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IV. Excursions dans l'Ile

L'île de Corfou. de forme à peu près triangulaire, mesure environ 65 lieues de tour : sa longueur du N. au 8. est d'environ 20 lieues, sa largeur de 10 lieues. Elle compte environ 70 000 hab. Sauf la capitale, elle ne contient que des villages. Elle produit du marbre, du soufre et du charbon de terre assez médiocre. On y cultive surtout la vigne, le blé, l'olivier, l'oranger et le citronnier. L'Ile

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présente les plus ravissants ges : la vue de la mer s'y "marie partout avec celle d'une campagne

(ïovino, qui conserve les ruines d'un port vt nitien , puis gagne par une forêt de vieux oliviers la colline verdoyante où s'élève le couvent de Palœocastrizza, bâti sur les ruines d'une forteresse antique. On y jouit d'une vue superbe sur l'Adriatique. Beaucoup d'Anglais viennent y chercher la fraîcheur pendant l'été ; les moines sont fort hospitaliers. Non loin de là sont les ruines pittoresques d'un château du moyen âge, nommé château Saint-Ange.

29 Au col de Saint-Pantaléon (•21 kilom. N. C'est le point culminant de la route qui traverse la chaîne du mont Pantocrator. On y découvre une vue superbe sur le district N. de Corfou, la mer avec les lies Merlera, Samotraki et Fano, que quelques auteurs regardent comme l'Ile de Calypso, ainsi que sur un rocher bizarrement découpé, qui ressemble à un vaisseau à pleines voiles : c'est ce rocher que l'on désigne aussi comme le rameau d'Ulysse [V . cidessus). On peut faire halte sous un grand chêne, situé à 5 kilom.

plus au N.

3° Au col de Garouna (13 kilom. j.

Ce passage, moins élevé que le précédent, offre une belle vue sur la partie S. de l'île.

On cite encore, comme but d'excursion, Benizze (11 kilom.), Pelleka (Il kilom.), Santa Deoca (13 kilom.) et Leltimo 42 kilom).

On peut aussi faire l'ascension du mont Pantocrator, en italien San Salvador, l'ancien Istone, et

la plus haute montagne de l'Ile (1000 met. env.). On se, rend en barque au v. d'Ipso, où l'on trouve des guides, des chevaux et des mulets. Le sentier s'élève d'abord par un bois d'oliviers, puis sur la pente aride de la montagne jusqu'au petit v. de Signies, près duquel on trouve plusieurs puits profonds. Une montre pénible conduit enfin au couvent, qui n'est plus habité. Par les temps clairs, on aperçoit au N.-O. la côte d'Italie; au S. on domine le canal, la ville et toute l'Ile deCortou; plus loin se montrent Paxo et Sainte- Maure ; à l'E., la vue erre sur les sommités des monts Acrocérauniens, et les vallées de l'Albanie; on distingue particulièrement en face et de l'autre côté du canal le château et la plaine de Butrinto avec deux lacs, une petite rivière et pl usieurs hameaux pittoresques perchés sur les collines d'alentour.

On peut enfin aller visiter la côte d'Albanie, mais on s'expose ainsi à subir au retour la quarantaine, qui est presque constamment mise sur les provenances de la Turquie.

DE CORFOU A CÉR1G0.

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Celle roule est «l«-s*crtie principalement par le* n»»irc* du LIot-1 liants «In st»lf«<J<! L,-pjnle). r«ur le< autre» roimnunicalinn*, «oyei Cortou.

« La partie S. du canal de Corfou est d'un aspect moins sévère que la partie N.; les montagnes .vont plu* basses, et I es côtes de 1 île et du continent sont mieux cultivées. » On navigue d'abord dans un vaste bassin ovale, limité au N. par le promontoire de Corfou et le cap Stylo, et au S. par le cap Kalama et le cap de Lelkimo.

Au delà du cap Kalama et de l'ilot de Brasoudi à çauche, s'étend le golfe de Gomenitsa. dont les Vénitiens avaient fait un poste avancé.

