‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 108 sur 511 · CORINTHE · texte numérisé non relu

CORINTHE

sidérable est

la base et finit à plus de trois diamètres de hauteur. » L'emploi de ces fûts monolithes, leurs proportions massives et puissantes assignent évidemment à ce monument une date fort ancienne : il est antérieur au temple d'Egine, à celui de Thésée à Athènes; il se rapproche plutôt des temples les plus anciens de la Sicile. On ignore à quelle divinité il étaitconsacré, peut-être à la Fortune selon M. fieulé. Près de là, on voit les ruines d'un grand édifice en briques à demi enseveli sous les décombres. Sa forme et les chambres voûtées qui le partagent indiquent des battis romains.

Un peu plus au N., sur un niveau plus bas et près des ruines de l'ancien palais de Kiamyl-Bey, on visitera la source nommée les battis d* Vénus. Un escalier turc, qui subsiste encore , conduisait à la source, au pied de rochers qui surplombent. Dans ces rochers on observe ça et là des conduits souterrains, creusés de main d'homme, et qui s'enfoncent à une grande distance dans la direction de l'Acropole.

Tels sont, avec l'Amphithéâtre et les anciens bains , situés sur la route de Kalamaki (V. p. 178), les seules restes d'édifices antiaues qu'on trouve à Corinthe. Signalons encore quelque débris épars çà et là dans la plaine et quelques fragment sculptés encastrés dans une fontaine turque au-dessus du bazar.

L'Acro-Corinthe est ce beau rocher qui se dresse à 575 mèt. audessus de la ville au S. On y monte en 1 h. 30 par un chemin sinueux oui serpente dans le grand ravin du côté de l'O. L'enceinte, qui couvre le sommet du rocher, est formée de murailles helléniques surmontées de nouvelles constructions franques, vénitiennes et turques. En arrivant à la première porte, gardée par quelques invalides , on est frappé de ce chaos de fortifications, de masures, d'églises grecques, de mosquées turques et de citernes. Au de là des rui-

nés de la ville turque, on franchit une seconde enceinte, et l'on arrive sur le grand plateau de l'Acropole. Sur un . plateau plu»

petit, à l'angle S. E de l'enceinte, on voit encore la célèbre fontaine Pirhxe , si connue dans la fable.

C'est là que le héros ticllérophon saisit le cheval Pégase au moment ou il venait se désaltérer.

L'origine de la source elle-même est expliquée par une autre tradition : Jupiter avait enlevé Kgine, fille du fleuve Asopus ; Sisyphe, témoin du rapt, ne consentit' à révéler le nom du ravisseur que lorsque le fleuve lui eût t'ait venir de l'eau sur l'Acro»Corintho. « Pirêne, dit M. Beulé, n'a rien perdu du volume et de la fraîcheur de ses eaux. Elle tombe dans un bassin souterrain y qui communique sansdoute avec des conduits et des réservoirs antiques, » Selon Strabon, Pirène communiquait par des ruines soute rrainesavec unesource située au bas de la montagne vers Ja ville.— La présence d'une source à cette hauteursVxplique difficilement par un effet de siphon. La " Commission de Morée lui attribue une origine volcanique. M. Burnouf croit qu'elle reçoit simplement les eaux du mamelon supérieur de l'Aero-Corinthe.

Au sommet de la montagne, on remarque les fondations du temple de Vénus; il était très-petit, conformément a la description de Strabon.

Ce qui attitc surtout aujourd'hui le voyageur sur l Acro-Corinthe, c'est le magnifiquepanorama qu'on y découvre. Au N. c'est le golfe de Corinthe, et, derrière la presqu'île formée par les monts Œniens, la mer des Alcyons. Au delà, c'est la grande chaîne de la Grèce continentale, le Cithferon, l'Hrlicon, le Parnasse, jusqu'aux montagnes de l'Ktolie, extrémité méridionale du Pinde; à l'O. et au S la plaine de Sicyone, le défilé de Némée, le mont Cyllène. le Ménale, l'Érymanthe;' au S. la plaine de Cléones et les montagnes de l'Argolide; a YE,

Koutb 27,

le golfe Saronique, semé d'iles, Kgine, la presqu'île de Méthana, l'Attique, le cap Sunium , l'Hymette. le Pentélique, Salamine et au N. E. les monts Géraniens.

Léchée. — C'était le port de Corinthe sur le golfe de ce nom. Il en reste encore la trace sur le rivage è 2 ou 3 kiî. au-dessous de la ville. La plage unie et ensablée n'a jamais pu former un port important.

Cenchrée. — C'était le port de Corinthe sur le golfe d'Egine, à 11 kil. à TE. de Corinthe. 11 répond au hameau de Kekhrùps, où l'on trouve les restes d'un quai, les uns sur le rivage, les autres sous les eaux, quelques tronçons de colonnes . la tour du fanal , formée de débris antiques , etc. < La baie de Cenchrée est beaucoup mieux protégée que celle de Kalamaki , dit M. Burnouf; les bains et la wurce chaude d'Hélène sont à droite, le long du rivage, à iO m.

de <.'enchrée ; cette source semble d'origine volcanique, elle est dans la ligne de Loutraki à Méthana et Santorin. »

De Corinthe à Sicyone. V. R. 49.— A Clconrs, Nemée, Myccnes, Tirynlbc et.

