‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 144 sur 511 · DE · texte numérisé non relu

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des Turcs, long d'env. 1200 mèt.

et composé de 260 arches. Cet aqueduc, qui servait en même temps de pont, a été ruiné en 1825 par un tremblement de terre et n'a pas été réparé. Le gouvernement anglo-ionien a établi un port avec un môle etun phare en dedans du fort de Sainte-Maure.

La capitale de l'Ile , nommée Amaxiki , est bâtie sur l'île , de l'autre côté de la lagune et en face du fort. Sa position est fort insa-, lubre et son aspect a<sez misérable ; sa population n'est que de 4000 hab. La seule promenade est un bois de vieux oliviers qui s'étend derrière la ville jusqu'au pied de la montagne.

La lagune de Sainte-Maure n'est praticable que pour les petits bateaux. Un canal pour les barques a été creusé dans la lagune entre la ville et le fort de Sainte-Maure.

On a commencé également un canal pour les vaisseaux, qui aurait 5 mèt. de profondeur et s'étendraitdepuis le fort jusqu'à la passe S., près du fort Alexandre,

L ancienne ville de Leueas s'élevait, selon l'opinion très-probable d'O. Millier, à 3 kilom. S. d'Amaxikhi, sur le promontoire qui réunissait autrefois l'île et le continent.

Le canal compris entre le fort Alexandre dans l'île et le v. de Palœokhalia sur le continent, et qui n'a pas plus de 100 mèt. de large; est bien le canal artificiel creusé par les Corinthiens et où devait s élever le pont romain. On trouve, en effet, sur le rivage , des restes de murailles cyclopéennes et polygonales qui couvrent

fdusieurs éminences rocheuses:

es plus anciennes, appartennant peut-être à l'antique acropole de Nericos, couronnent les hauteurs qui dominent l'isthme. Les plus récentes , plus rapprochées du rivage, représentent sans doute le Leticas des Corinthiens. Au pied de ces hauteurs coule une source abondante, dont les eaux sont conduites à la ville par un aqueduc construit parles Turcs. Autourde

la fontaine on a trouvé un grand nombre de monuments sépulcraux.

Les deux forts Alexandre et Constantin ontétébatis parles Russes pendant leur protectorat. Le v. de Palaeokhalia, sur le continent, a servi de refuge, en juin 1847, au chef de partisans, Théodore G rivas, qui s'était révolté contre le roi Otbon.

Il y a deux excursions à faire dans l'Ile de Sainte-Maure, l'une au mont Karus, l'autre au saut de Leucade.

Le mont Kants est situé à l'extrémité S.-O. du canal qui sépare l'Ile de la côte d'Àcarnanie : d'Amaxikhi, on peut y monter à cheval en 4 h., à travers une forêt de vieux chênes et par des sentiers de montagne. Du sommet, on plane sur ï'ile entière et la sauvage Acarnanie ; la vue s'étend au S. sur Ithaque , Céphalonie , jusqu'à l'entrée du golfe de Lépanle, 1 lie de Zante et les montagnes de la Morée ; au N., jusqu'à l'entrée du golfe d'Arta, le promontoire d'Actium, celui de Prévi sa et de Nicopolis, le pic du Pantocrator à Corfou, les montagnes de lTpire et la chaîne du Pinde.

L'excursion du saut de Lcmade demande deux jours (18 à 20 h. de route, aller et retour. On couche au v. d'Attani (6 h.;. Au sortir d'Amaxikhi et de son bois d'oliviers, on eravit une hauteur escarpée , et l'on se trouve dans une région sauvage et montagneuse, tantôt sur la rive O. de l'Ile , tantôt plus près de la base des*monts Mégan-Oros ^1036 mèt.r et Stavrotas (1180 mètA Le promontoire de Leucade est une falaise blanche qui, d'un côté, se dresse à plus de 60 met. au-dessus de la mer, et de l'autre côté, s'abaissant par une

Sente graduelle , se prolonge ans la mer jusqu'à ce que les rochers blanchâtres se confondent avec la surface de l'eau. Sur le sommet, on trouve quelques substructions qui peuvent avoir appartenu au temple d'Apollon, et neaucoup de débris de poterie, de

OllKCE. — LES I LES. [Route 52.]

verre et de pierres taillées. « Lu

rocher, dit ledoeteur Wordsworth , était consacré à la fois à la religion et à la justice criminelle: on y faisait des sacrifia eipiatoires en précipitant de son sommet des esclaves, des criminels. > 11 semble avoir aussi servi à une espace de jugement de Dieu : celui qui devait subjr cette épreuve était entouré d'ailes et ue plumes d'oiseaux, destinées à amortir sa chute, et des barques le recueillaient s'il arrivait à l'eau sain et sauf. Les prêtres d'Apollon savaient exécuter eux-mêmes sans danger ce saut périlleux. Les amants malheureux y cherchaient l'oubli de leur peine: Sapho fut, dit-on, la première qui tenta cette épreuve.

A l'E. de l'Ile de Sainte-Maure se trouvent les lies appelées autrefois Taphies et Téléboïdes, et aujourd'hui Méganisi. Kalamo et les Formiyhe.

