EXPRESSIONS GÉOGRAPHIQUES
Ada-tte.
Bounar— fontaine .
Bournou — cap.
Daçh— montagne.
Denii— mer.
Dere— vallée.
Derbend— deflle.
Mjick ou Tchik (diminu-
Guoul— lac.
Hi
Kapou — porte.
Kale ou qalé— fort.
Keui— village.
Keupru — pont.
Hunô — iitison.
Kourou ou qourou— sec.
Limàn — port.
Lu — terminaison d'origine.
Ner (persan)— nouveau.
Scbèbr-Tille.
Sou— \ Petite rivièrc- I cours d'eau.
Souq (arabe)— mareUc.
Tacb — pierre-
Tcba'j— rivière.
Tcbechmè— fontaine.
Tchiflik.— ferme.
Tèpè— butte, tertre.
Ye ni— nouveau.
Section VI.— Manière de voyager, hôtels, saison favorable, etc.
S I« Communications maritimes, etc. — On se rend ordinairement a Constantinople et dans la Turquie d'Europe par Marseille, par Trieste (Voir Introduction générale), ou par le Danube et la mer Noire. La compagnie des Messageries impériales françaises a établi un service direct de Marseille à Constantinople en 7 jours, par Messine et le Pirée, et un service indirect, par Malte, Syra et Smyrne, en lî jours. Le Lloyd autrichien a un service direct de Trieste à Constantinople en 6 jours, par Corfou et Syra, et des services indirects touchant en Grèce et sur la côte d'Asie Mineure (Voir Introduction gkkkralb). La troisième route est celle du Danube et de la mer Noire, ^n se rend directement, par les chemins de fer, à Vienne et à Pesth, ou même, à travers la Hongrie, jusqu'à Basiasch, petite ville située sur le Danube, entre Belgrade et Orsowa. De là, on descend le Danube avec les bateaux à vapeur de la Compagnie impériale et royale autrichienne, jusqu'à Galatz, où l'on trouve les paquebots de la mer Noire
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340 TUKQU1K D'EUROPE.
des compagnies du Lhyd autrichien et des Messageries impériales françaises, qui vont à Varna et à Constantinople. Pour la navigation du Danube, on a le choix entre les services directs et indirects. Les premiers marchent jour et nuit, et peuvent mener en 7 jours de Pesth à Constantinople (10 jours pour le voyage en sens inverse). Les seconds, s'arrétant partout où il y a des marchandises à prendre ou à déposer, mettent un temps infiniment plus long et très-variable. Mais, en revanche, ce dernier mode est infiniment plus économique. A Drenkova. on change de bateaux jusqu'à Orsova, à cause des rapides du Danube; et d'Orsova à Kladova on fait le trajet en chars (carrouzsa). Les pointa d'arrêt les plus importants au-dessous de Pesth, sont Belgrade, Widdin, Roustchouk, Giurgevo, Ibraïla et Galatz.
Les bateaux de la Compagnie autrichienne sont parfaitement organisés. On y trouve des lits convenables, une table d'hôte très-bien tenue et tout le confort désirable.
On se rend dans la Macédoine et la Thessalie par des services du Lloyd et des Messageries fran;aises, qui partent de Constantinople et du Pirée. Pour l'Albanie et le Monténégro, le service se fait par les paquebots autrichiens de la mer Adriatique.
On annonce l'établissement d'une grande compagnie de paquebots russes, qui desservira la mer Noire et la plus grande partie de la Méditerranée.
