DE LIVADIE AUX THERMOPYLES ET A LAM1A
PA» BOFDONTTSA.
(17 h.— Oo couche i Dcmitw on à BoudonilM.)
De Livadie à Chéronée. (2 h.) (Y. R. 13.) — En quittant Chéronée, on se dirige au N.-O., et on laisse (25 m., k gauche une fontaine ei la route de Davlia V. R. 15). La plaine est coupée (30 m.' par un çrand nombre de canaux d'irrigation. Les deux plu* considérables, alimentés par la rivière Platania, sont quelquefois difficiles k traverser, à cause de leur profondeur. On laisse à gauche (20 m.) un autre chemin de Davlia, et Ton suit la rive droite du Céphise, entre le mont Parori à TE., et le mont Hédylium à l'O., sur lequel s'élevait l'antique Paropotamia, qui, détruite par Xerxès et par Philippe, ne présentait déjà plus du temps de Sylla qu'une acropole ruinée.
On traverse (25 m.) un ruisseau, et laissant k droite (25 m .) le pont de Krévassara, on atteint (15m.) le v.
du même nom. La vue sYtend sur la belle et verdoyante vallée de la Doride, resserrée entre les flancs abrupts et arides du Parnasse, et les pentes boisées du Saromata.
On élève dans les environs une grande quantité de chevaux, et surtout de dindons, que l'on voit errer par milliers dans les prairies. On rencontre (i h. \h) les kalyvia de Vélitza; on aperçoit h gauche le v. de Vélitza , situé
1 h.) au S.-O., k la base du Par-
BOL DO MISA. 157
nasse, sur 1 emplacement de l'antioue Tithorea, qui s'était élevée elle-même sur les ruines de Néon, détruit parles Perses On y trouve quelques vestigesde murailles cyclopeennes. La grotte d'Ulysse, au-dessus de Vélitza, a servi de refuge aux Phocéens lors de l'invasion des Perses, et aux Grecs pendant la guerre de l'indépendance.
On croise (15 m.) à droite un sentier pour Drakhmani et Elatée (V. R. 16). Suivant toujours la rive du Céphise, on laisse k gauche 1 h. 15 un chemin conduisant à Dadi (Amphicleia), où Ton voit une tour etquelques ruinesdemurailles cyclopéennes. Cette ville, détruite par les Perses, était, au temps de Pausanias, célèbre par le culte de Jupiter. La route franchit (1 h. 15) le Céphise, et atteint (1 h. 15 le v. de Dernitsa, situé sur un des versants du Saromata. Cette montagne, appelée par les anciens Callidrome (montagne aux beaux chemins), est couverte d'une végétation luxuriante, et contraste avec les sommets chauves et brûlés du Parnasse. La route monte k travers des pentes de gazon et de charmants bosquets de lentisques et de chênes verts. Arrivé (1 h.) au sommet du col, on découvre, k travers une ouverture étroite entre deux pics élevés, un magnifique tableau. On voit se dérouler k ses pieds la verdoyante vallée deBoudonitsa, avec ie v. du même nom, et son vieux château franc. Plus loi::, le regard se porte sur le golfe Maliaque , les belles montagnes de l'Eubée, les côtes de la Thessalie, le mont Othrys et la mer Egée, au milieu de laquelle surgissent Skiatos, Scopelos et Skyros. On descend k (30 m.) :
BoudoniUa (9 h. 30 deChéronée), ancien marquisat français. Le château franc qui le domine contient des débris de murailles et une porte hellénique ; mais on ne sait a quelle ville antique ils se rapportent. — On peut trouver un logis confortable cnez le papas.
En quittant Boudonitsa,on laisse àdroite (15m. )un torrentqui réunit les eaux du versant N.-E. du Callidrome et se rend au golfe Maliaque. Un ravin, H gauche (30 m.), offre un accès facile au sommet de la montagne. Leake y fait passer l'Anopée, chemin suivi par les Perses pour tourner la position des Thermopyles ; mais un sentier à gauche (30 m.), qui serpente dans un ravin et conduit à Damasta par le couvent de Palaeo-Joannis, répond mieux àla description d'Hérodote. ;Comparez p. 154.) On dépasse une fontaine, et, descendant toujours au milieu de bosquets de mvrtes et de lentisques, on atteint (l5 m.} les vestiges d'un mur hellénique, probablement celui dé Justinien. A gauche, les rochers se transforment en véritables murailles, qui s'étendent a l'O., tandis qu'il droite les versants boisés de la montagne s'abaissent et vont mourir dans la plaine.
