‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 158 sur 511 · LA CRETE · texte numérisé non relu

LA CRETE

Après ce règne glorieux, la Crète commence à décliner. Ses princes, Idoménée et Mérion, prennent part à la guerre de Troie; à cette époque, les Crétois fondent les colonies de Salente, Lapice, etc., en Italie, et de Vienne, en GauJe. — En 1049, les Doriens envahissent la Crète et en font une lie entièrement grecque. Mais, morcelée en une quantité de petits États, elle De prend part ni aux guerres méd;ques ni a la guerre du Péloponèse; elle se contente de fournir des mercenaires à ceux qui les pavent le plus cher, et ses archers acquièrent une grande renommée en ce genre. D'autre part, les discordes intestines et les guerres civiles font échouer toutes les tentatives d'unité qui avaient essayé de *e produire sous le nom de syncTtitxsmt. La Crète, divisée, offrit aux Romains une proie facile. Les mercenaires qu'elle avait fournis à Persée (170), les excès de ses pirates, enfin son alliance avec Mithridate etSenorius fournirent le prétexte. En 77, le préteur Marcus Antonius, père du triumvir, conduisit une flotte contre la Crète, mais il se laissa battre. Q. Csecilius Métellus fut envoyé en G9 avec une nouvelle expédition, battit les Crétois près de Cydonie, et, par la soumission de l'ile entière (66 av.

J. C), mérita le nom de Creticus.

Sous la domination romaine, aucun événement important ne se passa en Crète. Le christianisme * pénètre de bonne heure; saint Paul, se rendant à Rome, aborde en Crète et y laisse son disciple Titus. Sous Décius ou Dioclétien, 1 évêque Cyrille est mis à mort. La Crète est rattachée à l'empire d'Orient. De 673 a 715, elle commence à être envahie par les Sarrasins : elle est entièrement conduise par Abouhafs-Omar en 825, et, pendant 135 ans, reste aux mains des musulmans, malgré les tentatives de l'empereur Michel II, de l'impératrice Théodora et de Constantin VII pour la reconquérir.

Les Sarrasins fondent Kandak (Can-

die) et poussent leurs incursions dans l'Archipel, dans la Thrace et jusque devant Constantinople.

Sous le règne de Romain II, le général Nicéphore Phocas , depuis empereur, conduit en Crète une expédition victorieuse, s'empare de Candie après un siège de dix mois, et bientôt de tout le reste de l ile (961).

A l'époque de la Quatrième croisade, la Crète est donnée à Boniface, marquis de Montferrat. qui l'échange en 1204 avec les Vénitiens. A peine maîtres de l ile, ceux-ci sont obligés de la défendre contre les Génois et Marc Sanudo, duc de Naxos, et, pour s'en assurer la possession, ils y envoient une colonie de 540 familles vénitiennes. Candie devient une des possessions les plus importantes de Venise. En 1645, elle est au taquée par les Turcs, qui s'emparent de la Canée, après un siège de cinquante-sept jours. La guerre continue les années suivantes, et les Vénitiens essayent d'y faire diversion par des tentatives hardies sur les côtes d'Asie, et jusquedans les Dardanelles. De 1648 à 1669, a lieu le fameux siège de Candie (V. p. 272) , à la suite duquel les Vénitiens conservent quelque temps les trois ports de* Grabuses, de la Sude et de Spina-Longa, qu'ils perdent successivement à la hn du xvue et au commencement du xviii* siècle. Aucun événement importantne signale ladomination turque : le joug le plus rigoureux pèse sur les chrétiens; un grand nombre sont obligés d'embrasser l'islamisme^ Les montagnardssphakiotes conservent seuls un reste d'indépendance ; aussi se soulèvent-ils les premiers en 1821, et bientôt les musulmans, menacés, se voient enfermés dans les villes.

Kourmoulis et Mélidone sont les héros de cette lutte; mais bientôt la discorde se met parmi les Grecs, et l'arrivée des Égyptiens (1823) rend l'avantage aux musulmans, lsmacl Gibraltar, général de Méhéroet-Alt, soumet l'ile entière

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en 1821. Le sultan la céda au pacha d'Egypte, et les conférences européennes confirmèrent cet accord (1832). La révolte de 1833 fut réprimée avec une sévérité extrême par le gouverneur Moustaha-Pacha, oui, d'ailleurs, introuisit dans l'île une partie des améliorations matérielles mie Méhémet-Ali avait fait prévaloir en Égypte. En 1840, la Crète fut rendue a l'autorité du sultan. Le mouvement séditieux de 1841 échoua comme les précédents. Enfin, en 1858, la Crète a été le siège de nouvelles luttes entre les Grecs et les musulmans.

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