On double à gauche le cap Sa-'

LES rLES. [Route 52.]

rouna et les îlots Syvota (vj&ûtu, îles des pourceaux), rochers inhabités, près desquels s'est livrée la grande bataille entre les flottes de Corcyre et de Corinthe avant la guerre du Péloponèse. En cet endroit le canal n a pas plus de 8 kil. de largeur. Laissant à droite le cap Bianco (cap Blanc), extrémité S. deCorfou, on entre dans la mer Ionienne, et l'on aborde à l'île de

Paxo.— L'histoire de cette île se confond avec celle de Corcyre, dont elle a toujours dépendu. Elle a absolument le même terroir et les mêmes produits. Paxo, qui n'a pas plus de 8 kilom. de long sur 3 de large, nourrit une population de f>000 hab. et forme un des gouvernements des sept îles. Sa capitale ou plutôt son village principal est le Porto Gajo, sur la côte E., dans une crique fermée par un petit îlot.

Au S. de Paxo se dresse l'îlot d'Alltipazo, rocher aride à peine habité par quelques pécheurs.

En face de Paxo, sur la côte d'Albanie, on aperçoit la ville de Parga, si célèbre par ses malheurs dans la guerre de l'Indépendance.

Un peu plus loin, au S., s'ouvre le port Phanari {le l^xv* >r^ur,v des anciens), qui reçoit les eaux du fleuve Achéron , et au fond duquel, par les temps clairs, on peut apercevoir dans le lointain, sur le sommet d'un roc escarpé, les blanches murailles de la fameuse forteresse de Souli. Plus loin, on laisse à gauche le cap Papalaka, la baie de Gomaros, les ruines de Nicopolis, la pointe de Prévésa et le promontoire d'Actium avec l'entrée du golfe d'Arnbracie ou d'Aria V. p. 173;, et l'on arriva à l'île de

Sainte -Maure ou Leucade. —

Histoire. — C'était primitivement une presqu'île, qui porta d'abord les noms de Néritis et de Leucade.

Les habitants sont mentionnés dans le dénombrement d'Homère, et Virgile y fait aborder Énée (Enéide, 1. III, v. 274.). La presqu'île, habitée originairement par

[Route 52. J LEUC

les Téléboens et les I/'lèges, reçut, dans le vu9 siècle av. J.-C, une colonie corinthienne, qui fonda une ville nommée Leucas.

Ce- sont eux, dit-on, oui changèrent la péninsule en île, en creusant le canal qui la sépare du continent. Ce canal, bientôt encombré par les sables, n'était plus praticable pour les navires ni au temps de la guerre du P< loponese et de ia guerre des Grecs contre Philippe III de Macédoine (218), ni a l époque de la prise de Leucas par les Romains (197} . Sous Auguste le canal fut recreusé , et un pont de pierre construit entre 1 île et le continent. Sous l'empire d'Orient, Leucade resta abandonnée à toutes les incursions dVs Barbares. En 1-229, elle fut prise par le comte de Tochis, aventurier qui, s'étant emparéde Janina et de plusieurs lies , se créa une souveraineté reconnue par l'empereur d'Orient. Le sultan Amurat détruisit ce petit Etat 147!»). Sainte Maure, vivement disputée entre les Vénitiens et les Turcs, fut définitivement prise par Morosint en lt>84. Elle partagea dès lors le sort des autres lies Ioniennes.

Description, — L'île de Leucade est formée par une chaîne de montagnes calcaires qui s'étendent du cap Zuana, au N.-Ç)., jusqu'au cap Ducato par corruption de Leucade), au S.-O. La partie S. est plus cultivée que la partie N.. et les collines qui font face à la côte d Acarnanie sont coupées de vallées pittoresques. A l'extrémité N'.-O. l'Ile se termine par une longue pointe de sable, en forme d'S, que l'on compare au Lido de Venise, et qui n'est séparée de la côte d'Acarnanie que par une lacune de 1-200 mèt. de largeur et d'un mètre ou deux de profondeur. C'est sur cette languette que s'élève le fort Sainte-Maure, construit au moyen âge par un seigneur franc, et qui, rebâti par les Turcs et les Vénitiens, a fini par donner son nom à l'Ile. Ce fort était joint ù l'île par un aqueduc, ouvrage

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