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V. Antiquités

Les antiquités sont peu nombreuses à Constantinopie, si Ton pense aux immenses travaux qu'y avaient exécutés les empereurs romains et grecs, et pour lesquels on avait dépouillé toutes les^provinces de l'empire et Home ellemême.

Outre la grande et la petite Sainte-Sophie, nous avons déjà mentionné la colonne de Théodose dans le jardin du Séraï. Nous allons passer en revue les fragments disséminés dans Constantinopie.

L'Hippodrome (en turc, At-Méidan, place des chevaux), est cette grande place rectangulaire, longue de 250 pas et large de \T>0, située au S.«K. de Sainte-Sophie, et <lont la mosquée d'Achmet occupe un des cotes. L'Hippodrome lut fondé par Soptimc Sévère et terminé par Constantin sur le modèle du grand cirque de Rome.

Il était entouré de» deux rangs do

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colonnes élevées l'une sur l'autre, et décoré d'un nombre infini de statues de marbre, de bronze, entre autres des quatre fameux chevaux de Lysippe, oui sont actuellement sur la basilique Saint- Marc à Venise. Tous ces monuments ont disparu successivement dans les émeutes du Cirque, et surtout à la prise de Constantinople par les croisés; sous Soliman le Grand, un visir nommé Ibrahim enleva les dernières colonnes et les derniers gradins de marbre. 11 ne reste aujourd'hui que l'obélisque qui indiquait le milieu de l'arène, la colonne torse et la pyramide murée. Ces trois monuments, placés sur une ligne oui indique 1 axe du cirque, ont été récemment déblayés des décombres qui cachaient leurs bases, et entourés d'une grille.

L'Obélisque de Théodose est un monolithe de granit rose deSycne, haut d'environ 30 mèt. et large de 2 à sa base. Sur ses ouatre faces sont gravés des hiéroglyphes bien conservés. Il repose, parlesquatre angles de sa base, sur quatre socles en bronze, portant eux-mêmes sur un piédestal en marbre sculpté des bas-reliefs assez grossiers, qui représentent l'empereur Tbébdose entouré desescourtisans; d'autres, plus près du sol, représentent les machines qui ont servi à l'érection de l'obélisque. Des inscriptions grecque et latine racontent qu'il a été érigé à cette place par Proclus, préfet du Prétoire, sous le règne de Théodose. Il est probable que cet obélisque avait été apporte à Constantinople par Constantin, et placé d'abord en quelque autre endroit.

La Colonne Serpentine, en bronze, haute d'environ 5 mèt., et formée de trois serpents enroulés, dont les têtes ont été brisées. On croit que cette colonne est celle qui, au temple de Delphes, portait le trépied d'Apollon, consacré par les Grecs après leur victoire sur les Perses.

La Pyramide murée, de Con-

DKIKOPK.

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stantin Porphyrogénète. a été depuis longtemps dépouillée des plaques de bronze doré qui la revêtaient. Aujourd'hui, les pierres qui la composent se disjoignent incessamment, et elle est menacée d une ruine imminente.

La grande place de l'At-Meïdan.

avec ses monuments antiques, les beaux arbres dont elle est plantée .et la vue des mosquées d'Ahmed et de Sainte-Sophie, est un des pointsles plus intéressants de Constantinople. C'était là qu'avant la réforme de Mahmoud les itchoylans ou pages du Séraï venaient s'exercer à lancer le djerid (javelot).

C'est sur cette place, ai souvent le théâtre des révoltes des janissaires, que commença la terrible exécution ordonnée par Mahmoud.

Colonne brûlée (située près de l'At-Meidan). — Cette colonne de porphyre, aujourd'hui noircie par les incendies, fut, dit-on, apportée de Home par Constantin. Klle était surmontée d'une statue d'Apollon en bronze; mais, voulant que ce monument lui fût personnel, Constantin décréta qu'on eût à tenir cette figure pour la sienne, et, pour se donner en même temps les traits du Christ, il substituales clous de la Passion aux rayons du soleil. Constantin fut remplacé par Julien, et celui-ci par Théodose. Sous le règne d'Alexis Comnène, la foudre renversa la statue et la partie supérieure de la colonne. On distingue fort bien aujourd'hui la partie de la colonne qui a été restaurée pour porter une croix et le nom de Manuel Comnène, qui présida à ce travail, ainsi que la trace des couronnes de laurier qui cerclaient la garniture des tambours. On ne sait pas ce qu'est devenue la statue. Le Palladium était , dit-on, enfoui sous ctte colonne.

