‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 122 sur 511 · DE SPARTE A KALAMATA · texte numérisé non relu

DE SPARTE A KALAMATA

PAn MIVTRA ET LA TAYGETE.

(De 11 h. à 13 b. on couche à Trypi.)

Cette route, si remarquable par ses beautés pittoresques % est souvent difficile : par le mauvais temps elle est in.

[Rouie 38.^ MISTRA.

praticable. Lei chevaux traversent avec peine le Taygcte ; on est obligé de prendre des mulets. Un mulet et son fruide, de Sparte à Kalamata. se payent 7 fr. tout compris. En couchant à Trypi (3 h. de Sparte) on pourra franchir la montagne sans trop de fatigue en un seul jour. On doit emporter avec soi des pro-

On sort de Sparte du côté 0., et, franchissant la Magoula, on traverse des champs de maïs et de belles plantations de mûriers , d'oliviers et d'orangers pour atteindre [40 m.] le v. de Parori.

Ce village, de fondation récente, s'est formé après la destruction de Mistra ; il occupe une position gracieuse au pied du Taygète et renferme quelques jolies maisons.

Dans la direction du S. jaillit une belle fontaine ù plusieurs bouches, construite de fragments antiques. Elle est située près d'une gorge étroite et pittoresaue. La montagne semble avoir été* fendue daos toute aa hauteur par un tremblement de terre, et les rochers, en s 'écartant, ont formé un ravin sauvage au fond duquel coule un torrent. C'est ce qu'on appelle, en grec moderne, une langada. Il y en a trois aux environs de Sparte.

A l'entrée de la langada de Parori *e trouve un grand rocher perpendiculaire que l'on indique comme le rocher des Apothctes, d'où les Spartiates précipitaient les enfants contrefaits. C'est dans la même gorge qu'il faut sans doute placer le Céadas ou précipice dans lequel on lançait les prisonniers de guerre. On se rappelle à ce sujet l'aventure d'Ansvjmènc , roi de Messénie. Arrivé «ain et sauf au fond de l'abîme, il aperçut un renard qui dévorait les cadavres, et, suivant les treces de l'animal, il put trouver une issue er regagner son pays.

En se dirigeant au N. de Parori on remarque (15 m.) à gauche l'imposante langada de Mistra et Jt fontaine de Pandéleimona ^or-

née d'une sculpture antique assez grossière qui représente trois nymphes dansant avec des guirlandes. Après avoir franchi un torrent, on arrive au pied de la colline de :

Mistra. — Cette ville fut fondée, en 1207, par Guillaume de Villehardouin, après la destruction de Lacédéraonia, la Sparte byzantine.

Grâce à sa position, elle devint une place importante et fut souvent appelée Sparte ; aussi cruton pendant longtemps qu'elle occupait l'emplacement de la ville antique. Elle a été presqu'entièrement détruite par les Turcs pendant la guerre de l'Indépendance ; sa population est allée grossir celle de la nouvelle Sparte.

Mistra est située sur une colline conique très-élevée et fort abrupte qui se détache du Taygète. Les maisons s'étagent les unes sur les autres jusqu au sommet do la colline, qui est couronnée par la citadelle. Rien ne peut rendre l'aspect de cette ville de 25,000 habitants, maintenant déserte et abandonnée; de quelque côté qu'on se tourne, on ne voit que des ruines de maisons, de palais et de mosquées, au milieu desquelles surgissentencore quelques églises chancelantes et les murailles ébranlées d'un vieux château franc. On remarque , à une certaine hauteur dans la ville, les ruines du monastère de Zéodokou-Pigi (Zw9&*s;f nA'/ï), qui renferme plusieurs tombeaux francs.

Non loin de là se trouve l'église de Pantanasie, la seule qui soit encore assez bien conservée ; son plan est celui d'une basilique latine. Au-dessus du portique règne une colonnade ouverte, à l'extrémité de laquelle s'élève une tour byzantine. Dans l'intérieur de l'église, on signale quelques chapiteaux corinthiens d'un travail grossier. En continuant à gravir les rues escarpées et tortueuses de Mistra, on parvient à un château franc, avec tours et créneaux , que les Grecs indiquent comme

la résidence des Villebardouin.

Il faut encore 30 m. pour monter de ce palais à la citadelle Franque, située sur le sommet de la colline. Les fortifications de cette citadelle se composaient de plusieurs lignes de murailles flanquées de tours. Du haut d'une de ces tours, on jouit d'une vue ma-

§nifique. Au S. s'étend la veroyante plaine de Sparte, resserrée entre les flancs abrupts du Taygète et les escarpements rouges du mont Ménélaïus. « On suit de l'œil les nombreux détours de l'Eurotas jusqu'au moment où il se perd au milieu des collines qui ferment de ce côté la Laconie et la séparent de la mer. Vers le N., une multitude de collines servent de limites à 1 Arcadie. La vallée de Sparte, ainsi défendue de tous cétés par des remparts naturels, ressemble à un camp retranché ». » Derrière le château s'élèvent les plus hautes cimes du Taygète, les monts Saint-Elie et Paximadi.

