‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 20 sur 511 · DCRÈE DU VOYAGE.— DÉPENSE. XXV · texte numérisé non relu

DCRÈE DU VOYAGE.— DÉPENSE. XXV

p. 67), et en Syrie trente jours (itinéraire 6, p. 612), accompliraient un voyage déjà très-suffisammentcoraplet. L'excursion de la haute Egypte% ensupposant toutes les circonstances les plus heureuses (c'est-a-dire en novembre, à l'époque des vents favorables), allongerait encore le voyage d'au moins six semaines.

telles sont les indications très-générales que nous pouvons donner ici, et qui devront être soigneusement contrôlées avant le départ en consultant les prospectus des paquebots des messageries impériales (à Paris, rue Notre-Dame des Victoires, 28) et aussi ceux du Lloyd, (au consulat d'Autriche, rue Lafitte 21), les services de ces deux compagnies étant sujets à varier. Quant au choix des contrées que l'on se décidera à visiter, nous renverrons à nos chapitres généraux, Grèce, Turquie, Syrie, Arabie, Egypte, etc.; en parcourant nos paragraphes spéciaux : manière de voyager, impression générale du voyage, chacun pourra se décider suivant ses goûts, ses forces, sa santé. La simple tournée des côtes de la Méditerranée, celle de l'Egypte tout entière,

f meuvent être faites sans difficultés, sans fatigues par tout le monde, par es femmes, par les malades mêmes, on n a guère à craindre que le mal de mer. II n'en est pas de môme des pérégrinations dans l'intérieur de la Grèce, de l'Asie, de la Syrie, où l'on ne peut voyager qu'à cheval et loger sous la tente {V, p. 65-66, p. 457 et p. 603-610), et, à plus forte raison de l'Arabie, que l'on ne peut parcourir qu'à dos de dromadaire : chacun devra consulter ses forces, son courage à supporter certaines privations, avant de se mettre en route.

La dépense d'un voyage en Orient ne peut être indiquée que d'une manière approximative. Pour les personnes qui aimeraient à faire des voyages d'exploration dans les régions les moins accessibles, dans l'Arabie, dans le Haouran, dans les profondeurs de l'Asie Mineure, les frais de voyage n'ont pour ainsi dire pas de limites, tant sont considérables les rançons à payer aux cheikhs des tribus, dont on doit traverser le territoire. Un tel voyage pourra s'élever facilement à 20 ou 30 000 francs. Mais, sauf ces entreprises exceptionnelles, si Ton veut rester sur les routes habituellement parcourues, on peut évaluer sa dépense aune moyenne de 40 francs par jour, si l'on est seul, que Ton pourra réduire à 20 francs si l'on se réunit à plusieurs voyageurs. Il est tout à fait impossible de descendre au dessous de ce dernier chiffre, mais en revanche, on a peu d'occasions de dépasser le premier. En résumé, une moyenne de 800 francs par mois exprime assez exacte* ment la dépense d'un voyage en Orient (V. pour les détails les paragraphes spéciaux à chaque pays). Quant aux voyageurs qui se borneraient aux tournées restreintes que nous avons indiquées, ils peuvent facilement faire leur budget en consultant d'une part le tarif des paquebots que nous donnons ci-après, et en calculant d'autre part leur séjour à Constantinople sur le pied de 25 francs par jour, à Jérusalem ou au Caire sur le pied de 20 francs, à Athènes sur le pied de 12 à 15 francs.

La tournée complète de la Méditerranée, revient à environ 1475 fr. en première classe, un peu plus de 1020 en seconde classe, nourriture comprise et à 609 fr. en troisième classe (sans nourriture), prix qui s'abaissent à environ 1200, 800 et 500 fr. avec la remise de 20 •/. accordée pour les billets aller et retour. Le voyage de Paris à Marseille en train express coûte 96 fr. On voit donc que la tournée ci-dessus indiquée de soixante et onze jours peut être accomplie par un voyageur seul pour 2400 à 3000 fr., en prenant les secondes classes des paquebots, et comptant la tournée de Grèce à 300 fr., celle de Syrie a G00 fr., le séjour à Constantinople 200 fr. et en Egypte 300 fr. Le voyage de trois mois et demi (trente-quatre jours en Grèce, trente-

