‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 109 sur 511 · G K IX K · texte numérisé non relu

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[Route 28.»

montagne. En 1822 elle fut le théâtre de la défaite sanglante oue Nikitias fit éprouver à l'armée turque. A son extrémité 6'ouvre (45 m.) une petite plaine, dominée à TE. par le» escarpements arides du mont Martis qui s'élève audessus de Mycènes. Cette plaine traversée , on franchit un petit défilé et l'on débouche (25 m.) sur la grande plaine d'Argos qui s'étend jusqu'à la mer. Au S. se montrent la citadelle d'Argos qui «'avance comme un promontoire dans la plaine, et plus loin l'immense rocher Palamède que couronne la forteresse de Nauplie. Il faut ici quitter la route et couper k travers champs dans la direction de l'E. Gravissant ensuite une pente abrupte et rocailleuse, on atteint (15 m.) les ruines de

Mycènes . — Histoire. — Cette ville fut tondée par Persée vers 1468.

Elle joua un grand rôle dans les Ages "héroïques comme résidence d'Againeranon et capitale de ses domaines. Elle perdit son importance après le retour des Héraclides et l'établissement des Doriens k Arcos qui devint alors la ville la plus puissante de la plaine. Les Argiens s'emparèrent de Mycènes vers 468 et en chassèrent les habitants. Depuis cette époque elle est toujours restée déserte. Mycènes est célèbre par les crimes dont elle a été le théâtre et qui ont inspiré tant de poètes tragiques. Il suffit de rappeler le massacre des enfants de Thyeste,, l'assassinat d'Agamemnon par Egistbe et Clytemnestre, la vengeance d'Oreste, etc., etc.

Description. — Mycènes, par l'antiquité de ses remparts, ses sculptures et ses monuments funéraire* , mérite d'arrêter longtemps l'attention du voyageur. Placée comme un nid d'aigle au milieu de sombres montagnes, elle offre, après 3000 ans d'existence, le type le plus curieux et le mieux conservé d'une place forte aux temps héroïques.

Sa position , au point de vue

militaire, était très - importante.

Elle commandait la plaine d'Argos, et les routes de Phlius, Néméc etCléones, qui passaient sou* ses murs. La ville s'étageait sur le versant S.-O. d'un mamelon escarpé qui se détache du mont Martis. Ce mamelon est dominé au N. et k TE. par deux immenses parois de rockers. Au S. il est complètement à pic au-dessus d'un ravin profond où coule un torrent. L'antique acropole, cjui le couronne, a la forme d'un triangle, dont la base serait au S.-O., et le sommet k l'E. Le rempart existe en entier, excepté sur une petite étendue au S., où sans doute il n'y en a jamais eu, car la hauteur des rochers en cet endroit était une défense suffisante. Les murailles, hautes de 4 k 6 mèt., sont cyclopéennes et pélasgiques. On admirera surtout à Mycènes ce second genre de construction. Les polygones sont parfaitement rapportés sans le secours de petites pierres, et soigneusement taillés de manière h offrir une surface unie. On remarque, près de la porte des Lions, un troisième genre de construction. Les blocs, presque quadrangulaires, sont rangés par assises horizontales, mais leurs joints ne sont pas encore verticaux comme?

dans l'appareil hellénique (F. p.

31), et présentent des lignes plus ou moins obliques.

Porte des Lions. Cette célèbre porte est située k l'angle N.-O- d«»

l'acropole. On y arrive par une avenue d'environ 15 met. de long sur 9 mèt. de large, comprise entre deux gros murs. Cette disposition forçait l'ennemi k présenter le côté droit, qui n'était pas protégé par le bouclier. La porte, fort évasée par le bas, est formée de trois grosses pierres ; celle du linteau a 4 met. 50 de longueur.

