BAZARS.— PROMENADES.— CIMETIÈRES
paru de Constantinople, depuis qu'on a fait fermer les cafés spéciaux où ils se réunissaient, autour de la mosquée de Soliman.
Bazars. — Le luxe des boutiques est absolument inconnu en Turquie; elles sont réunies dans des galeries voûtées, où chaque nature de produits a son quartier spécial. Ciîaque magasin se compose d'une^ petite loge, dont la partie la plus avancée est garnie d'une sorte d'établi en planches, où le marchand est assis et d'où il peut aisément atteindre les marchandises disposées dans des rayons à ses cotés et derrière lui. Les marchés se font fréquemment sans entrer dans la boutique, où l'espace et le jour manqueraient également. Toutefois cette habitude est loin d'être générale ; mais elle est absqlue pour les femmes turques, qui sans cette obligation rigoureuse pourraient échapper à la surveillance dont elles sont constamment entourées. Tous les magasins, même ceux des chrétiens, sont au bazar exclusivement tenus par des hommes. La rigidité musulmane ne supporterait pas dans une boutique la présence d'une femme; elle avait même cru devoir , à une certaine époque , y interdire celle des jeunes garçons.
Toutes les industries sont représentées dans les bazars des grandes villes, depuis le vulgaire épicier jusqu'à l'horloger et au marchand de diamants. Il faut un œil exercé pour aller chercher dans l'ombre où elles sont reléguées les richesses de ce dernier genre que renferme tout bazar de grande ville. La fermeture des magasins a lieu de très-bonne heure; elle se pratique au moyen d'un volet, qui , relevé le matin a l'aide d'une perche et accroché au-dessus de la boutique, est baissé le soir et fermé de ferrures et de cadenas. L'enceinte du bazar elle-même est fermée le soir avec des portes massives.
Promenades. — La plupart des grandes villes de l'Orient ont comme celles de l'Europe, dans leur voisinage, des localités où les populations vont passer leurs jours de fête, le vendredi pour les musulmans, le dimanche pour les chrétiens. Plusieurs promenades de ce genre se trouvent aux environs de Constautinople (eaux douces d'Europe et d'Asie) , mais la partie de la population que le temps des affaires empêche d'aller à la campagne se promène dans les cimetières. La religion musulmane n'a pas entouré la mort de tout l'appareil d'images lugubres dont le christianisme l'a enveloppée, et le Français qui frémirait peut-être à l'ich'e de se trouver à minuit dans un cimetière de son pays, se familiarise avec cette habitude, et se promène bientôt sans émotion jusqu'à une heure fort avancée de la foirée dans les champs des morts musulmans. Les indigènes s'assoient sur le marbre des tombes, »e livrent aux douceurs de la conversation, du café et de la pipe, sans quo tous ces actes en pareil lieu révèlent la moindre pensée de profanation. Des cyprès d'une venue magnifique ombragent les tombes, qui ne se recommandent à l'œil par aucun de ces efforts dé sculpture destinés en Occident à traduire les regrets. Une pierre et un cippe en font tous les frais : la pierre qui forme ce dernier est taillée en pointe quand il surmonte la tombe d'une femme; il se termine, pour les hommes, par une boule en forme de turban ou de fez. Il serait eertninement à dé<irer que les cimetières fussent
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