'Aure ancien; ( Essais Historiques sur le Bigorre , toci. I or , appendice. )
dernier , ayant un frère puîné , Ximin qui , d'après une généalogie composée au quatorzième siècle , fut le premier sire d'Albret, chef de cette maison, et mourut, en 83o (1). Le fils de celui-ci , Inigue , accompagna Inigue l'Ariscat , son oncle , dans une expédition contre les Sarrasins de la Navarre; il mourut en 868. Inigo l'Ariscat seroit à la création du comté héréditaire de Bigorre, on l'auroit remplacé lors de son établissement en Navarre ; peut-être aussi l'a-t-on confondu , soit avec l'un des enfans de Garsimir, confondu luimême avec l'ancien Garcie Ximin, soit avec Aznard de Gascogne, fait réellement comte de Jacca et de Pampelune, ou chef des Navarrois, sur lesquels ses descendans régnèrent après sa mort survenue en 836, époque qui se rapporte à celle d'Inigo , fixée à l'an 835. î?rp ,-f;
11 n'en est pas moins vrai que, soit Inigo, soit Aznard, étoit, sinon comte de Bigorre , du moins de la famille de ces comtes , et qu'il fut le chef de la race royale des Espagnes. (2).
(1) Essais Historiques sur le Bigorre, liv. VI, ch. i er , note 16, et Art de vérifier les Dates, Chronologie Historique des sires , puis ducs d'Alhret.
.. (2) Inigue, quatorzième descendant de Clovis, élu chef des Navarrois vers 82g , mort vers 835, eut pour fils Ximin, qui lui succéda et mourut après 842. Ximin eut deux fils : i° Inigue H, qualifié duc des Navarrois par la chronique
Après cet exposé critique sur la généalogie des premiers souverains du Bigorre, nous allons présenter la série non interrompue de ses comtes,
de Fontatiel , mort avant 858 ; 2° Garcic Ximin qui , suivant l'opinion généralement adoptée, porta le premier, vers 860, le titre de roi de Navarre; il mourut sans postérité avant 867. lingue II eut pour fils Garcie Inigue, qui succéda à Garcie Ximin , et mourut vers 885 , laissant deux fils :
i° Forton, son successeur qui, dégoûté du monde, abdiqua en go5 , pour se retirer au couvent de Saint-Sauveur de Leyra; 2° Sanclie Garcie, qui succéda à Forton, et mourut en 926. Sanche Garcie eut trois enfans : i° Sanche Abarca, ou le Guctré, mort en 994 ; 2 0 Urraque, femme de Guillaume Sanche, duc de Gascogne; 3° Sancie, femme d'Ordogne II, roi de Léon. Abarca eut pour successeur son fils Garcie II , surnommé le Trembleur de ce que, bien que brave, il trembloit toujours en revêtant ses armes ; il mourut vers Tan 1000. Son fils Sanche le Grand réunit, par succession ou mariage , tous les trônes chrétiens d'Espagne ; il fut assassiné en. io35. 11 laissoit quatre fils : 1° Garcic, roi de Navarre ; 2° Ferdinand, roi de Castille et de Léon; 3' Gonzalve, roi de Sobrarve et de Bipagorce, assassiné en io38 , sans postérité-, 4° Ramire , fils naturel, roi d'Aragon. ( Essais Historiques sur le Bigorre, liv. IV, ch. 1" , note 2. )
Sanche le Grand avoit épousé Nuna Mayor , sœur de Garcias, dernier comte de Castille j elle avoit hérité de son frère en 1028 , et de ce moment Sanche avoit pris le titre de roi de Castille. « Alphonse VI de Léon et I er de Castille , petitfils de Sanche (par Ferdinand) ,' conquit Tolède etTalavera en io85 , et la nouvelle Castille compléta la monarchie castillane. Raymond de Bourgogne , prince de la maison de France, devint roi dé Gistille par son mariage avec Urraca,
seigneurs relevant, soit des ducs de Gascogne et d'Aquitaine, soit directement des rois de France ; nous en établirons la succession et l'ordre chronologique le mieux qu'il nous sera possible , ayant consulté divers auteurs qui sont loin d'être d'accord , et entre les divers avis desquels il nous a fallu prendre im parti (1). 11 a été' difficile de préciser quelques dates d'événemens, faute d'histoires certaines et de monumens authentiques. JNous ferons connoître ensuite le caractère particulier de cette principauté féodale, qui se confondit plusieurs fois avec celle du Béarn et qui finit par appartenir entièrement aux comtes de Foix et aux rois francois de Navarre.
Généalogie c/ironologique des Princes souverains.
Donat Loot , fi 1 s de Centulle , petit-fils <T laric ( descendant de Clovis , et duc de Vasconie), fut comte de Bigorre en 8 10 : il mourut après . .. . . 845.
Faquilena, comtesse de Bigorre, sa veuve; elle donna plusieurs héritages au monas* 1ère de Saint-Orensen Lnvédan.
fille du roi Alphonse VI , et dernier rejeton (en Castille) de la maison de Bigorre. (Itinéraire d'Espagne , par M. de L,abôrde, t. III, p. 69.)