& 2. Hôtels. Caravansérails. Hospitalité. Couvents. — On ne trouve d'hôtels qu'à Constantinople et dans quelques grandes villes de la Turquie et de la Moldo-Valachie. — Ces hôtel*, bien que tenus par des Kuropéens, laissent généralement beaucoup à désirer. Mais en Turquie il faut renoncer d'une manière absolue au luxe et au confortable des hôtels d'Europe. — Là où il n'y a pas d'hôtels, les autres gîtes sont de deux ordres. C'est d'abord le khân ou le caravansérail, grande sallo aux murailles nues, où il faut apporter ses provisions si l'on veut manger, ses tapis et ses matelas si Ton veut s'étendre; en second lieu, l'hospitalité chez les particuliers, rarement volontaire dans les basses classes, où l'on n'est reçu qu'avec la plus extrême défiance, très-riche au contraire dans les classes supérieures. ^Pachas, Isprawnicks, etc.) — Dans les montagnes, on peut avoir recours à l'hospitnlité des couvents, qui y sont en grand nombre, principalement en Moldo-Valachie. — Ces établissements, la plupart sous la dépendance du couvent du mont Athos, reçoivent des legs considérables des particuliers, legs destinés à les mettre à même d'être toujours pourvus de provisions pour recevoir les visiteurs, les voyageurs, et mêmeMes mendiants. Cependant l'hospitalité n'y est pas gratuite, quoi que l'on n'en réclame pas le prix ostensiblement (Voir page 05).
Rien que l'on trouve dos hôtels ou de mauvaises auberges dans Ja plupart des villes et villages des principautés danubiennes, il est souvent préférable d'avoir recours à l'hospitalité du capitaine de la poste inspecteur qui surveille les relais). On est toujours sûr d'y trouver du café, du thé et quelques provisions indispensables ; ce que l'on pourrait avoir de la peine à se procurer à n'importe quel prix dans un certain nombre d'auberges.
§ 3. Chevaux. Poste. Correspondance. — Les communications entre le» principaux points de la Turquie sont des plus difficiles. A peine de temps à autre trouve-t-on quelque tronçon de route, quelque chemin passable. Le plus souvent , on voyage en quelque sorte à travers champs.
Quant aux moyens de voyager, il faut distinguer la Turquie proprementdite (Bulgarie, Bosnie, etc.), des Principautés danubiennes. Ces dernières sont infiniment plus avancées en civilisation. Bien qu'elles ne présentent que quelques rares tronçons de routes macadamisées , ■Tailleurs fort mal entretenues, les moyens de communication sont plus faciles. — On a le choix entre trois manières habituelles de voyager dans la Moldo-Valachie. — 1° La poste aux chevaux. Une petite carriole sans ressorts {carrouzza) attelée de deux petits chevaux, voilà pour le matériel. Encore ne trouve-t-on souvent à la poste ni chevaux, ni charrette; ce qui peut occasionner des retards considérables. Les frais s'élèvent en moyenne à 5 fr. par relais. — 2° La diligence, mode long et peu sûr. Il est bien rare que quelque accident survenu à la voiture ou à l'attelage ne vienne pas retarder indéfiniment le voyage. Cependant il existe des services à peu près réguliers entre les principaux points : d'Iassy à Galatz, de Bukarest à Giurgevo. — 3" Les voitures de Juifs, très-semblables aux Vetturini italiens, qui voyagent à petitcsjournées et à des prix très-modiques. Ces voitures, qui parcourent les distances les plus grandes toujours avec les mômes chevaux, ne deviennent une ressource qu'autant que l'on veut s'éloigner du chemin de la poste. Leur bon marché et leur commodité les rendent assez utile* aux voyageurs, surtout quand ils peuvent les prendre à frais communs.
