‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 142 sur 511 · III. Ville d« Corfou · texte numérisé non relu

III. Ville d« Corfou

Nous avons décrit ci -dessus l'aspect général que la ville présente du côté de la mer : on débarque habituellement au môle du bureau de la santé, et l'on arrive tout d'abord sur l'Esplanade (la Spianata) qui, s'étendant entre la

ree de l'esplanade par un fossé profond. Devant le pont-levis on remarque la statue du maréchal Schuiembourg. La citadelle mérite d'être visitée : de son sommet se déroule le magnifique panorama de la ville, de i'ile et du canal de Corfou, qui ressemble à un grand lac, car on n'aperçoit pas ses deux issues. Les hautes montagnes de l'Albanie se dressent au fond du paysage. La citadelle comprend la résidence du commandant de

fdace et des principaux officiers, es poudrières, l'hôpital militaire, divers magasins, l'église de la garnison, etc. Les fortifications sont de différentes époques, quelques-unes remontent à Tannée 1550. A l'autre extrémité de la ville, c'est-à-dire à l'O., s'élève une autre forteresse, nommée le Fort-Neuf (la fortezza nuova), bâtie par les Vénitiens à la fin du xvt' siècle sur une colline moins élevée que le rocher de la cita-

ville etla citadelle, forme une vaste : délie. Lesdeux forteresses forment place d'armes, animée tous les 1 avec les fortifications de l'Ile de jours par la revue de la garnison | Vido un système formidable de dé-

anglaise. Sur les côtés régnent •i^s allées d'arbres. Le Palais du Gouvernement s'élève du côté N.

C'est un vaste édifice en pierre blanche de Malte, orné sur sa façade d'une colonnade, e: flanqué

fense du côté de la mer. Les remparts du côté delà terre, élevés par les Vénitiens, ont dû être démolis en grande partie, parce qu'ils présentaient un trop grand développement : on les reconstruit sur un

de deux belles portes qui portent 1 plan moins vaste. * La ville, dit le

les noms de Saint-Michel et Saint- Georges. Ce palais, bâti sous l'administration de sir Thomas Maitland. e*t la résidence de. ville du Lord Haut Commissaire; il contient de beaux appartements de réception et la salle du sénat. Devant le palais, on a érigé une statue à sir Frédéric Adam.

L'extrémité S. de l'esplanade forme une terrasse qui domine la mer. et sur laquelle on a élevé un petit temple circulaire à la mémoire de sir Thomas Maitland, et un obélisque en l'honneur de sir

docteur Wordsworth (La Grèce pittoresque et hist., trad. française de M. Kegnault, 1 vol. in-8<>, Paris, 1811} , n'est dans son aspect ni grecque, ni italienne, mais représente les deux caractères. On pourrait l'appeler une mosaïque géographique. Ainsi les rues sont italiennes, au moins par leur aspect, leurs noms et les arcades dont elles sont flanquées ; le lion *ailé de Saint-Marc est sculpté sur les vieux bastions vénitiens ; audessous l'on rencontre des cauons rouillé* , sur lesquels les mots U-

berté et égalité rappellent le temps ou l'Ile appartenait aux Français :

tout cela forme un résumé assez exact de l'histoire de l'île. » En suivantlaStradaKeale, qui s'ouvre à l'O. de Fesplanade jusqu'au marché, on entendra la langue italienne parlée par la bourgeoisie, le grec par les paysans, 1 anglais par la garnison, l'arabe par les portefaix maltais, etc. La ville, trop resserrée dans ses fortification?, et formée d'un dédale de rues étroites , a pourtant reçu d'importantes améliorations depuis trente ans : des rues ont été élargies et percées, des marchés construits, la police organisée, des eaux ont été amenées par un aqueduc d'une distance de 7 milles.

Au S. s'étend le faubourg de Kastradès, où l'on arrive par la rue nouvelle Strada Marina, qui forme une promenade charmante le long de la baie. A l'O., est le faubourg de Manduchio.

La ville avec ses deux faubourgs contient une population de 20 000 hab. , dont 4 000 catholiques et 5 000 juifs; le reste appartient à la religion grecque. La cathédrale, dédiée à Notre-Dame de la Caverne ('H îrocvatyta XTrus/ioiriaca), est située près du Fort-Neuf. Il y a un grand nombre d'autres églises, dont la plus révérée est celle de Saint-Spiridion, évêque de Chypre, et membre du concile ae rîicée, en 325, qui est devenu, on ne sait trop comment, le patron de Corfou. Ses reliques, conservées dans une châsse magnifique, sont promenées trois fois par an en procession solennelle autour de la ville et de l'esplanade. Cet usage remonte à la peste de 1017, dont les ravages cessèrent à la suite de l'exposition publique des reliques de saint Spiridion .

