POIDS, MESURES, MONNAIES
^ures, telles que Je tcheki, ont, suivant la nature des objets dont elles représentent le poids, des valeurs toutes différentes. Appliqué au Dois et la pierre, le tclieki vaut 186 okkas. et à l'opium 250, dirhems seulement. Le poids de la soie s'exprime en tefehs (210 dirhems), celui de 1 huile de rose en mcskal (1/2 dirhem).
Mesures tttnérairrs. — Là lieue ottomane est une mesure arbitraire représentant à peu près la distance qu'un cheval de charge parcourt en une heure au pas ordinaire. Aussi a-t-on pris l'habitude décompter par heure; mais en adoptant cette base, il faut tenir compte de la nature des localités et des difficultés que peut présenter le parcours.
Mesures de longueur. — La mesure généralement adoptée est le pic ou ar chine, dont la longueur varie entre 66 et 70 centimètres. D'autres mesures, énumérées dans les nomenclatures spéciales, telles que l'w- <fazè (64 centimètres), et le pied (35 centimètres) ne sont que rarement
employées.
Mesure agraire.— Elle prend le nom dedenun, elle est représentée par un carré dont le coté est de quarante pas, ou, suivant M. Boué, de quarante pics ou archines. D'après la valeur moyenne exprimée plus haut, le denun représente donc environ dix ares.
Mesures de capacité pour les matières Mèches. — Les grains sont ordinairement évalués en kilès. Le rapport de cette mesure avec l'okka vsrie entre 10 et 18 okkas, suivant les localités ou la matière dontelle exprime le poids. L'évaluation adoptée par les étrangers dan» leurs transactions commerciales est de 20 okkas. Quelques localités en Syrie mesurent par ardebs l'orge, le maïs et le blé; ils lui attribuent pour l'orge un poids de 95 okkas, de 100 pour le maïs et de 110 pour le blé.
Mesure de capacité pour les liquides. — Elle prend le nom d'okka et représente en poids 400 dirhems, d'où il suit que sa capacité varie sui- Tant le poids spécifique du liquide mesuré.
Monnaies. — L'unité de monnaie est la piastre (ghourouch). La pièce de monnaie désignée par ce nom au commencement du xvi*siècle avait une valeur de 7 fr. 90 c. En 1800, la piastre équivalait à 1 fr. 37 c. Le titre et la valeur des monnaies furent fréquemment altérés par les sultans, et notamment trente-cinq fois pendant le règne de Mahmoud H. Les monnaies actuellement émises ont un titre invariable. La piastre a maintenant une valeur nominale de 22 centimes, mais les jluctua» tioos du change la font tomber à 10 et même à 16 c. La piastre se divine eu 40 paras. La pièce de 10 paras correspond à un sou français. Le système monétaire ottoman comporte même une division du para en trois auprès (a<jtché), monnaie dont la valeur est si faible que son inutilité est évidente.
Les monnaies d argent multiples de la piastre sontle béchltk quivaut5 piastres et l'écu turc (medjidté outalan) de 20 piastres qui, devenu trèsrare à Con&tantinople, se prend dans les provinces pour22et24 piastres, >^elon le change. Les monnaies d'or comprennent la livre turque {iusltk), pièce de 100 piastres (valeur intrinsèque , 23 fr 55), et la demilitre [ellilik) de 50 piastres (valeur intrinsèque, 11 fr. 63). Ces pièces, bien frappées et assez semblables aux guiuéea anglaises, se prennent
dans, le commerce pour 108 et 54 piastres environ, selon le change.