Dans la Turquie proprement dite, les difficultés sont encore plus grandes. On ne trouve plus ni voitures de poste, ni diligences. Ici, comme en Grèce (Voir p. 65), il faut voyager à cheval avec ses provisions, sa cantine, etc. Il faut avoir soin d'avoir sa selle; car, outre qu'il serait impossible de s'en procurer une hors des villes, les selles turques sont intolérables pour les Européens. On peut voyager soit avec un guide, qui s'engage à vous fournir les chevaux, le gîte, etc. (les meilleurs se trouvent à Corfou, Athènes, ou Constantinople), soit avec le Tatar. — Le Tatar est le messager chargé du service des dépêches. Il doit aller en un temps très-limité d'un point à un autre. Aussi galope-t-il toujours, ce que ne peut faire un voyageur qui n'est pas habitué à un exercice aussi fatigant. Mais, avec cette manière de voyager, on est assuré de trouver des chevaux aux points désignés ; car il y en a toujours en réserve pour le Tatar. — Enfin on peut voyager en Arabas, sorte de charrette remplaçant désavantageusement les voitures de Juifs, et attelée soit avec des chevaux, soit le plus souvent avec des bœufs.
S 4- Saison favorable. Hygiène. Impression générale du voyage.
—La saison la plus favorable pour voyager en Turquie est le printemps et l'automne. Les mois d'avril et de mai, les mois d'octobre et de novembre, sont généralement beaux et médiocrement chauds. Les mois d'été, au contraire, sont insupportables par leur température tropicale et par la poussière des chemins, un des fléaux les plus pénibles
pour le voyageur, et dont on ne peut se faire idée dans nos pays h. routes carrossables. L'hiver offre aussi de grandes difficultés, soit par la rigueur du froid, suit parce qu'à la suite des pluies, du dégel et de la fonte des neiges, les transports sont devenus impraticables, et que les ponts rudiinentaires que l'on trouve sur chaque rivière ou torrent sont emportés. Ces ponts consistent simplement en une série de ttone* d'arbres, rapprochés les uns des autres , et jetés sans aucune espèce do lien de réunion sur deux autres troncs, qui leur sont perpendiculaires et qui tiennent lieu d'arches. Aussi, du moins dans les Principautés danubiennes, deux serviteurs se tiennent debout auprès de chaque pont, et, moyennant une très-légère rétribution, soutiennent la voiture a droite et à gauche, précaution, au reste, assez utile.
Parmi les règles hygiéniques indiquées dans notre Introduction générale, on devra surtout observer dans la Turquie d'Europe celles qui sont relatives aux refroidissements, à l'humidité et aux marécages.
D'après ce que nous venons de dire, il estfacile de tirer cette conséquence, qu'il faut être doué d'une grande dose d'énergie et de courage pour voyager dans l'intérieur de la Turquie d'Europe. On doit être disposé à braver la faim, la soif, la fatigue, et môme le danger des voleurs et des assassins, surtout sur les frontières de la Grèce. Du reste, l'intérêt archéologique tst presque nul. Pas de monuments à visiter, pas de grandes ruines. Le voyageur doit môme mettre une grande circonspection dans ce genre d'exploration : prendre des notes ou des croquis, c'est éveiller quelquefois des soupçons étranges dans l'esprit de ces populations ignorantes. Sauf dans les pays de montagne*, les beautés pittoresques manquent généralement dans les provinces turques. L'agriculture y est à peu près nulle, et se borne à quelques champs de blé, de maïs et de riz venus presque sans travail. Aussi, est-ce avec l'impression la plus triste que l'on revient de ces plaines si fertiles, et cependant si désertes et si incultes. Les voyageurs qui ont pour but des'recherches scientifiques peuvent seuls y trouver un . attrait. Quant au touriste, il y renonce bientôt. L'aspect de ces amas de maisons qui ne sont ni villes ni villages, la solitude et l'abandon qui régnent partout, la misère des habitants, et les cohortes de chiens errants, de corbeaux dévorants, se disputant lescharognes abandonnées sur les chemins, ne laissent qu'une impression de fatigue et de dégoût sans aucune espèce de dédommagement. Conslantinople, avec ses monuments, ses grands souvenirs et sa population pittoresque, le Bosphore, avec ses rives enchantées, présentent au contraire des beautés d'un ordre exceptionnel, et comptent parmi les localités les plus remarquables qu'il soit donné à l'homme d'admirer.
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