HYDRA
l'insurrection de 1821, Hydra était l'Ile la plus riche de l'Archipel ; sa population était estimée à 40 000 nabitants, et sa marine comptait 150 navires. Les Hydriotes embrassèrent avec ardeur la cause de l'Indépendance et équipèrent à leurs frais cette flottille qui allait tenir en échec et bientôt attaquer et brûler lea gros vaisseaux de la Turquie. Les deux frères Condouriotis donnèrent à eux seuls 1 ftOO 000 francs, d'autres familles .r,00 000, 400 000, etc., de contribution volontaire; Hydra fournit à la flotte ses chefs les plus intrépides, Jacob Tombazis, Tzamados et André Miaoulis, qui, avec l'Ipsariote Canaris, firent une heureuse diversion aux succès d'Ibrahim en poussant leurs brûlots contre la flotte égyptienne dans la rade de Modon et jusque dans le port d'Alexandrie. Après l'intervention des flottes alliées et l'expédition française, Hydra se retire de la lutte, mais elle résiste aux tendances russes de Capo d'Istria et brûle sa flotte plutôt que de la rendre à l'amiral russe (1831). Les intrépides Hydriotes, ruinés par la guerre de 1 Indépendance, n'ont pas reçu sous le régime actuel le dédommagement de leurs sacrifices : la population de l'île est réduite à 20 000 hab., et sa prospérité commerciale, ébranlée par la rivalité de Syra, a peu de chances de se rétablir.
La ville d'Hydra, dont les blanches maisons s'élèvent en amphithéâtre sur un roc escarpé, présente de loin un aspect pittoresque et riant. Les rues inégales et roides sont d'une grande propreté. Le quai est couvert de magasins et de boutiques, restes de la grandeur commerciale d'Hydra.
Les maisons sont bâties à l'européenne. Le port d'Hydra est trèspetit et n'est nullement protégé du côté de N.-O., si ce n est par la présence des hautes montagnes de l'Argolide. L'Ile présente à l'E.
et à l'O. deux autres petites criques, Port Panagia et Port Molo,
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qui abritaient 'les vaisseaux ld* guerre pendant l'hiver.
En quittant Hydra, le navire se dirige vers le S.-O., laissant à droite le golfe de Kastri, où s'élevait l'antique Hermione, et l'ile Doko. Passant ensuite entre l'Ilot de Tnkéria, à gauche, et le cap Mvkonas à droite , on mouille bientôt (2 h.) devant
Spetzia (en grec moderne inir- Ç«ç, anciennement Typarenus) (2 h.
de traversée, 1 h. de relâche).
L'histoire de cette lie est la même que celle d'Hydra. Inconnue comme elle avant la guerre de l'Indépendance , elle a montré le même dévouement, le même héroïsme daiu la lutte. L'île est un peu plus fertile qu'Hydra. La ville s'élève sur la côte E. et compte environ 4 000 hab.; les maisons sont aussi propres et aussi soignées que celles d'Hydra ; les rues sont moins escarpées. Le port est bon et sûr.
Au delà de Spetzia, le navire se dirige au N.-O.et entre dans le golfe d'Argos. On remarque successivement à droite : 1 entrée du port Kelli, qui répond probablement à l'ancien port Mascs, la baie et les salines de Vervéronda, les cap« Koraka et Paleeo-Tsini, la baie et le petit port Kiladia, le mont Avgo et la baie de Vourlia, les ilets H vpsili (Kphyra), Platia (Pitvousa), le port Kaidari et le port Toïon, l'îlot Daskalia (Haliousa) et le promontoire élevé formé par les monts Khukali et Palamède. Doublant une dernière pointe, on mouille entre le fort Bourzi et la ville de Nauplie (T. R. 28) 4 h. de traversée, 5 h. 30 de relâche).
Au sortir du port de Nauplie, on jettera un regard sur la plaine verdoyante d'Argos, sur la côte basse et marécageuse de Lerne (V. H. 31), puissurles pentesescarpéesdu montZavitsa, et l'on découvrira bientôt le petit promontoire et le v. d'Astros, où se réunit, en 1823, la seconde assemblée des représentants de la nation, sous la présidence de Mavromichélis.
CE. [Route ;*0.J
Au delà d'Astros, on longe une côte montagneuse, découpée de petites criques et hérissée de petits promontoires où se montrent à peine quelques villages. Après le cap Sabbatiki s'ouvre la baie de Léonidi; du cap Tourkovigla aux caps Hiéraka et Liménaria, on longe une côte à pic et entièrement déserte. On rencontre alors la baie et la ville de Monemvasie (V. R. 37). Le navire ne tarde paa à doubler le cap Malée (V. p 69 et 70), et, rangeant à droite la baie de Vatika et l'ile Elaphonisi ou de Cervi (ancienne presqu'île Onugnathus), pénètre dans le golfe de Laconie qu'il traverse dans la direction du N.-O.; on remarque seulement à droite la presqu île rocheuse de Xyli, puis le mont Kourkoula tV . R. 37) et la côte basse et marécageuse qui marque l'embouchure de l'Eurotas.
On mouille à Marathonisi ou Gythium (F. R. 30; (14 h. de traversée, 9 h. de relâche).