xxvi INTRODUCTION»

deux jours en Syrie) dans les mêmes conditions monterait a 3400 ou 4000 fr. — Le voyage simple d'Athènes et de Constantinople avec huit jours de séjour en Grèce et huit jours de séjour à Constantinople coûte 1500 fr. en première classe, 1200 fr. en seconde classe et 900 fr. en troisième classe. Enfin les jeunes gens, les artistes, qui ne s'effraieraient pas de passer dans la saison chaude quelques nuits en mer à la belle étoile drapés dans une couverture de laine, et de vivre quelques jours de provisions emportées avec eux, n'ont qu'a jeter les yeux sur le tarif des quatrièmes classes, pour voir qu'en définitive l'Orient est aujourd'hui ouvert à toutes les bourses.

§ 2. Préparation au voyage. — Tout voyage pour être fructueux demande qu'on s'jr prépare à l'avance par quelques études préalables. Pour le voyage en Orient, plus que pour tout autre, cette préparation est nécessaire, sans quoi le temps, les sommes considérables qu'on y aura consacrés risquent d'êtres dépensés en pure perte. L'Orient, par ses grands souvenirs, par les grandes scènes de la nature, par In nouveauté et la diversité de ses populations doit inspirer autre chose qu'un attrait de simple curiosité et de pure distraction : le touriste frivole y devient un voyageur sérieux, les longues journées passées sur le Nil, les longues haltes sous la tente lui donnent le loisir d'étudier, et son juste désir doit être de revenir d'un pareil voyage avec des connaissances plus étendues, plus approfondies qu'il n'en possédait au départ. Enfin l'Orient est encore si peu connu, que toute observation consciencieusement recueillie y prend une valeur réelle. Nous ne saurions trop engager le voyageur à prendre constamment des notes sur les distances, la nature du sol ou de la végétation, les mesures des monuments, les détails de mœurs qui le frapperaient. Que le simple touriste ait l'ambition de se faire écouter à son retour, de répandre les connaissances qu'il aura acquises, il sera utile non-seulement à lui-même, .mais ses observations pourront devenir le point de départ des travaux les plus sérieux, des découvertes les plus utiles.

La première étude préparatoire que l'on doit recommander au fufur voyageur est l'étude des langues, line teinture, »i faible qu'elle fût, des langues orientales serait d'un prix inestimable, mais c est là une tâche difficile, et peu de personnes sont aptes à y réussir. La langue italienne est d'un grand secours dans tout l'Orient, c'est la langue courante des levantins, des ordres religieux, et quoique le français tende de plus en plus à se répandre, l'italien est encore plus généralement entendu. L'anglais est fort utile, non qu'on ait occasion de le arler, mais parce que les meilleurs livres de voyages que nous posséons sont écrits en cette langue. Enfin celui qui n aura pas oublié ses études classiques, pourra, au moyen du grec ancien, arriver à se familiariser avec le grec moderne.

A cc)té des langues, un retour sur ses souvenirs classiques, sur l'histoire des pays que l'on va parcourir, sur les ouvrages des cosmographes de l'antiquité, des Strabon, des Pausanias, peut être vivement recommandé. C'est la meilleure préparation aux études archéologiques que l'on va rencontrer à chaque pas.

A côté de ces œuvres sérieuses, la lecture préalable de quelques voyages pittoresques et humoristiques est un enseigpement qui n'est pas à dédaigner, c'est un stimulant qui vous décide à partir, et leur images vivement colorées vous apprendront a, peindre vous-mêmes.

Quelques notions d'architecture seront trfcs-profitables au voyageur. L'flïitotre de l'art monumental, de M. Bâtissier, que nous avons souvent citée, fournità cet égard des renseignements suffisants pour la plupart des touristes,

PRÉPARATION.— HYGIENE. xx vu

Les observations d'histoire naturelle, utiles dans tous les pays, lo sont surtout dans les régions encore peu explorées de l'Orient.

