DÉLOS
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la plus ancienne : il v a plus de mille ans que les gens de Mykonos, de Svros et de Tinos viennent y chercher des matériaux pourbdtir.
Les marbres et les statues ont été calcinés pour faire de la chaux.
La curiosité des amateurs d'antiquités ne leur a pas été moins funeste. « Le temple d' Apollon s'élevait aux bords du canal qui sépare Délos do Rhénre, vis- à-vis de l'écucil qu'on appelle aujourd'hui la grande Rhetnatia, et qui était autrefois consacré à Hécate. Les fragments du marbre le plus blanc de Paros, dont In koI est au loin couvert, indiquent encore quelles furent les proportions de cet édifice immense, construit à la même époque que les grands temples de l'Acropole d'Athènes : quelques chapiteaux doriques mutilés, des tronçons de colonne de plus d'un mètre de diamètre, permettent même de le restaurer en partie.
Avec les débris de ce temple se confondent presque les ruines de l'immense portique , que Philippe IH , de Macédoine, avait consacré a Apollon, et qui s'étendait du côté du S. le long du rivage fut un espace de 150 pas environ.»
On remarque un fragment énorme de la statue colossal».' d'Apollon, consacrée par les Naxicns. C'est en tor-c qui mesure 2 mèt. 20 d'-inc épaule à l'autre. Un gros bloc carré, qui parait bien avoir appartenu au piédestal de ce colosse, porte encore l'inscription SAIlol Allo\ \OM. «Quand on quitte ce lieu des sanctuaires pour remonter le ranal vers le N., on marche au milieu des ruines de la ville même de Délos, ville jadis magnifique (à en juger encore par se» débris), qui, descendant des pontes du mont Cynthos, s'étendait le long de la plage septentrionale. » On y voit des aires de maisons, des tronçons de colonnes encore debout, des citernes recouvertes d'une voûte. On ne retrouve plus le ruisseau de \'Inopnst dont Strabon faisait une vraie rivière, àmoins qu'il ne faille le re-
MYKONOS.
connaître dans la source profonde qui jaillit à la pointe N. -E.de l'Ile. Sur la côte nord on remarquera aussi les restes d'un amphithéâtre ovale, d'une courbe irrégulière, entouré d'un petit mur d'un mètre environ de hauteur. D'après M. Benoit, cet amphithéâtre aurait été construit dans l'antiquité sur le bassin desséché de ce petit lac circulaire, au bord duquel, selon la fable, Latone avait mis ses deux enfants au monde. Sur la côte orientale qui regarde Mykonos, on trouve les restes d'un gymnaso complet avec son stade et s'on portique ; les débris de cet édifice sont d'une époque de décadence; on l'attribue au roi Mitbridate Évergète, père du grand Mithridate.
Le mont Cynthos, dont la hauteur est d'environ 150 mèt., se drosse presque au centre de l'Ile.
Dans ses flancs, vis-à-vis de Rhénée et un peu vers le S.-O., était creusé le Théâtre, qui ressemble maintenant à une vieille carrière abandonnée. Au pied de la colline, au S., s'étendent de vastes carrières, et, du côté du N. •(")., s'élève encore une porte de pierre, où Leake veut voir l'entrée d'un trésor, et M. Benoît, celle d'un Adyf'm. Enfin, au sommet de la colline, on trouve les débris d'un temple d'ordre ionique, mêlés à ceux d'un château du moyen âge.
De cette plate-forme, on découvre une vue superbe sur les Cyclades.
Rhénéc, ou la Grande Délos, séparée de la Petite Délos par un canal d'uu demi-mille de large, était devenue, dans l'antiquité, la nécropole de l'Ile sacrée. On y remarquera une longue suite de chambres souterraines, et un assez grand nombre de pierres tumulaires. Toutes les sépultures on tété violées.
IX. Mykonos, au N.-E. de Délos, dont elle est séparée par uo canal de 4 à 5 kil. de largeur, a 58 kil. de tour. Les deux montagnes les plus considérables, nommées toutes deux Saint-Elie, sont.