On distingue de ce côté un monticule, surmonté d'un tumulus et d'un mur circulaire, qui marquerait, scion Leake, l'emplacement de Nicœas, que la carte d'étatmajor français place au contraire à 1 O., près du couvent de Palreo- .foannis. La prise de cette ville (346) rendit Philippe maître des Thermopyles, et mit fin à la guerre sacrée ; elle fut détruite par les Phocéens.
On trouve (30 m.) à droite et à quelques pas de la route un moulin situé au milieu des bois, près d'un ruisseau. Il indique, suivant Leake, la position de l'antique Alpènes.
ville frontière de la Locride, qui du temps d'Hérodote était située près de la mer, et fut chargée de fournir des vivres aux défenseurs des Thermopyles.
On rejoint en plaine (15 m.) la route de Thalcis par Atalanti 'V.
K. 10), puis l'on marche sur un terrain blanc, résonnant sous les pieds comme une voûte, et sillonné de filets d'eau thermale. A gauche t> m.) s'élève une colline* conique, le mont du Dcrvcm, probablement
CE. [HoL'TF 17.
l'antique rocher Mélampyge. Ici, l'eau thermale remplit l'air de ses vapeurs et do son odeur sulfureuse; elle s'écoule avec rapidité dans un canal, couvrant ses bords d'un dcprtt épais de carbonate de chaux mêlé de soufre. Quelques pas plus loin, on rencontre une petite mare, et une seconde colline, que Leake regarde avec raison, ce nous semble, comme la hauteur sur laquelle les Spartiates se retirèrent pour mourir, et où l'on éleva un lion de marbre en l'honneur de Léonidas.
On côtoie quelques instants un lac, à l'extrémité duquel est un moulin mû par l'eau thermale, qui s'échappe avec tracts en répandant un nuage de vapeur. Le Callidrome, abrupt et couvertde forets, étend ses contre-forts jusqu'au bord de la route, et dresse une muraille infranchissable derrière les deux collines coniques. A l'O., il se relie par des pentes plus douces à l'Œta. Entre cette montagne et la chaîne de l'Otbrys au N., se déroule la vallée du Sperchius, plaine immense dont les vertes prairies et les bois touffus forment autour du golfe Maliaque un gracieux encadrement. Le Sperchius la traverse, et serpente à quelque distance du moulin, au milieu d'un terrain marécageux, qui s'étend dans un rayon de plusieurs kilomètres sur la cdte S.-O. du golfe.
En présence de ce paysage gracieux, qui ne présente plus ni passage resserré, ni fortifications naturelles, le voyageur apprend toujours avec étonnement qu'il est arrivé au défilé des :
Thermopyles ( ««««Trivar, les portes chaudes).— Cc'passage avait une grande importance, car il était le seul par lequel une armée put pénétrer de la Thessalie dans la Grèce propre, et de plus il présentait une facile défense, c Le passade le plus étroit du pays, dit Hérodote, est devant et derrière les Thermopyles ; car derrière , près d'Alpène ,, il ne peut passer qu'une voiture de front, et devant.
L Roi TE 17.;
près de la rivière Phœnix et de la ville d'Anthéla, il n'y a de place aussi que pour une voiture. A PO.
des Thermopyles est une montagne inaccessible, escarpée, qui s'étend jusqu'à l'Œta ; le côté du chemin à l'E. est borné par la mer, des marais, etc. > La configuration des lieux a beaucoup changé; mais il est facile, d'après la longue et minutieuse description d'Hérodote, de rétablir l'ancienne topographie.
