‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 103 sur 511 · EUBÉE DU SUD · texte numérisé non relu

EUBÉE DU SUD

1>B CIIALC1S A KARYSTO.

i j. l,i Ou Coutil a Beluusu yu i SUiuia.j

On sort de Chalcis du cM ' S.-E., et l'on suit une chaussée turque ruinée, entre la mer et une petite montagne où l'on remarque quelques tombeaux taill«'* dans le roc, et deux sources [15 m.)» çjue la carte d'état-rnajor français identifie avec la fontaine Aréthuse. On traverse ensuite une plaine plantée de vignes et arrosée par un cours d'eau, près de l'embouchure duquel s'élève le fort Bourzi. Cette plaine est probablement celle de Lélante, dont les Chaleidiens et les Erétxieiis se disputèrent si longtemps la possession. La route laisse à gauche t h. le v. de Vasi- !iko, ou l'on remarque une tour franque ; se resserre ;iô m.) entre les pentes du mont Olymbos et la mer; traverse -15 m.} un torrent, et atteint i50 m. :

Érétrie (3 h. 15 de Chalcis,.— Le gouvernement grec u voulu ressusciter l'antique rivale de Chalchis et en faire une grande viile ; mais les fièvres, produites par un marais qu'il a négligé de dessécher, ont arrêté le développement de la nouvelle fondation.

L'antique Acropole occupait un rocher escarpé qui se détache de la montagne et domine Erétrie :

le mur d'enceinte, avec ses tours carrée* , existe en grande partie;; on peut en suivre les traces sur la pente E. de la hauteur. On trouve ' au pied do l'Acropole, à l'E., à Î'O. et au S., des débris de constructions antiques. On voit dans

une colline artificielle, à l'O., l'excavation d'un théâtre dont il ne reste que quelques vestiges. Malpré un texte contradictoire de Strabon1, il est évident, d'après l'inspection des'lieux, que la nouvelle Erétrie occupait a peu près le même emplacement que l'antique Erétrie , détruite par les Perses.

On continue le long du rivage de la mer. A gauche s'étend une plaine triangulaire et inculte, renfermée entre deux ramifications du Delphi. On atteint '2 h.), audessous du v. de Vathy, une colline couverte de débris de marbre et de pierres helléniques, et qui serait, selon M. Girara, l'emplacement du Porthmos , détruit par Philippe, et dont il est souvent question dans Démosthène. On franchit le passage de Kaki-Scala, et l'on arrive au gros v. de i

Aliveri, sur une hauteur au-dessus d'une plaine marécageuse. Des ruines de tours carrées, situées le long du torrent et prés de la mer, marquent l'emplacementde Tamynos, où Phocion battit Cal 1 ias (364).

On passe ensuite ("25 m.) devant le petit port d'Alivcri, près duquel se voient les ruines d'un fort vénitien. La route quitte alors la côte, et, se dirigeant à l'E., rencontre •10 m.) 1 o v. de Bcloimia, et atteint 1 h.' le lac de Dystos. Il faut presque en faire le tour pour visiter sur la rive droite orientale 1 h. 30^ les ruines et le v. de :

Dystos. — L'Acropole occupait une petite hauteur conique, qui s'avance dans le lac. On peut encore suivre jusqu'à la plaine un mur de construction polygonale, flanqué de tours. La porte, à peu

i. Strahon dit que l'ancienne Ërélrte él«îl en foc* d'Oropo», el le final Ur^c de 60 sladea, tjiit* U nouvelle Krc'-lrie élut ru face de Uelphininm (SVuli de Oropo) cl le canal large d« 40 »Udc«. Thucydide» compte 80 sUdai entre Oropo» et la nouvelle Érélrie. Cet témoignage», en apparence contradictoire», s'expliquent (nubien; ai l'on ao reporte à co que noua e»o»« du d'Oropo et do ScoU (routo 6), le» diaUnce» M-nt tvicto.

près complète, est évasée par le i ceinte fortitiée est presque abanlas et bâtie de gros blocs; tout à donnée aujourd'hui, et la popula-

côté se trouvent des ruines fort curieuses de maisons antiques.

L'ensemble de ces constructions est antérieur au vi« siècle av. J.-C.

La route de Dystos à Stoura traverse des montagnes arides et ne peut être parcourue en moins de 6 ou 7 h. On ne rencontre dans ce trajet que les deux v. de Armyropotamos et de Potamounia.

