CONSTANTINOPLE. — RENSEIGNEMENTS
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quelle on distingue successivement la mosquée de la porte d'Andnnople, celle de Mahomet II k une très grande distance; celles de Schahzadèh et de Laléli, plus rapprochées de la mer; l'immense S'jleimanyèh et la tour du Séraskiérat) les mosquées de Bayézid, de Nouri-Osmanièh, et enfin la mosquée d'Ahmed , avec ses six minarets, et le grand bâtiment moderne de l'Université, qui masque Sainte-Sophie. Le navire rase alors la pointe du sérail. « C'est, dit Th.
Gautier , une suite de longues murailles blanchies à la chaux, découpant leurs crénelures sur des rideaux de térébinthes et de cyprès ; de cabinets aux fenêtres treillissées ; de kiosques aux toits en saillie sans symétrie aucune. »
Par-dessus les arbres on distingue les coupoles multiples et la tour carrée du sérail. En face, sur la côte d'Asie, se développe l'immense caserne de Scutari ; plus à TE. apparait Kadi-Keui, l'antique Cbalcédoinc. Doublant enfin la pointe du sérail, le navire pénètre dans le Bosphore, et, à l'entrée de la Corne-d'Or, * un panorama merveilleux se déroule aux yeux comme une décoration d'opéra. La Corne-d'Or est un golfe dont le sérail et l'Échelle de Top-Hanè forment les deux caps, et qui s'enfonce à travers la ville bâtie en amphithéâtre sur ses deux rives; sur la rive N., Top-Hanè s'avance avec son débarcadère, sa fonderie de canons et sa mosquée au dôme hardi, aux sveltes minarets, bâtie par Mahmoud. » Au-dessus s'élève en étage le faubourg de Péra, avec les bâtiments des grandes ambassades, Galata, avec sa haute tour ronde. Sur la rive S. s'étend Stamboul, la ville de Constantinople proprement dite. < Jamais ligne plus magnifiquement accideutée n'ondula entre le ciel et l'eau. Le sol s'élève à partir de la mer, et les constructions se présentent en amphithéâtre; les mosquées, dépassant cet océan de verdure et de maisons de toutes couleurs, arron-
Orîknt.
dissent leurs coupoles bleuâtres., et dardent leurs minarets blancs entourés de balcons et terminés par une pointe aiguë dans le ciel clair du matin, et donnent à la ville une physionomie orientale et féerique, à laquelle contribue beaucoup la lueur argentée qui baigne leurs contours vaporeux... Il n'y a pas de quais à Constantinople, et la ville plonge partout ses pieds dans la mer; les navires de toutes nations s'approchent des maisons sans être tenus à distance par un quai de granit. Au milieu de la Corne-d'Or et au large stationnent des flottilles de bateaux à vapeur anglais, français, autrichiens, turcs : omnibus d'eau, watermen du Bosphore , cette Tamise de Constantinople, où se concentrent tout le mouvement et toute l'activité de la ville; des myriades de canots et de caïqs sillonnent comme des poissons l'eau azurée du golfe et se dirigent vers le navire, qui mouille ordinairement entre la douane et l'échelle de Top-Hanè.
(Théoph. Gautier). > Malheureusement, après ce spectacle si saisissant vu à distance, on tombe en débarquant dans la triste réalité des villes turques; on pénètre dans un labyrinthe de ruelles humides, obscures, boueuses, où croupissent des ordures de tout genre, où le balai n'a jamais passé, où l'on marche à chaque pas sur des charognes que se disputent des chiens affames. Les échelles de Galata et de Top-Hanè, où le voyageur débarque ordinairement, sont justement au nombre des plus sales de Constantinople.