Nauplie. F. R. 28. — A Megare» et Athènes. V. R. HZ et 26.

DE C0R1NTIIE A NAUPLIE

P1R CLÉOKKS, NFMKB. MVtKMES ET T1RTNTHB.

(9 h. 30 «la route» mai* il faut beancemp «le iempi pour voir Myccim* cl Tuyïtlbe, »U"»i couchc-t on à kUart-li.)

On sort de Corinthe du côté de l'O., et, laissant à droite (5 m.) la route de Sicyone et de Pat ras (V.

R. 4*'). on suit la base de l'Acro- Corinthe, et l'on traverse (îfi m.) un torrent près d'un bois d'oliviers. La route franohit (JO m.) une colline, et remonte le cours du Lengo-Potamo au fond d'un ravin resserré entre le mont

ORKCL.

[Roui* 28.] CLEONES

Phooka à droite, et l'Àcro-Co- | rintbe et le mont Skona à gauche.

Oo débouche \ h. 30 m.) dans une petite plaine; à gauche se troureot quelques hameaux et un mauvais seritierqui mène en 8h. à l'Acro-Corinthe. On passe (15 m.) un pont jeté sur un torrent, et la route se bifurque. Le chemin de gauche conduit au (25 m ) Khani de Kourtésa, puis aux (25 m.) carrières de Cléones et au (45 in.) Xhani du Dervénaki, où le vovageur enverra d'avance son bagage. 11 prendra lui-même à droite pour visiter Cléones et Némée.

C'e*t à 15 m., au sommet d'une etite colline buissonneuse , que 'on trouve les ruines de Cleones. Cette ville devait son importance aux jeux néméens qui se célébraient sur son territoire; elle lut toujours l'alliée des Argiens, elle les aida à détruire M ycènes et combattit avec eux à Mantinée. On distingue encore , au milieu des broussailles, plusieurs murs cyclopéena qui s'élèvent en terrasse les uns au-dessus des autres.

On chemine ensuite sur des hauteur* couvertes de bruyères, et, tout à coup (45 m.), on voit à ses pieds la petite plaine pierreuse de Némée Cette vallée, encaissée de toutes parts, et dominée au N.- E. par le sommet tronqué du mont Phouka(Apésas), mesure environ 4 k. de longueur sur2 de large. Elle est parcourueda N. au S. par la petite rivière de Koutzomati (Nemea), qui vase jeter dans legolie de Corînthe. Elle a été le théâtre delà victoire d'Hercule sur le lion de Némée ; tous les deux ans on y célébrait les jeux en mémoire de cet exploit. Némée n'était point uoe vifle, mais un bois sacré ou biéron. renfermant un stade, un théâtre et un temple consacré à Jupiter Néméen.

On voit quelques traces du stade, des fondations helléniques, •t quelques débris de colonnes près d'uoe fontaine entourée de verdure que J'on rencontre (15 m.)

— NEMEE. 183

à droite en descendant. Plus bas on atteint (15 m.) les ruines du temple. Trois colonnes doriques, hautes d'environ 10 mèt., sont encore debout. Deux d'entre elles, appartenant au pronaos, sont surmontées de l'architrave et de la frise dans laquelle on distingue encore un triglyphe. « Elles sont aussi légères que des colonnes ioniquest dit Leakc, et diffèrent tellement des anciens modèles doriques qu'il faut assigner à la construction du temple une date postérieure aux guerres médiques. » Une petite église en ruines confient aussi quelques fragments d'ordre dorique.

Une route à l'O. conduit au (l h.) village de Ll agios Georgios, près duquel se trouvent les ruines de Pnlius, et su (4 b.) lac Stymphale {V. R. 47.)

Pour rejoindre la route de Co* rinthe à Nauplie, on pénètre dans la petite gorge au S. du temple, pour remonter le cours de la rivière jusqu'à (30 m.) sa source, et on contourne une montagne dontle ûanc renferme de nombreuses cavernes où l'imagination des guides ne manquera pas de reconnaître le repaire du lion de Némée. Descendant ensuite par une pente assez rapide couverte de lentisques et de chênes verts, on arrive (30 m.) au

Khani du Dervénaki, bâti dans un site gracieux, au bord d'un ruisseau, et entouré de mûriers, de peupliers et de cyprès. Ordinairement on fait halte dans le jardin sous un figuier colossal.

Suivant les bords du ruisseau, ui se cache sous d'épais massifs e lauriers-roses, on pénètre dans un défilé, resserré entre deux murailles de rochers, oui ne laissent en plusieurs endroits qu'un passage de 3 ou 4 mèt. de large.

Cette route, rocailleuse et à peine praticable aujourd'hui, était trèstréquentée par les chars du temps de Pausanias. Elle s'appelait Tretum (Tprjiç, troué) à cause des nombreuses grottes que présente la

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