Corfou possè de un théâtre, où l'on joue l'opéra italien en hiver, et des comédies en d'autres saisons. La bibliothèque de la garnison est bien fournie de journaux et de livres; les étrangers peuvent y être admis surla présentation d'un

LES ILES. [Rot te 51. j

membre du club auquel elle appartient.

C'est à Corfou que l'on trouve les principaux établissements publics, le pénitencier, l'asile des aliénés, l'infirmerie civile, l'hospice des enfants trouvés, l'hospice des pauvres, l'Université et le séminaire.

Topographie ancienne. — L'Antique Corcyre, décrite par Thucydide, occupait la péninsule comprise entre le canal de Corfou et la lagune qu'on appelle aujourd'hui lac Kalikhiopoulo, sur les bords duquel les Anglais ont établi un champ de course. Des fouilles entreprises surcette péninsule y ont fait découvrir beaucoup de débris desculpture, des tombeaux, et, sur un rocher qui domine la mer, derrière le casino, les restes d'un petit temple dorique, au-dessous duquel coule la source de Cardachio. Il semble résulter d'un récit de Thucydide (III, p. 72) que le lac Kalikhiopoulo répond à l'ancien port HyÛaiQuCj et le port de Kastradès à l'ancien port Épiros.

Comme on sait d'ailleurs que Corcyre possédait trois ports, il est probable que le port actuel formait le troisième. L'Ile de Vido peut bien être l'Ile Ptychia de Thucydide; suivant certains antiquaires, cette île serait le rocher situé à l'entrée du lac Kalikhiopoulo , et selon d'autres auteurs, ce serait le rocher même de la citadelle actuelle.

La promenade la plus fréquentée de Corfou est située à 4 kilom. S.

de la ville, au delà de l'embouchure du lac Kalikhiopoulo. On la nomme fcn italien il Cannone. et en anglais TheOne-gun-Batterij (la batterie d'une pièce), à cause d'un canon quiy avait été placé autrefois.

Decette charmantepromenade, où se croisent le soir les voitures et les cavaliers, on jouit d'une vue superbe sur le canal. A la petite île qui s'élève en face, et sur laquelle on a bâti une pelite chapelle, se rapporterait peut-être la légende homérique du taitwru

Route 51."

ri Ulysse. La galère des Phéaciens, c^ui avait ramené ce héros à Ithaque, fut à son retour changée en rucher à la vue courroux de Neptune. Un autre rocher, au N.-O. de l'ile [V. ei- «iessous,, dispute à celui-ci l'honneur de cette origine fabuleuse.

Le témoignage" de Thucydide nous autorise à identifier Corcyrc avec la Schéria, ou la Phéacia d'Homère ; niais « il n'est pan aisé, dit le docteur Wordsworth . de

CORFOU

fertile, a laquelle toute clôtura donne

l'absence de un charme et un caractère agreste tout particudu port par le | liers. Les routes sont excellentes

et partout carrossables jusqu'aux principaux villages ; mais c'est à cheval et dans les petits sentiers qu'il faut parcourir Corfou, pour en connaître les beautés.

Il y a trois excursions principales a faire :

1° à Palaeocastrixia, à 26 kilom.

de la capitale. La route traverse tracer une carte de la Phéacia j le centre de l'ile, longe la baie de

us. Où sont les qui coulaient sous

homérique, qui puisse dans ses détails concorder avec les localités de Corfou, ni de découvrir les objets physioues qui, dans l'Odyssée, sont placés autour de 'a ville d'Alcinoi deux sources

ses murs? où est le fleuve Dieu qu'Ulysse se concilie par ses prières? faut- il l'aller chercher près de Potamo, ou non loin du cap Sidéri, pour s'accorder avec lhypoth£se qui fait débarquer Ulysse a l'extrémité N.-O. de 1 île, parce qu'il y est poussé par un vent du N., et qui place la ville d'Alcinotts àAphiona?> Faut-il, avec une vieille tradition populaire, placer à la fontaine de Crestida. à 5 kilom. au S.-O. de la ville actuelle, la scène de la rencontre d'Ulysse et de Nausicaa?

On ne peut, on le comprend, faire à ce sujet que des suppositions.

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