TUKQlïlti IVEUROPE
mieux gardés, que les chiens et les bêles de somme no vinssent pas v établir leur quartier. Tel est l'aspect général des cimetières; nou^ donnerons plus loin quelques détails relatifs aux inhumations et aux cérémonies du culte qui les accompagnent.
Il est souvent difficile de se promener la nuit dans les villes turques. Les différents quartiers sont séparés par des portes qu'on ne fait quelquefois ouvrir qu'à grand'peine. Les règlements de police obligent a ne sortir alors qu'avec une lanterne, sous peine d'arrestation; c'est une mesure utile, au point Je vue de la sûreté des rues, et d'ailleurs indispensable, car elles seraient impraticables dans l'obscurité.
Chiens, chevaux, voitures, etc.— Les musulmans traitent les animaux avec une grande douceur. Dans toutes les villes, et surtout à Constantinople, un nombre énorme de chiens errants vivent et dorment sur la voie publique et pullulent sans que personne songe à leur faire du mal. Ces animaux vivent en famille, et un chien étranger est infailliblement dévoré s'il pénètre dans un quartier qui n'est pas le sien. Ils s'entr'aident pour se défendre contre leurs ennemis communs. Ils font l'office des balayeurs des rues en dévorant tout ce qui est mangeable dans les immondices, les résidus de boucheries, les cadavres d'animaux, que les Turcs abandonnent sur la voie publique. Au reste ils sont d'une grande douceur et n'attaquent jamais les hommes, bien qu'ils aboient quelquefois d'une manière menaçante. La vue d'un fouet ou d'une pierre les met soudain en fuite. Il n'est pas vrai que les Turcs se trouvent otTensés quand on frappe ces anrmaux. La rage est, sinon complètement inconnue, au moins fort rare en Turquie.
Les chevaux jouent un grand rôle dans l'existence des Turcs. < Le cheval turc ou valaque, dit M. Boué, est en général de moyenne tailJe, plutOt petit que grand, et à coup sûr assez court. En général on les gâte en s'en servant trop tôt. Du reste, les Ottomans sont reconnus pour d'excellents cavaliers, et leurs manèges dans des cours étroites, habituent les chevaux à tourner plus aisément que les nôtres, et a s'arrêter instantanément au milieu du plus fort galop. * Leur pied est extrêmement sûr, ils montent lestement les plus mauvaises pentes de rochers. Ils passent la plus grande partie de leur vie à l'air. On ne les desselle jamais, môme a l'écurie. Les chevaux des kiradjis ou muletiers turcs passent ordinairement la nuit à la belle étoile. On les nourrit en général avec de l'orge et de la paille hachée, et on ne leur donne à manger que deux fois par jour, le matin et le soir.
Les harnais sont pittoresques et brillants, mais l'Européen se fait difficilement à leurs selles étroites et dures, comprises entre deux proéminences antérieure et postérieure ; les étriers sont de vastes plaques quadrangulaires de fty battu, sur lesquelles on peut poser tout le pied ; leur angle postérieur sert en même temps d'éperon. Le» voitures légères des Turcs portent le nom de talikas, et sont des espèces de calèches, recouvertes extérieurement de peintures brillantes; ceux des femmes de pachas sont fort élégants. On nomme arahas des chariots m.is3ifs, souvent traînés par des bœufs, qui portent les familles