Les deux collines coniques mar-
3aent l'entrée du défilé. Les dépôts es eaux minérales ont exhaussé le sol du passage, et les terrains d'alluvion apportés par le Sperchius et les rivières du Callidrome ont reculé de plusieurs kilomètres les eaux du golfe Maiiaquc.qui venaient jusqu'au pied des deux collines coniques, et ne laissaient que l'étroite chaussée dont parle Hérodote. Le cours des rivières a changé. Le Spercbius, qui se jette dans le golfe, près de Molos, avait son embouchure beaucoup plus à l'O. Le Dryas, le Mêlas et l'Asopus, qui se rendaient directement à la mer, portent maintenant leurs eaux au Sperchius. Hnfin, le Phœnix. qui «e joignait à l'Asopus, près d'Anloéla, se jette maintenant dans le Spercfaius.
A 300 mèt. en v. à 1*0. de la colline conique, on trouve la source thermale qui fait tourner le moulin. Lrn peu plus loin, on voit au pied des hautes parois calcaires une autre source, dont les eaux 1 sont moins chaudes que celles de la première '40* cent.;. On a creusé quelques trous pour recevoir les eaux sulfureuses, et servir de bai-
È "noires aux malades : une petite utte en branches d'arbre complète cet établissement thermal un peu trop primitif. Les chijtres, ou bains antiques , occupaient sans doute le même emplacement. On admirera , comme Pausanias , la
magnifique rouleur bleue de ces , , Slfjluin e ,U|t . 6 fUiti
sources qui -tuent e.msacrees | d4 Trarl|lt wl hor, ^ ^
4 Hercule. • .d 4< u r|Ud„iU, et qu« u. d«m vill«»
LCi Phoc'.en*, pour au mettre à I («ieiil le racine aoiplac<ineot.
LES THEKMOPYLES. 159
l'abri des incursions des Thessaliens, avaient construit un mur aux Thermopyles; de plus, au dire d'Hérodote, ils se servaient des eaux thermales pour inonder le passage.
Un peu au delà de la seconde source, le Callidrome fait un angle rentrant, occupé par une petite plaine triangulaire, sablonneuse et couverte de buissons. On y voyait la ville d'An thé la, où se tenait l'assemblée annuelle des Amphictyons. De l'autre côté de la plaine (20 m.), on rencontre un cours d'eau salée et froide ; et plus loin un ruisseau d'eau thermale, laissant un dépôt rougeàtre. C'est évidemment l'ancien Phœnix, qui sans doute devait son nom à la couleur de ses rives ( ç?5é/t£ , rouge). Un contre-fort avancé de la montagne devait former ici le second passage dont parle Hérodote. On trouve (5 m.) une seconde source du Phœnix ; à gauche (-20 m.], un poste de gendarmes et un mauvais sentier conduisant à Damasta; puis (10 m.) la route de Salona à Zeitonn (V.
R. 19). On arrive (15 m.) au pied des hautes parois de l'Œta, roches trachiniennes, d'où l'Asopus s'échappe par un étroit ravin. On remarque sur un rocher élevé les restes d'une forteresse hellénique et des tombeaux creusés dans le roc, marquant l'emplacement de l'antique :
Tracnis (T^a/t's) oui tirait son nom des hautes parois de rochers qui la dominaient, et avait une assez grande importance militaire par sa position à l'entrée des Thermopyles. Les Trachiniens, sans cesse attaqués par les montagnards de l'Œta, appelèrent a leur secours les Lacédémoniens (426). Ceux-ci colonisèrent la ville et lui donnèrent le nom d'Réraclée 1 ; elle devint parla suite le quartier gé-
néral de leur puissance dans la
Grèce du N. En 395, les Thébains, sous le commandement d'Ismène, expulsèrent les Spartiates et rendirent la ville aux Trachiniens, qui ne purent la conserver longtemps. Jason, tyran de Phères , rasa ses murailles, et plus tard la ville tomba au pouvoir des Etoliens. Après la défaite d'Antiochus aux Thermopyles (191), elle fut assiégée et prise par le consul romain Acilius (ilabrio.
Bataille des Thermopyles. Celte bataille mémorable est trop connue pour qu'il soit nécessaire de la raconter ; il suffira de donner quelques détails relatifs surtout a la topographie.