Le dessin est un talent précieux que tout le inonde ne possède pas, ■ail ce que l'on peut apprendre c'est la photographie. Le simple touriste peut, grâce à cet art, rapporter les renseignements les plus précieux pour la science, parce que leur authenticité est incontestable. Le» procédés de moulage de M. Lottin de Laval, décrits dans les Arches des missions scientifiques et littéraires, tome VII, p. 185, permettant de rapporter les sculptures, les bas-reliefs, les inscriptions que l'on aura rencontrés, sont un des talents les plus fructueux que l'on puisso acquérir. Enfin, apprendre à lever un plan, à observer la hauteur des montagnes au moyen du baromètre, à déterminer une latitude et surtout une longitude, sera le moyen de donner à ses notes de voyage une véritable portée scientifique.

Nous avons l'air d'exiger de notre voyageur un savoir encyclopédique: c'est un privilège bien rare que de réunir des connaissances si variées, mais que l'on s'assigne sa tâche, que dans une caravane de plusieurs voyageurs chacun ait son rôle et son but, et l'on n'aura pas à regretter les sacrifices que l'on se sera imposés.

$ 3. Hygiène. Maladies. Pharmacie.- L'Orient, dans lequel on va vivre pendant plusieurs mois, comprend des climats déjà si différents du nôtre, qu il est nécessaire de tracer d'avance quelques règles de conduite dont le voyageur fera bien de se pénétrer s il ne veut pas compromettre sa santé.

Adopter autant que possible la manière de vivre des peuples chez lesquels on se trouve est un précepte dont on comprendra immédiatement la vérité. L'expérience des siècles leur a appris les pratiques qui pouvaient leur être nuisibles, et, abstraction faite des passions et des vices de la nature humaine, les mœurs d'un pays trouvent en général leur raison d'être dans les conditions climatériques qui lui «ont propres. En Orient surtout, les règles de l'hygiène ont été formulées dès les temps les plus anciens par les législateurs religieux Moïse et Mahomet. La purification personnelle, lafréquence des ablutions, l'abstinence du vin et de certaines viandes, érigées en précepte religieux, ne sont que des règles hygiéniques dont la valeur est "contestable. Toutefois, nous devons ici tenir compte du régime habituel des Européens, et ne pas leur conseiller sans transition la manière de vivre dos Arabes.

La c Orient heures verticale

prendre dans Tes villes. Dans le cours du voyage, il faudra partir de bon matin, faire sa halte principale de II h. à 2 h. et marcher de nouveau jusqu'à 6 ou 7 h. du soir.

S'il doit craindre l'extrême chaleur, le vovagour doit également redouter la fraîcheur subite des soirées, et s'abriter soigneusement contre le rayonnement nocturne qui produit un abaissement considérable de température : une bonne tente, de bonnes couvertures de laine, de la flanelle portée sur le corps et changée dès qu'elle est baignée de sueur, sont de toute nécessité.

L alimentation ne demande pas des précautions moins grandes. C est pour n'avoir voulu rien chauger à leurs habitudes européennes, pour n'avoir pas voulu renoncer à i usage des viandes fortes et des graisses, a l'usage des boissons fermentées. que tant d'Européens succombent en Afrique et dans les Indes. Boire du vin pur, manger des viandes

xxviu INTRODUCTION.

fortes avant que les chaleurs de la journée soient passées, c'est s'expo ser à rester tout le jour dans un état d'apathie, de torpeur, de dyspepsie et de congestion, qui amènera les accidents les plus graves, s'il se prolonge ; bientôt les digestions s'altéreront, les entérites, et les maladies du foie surviendront. Manger très-légèrement le matin, des œufs, des viandes blanches, ne boire que de 1 eau, ou du vin coupé et en petite quantité, sont des règles dont il ne faudra pas se départir, quand on voyagera dans la saison chaude. Quelques gouttes, mais quelques gouttes seulement de raki ou de mastic (V. p. 54) pour apaiser la soif, et humecter la bouche en route, seront sans inconvénient, parce que ces spiritueux sont immédiatement exhalés. Mais la boisson par excellence, c'est le café, tel que le prennent les Arabes, le café

