‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 107 sur 511 · MORÉE · texte numérisé non relu

MORÉE

CORINTHE, — UACRO-COR1NTHE.

LBCHÉK < ENCHRÉr.

Corinthe ('h k<5/&rv0o«) — (on y trouve un petit hôtel assez misérable) a conservé son beau nom , maiftce n'est plus qu'un pauvre petit bourg i bâti sur l'emplacement de la ville antique, au pied de la montagne escarpée , qui portait l'Acropole, à 2 kil. environ de la baie, et du golfe auquel elle a donné son nom.

Historique. — Corinthe fut fondée vers l'un 1900 av. J.-C.par Epbyre, fille de l'argien Phoronée. La ville porta d'abord le nom pélasgique d'Ephyre, ainsi que celui d'Héliopol is. La première population parait avoir été de raceéolienne. Cinq générations avant la guerre deTroie, Sisyphe était, non pas le roi, mais un des premiers habitants d'Ephyre. Son petit-fils fut le héros Bellérophon. Corinthe resta soumise aux rois d'Argos jusqu'après la guerre de Troie. La conquête dorienne en fit un royaume indépendant. Aletès fut le premier prince héraclidc vers 1160, et fit à Athènes cette guerre que termina le dévouement de Codrus. Après les Héraclides, la puissante famille des Baccbiades renversa la royauté en 747, et établit à Corinthe une oligarchie, régie par des magistrats annuels nommés -prytanes. Ils frappèrent de droits con-

\ . Au moment de mellre »ou* presse (28 février 185$), itou* apprenons que Corinthe tient d\Hre entièrement détruite p*r un tremblement de terre, et qu'on »on^e k U rebâtir inr le bord même du golfe. La destruction du village de Corinthe ne doit pu inipirer de grands regreU, • ar le temple a été épargne, tint une colonne renverse.

sidérables les marchandises qui traversaient l'isthme , fondèrent Corcyçe et Syracuse a l'occident, et Potidée en Macédoine. En 6f>7.

Cypsélus, chef populaire , abattit cette aristocratie exclusive , et s'empara du pouvoir suprême. Sa conduite fut sage et modérée, et il transmit son autorité a son fils Périandre. un des sept sages de la Grèce, qui régna 40 ans. Psamméticus , petit-fils de Périandre, ne régna que 3 ans. Après lui la monarchie fut abolie de nouveau, et remplacée par une république, que gouverna une oligarchie modérée, dont les rangs étaient ouverts aux hommes nouveaux. Le peuple nommait encore le sénat, les ma- • gistrats , les généraux. Corinthe s'enrichit par le commerce et devint célèbre par son amour du luxe et des plaisirs : mais elle n'eut pas d'école artistique proprement dite, bien qu'elle revendiquât la découverte de la peinture , et qu'elle eût produit Éuphranor et uallimaque. Elle ne connut pas non plus la gloire des armes ; elle prit a peine part aux guerres modiques. « Quand la Grèce, dit M. Beulé, se confiait en son droit, en sa valeur, en son désespoir, Corinthe envoyait ses courtisanes demander à Vénus la victoire et la liberté. Une preuve de sa mollesse, c'est le dédain qu'avaient pour elle ses colonies. Aucune ville n'en a fondé de plus florissantes, ni de plus ingrates. Corcyre se révoltait contre elle et battait ses flottes, Potidée se donnait aux Athéniens; les autres, Epidamnu. Syracuse, ne se souvenaient de leur lien de parenté que dans le danger. » Ce fut la guerre de Corcvre.en 434, qui devint l'or.

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casion de la g lierre du Péloponèse 431;. Corinthe fut toujours du paru de Sparte contre Athènes: cependant, en 395, elle se déclara contre Sparte avec les Grecs coalisés, ce qui amena la guerre de Corinthe 395-3S7. Plus tard, elle se soumit à Philippe et reçut une garnison macédonienne <33.V. En 224, Aratus la délivra et la rallia à la ligue achéenne. Pille devint le siège des assemblées de cette conlédératidn, mais, trop faible pour se défendre contre les Romains, dont ses richesses avaient allumé la cupidité, Corinthe fut prise et saccagée par Mummius ;146). Plus tard Jules César la fit relever, et elle redevint florissante pendant trois siècles. Elle fut ravagée en 261 après J.-C. par les IK-rules; en 395 par Alaric. et Stslicon, libérateur plus funeste que les barbares; au vin* siècle par les Slaves; en 1*205 par les Latins; en 1458 par les Turcs; en 1612 par les chevaliers de Malte; en 1682 par les Vénitiens; puis en 1715 par les Turcs, qui la gardèrent iusqu'en 1821. L indépendance de la Grèce ne lui a pas rendu son importance.

Antiquité*. — La seule ruine intéressante est le Temple, d'ordre dorique, situé à l'O. et un peu vers le S. de la ville moderne, et heureusement assez bien isolé de toutes parts. 7 colonnes sont encore debout, dont 5 regardent l'O. et 3 le S. (la colonne d'angle deux fois comptée). Une seule a perdu son chapiteau , 5 portent encore une architrave massive qui lor* mait un des angles de l'édifice. 11 ne reste plus trace de la cella. Les 5 colonnes de l'O. appartenaient sans doute à la farade postérieure du temple, t Les colonnes, ont à peine 4 diamètres de hauteur, aussi paraissent- elles courtes, écrasée-* , on est cependant frappé par le caractère ae force et de solidité imposante qu'elles présentent... Elles sont d'une pierre dure , extraite des montagnes voisines, et recouvertes de stuc. Deux blocs les composent : le pluscon-

Orirnt.

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