‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 141 sur 511 · PAR LES PAQUEBOTS DU LLOYD AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

PAR LES PAQUEBOTS DU LLOYD AUTRICHIEN

NfttijHtinn de 46 i 50 b. par lei paqueboli directs d'Kttypte «l de ConsUnliiiople , et de \ jour- par la tote indirecte d'Aucune et de Brmdisi [ligne çreco-onenUlo).

Les paquebots qui font le trajet direct entre Tfieste et Corfou tiennent constamment le milieu de l'Adriatique, et ce n'est que par exception qu'on peut apercevoir les îles de la Dalmatie et les montagnes du Monténégro. La sortie de '1 rieste et l'arrivée à Corfou sont décrites ci-dessous avec l'itinéraire de la voie indirecte.

Apres avoirquitté Trieste, dominée par le Château et par le fort San Fifo, et sa rade autour de laquelle s'élève un amphithéâtre de gracieuses collines couvertes de blanches villas, on double la pointe de Saint-André, puis on se dirige vers le S.-O. , rangeant à gauche la petite rade et la pointe de Muja, la baie de Capo d Istria.

la petite ville d7*ofa, la pointe et

%4ï GRECE

la ville de Pirano. Il fait nuit ordinairement quand le navire double la pointe de Salvore et met le cap directement au S. Un navigue assez longtemps dans une direction presque parallèle a la côte d'Istne. et l'on gagne le large peu à peu. Le lendemain, les sommets des Apennins annoncent la côte d'Italie, et après 16 h. environ de navigation, on jette l'ancre dans le port pittoresque de

Ancône (hôtels : Albergo Realc , la Pace , la Grau Bretagna), bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline qui s'avance dans la mer entre les deux promontoires de Monte Ciriaco et de Monte Comero ou Guasco. Elle présente un beau coup d'oeil, vue de la mer , mais l'intérieur n'offre rien, d'agréable; ses rues sont étroites, irrégulières, et ses maisons peu considérables. Elle compte 35 000 h., dont 5 000 juifs.

On visitera à Ancône : le [><>rt, de forme circulaire et défendu par deux môles; l'arc de triomphe élevé en l'honneur de Trajan, sur la jetée du port; un autre arc moderne élevé par Vanvitelli en l'honneur du pape Clément XII; la citadelle; la cathédrale, dont la façade est du xme siècle; les églises de S. Agostino, S. Domenico, S. Francisco, S". Pelagia et S*. Maria délia Piazza, qui renferment quelques bons tableaux ; la Loggia dei Mcrcanti, avec une façade gothique et quelques fresques estimées; le Palazzo del Governo, qui contient une petite galerie de tableaux ; les palais Feretli et Nancifone. (ï\ V Itinéraire de l'Italie par M. Du Pays.)

En quittant Ancône, le navire se dirige au S.-E. et gagne assez rapidement le large. On distingue de fort loin la chaîne des Apennins. Le petit archipel de Tremiti précède le cap et le mont Gargano, qui se voit à une grande distance. Au delà du mont Gargnno, on laisse à droite le golie profond de Manlredonia, les villes de Bari et de Mola, et, après 30 h. de navi-

LES ILES. [Rocti .51 \

I gation, on entre dans une petite baie étroite et dans le port Je

Brindisi (7 000 habitants). L'antique Brundusium , où les Romains s'embarquaient pour la Grèce, et qui vit naître Pacuvîus et mourir Virgile, n'est plus aujourd'hui qu'une ville d un aspect misérable, sans aucune importance.

Au sortir de Brindisi, le navire s'éloigne de la côte d'Italie et s'engage dans le canal d'Otrante.

Les monts Acrocérauniens et le cap Linguetta annoncent la côte d'Albanie. C'est ' une suite de

Cics sauvages, sombres, qui semlent sillonnés et déchirés par la foudre, comme leur nom l'indique.

La côte d'Albanie conserve ce caractère sauvage et désolé, mais pittoresque; * pendant longtemps on n'aperçoit pas trace d'habi talions : enfin on voit quelque* misérables villages perchés de loin en loin sur des rochers escarpés, mais sans apparence de culture et de végétation. Rangeant à droite les îles Merlera , Kano et Samothraki, on se rapproche de Corfou, dont les côtes gracieuses, et couvertes d'une végétation luxuriante, forment un contraste délicieux avec les rochers abrupts de l'Albanie. Dans l'intérieur de l'île s'élève le sommet du mont Pantocrntor; on aperçoit su* la côte les ruines de la forteresse moyen-âge de Cassopo, bâtie sur l'emplacement de l'antique Cassiopé. Le navire entre bientôt dans le canal étroit qui sépare Corfou de la terre ferme. Ici tout prend un aspect riant et enchanteur. Sur la côte d'Albanie, à gauche, s'ouvre la plaine de Butrinto, l'antique Butrotum. ou Virgile plaçe l'entrevue d'Enée et d'Hélénus. Le canal s'élargit et iorme un golfe arrondi en amphithéâtre d une richesse et d'une variété infinies, au centre duque, se montrent la citadelle et la ville de Corfou. La petite lie de Vido, couronnée de bastions, sert de brise-laines devant le port. Der-

[ Rot TE SI.]