Toutes les monnaies européennes d'or et d'argent sont dans la circulation; leur valeur suit les variations du change. Le napoléon d'or vaut 93 et 96 piastres ; la pièce de 5fr., 24 piastres; le franc, 4 piastres et 24 paras. La colonnade d'Espagne, le zwanzig autrichien, sont en grande faveur. Constantinople a été inondé dans ces dernières années de creuzers autrichiens, que le manque de monnaie de cuivre a fait accepter pour 10 paras, bien que leur valeur soit bien inférieure. Le gouvernement turc a pallié les crises financières qu'il a subies, et supporté les situations souvent difficiles que lui faisaient les événements politiques, en émettant du papier-monnaie (kaïmé) qui, dès son émission, a presque constamment subi une dépréciation plus forte encore que celle de la piastre. Pour parer à ces difficultés et à celle que la variation de son numéraire lui créait, le gouvernement ottoman avait provoqué la création d'une banque qui s'engageait pour quinze ans, moyennant une subvention, a maintenir la valeur réelle de la piastre a 22 centimes et à retirer de la circulation, à son échéance, le papiermonnaie, que le gouvernement devait rembourser sans intérêts. Après avoir donné , pendant sa courte existence, des résultats satisfaisants, la banque a cessé ses opérations, et les variations qu'elle devait prévenir ont recommencé avec une nouvelle énergie. Le kaïmé est à peu près la seule monnaie courante à Constantinople. Les billets les plus usités sont encore de 10 et de 20 piastres. Il faut apprendre à reconnaître le chiffre turc qui indique leur valeur (voir p. 333, note }. Le voyageur a besoin de savoir que le kaïmé n'a pas cours dans les provinces: aussi devra-t-il s'en défaire avant de quitter Constantinople. Il devra également être toujours pourvu de petites monnaies, surtout dans les provinces, soit pour ses menues emplettes, soit poursatisfaire aux demandes de Baghchich (gratification, pour-boire), qui lui seront partout et incessamment adressées.
Calendrier. — Division du temps. — Les Ottomans ont adopté l'année lunaire, divisée en 12 mois composés alternativement de 30 et de 29 jours et qui ont reçu les noms suivants : Moharrèm, 30 jours ; Safer,
29 j.; Réby-ul-Ewel ; 30 j.; Réby-ul-Akhir, 29 j. ; Djémazi-ul-Ewel, 30j.; Djémazi-ul-Akhir, 29 j.; Rèdjèb, 30 j.; Chaabàn, 29 j.; Ramazân,
30 j.; Chewal, 29 j.; Zil-Qadèh. 30 j. ; 7.il-Hidjèh, 29 j. Cette année lunaire se compose, on le voit, de 354 jours ; les Turcs n'ont adoptéaucun système de jours complémentaires pour faire concorder leur calendrier avec Tordre naturel des saisons. Aussi l'année commencet-clle tantôt au printemps, tantôt en été, en automne et en hiver. D'après cela, pour comparer une date musulmane à une date déterminée d'après l'ère chrétienne , il ne suffit pas de retrancher de cette dernière le nombre 622 date de l'hégire , ère des musulmans ; il faut, pour obtenir un chiffre exact, déduire autant de fois 11 jours qu'il y a d'années solaires communes et autant de fois 12 jours qu'il y a d'années bissextiles. La division des heures du jour eq compte à partir du lever du soleil, apprécié par à peu près, et par conséquent de manières diverses. Une montre marquant l'heure à la turque doit chaque jour être mise à l'heure à compte nouveau.
STATISTIQUE.-POPl'LATlON. 31o
S XII. — Statistique. — Population.— La population disséminée sur toute la surface de l'Empire Ottoman s'élève à 36 millions d'habitants, dont 15 millions en Europe, 16 millions en Asie et 5 millions en Afrique. Les 15 millions d'habitants de la Turquie d'Europe se divisent comme il suit, d'après leurs religions :
Musul- * m&ns,
Catholiques
/Ottomans et Ta tara. '2 100 000
Tchingaoès «140 000
Albanais 1 250 000
Serbes 15 000
Bosniaques Herzégo-
TÎDieni 600 000
Croates 15 000
Bulgares 60 000
1 Ail
Total.
Arméniens
Grecs
Albanais
Moldaves et Vala-
ques
Tiniens.
Croates . .
Bulgares .
Total.
Arméniens { Euty-
chéens)
Grecs
Albanais
V «laques 2
oldaves 1
Eglise iZing«res
grecque, /Serbes 1
10 108 100 .Bosniaques-Herzégo-
Montéoegrins
Bulgares 2
Cosaques de la Dobroutscha
Total....l0 108 100
Protestants Arméniens
Judaïsme. Juifs des provinces immédiates
— V «laques
- Moldaves
Total.
Idolâtrie. Tchinganes 74 000
Au point de vue de leur origine, toutes ces populations se divisent en six races et dans la proportion suivante :