Après avoir rangé la côte O. de l'île Sainte-Maure et dépassé le cap Dueato . les navires . selon leur itinéraire et selon l'état du tfmps, passent tantôt à l'O. de Céphalonie, tantôt par le canal Viseardo, entre Céphalonie et Ithaque, tantôt à l'E. de cette ile quand ils doivent toucher au port de Vathy. f

Ithaque , aujourd'hui Thiaki (par corruption de ÏQyxr,) , n'a pour ainsi dire pas fVhistoirc. dit M. Louis Lacroix (Iles de la Grèce, Univers pittoresque, t. XXXVIII); < elle a partagé la fortune de Céphalonie. sa puissante voisine. Le nom d'Ulysse l'a seule illustrée.

C'est dans l'Ile d'Ithaque que régna le fils de Laerte; c'est lh que vécut Pénélope; c'est là que le héros revint châtier les débauches et l'insolence des prétendants. »

On a contesté l'identité de la moderne Thiaki avec l'Ithaque d'Homère (Voiker, (ieographia /■'>- »iffiV«!; mais cette opinion nous semble parfaitement réfutée par le docteur Wordsworth (ouvrage

Rottb 52.

TTHAQIE-

cité), auquel nous renvoyons pour toute cette discussion.

L'ile d'Ithaque a 27 kilom. de longueur du X. au S., et 6 kilom. 1/2 dans sa plus grande largeur. C'est une fimple arête de rochers calcaires, dont le plus haut sommet, l'Anogi (A w//;) , dominant de 807 met. la rive N. du grand port, répond au yrtiuTiv thotifjW*9v d'Homère [Odyssée, IX, 21), et au Nentos ardua scucis de Virgile (yJ?n., III , 271 } ; mais les forêts qui le couvraient ont disparu, et avec elle l'abondance des eaux. Le goile de Molo , qui entame profondément la côte orientale, divise l'Ile en deux parues presque égales, réunies par un golfe étroit. L'aspect général d'Ithaque est aride et sauvage; cependant les lignes

pelient la grotte d Azur dans l'île de Caprée. La voûte est parsemée de nombreuses stalactites, dont quelques-unes forment, en se ramifiant, ce qu'Homère appelle des tissus de pierre, dont les nla-ments bleus comme la mer semblaient travaillés par les mains des nymphes. » (0<J.. XIII, 108.) (Wordsworth.) D'autres détails de i'Odyssée montrent que le poëte connaissait parfaitement les lieux qu'il décrit.

Il y a trois excursions a faire dans Ithaque :

i ' Au palais d'Ulysse. On nomme ainsi des ruines situées sur le sommet rocheux de l'Aétos, élevé de 122 met. au-dessus de la mer, sur l'isthme étroit qui joint les deux moitiés de l'île. Ce sont les

brisées desmontagnes, les criques reetesû'une enceintecyclopéennc. profondes (Mjtiw TvtkvipfAit , bd.. ! Le docteur Wordsworth fait re- XIII, 193) dontlacôte est creusée, j marquer que nulle part dans 10fournissent de charmants points j dyssée il n'est parlé de constructions en pierre, mais seulement de palissades, que par conséquent ces ruines ne sauraient romonter au temps d'Ulysse. A la hase- du palais on trouve beaucoup de traces de monuments funéraires.

2° A la fontaine d'Aréthuse. On croit la reconnaître prés de l'extrémité S.-E. de l'ile, au pied d'un golfe de Molo. Les rochers qui la ! beau rocher blanc qui fait face à

vue. La population s'élève a environ 10 000 hab. Les produits principaux de l'île sont : l'huile, le vin et le raisin de Corinthe.

Le chef-lieu actuel, Vathy , situé sur la rive orientale, compte 2500 bab. et s'étend lelong ù une baie en fer à cheval, au milieu de laquelle surgit un petit îlot dépendant du

dominent de tous côtés donnent a cette ville un aspeeH sévère et triste.

Sur le rivage méridional du golfe de Molo est une petite crique, nommée De.ria, qui semble représenter le port Phorcys d'Homère, et près de là, s'ouvre dans la paroi du mont Saint-Etienne, la caverne où Ulvëse endormi fut porté par les Ph'éaciens Od. . XIII . 11b). Cette caverne répond parfaitement à la description d'Homère. « La seule entrée est auN.-O. A l'extrémité méridionale, il y a encore une ouverture, mais" tellement resserrée qu'elle est impénétrable.

Lentrée au N. est assez étroite et n'admet que peu de lumière; l'intérieur, et surtout la voûte du souterrain, offre des teintes bleuâtres d'une grande finesse, qui rap-

la mer et porte encore le nom de Koraœ (rocher des Corbeaux . La présence de cet oiseau dans les rochers voisins confirme cette donnée. La petite plaine serait celle où paissaient les pourceaux d'Eunn e, et les campements actuels des bergers répondent à la description de la demeure d'Euniée, entourée de palissades et défendue par des chiens furieux.

3'' A l'érolê d'Homère, située dans la partie S. de l'ile, pr s du v.

Kxogi. On s'y rend, en prenant une barque, depuis Vathy jusqu'il Frikfs , d'où l'on gagne en peu de temps à pied l'école d'Homère. Ce sont des substructions d'anciens édifices, des degrés et des niches creusées dans le rocher. Tout autour règno une végétation riante.

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