Au -dessus de ce linteau, on a enchâssé un bloc triangulaire dont la base est longue de 3 mèt. et le sommet haut de 2 mèt. 90. Sur ce bloc sont sculptés deux lions qui

MYCÈNJ&.

rampent face à face , les pattes I semble construit d'hier et qui a

de devant appuyées sur la base d'une colonne qui les sépare. Les têtes des deux lions et une partie du chapiteau de la colonne n'existent plus. Cette espèce d'écusson était le symbole d'Apo'lon Agyieus, le gardien des portes.

C'est un curieux spécimen de l'art aux temps héroïques. Les lions sont remarquables par la solidité et la largeur de leur exécution, qui n'exclut pas une certaine élégance. On y retrouve à peine cette roideur qui caractérise la sculpture primitive. La pierre de ce bas-relief est un calcaire gris fort dur que l'on trouve en Messénie.

Le temps et l'humidité lui ont donné une teinte verdàtre.

Près de la porte des Lions, on distingue encore des vestiges du mur qui entourait la ville basse.

Dans la même direction, età droite du chemin qui mène au v. de Kharvati, on remaraue le tombeau d'Agamemnon ou plutôt le

Trésor des Atrides. Cette construction souterraine, parfaitement conservée, est un des restes les plus curieux de l'architecture primitive de la Grèce. On y arrive par une avenue en ruines. La porte, formée de trois gros blocs, est surtout remarquable par son linteau, monolithe de 8 m. 15 de longueur, 6 m. 50 de profondeur et 3 m. 22 de hauteur; on a calculé qu'il devait peser 108,864 kilog.

Au-dessus de ce linteau colossal on remarque un vide triangulaire, qui servait d'évent, s'il n'était rempli par un bas-relief comme celui de la porte des Lions. De chaque côté de la porte se trouvaient deux colonnes dont les bases et les chapiteaux ressemblent à ce qui fut plus tard l'ordre toscan. Les fûts ornés de dessins en zigzag ont quelques rapports avec les monuments de Persépolia.

On pénètre dans une grande salle circulaire, dont la voûte présente «ne forme parabolique. Elle a en- Tiron 12 m. de haut sur 15 m.

àe diamètre. Ce monument, qui

pourtant traversé tant de siècles , frappe vivement par son caractère de force et de grandeur. Le mode de construction de la voûte est surtout remarquable. Des assises annulaires horizontales ont été posées les unes sur les autres en encorbellement de manière à observer la courbe que l'on voulait obtenir; les arêtes inférieures ont ensuite été abattues au ciseau.

Comme ces espèces de voussoirs n'étaient pas taillés en coins, il restait entre eux des intervalles triangulaires. Ces intervalles ont été remplis de petites pierres introduites par force, ce qui donne à chaque rang d'assise horizontale la solidité que l'on obtient ordinairement par un joint concentrique dans toute sa longueur. Le sommet de la voûte s'ouvre à la partie supérieure de la colline dans laquelle le monument est creusé. La muraille se découvre à fleur de terre, et c'est en cet endroit qu'on peut le mieux se rendre compte des détails de sa construction. La pierre du sommet, qui a été enlevée, n'était pas une clef de voûte, mais seulement un couvercle, un bouchon, s'ilest permisde s'exprimer ainsi. Les traces de clous en cuivre que l'on remarque à l'intérieur, semblent indiquer que les murs étaient recouvertsde plaques de métal, comme l'était à Argos la salle d'Airain décrite par Pausanias. A droite de la grande salie on en trouve une seconde de forme carrée, et simplement taillée dans le roc, qui parait avoir servi de sépulcre. La grande salle renfermait probablement les armes, les bijoux et les ornements précieux que les Grecs avaient l'habitude de déposer dans leurs monuments funéraires, et qui sans doute ont valu à ceux-ci le nom de Trésors.

On voit encore près de là trois tombeaux construits comme celui d'Agamemnon. mais ils sont beaucoup plus petits et complètement en ruines. Sur le côté N. de l'Acropole, on remarque aussi une

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