Colonne de Marcien (située entre la mosquée de Mahomet et l'Et- Meïdan, dans un jardin particulier). — Cette colonne en granit, haute de 12 à 15 mèt., porte un chapiteau corinthien surmonté

'Ko lté ôa.j (ONSTANHNOPJ

d'un cippc de marbre, dont les quatre angles sont ornés d'aigles sculptés encore bien conservés.

On pense qu'autrefois cette colonne portait les cendres de l'empereur Marcien.

Tout près d'elle est YEt-Méidan, ancien quartier des janissaires; c'est là que 6 'était réfugiée ei que lut définitivement détruite cette milice redoutable. Le vaste espace qu'il occupait dans la vallée centrale de Constantinople , se recouvre actuellement de constructions nouvelles.

Colonne d'Arcadius.— (Si tuée sur la septième colline, près du lieu dit Avret-Bazar , et entourée d'échoppes.) De ce beau monument, élevé en l'honneur d'Arcadius et d'Eudoxie, il ne reste plus qu'un piédestal, haut d'environ 6 mèt., •u le commencement du fiH de la colonne. Les incendies l'ont complètement calcinée et réduite à ictat de bloc informe; mais on peut pénétrer dans l'intérieur par la boutique d'un charron. On y trouve d'abord en bas une chambre avec une niche sépulcrale , et iont le plafond présente quelques sculptures, puis un escalier assez bien conservé, à angles droits dans la partie inférieure, et devenant circulaire dans la colonne.

Du haut de ce débris, on a une belle vue sur la merde Marmara, et sur toute la ville de Constantinople qu'on voit à rebours dos perspectives habituelles.

Tombeau d'Irène.— On nomme ainsi un sarcophage antique en brèche verte que les lurcs ont converti en fontaine, et placé devant la mosquée de Steirek-Djamissi. Il ne porte pas d'insenpl'0n, mais on voit des croix sur ses quatre faces.

Aqueduc de Valeus (Bosjohan- K«Wn.) — On voit encore une port<on considérable de cet aqueduc entre la troisième et la quatrième colline, près du At- Bazar. Cet aqueduc a été, dit-on, rebâti par Soliman, et il sert encore au même »«gc, bien que très-dégradé : au-

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dessus du At-Bazar, on trouve une petite citerne alimentée par les eaux de cet aqueduc.

Citerne Basileia (Yerè batan Séraï, le palais de dessous terre), située près de Sainte-Sophie. Cette citerne, bâtie par Constantin le Grand, sert encore aujourd'hui de réservoir d'eau. C'est dans un enclos particulier que l'on trouve un escalier pour descendre dans ce vaste souterrain. Les voûtes sont des cintres en briques soutenus par un grand nombre de colonnes d'ordres différents. Cette citerne s'étend au loin sous le quartier, jusque vers la façade méridionale de Sainte-Sophie , près d'une fontaine située dans une dépression de terrain, et reconnaissable a ses cinq robinets surmontés de cinq voûtes ogivales.

Citerne des Mille et une colonnes ( Bm - Btr - Dèrèk ) , située près de l'At-Meidan. Elle ne compte en réalité que deux cents vingt-quatre colonnes, à chapiteaux de marbre assez grossièrement sculptés. La citerne est aujourd'hui à sec, et occupée par des cordiers.

Près de là, se trouvent les restes d'une muraille grecque, et une autre citerne, également à sec, où l'on compte vingt-huit colonnes corinthiennes plus belles que celles de la citerne aux Mille et une colonne».

Les empereurs grecs avaient fait creuser un grand nombre de ces citernes; on en trouve encore en différents endroits de la ville; * notamment au S. de la mosquée de Laléli, est une citerne avec quatrevingts colonnes, qu'on suppose être l'ancienne citerne d'Asparîs. Au N.-O. de la mémo mosquée, est une vaste ' fontaine ( tchoukourtchechmè ) où l'on descend par un grand escalier à ciel ouvert. Une autre citerne, située entre Tékir- Séraï et la porte d'Andrinople , serait l'anoienne citerne Mocisia.

Il y en a une autre près de la mos quée de Sélim, une près de la mosquée d'Émir-Akhor (mosquée de

l'Ecuyer), et une nommée Tchoukour-Bo$tan , près de la mosquée d'Exi-Marniara.

Les autres antiquités de Constantinople sont comprises dans le :

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