TOUR DE LA M ORÉE PAR MER
Cette route es» parcourue, lou» \cs 15 jour», p,ir les paqueboL—posIe grec* (V. p. 71 pour
jour» de dVpart) ; h prii de U tournrf rom— plète t*l de 108, 72 et 56 drachme» en |r*, 2« et 3* cI«m«.
Pour la sortie du Pirée et la traversée du golfe Saronique, V.
R. 70.— On laisse sur la droite l'Ile d'Égine {V. R. 29), la presqu'île volcanique de Méthana, dont le sommet (mont Khélana) s'élève à 741 met. au-dessus du niveau de la mer, puis on pénètre par un canal étroit dans la rade de Poros, vaste bassin de 5 à 6 kil. de lenguenr sur 1000 à) 200 mèt. de large et bien abrité par les montagnes de l'Argolide et les hauteurs de l'île de Poros.
La ville de Poros (1 h. de traversée , 1 h. de relâche) s'étage sur une petite péninsule volcanique, rattachée à l'île principale par un isthme très-bas et trèsétroit et qui formait sans doute autrefois une île distincte nommée Sphceria. Sa population est de 7 000 hab., d'origine albanaise. On y a établi l'arsenal de la marine militaire du royaume de Grèce.
Poros a été le siège des conférences tenues, en 1828, entre les plénipotentiaires anglais, frunçais et russes. En 1831, les chefs du parti constitutionnel, alarmés des tendances de Capo d'Istria, s'étaient réfugiés à Poros. Miaoulis
GRÈCE. [Roc te 50.]
sempara de la frégate grecque Hellas et la livra aux i'.ammes plutôt que de la rendre à l'amiral russe Ricord.
On visitera dans l'île de Poros ou Galaurie le monastère de Poros situé dans un ravin pittoresque, et surtout les ruines du célèbre temple de Neptune, quel'on trouve au centre de l'île sur un plateau élevé appelé Palati (45 m.). On y remarque les substructions d'untîdiiice carré, quelques fragments de marbre, un chapiteau dorique en trachite et quelques débris de maisons particulières, de poteries, etc. C'est dans le temple de Calaurie que l'illustre Démosthène se donna la mort par le poison pour échapper aux soldats d'Antipater.
Excursion aux ruines de Tuvzcne.
— Ces ruines sont situées sur le continent à 1 h. 30 de Poros. pr^s du v. de Damala, où se tint, en 1827, l'assemblée nationale grecque, oui conféra la présidence à Capo a'Istria.
Trœzène {TpotÇfy) était une des cités les plus anciennes de la Grèce. Parmi ses premiers rois, on remarque Pitheus, qui fut le grand -père maternel du héros Thésée ; aussi y eut-il une étroite union entre Athènes et Trœzène.
où dominait la race ionienne. Ce fut à Trœzène que se passa l'histoire tragique de Phèdre et d'Hippolyte. Au temps de la guerre de Troie , Trœzène était soumise à Argos. Cependant elle conserva une certaine importance et fonda les colonies d'Halicarnasse et de Myndus en Carie. Trœzène prit une part active aux guerres médiques, donna asile aux Athéniens obligés de se retirer devant Xerxès, et demeura leur alliée fidèle.
Toutefois, dans la guerre du Péloponèse, on la vit prendre parti pour Sparte. Elle subit ensuite le joug macédonien dont elle fut affranchie à différentes reprises par Dëmétrius-Poliorcète i303), par le Spartiate Cléonyme (-2*78), et enfla
f>ar Aratus, qui la rattacha à la igue achéenne. Cléornène s'en
t Routs 501 TRŒZÈNE
empara en 223 ; ensuite elle , n'est plus mentionnée dans l'his- | toire.
Quelques églises ruinées mar- !
quent probablement remplace- | ment des anciens temples. On ; croit avoir retrouvé les traces de celui d'Aphrodite-Calascopia, d'où Phèdre allait admirer Hippolyte dans ses exercice*, près d'une cavité qu'à sa forme on reconnaît pour le stade. On voit encore, au pied et aur la pente de la colline escarpée qui portait l'acropole, les restes d'une enceinte , où la brique romaine se mêle à l'ancienne construction hellénique. Du sommet de la colline, la vue s'étend au loin sur le golte Saronique et sur l'Attique. Le ruisseau qui baigne les ruines de Trœzène est l'ancien | Taurius ou Hyllicus. dont le bras principal traversait la ville ellemême et ne tarissait jamais.
On son de la rade de Poros par la paase étroite de l'E. dont l'entrée est défendue par un îlot fortifié, et, longeant la côte riante de i'Argolide. couverte d'orangers et de citronniers, on double bientôt le cap Shjli (ancien promontoire Svcyllée), puis on aborde dans l'Ile et dans le port de
Hydra (1 h. 30 de navigation, 1 h.
de relâche). Cette lie, arête de rochers de 18 kil. de long sur 4 à 5 de large, est à peine mentionnée deux ou trois fois dans les auteurs ancien*, et ne commence à avoir d'histoire qu'à la fin du xvm* siècle. A cette époque, quelques pêcheurs et paysans, fuyant la tyrannie des Turcs, s'établissent sur ce rocher et reçoivent bientôt les débris des insurgés de 1770, après la tentative infructueuse des Russes sur la Morée. Les Hydriotes, jouissant d'une indépendance presque complète, se signalent bientôt parmi les plus hardis marins de l'Archipel, et, profitantde la guerre de l'Angleterre et de la France, s'emparent du commerce du Levant, de la mer Noire, et étendent leurs relationsjusqu'en Angleterre et dans la Baltique. Au moment de