(1) Voyez de Mare? , Dihénftrt , Suinte -Marthe , l'Art
Don at Da^ton , cle 85o à 885,
Daton Donat et Lupus Donat(i), frère
de Daton; de 885 à gi5 ou gao.
Les deux frères signèrent une charte de Saint-Orens en Lavé dan.
Ramond ou Raymond , restaurateur , en 0,46 , de l'abbaye de Saint-Savin, qu'avoit fondée Charlemagne ; il mourut après. . 947.
Louis , son fils ( d'après une charte de Saint- Savin, imprimée dans de Marca ) , marié
àAmerna; il vécut jusqu'après 1009.
Il signa la charte de la fondation de l'abbaye de Saint-Orens de la Reule , en 97o(2), parOthon Dat, vicomte de Mont-
de vérifier les Dates, d'ExpiHy Dictionnaire des Gaules.
M. Davezac-Macaya , auteur des Essais Historiques sur le Bigorre, nous a aidé à débrouiller un peu ce point de chronologie, sur lequel il est revenu dans l'appendice du premier volume, en rectifiant diverses méprises. Nous saisissons cette occasion pour rendre hommage à la honne foi ainsi qu'au talent qu'il a montré dans ses intéressantes recherches; nous ne saurions trop l'engager à remonter sans cesse aux sources où il a su puiser de si précieux documens, à les rapprocher, à les comparer, à en faire sortir la lumière sur ces temps obscurs, afin de donner à son intéressant ouvrage toute la perfection dont il est susceptible.
(1) Duchêne.
MM
(2) De Marca.
aner, et celle de 1009 (1) qu'on a confondue avec la précédente.
Arnaud , frère de Louis, mourut avant. . io52.
Garcie Arnaud , fils d'Arnaud , frère de Louis ( lisant filius fratris au lieu de patris dans la charte de Saint-Savin ) , marié à Richarde ; il jura l'immunité du monastère de Saint-Pé de Gennerest , fondé / par Sanche , duc de Gascogne , en io3*2, et signa, en io54, la charte par laquelle l'abbaye de Pessan , diocèse d'Auch, fut soumise à celle de Simorre (2) par Guillaume, comte d'Astarac; il mourut vers io56.
Gersende, sa sœur, mariée à Bernard Roger de Carcassonne , comte de Conserans, seigneur de Foix; elle mourut vers io5#.
C'est alors que fut substituée la maison de Carcassonne à la première branche de la race de Clovis, dont cette maison descendoit aussi (3).
Bernard 1 er , époux de Clémence , puis
(1) Sainte-Martlie.
(2) Et non en 983, comme le dit de Marca en rapportant cet acte à Arnaud j l'Art de vérifier les Dates, par la même erreur, crée à tort un Garcie Arnaud 1 er , antérieur à Louis.
(3) Bernard Roger étoit fds de Roger 1 er , mort en 1012 \
d'Etiennette ou Stéphanie; il constitua sur le comté , l'an i l 062 , au profit dé ]N otre-Dame du Puy en Velay, Une rente ' de 69 sous morlans; il mourut vers. .... io65. Raymond II, son fila, mourut vers. . . . > . 1080.
• » . .1 ... . . » t • 1 Jf, .
celui-ci l'étoit d'Arnaud, mort vers 957. Ce dernier , fils d'Aznard, comte deÇomminges et de Gouserans , qui vivoit en Tan 900 , avoit épousé Àrsinde , héritière de Carcas^onnc et de Rasez , dernier rejeton d'une famille qui desceudoit , par les ducs de Toulouse , des premiers grinces carlovingiens. ta généalogie de Bernard Roger ne remontêf j&s : ^lus haut qu'Aznard. ( Essais Historiques sur le Bigorre, liv. IV, ch. 2, note 1. ) \ï r.l»
La maison de Foix tire son origine de Bernard-Roger j premier comte de Bigorre de la seconde maison de ( Çarcassonne. Roger I er , son fils puîné, ayant eu en partage la terre de Fois , la gouverna avec le titre de comte ; il eût pour successeur , en io64 , son" frère Pierre , troisième fils dë Bernard-Roger. Pierre , . mort en. 1070 , fut père de Roger* II, mort en 11 24, qui eut pour fils Roger J II , mort vers? 1149 ; Roger-Berpard 1 er , fils de Roger III , mourut en 1 188 , et fu£ père de Raymond- Roger qui mourut en 1223, laissant le comté de Foix à son fils Roger-Bërnard II , surnommé le Grand , déjà vicomte de Castelbon par son mariage avec l'héritière. Ermessinde. Roger IV, son fils , comte de Foix et vicomte de Castelbon , mort en 1265 , eut entr'autres enfans : i° Roger-Bernard III, qui fut comte de Foix, vicomte de Béarn et de Castelbon, et continua la maison de Foix: 2° Agnès, femme d'Esquivat de Chabannes.
L'écu de Foix est d'argent à trois pis de sable. (Ibid. i liv. V, ch. i er , note 9.)