CORFOU

rif-re elb» . la ville r étage sur rin promontoire terminé à l'E.

par un grand rocher isolé dont le »ommet se divise en deux pie* élevt«s, ou l'on veut reconnaître les aerix Ph*a<~um arces de Virgile.

Ce rocher, qui porte la ptadelle, < *t entouré de forts et de batteries; à sa base se groupent une quantité de petites maisons et de baraques. Le navire jette l'ancre dans le port, entre la petite île de Vido et la ville.

CORFOU

Les formalités de débarquement ne wnt pas severes. La monnaie en usage est a monnaie anglaise, comme à Mai;e. (v.

p. 6 1 Les mon nues de cuivre, frappées -rpéoalenjent pour les îles Ioniennes, portent d'un côté le lion ailé de Saint-Marc, et de l'antre la figure de la Grande-Bretagne.

Hôtels. — The Cluh, ta Bella Venezia, J Car allô Bianeo. — M. Taylor. sur l'Esplanade, procure des logenir-nts garnis et de» guides ou courriers pour voyager sur ie continent grec.

Les chevaux de selle se louent une piastre (5 fr. 35 c. ) par jour. On peut les prendre au mois ou à la semaine à meilleur : mêmes conventions pour les voi-

Baleaax A vapeur — Llotjd autrichien.

Lieue d'Egypte : pour Alexandrie, le 12 et le 39 de chaque mois ; pour Trieste, rers le 8 et le ?i {dépendant de l'arrivée

de UmaTAc de l'Inde.:.

Ligne accélérée du Levant: pour Syra «?t Constuntinople, tous les lundis-; pour Tr.este, tous les mardis.

Ligne gréco-orientale : pour le Piree et Smyrne, tous les dimanches, touchant sue semaine à Ithaque et Zante, et la se* •aame suivante a Zante et Cérigo;-pour Bnndin. Ancône et Tneste, tous les mer-

Ligne de Meisine et Malte : tous les 15 jours le lundi.

Ligne du golfe de lapante pour Paxo, 1 r< jjul Samte-Maure, Céphalonie. Zante, Missn- [ niens

longhi, Patras, Lépante, Vostitsa. Salona, Lontraki. et, par l'isthme de Corintbe, au Piree; tous les marJis.

Ligne d'Albanie, tous les 15 jours, pour Prevesa, le lundi, retour à Corfou le mardi; pour Prevésa, Valona, Duraizo, Antivari el Megline, le jeudi.

Paqutbofs-poste anglais. — (lier Majesty's mail steam packets) pour Céphalonie, Patras, Zante et Malte, tous les 15 jours.

Un paquebot, appartenant au gouvernement Ionien, se rend tous les 15 jours à Paxo, Sainte-Maure, et Ithaque ; il va jusqu'à Cerigo une fois tous les trois mois.

On peut trouver à Corfou de petits bâtiments légers pour toutes les directions. Pour les précautions à prendre , V. p. 64 etR.55. j

L'île de Corfou, appelle dans les temps fabuleux Dre'panum , Schcria, prit enfin le nom de Corrj/re, qu'elle conserva pendant toute l'antiquité. Le nomde Corfou parait une corruption italienne du mot byzantin Kic^sà, appliqué au double rocher sur lequel est batte la citadelle. Selon la fable, Corcyre fui soumise à un fils de Neptune, Phéacc, qui donna son nom aux Phéaciens, anciens habitants de l'Ile. Phéace accueillit Jason et Médée a leur retour de la Oolchide. Après la guerre de Troie, Ulysse, jeté par la tempête dans l'Ile des Phéaciens, reçut l'hospitalité du roi Alcinous et de sa fille Nausicaa. L'histoire ne commence pour Corcyre qu'à l'établissement d'nne colonie corinthienne, conduite par Chersicratès, qui y fonda, vers "08 av. J.-C. une ville nommée Chrysopolis. Les Corcyréens, navigateurs intrépides, fondèrent eux-mêmes les colonies d'Epidamne et d'Apollonia sur la cote d'illyric, et bientôtaussi puissants que leur métropole , ils battirent la flotte corinthienne. Quand ils eurent perdu leur roi Lyeophron, ils adoptèrent le gouvernement républicain h l'époque où les Athéchassaient les Pisistratides.