Reprenant sa route vers le S., le navire côtoie le long promontoire du Magne, formé par la chaîne du Taygète. LesbaiesdeSkoutari.de Kolok yntha, et les trois petits ports Quagho, Vatby et Kieternt >s, sont les seules particularités qu'on ait à noter avant d'atteindre l'extrémité du cap Matapan (cap Ténare, Tatvacov), où l'on voyait le temple de Neptune et une caverne dont la croyance populaire faisait une entrée des enfers.
Le eap Matapan dépassé , on laisse à droite le port Marinari,
f>uis le cap Grosso (Thyrides;, et on remonte la côte occidentale du Maçne découpée d'une quantité de petits ports \ V . R. 31};, trop peu importants pour être énuméres. Au delà du promontoire de Képhali, le navire jette l'ancre devant l'embouchure du Nédon et la ville de Kalamata (V. R. 3«: $ h. de navigation de Gythium, 2 h. de relâche).
Laissant ensuite à droite Corone (Pétalidi) et Coron (V. R. 39), on double le cap Oallo (Akritas) , ran-
K.ji te .-<».] TOUR DK
;eantà gauche l'ile Vénético The- •annsa!, puis les îles (Emisses Ca- > n-ra, l'ile Verte et Sapienza), dont Angleterre a réclamé la possession en 1850. Le navire, sans toucher au port de Modon \V . H. 38;, entre dans la mer Ionienne et remonte la côte escarpée jusqu'à Navarin ou Pylos (F.K.arc <7 h. 30 navigation depuis Kalumata, 3 h. 30 de relâche .
En sortant de Navarin, on longe la côte décrite R. 4*2. Au delà de île de Prodano, et du rivage fervùe de Philiatra, on pagne le large, laissant à droite le golfe profond -1 Arkadia,pourmouiller, après 7 h.
ie navigation, sous le cap rocheux - t dan«Tle petit port de Katakolo T. R. 44} (3 h. de relâche .
De Katakolo. on se dirige sur ï'ile de Zante (V . R. 52), que l'on atteint en 3 h . et demie, et où l'on relâche pendant 13 h.
De Zante, on regagne la cote de Morée , et. doublant le cap Glarentza, couronné d'un vieux châ teau vénitien, on aborde /2 h. 30) i C v lK'ne, l'ancien port d'Elis, qui, ^rràce à la station des bateaux h Tapeur, reprendra bientôt quelque importance. (1 h. de relâche.) Lie (Tyllène, on se dirige au N.-N.- E., longeant la côte basse de l'Eli- <ie jusqu'au cap Kalogria, et croisant l'entrée du golfe de Patras, on relâche à (3 h. 30 l'Ilot à'Hagio*.
Sotti. d'où l'on gagne en barque la ville de Missofonghi (V . R.
— A partir de ce point, l'itinéraire devient commun aux paquebotsposte grecs et aux navires du J Jojd autrichien, qui desservant ie golfe de Corinthe. On traverse en % b. le golfe de Patras, dont la rive N. est décrite R. 22, et la rive S., R. 44, ainsi que la ville de Patras h. de relâche pour les paquebots grecs, 10 h. de relâche
LA MOREE. ^39
pour les paquebots du Lloyd
Au delà de Patras, on se dirige vers le N. et l'on pénètre dans le golfe de Lépante par le détroit compris entre les promontoires de Rhium et d'Antirhium avec les vieux châteaux de Morée et de Roumélie 1'. p. 234 et p. 16N,. En 1 h. 30, on atteint Naupacte ou Lépante V. p. 167 1 h. de relâche .
On regagne ensuite la côte S.
T, R. 48), pour toucher (2 h.) à Vostitsa ou JBgium (V. p. 233) (1 h. de relâche). De Vostitsa, on rejoint la côte N. {V. R.22), et l'on mouille (3 h.) dans la baie et au petit port de Salona (V. p. 151) [l h. de relâche).
En quittant Salona, le navire reprend sa route vers le S.-E.. double le cap Hagios-Paskalos etlaisse a gauche la baie d'Aspra-Spitia {V.
p. M8), au fond de laquelle se dressent les sommets majestueux du Parnasse. Bientôt on reconnaît sur la côte N. la chaîne de l'Hélicon, et, au fond de la baie de Livadostro, les cimes du Cithaeron et du mont Géranien. La côte S. 'décrite R. 40) ne présente rien d'intéressant que le sommet blanchâtre du mont Avgo. On atteint(4 h.) le cap Hagios-Nikolaos, qui portait dans l'antiquité le temple de Junon-Acrtra, et au bout de 1 h. on débarque k
Loutraki(F. p. 170). On traverse {2 h.) l'isthme jusqu'à Kalamaki {V . p. 177). De Kalamaki au Pirée, la navigation dure environ 4 h. On laisse à droite la baie de Kékhriès (F. p. 180, la côte d'Argolide, la presqu'île de Méthana et l'Ile d'Eginc, a gauche les roches Scironidos ( F.p. 177), l'entrée O. du golfe d'Eleusis, et contournant l'île de Salamine (V. p. 76).
on entre au Piréc (F. p. 70 et suivantes).