Les rochers de Mistra nourrissent un grand nombre de pigeons sauvages; il n'en faut pas davantage pour engager l.eake a placer en cet endroit l'antique Messe, à laquelle Homère donne l'épithète de r\o\*?ptpw (abondante en pigeons).

Au bas de la colline de Mistra, on remarque des carrières de grés pour les meules. Ce sont les seules qui existent en Laconie.

M. Mézieres croit que l'on pourrait chercher ici lo bourg aAlesicé% où Mylès inventa la meule.

Les débris d'une enceinte polygonale que l'on voit encore marqueraient peut-être l'emplacement du tombeau de Lacédémon, qui se trouvait, selon Pausanias, dans lo bourg d'Alesicé.

£n quittant Mistra, on gravit les contre-forts du Taygète au milieu d'une riche végétation, et l'on atteint (1 h.) le v. de Trypi, caché

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sous la verdure et entouré de hauts cyprès. De tous les côtés.

des sources abondantes entretiennent une fraîcheur délicieuse.

Au-delà de Trypi , on suit quelques instants un canal où l'eau courtavec rapidité, puis un chemin bordé d'aubépines. Tournant ensuite à gauche, on pénètre dans la vaste langada de Trypi, au fond do laquelle coule la Magoula (Tiase).

Le paysage change alors d'aspect, et 1 on a devant soi une gorge sauvage, resserrée entre d'immenses escarpements de rochers nus et déchirés. Arrivée à un point culminant (15 m.), la route descend jusqu'au torrent sur d'immenses assises de marbre glissantes. On est obligé, en cet endroit, non-seulement de mettre pied à terre, main encore de tenir les chevaux par la bride et par la queue pour les empêcher de rouler dons l'abîme.

On remonte ensuite 'HO m.) par un chemin abrupt, qui grdvit le côté droit du ravin, et l'on arrive (1 h.") dans la partie la plus grandiose et la plus sauvage de la langada. Le chemin, taillé en corniche dans une muraille de rocher oui surplombe le ravin, monte et descend sur des plaques, des blocs et des couches de marbre poli et glissant.

De temps en temps s'ouvrent sur la langada, des gorges* latérales où l'œil s'égare au milieu des rochers qui s'étagentles uns sur les autres, et des hauts sommets qui se dressent dans l'azur du ciel.

La route suit (1 h.) le lit du torrent, qui se remplit d'eau à mesure que l'on se rapproche de sa source.

Des platanes, aux proportions colossales, commencent h se presser le long de ses bord*. Enfin , on gravit (1 h. ), par une montée abrupte et pierreuse, un mamelon

angada.

chiv. des anssiws, t. III.

eieve, qui termine la Arrivé (1 h.) au sommet, on découvre la plaine fertile de la Messénie, cacnée en partie par une arête de montagnes. A droite et à gauche, la vue s'étend sur les cimes élevées du Taygète, cou-

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vertes de sombres forêts de sapins. En se retournant du côté de l'E.. on voit à ses pieds la profonde cavité qui forme la vallée de Sparte et sépare le Parnon du Tayg'jte.

11 faut descendre ensuite le revers O. du Taygète par une route abrupte et pénible. On rencontre io m.) une jolie source entourée de gazon et bien ombragée, et on arrive (1 h.) au v. de Lada-Koutsava, utué à l'embranchement de plusieurs ravins, sur une pente si rapide qu'il faut descendre decheval.

Ce v. est entouré d'une végétation luiuriante , grâce aux nombreuses sources qui transforment ses rues eu his de torrent*.

Traversant un ravin très- profood, mais cultivé et planté d oliviers, on gagne (30 m.) le v. de Koutsava^Karvelt, situé sur la hauteur opposée, et l'on parcourt ensuite une région montagneuse #ans caractère jusqu'à (3 h.) :

K.ilamata. Le Khani, placé près da b&r&r. < st détestable. L'agent consulaire français, un des riches négociants delà ïiîte, onre aux étrangers une aimable hospumlitm. Le frère de l'agent est mede- OA «C parle bim le français.

Histoire. — La ville de Kalamata occupe l'emplacement de l'antique Phrrz, qui fut la principale ville maritime de la Messéme du S., mais ne joua aucun rôle saillant dans l histoire. Il en est souvent fait mention dan» Homère. C'est à Phéra? que Téltmaque s'arrêta en se rendant de Pylos à Sparte. — Après les Croisades, Kalamata devint la résidence de plusieurs princes Francs, et vit naître Guillaume de Villehardouin II. En 1G85, les Vénitiens s'en emparèrent et l'agrandirent. Elle prit part à l'insurrection de 1770, et à la guerre de l'Indépendance, en 1821.

Mais elle tomba au pouvoir d'ibrahim-Pacha , qui lui fit subir toutes les horreurs de la guerre. De nos jours , elle est la ville Ja plus importante de la Messénic.

Dacription. —Kalamata occupe

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