Tous les efforts des Perses n'avaient pu ébranler les 300 Spartiates de Léo nid as, lorsqu'un traître Grec, Ephialtès, vint indiquer u Xerxès un sentier de montagne pour tourner le défilé. Ce sentier, appelé Anopée, commençait à la gorge de l'Asopus, suivait les hauteurs du Callidromc.ou Anopée ^ F.
p. 154 et 158], et aboutissait près d'Alpènes. Léonidas n'avait eu connaissance de l'Anopée qu'à son arrivée aux Thermopyles , et, ne n'attendant pas à être attaqué de ce coté, il s'était borne à y placer un corps de 1000 Phocéens. Ceuxci, à l'approche des Perses, n'opposèrent aucune résistance , et s'enfuirent sur les hauteurs du Callidrome. Les Spartiates, entraînés par l'ardeur de la victoire, s'étaient avancés dans la partie la plus large du défilé : c'est là que périt Léonidas. Un combat acharné s'engagea autour de son corps.
Avertis de l'arrivée des Perses du côté d'Alpènes, les Grecs se retirèrent derrière la muraille, et se réfugièrent sur une des collines coniques, où, bientôt entourés de tous côtés et accablés par le nombre , ils furent tous exterminés.
Les Thermopyles n'ont jamais été forcées directement, mais la manœuvre des Perses réussit encore dans trois occasions. En 279, le Gaulois Brenn tourna le défilé
GRECE. IRuurt 17.)
de la même manière par l'Anopée.
En 207, les Etoliens, alliés des Romains . ne purent arrêter Philippe III de Macédoine. Enfin, Tan 181 av. J.-C, Antiochus s'établit aux Thermopyles . et les fortifia au moyen d'un double mur et d'un fossé. Pour empêcher les Romains de suivre l'Anopée, il plaça c20u0 hommes sur les hauteurs Callidrome, Tcichius et Rhoduntia.
Le consul Acilius fit enlever les trois positions et attaquer en même temps dans le défilé l'armée d'Antiochus, qui fut ainsi contraint à prendre la fuite.
On revient sur ses pas pour franchir le Sperchius au (15 m.; pont d'Alamana, près duquel on trouve unkhani etun poste de soldats. Une mauvaise chaussée conduit à travers le3 marais dans la direction de Lamia. A mesure que l'on avance, le terraiu s'améliore, et bientôt l'on traverse de magnififiques prairies, remplies de bétail et de cnevaux. On aperçoit à gauche le mont Katavothra(Œta), dont les formidables parois se dressent au-dessus de la ville d'Hypate. Le sommet le plus élevé de cette montagne est désigné par la légende comme le théâtre de la mort d'Hercule. Danslamêmedirection, la belle vallée du Sperchius, patrie de Philoctète, s'enfonce et disparait entre les chaînes de l'Œta et de TOthrys. On laisse à gauche (20 m.) la jonction de l'Asopus et du Sperchius: à droite ;40 m.;, un sentier conduisant àOmer-Bey, et l'on atteint (l h. 10) :
Lamia, ou Zeitoun, située au pied de TOthrys. — Cette ville frontière, avec ses mosquées, son bazar et ses maisons, revêtues extérieurement de peintures, a conservé une apparence tout à fait turque. Lamia possède une place publique, entourée de jolies constructions , un mauvais khani, un restaurant, et un café, où l'on trouve des journaux français. La garnison est toujours assez forte , à cause des»
brigands qui infestent le pays.
Lamia est célèbre par la di -
[Houx* 18.]
faite qu'Antipater essuya de Ja part des Grecs (3-23 av. J.-C. ), quand ceux-ci tentèrent de secouer le joug macédonien après la mort d'Alexandre. La ville était située sur une hauteur, et avait une grande importance militaire. On retrouve des vestiges des anciennes murailles au pied de la colline, et l'on voit quelques assises helléniques dans les murs de la citadelle qui a remplacé l'Acropole.
Lne route excellente conduit à L3 b.) :
Stylida, l'ancien port de Lamia.
On y trouve un bon khani et quelques jolies maisons. Les voyageurs ~ui veulent revenir par l'Eubée evront s'embarquer à Stylida.
La traversée de ce port à Lithada se fait en quelques heures.