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Lors de la seconde guerre médique, ils armèrent 60 vaisseaux pour la cause des Grec»; mais, dans leur prudence intéressée , ils ne dépassèrent pavH Pylos et ne prirent pas part à la victoire de Salamine. Cette conduite indigna la Grèce et suscita particulièrement contre eux les rancunes du Péloponèse. La guerre éclata bientôt entre Corinthe et Coreyre, au sujet de la colonie d'Kpidamne. dont les Corinthiens revendiquaient lu possession. Les Corcyréens battirent les Corinthiens; mais, menacés d'une nouvelle expédition, ils implorèrent le secours des Athéniens, et Périelès leur envoya une flotte oui n'arriva qu'après une nouvelle victoire des Corcyréens. De leur coté, les Corinthiens appelèrent à leur aide les Lacédémoniens et Perdiccas, roi de Macédoine, et la guerre du Péloponèse éclata.

De 427 à 425 des dissensions intestines désolent Coreyre; les partis aristocratique et uVniocralique, appelant tour à tour les Lacédémoniens et les Athéniens, se déchirent sans pitié. La paix d'Antalcrdas lui rendit la tranquillité.

Coreyre fut prise en 317 par Agathoefe, tyran de Syracuse, et vers 280 par Pyrrhus, roi d'Épire. Les incursions continuelles des pirates Illyriens déterminèrent les Corcyréens à invoquer le secours des Romains. Teuta, reine des Illyriens, lit assassiner l'ambassadeur romain, et s'empara d'Kpidamne et de Coreyre; mais le général Aulus Posthumiusenvahit l'illyrie, la réduisit en province romaine et rendit à Coreyre une sorte d'autonomie sousle protectorat romain (2291. Les Corcyréens furent les alliés fidèles de Rome contre Philippe «le Macédoine et Persée, puis contre les Grecs eux-mêmes.

Plus tard, ils embrassèrent la cause de Pompée ; mais César , vainqueur, leur pardonna. Alliés de Brutus et Cassius, ils durent se soumettre à Antoine et à Octave; ^nfin, ayant pris parti pour An-

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toine dans sa lutte contre Octave (31), ils furent cruellement punis par le vainqueur. Sous les empereurs romains, l'histoire de Coreyre offre peu d'intérêt; Caligula lui rendit une partie de ses privilèges, et le christianisme s'introduisit da^is Pile: aussi les persécutions de Dioclétien s'y firent sentir malgré les services que les Corcyréens venaient de rendre en repoussant les Goths de l'Epire.

Plus tard. Constantin couvrit de sa protection la chrétienne Coreyre. A sa mort (336), cette île , rattachée à l'empire d'Orient , fut son alliée fidèle contre les Barbares; dans les guerres des Goths et des Vandales, dans les expéditions de Béiisaire (535) ot de Narsès (541) en Italie, dans la guerre contre les Lombards (610), le nom des Corcyréens est cité avec éloges.Gràeeà sa marine, elle lutte avec courage contre les Sarrasins, et défend l'empire d'Orient contre les Francs et les Bulgares (705-820-9P2). Elle aide à chasser les Sarrasins de la Sicile (1025) et se défend avec succès des attaques des Normands. Conquise un instant (1143) par Roger II de Sicile, elle est délivrée par Emmanuel Comnène.ct réunie au duché d'Épire et d'Étolie. En 1204, elle reçoit la flotte de la quatrième croisade, et, lorsque Constantinople est prise par les Latins , elle reste l'alliée des princes grecs et soutient leurs tentatives pour recouvrer l'empire. Enfin. Louis d'Anjou s'empara ^do Corfou au nom de son frère ^Charles, roi de Naples 12G4). Les Corliotcs demeurèrent plus d'un siècle sous la domination des Napolitains; mais, exaspérés par leurs vexations, ils les chassèrent et se donnèrent à la république de Venise (1386). En 1537, Soliman fit attaquer Corfou par son lieutenant Barb»*rousse : le siège fut long et terrible, mais les Turcs furent obligés de se retirer après avoir ravagé l'île d'une manière impitoyable. En 1617, la peste vint à sou tour désoler Cor-

[Route 51

COKFOU .

fou. En 1716, AchmetllI, conquérant de la M orée, tourna ses armes contre Corfou; la flotte turque

Howard-Douglas. Le côtf'O., qui regarde la ville , est bordé d'une rangée de hautes maisons avec

for^a le canal et jeta 30 000hoin. une galène en arcades. Du côté dans l'île. Maîtres des hauteurs de l'E. on voit la citadelle, sépa-

Ahraharn ei Saint- Sauveur, les Turcs resserrèrent étroitement la ville et renouvelèrent les horreurs du siège de Ilarberousse. Mais Corfou «'tait défendu par le comte de Si.'hulembourg, officier de fortune, qui avait servi sous le prince Kuçêne et lutté avec talent contre Charles XII. Pendant vingt jours, il sut repousser les assauts des Turcs, et par un elFort suprême les forcer à se rembarquer, en laissant 15 000 morts sous les murs de la place. A partir de cette époque, l'histoire de cette île est celle de tout l'archipel Ionien (T. ci-dessus

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