Stoura occupe l'emplacement de l'antique Styra. Il reste encore une des tours de l'Acropole. Le v., composé de plusieurs inakha- }as. ou hameaux, est entouré de jolis jardins.

Derrière Stoura se trouvent des ruines connues sous le nom de Maison du Dragon. C'est un ensemble de trois monuments adossés à la montagne : deux d'entre eux sont des copies grossières du temple de l'Ocha (V. ci-dessous); le troisième est une rotonde construite d'après les mêmes principes. Les tuiles de la toiture, dis-

f)Osées en rayons, et plus larges k a base qu'au sommet , montent vers un centre commun, qui devait être rempli par une pierre circulaire. Cette construction présente une certaine analogie avec celle du Trésor d'Atrée (F. My-

CÈNES) .

La route qui serpente au milieu de rochers sans végétation, rencontre (î b. 30) la fontaine du Pacha. A partir de ce point, le pays devient plus riant, la montagne se couvre de bois de chênes et de châtaigniers, et de nombreux v. s'échelonnent but les hauteurs à gauche. On arrive (2 h. 30) a :

Karysto, chef-lieu déparchie et capitale de l'Eubée du S. La ville est dans une situation gracieuse, au fond d'une jolie baie, et au pied du mont Ocha, qui élève ses flancs abrupts et ravinés à la hauteur de 1400 mèt. Le Palœo-Kastron , bâti d'une pierre rougeàtre, qui justifie «on nom vénitien deCastel- Rosso, occupe un mamelon es-

tion habite des faubourgs , ou makhalas. On voit encore dans lo quartier de Palceo-Khora, au-dessous de la forteresse, quelques débris de la ville antique : deux culées d'un pont, un petit autel circulaire , quelques inscriptions enclavées dans Its murs, et des fondations antiques près du port.

Karysto était célèbre dans 1 antiquité pour son amiante et son marbre cipolin vert ; on en trouve encore des carrières près d'Aétos, où l'on voit d'énormes colonnes déjà détachées tt à moitié dégrossies. Le miel de Karysto est encore renommé.

Temple de l'Ocha. — Les ruines

les plus curieuses de l'Eubée se trouvent sur* une plate-forme du plus haut etdu plus méridional des deux sommets de l'Ocha, d'où l'on découvre un magnifique panorama l'Eubée, de l'Attique et des Cyclades. Il faut 3 h. pour y monter de Karysto. Le temple est un édifice carré d'env. 13 mèt. de long sur 7 mèt. de large. Les murs ont à peu près 3 mèt. de haut et 1 mèt.

d'épaisseur. « La construction, dit M. Girard, remonte à une haute antiquité, quoiqu'elle ne réponde pas a ce qu'on entend généralement par construction polygonale.

Des masses de rochers, beaucoup plus hautes que longues, sont irrégulièrement superposées. Leur surface extérieure est à peine taillée, et les angles n'ont été l'objet d'aucun soin particulier. La porte est au milieu de la longue façade qui est tournée vers le S.

Deux grandes pierres minces et larges de toute l'épaisseur du mur se dressent de chaque côté et servent de chambranles; elles supportent un linteau, dont l'élévation au-des«us du sol est de 2 mèt. au plus; la largeur moyenne de la porte, qui est plus étroite en haut qu'en bas, peut être de 1 mèt. 16.

Toutes ces parties sont régulièrement taillées ; on distingue même

nussu, uutujic uu ujaiuciuu en- jiitrm minces , un uisuuuuc uiciiiu

carpé et domine la plaine. L'en- 1 une petite moulure sur le côté ex-

1 Route 20.]

térieur de l'épaisseur des chambranles. Le toit, dont une partie existe encore, est formé de grandes plaques de rochers, qui, s'appuyant sur chacun des quatre murs, se superposent et montent en pente douce. Celles qui partent des angles des murs prennent une forme et une direction concentriques, et tendent à se réunir à une arête centrale. » Ce temple est une œuvre grossière et primitive, à laquelle tl est difficile d'assigner une date ; mais son antiquité le rend curieux pour l'histoire de ïart.

exiler de revenir par terre jusqu'à Cbalcts, on pourra trouver su port de Karrit© quelque barque pour pagmT le rivage de l'Attique, soit à Porto-Raphti, v>it à Porto-Mandri (p. 125 et 126). Au port de S tours, on trouvera sans doute ose barque pour passer à Rhamnunte (F- p. 119); mais il est rare que ces barques soient assez grandes pour transporter les chevaux.

Page 1