§eu torréfié, réduit en poudre impalpable, et préparé au moyen d'une écoction rapide. On s'habituera rapidement a avaler la poudre avec le liquide, et l'on aura alors une boisson (presque un aliment), à la fois rafraîchissant, tonique, qui diminue la transpiration cutanée, et relève les forces. L'alimentation en voyage est fort monotone, les œufs, le poulet, le riz, les légumes et les fruits secs la constituent presque exclusivement quand on est en route. Cette nourriture est saine, mais elle n'est pas assez réparatrice pour les Européens. Plus éprouvés que les indigènes par la chaleur, ils ont besoin de se sustenter davantage. Aussi, si nous leur avons interdit les viandes fortes et le vin pur le matin, avant la chaleur, nous les leur conseillerons le soir, pour relever les forces affaiblies parles déperditions de la journée. Quant aux aliments çras, quant à la viande de porc, quant aux alcooliques proprement dits, nous croyons qu'il faut positivement y renoncer dans les pays chauds.

Grâce à ces précautions fidèlement observées, le voyageur peut se flatter de n'éprouver aucune altération dans sa santé. Celui qui se trouverait malade en Orient trouvera dans les grands centres des médecins européens éclairés, ou ayant étudié en Europe ; nous en indiquons plusieurs par la suite de cet ouvrage. Les médecins sanitaires que le gouvernement français a établi dans les résidences principales (Constantinople, Beyrout, Damas, Alexandrie, leCaire), tiennent incontestablement le premier rang, et méritent toute confiance. Mais dans l'intérieur des pays ottomans, le voyageur se trouvera à peu près complètement dénué de secours, car les médicastres turcs ne présentent aucune garantie, d'ailleurs plusieurs de nos routes traversent des régions complètement désertes, aussi croyons-nous utile de donner quelques indications sur les maladies auxquelles le voyageur est spécialement exposé en Orient. Nous lui indiquerons plus loin une petite pharmacie sommaire dont il fera bien de se munir en Europe.

Le coup de soleil peut avoir une extrême gravité en Syrie, en Arabie et en Egypte : il amène un véritable érysipèle phlegmoneux de la face et du cuir chevelu, et par la propagation de l'inflammation aux enveloppes du cerveau, il peut amener la mort en quelques heures; la saignée, de larges affusions d'eau froides sur la tête sont à peu près le seul remède dans ces cas graves, aussi faudra-t-il se mettre en garde contre cet accident, en évitant de sortir en plein soleil, en se couvrant soigneusement la tête, non seulement dun épais tarbouch (ou fez) en drap, mais en s'abritant aussi le cou, et les épaules sous les plis d'une épaisse Kouffièh {V. p. 584) ou sous le capuchon d'un burnous.

L'ophthalmi* aiguë est une maladie fréquente dans les régions du midi, soit à cause de la réverbération de la lumière, soit à cause du sable fin qui voltige dans l'air, soit enfin par suite d'un refroidissement.

HYGIÈNE.— MALADIES. xxix

L'inflammation de la conjonctive atteint promptement la cornée, avec une grinde tendance à passer à l'ophthalmie purulente et à l'état granu-

leux chronique. La rougeur, la cuisson, la sensation douloureuse produite par la lumière en sont les premiers symptômes. Un traitement antîpbio gis tique énergique doit lui être opposé, quelques sangsues appliquées à 1 angle externe de l'œil, quelques scarifications pratiquées avec une lancette sur la conjonctive même amènent un prompt soulagement, mais faute d'une main exercée pour les pratiquer, le voyageur devra faire usage des deux collyres dont nous lui donnons plus bas la formule. L'apparition d'un écoulement purulent entre les paupières indiquerait 1 usage immédiat du nitrate d'argent concentré. Protéger les yeux avec des conserves bleues, éviter la fraîcheur des nuits, et baigner fréquemment les yeux avec de l'eau fraîche sont les meilleurs moyens de se garantir de cette maladie.

Rembarras gastrique est fréquent dans les chaleurs ; les symptômes sont : la perte de l'appétit, la pesanteur de tête, la bouche ère, la langue couverte d'un enduit blanc jaunâtre. Se faire

vomir avec 2 grammes d'ipécacuanha coupe court à cette indisposition légère.

La diarrhée est une des indispositions auxquelles on est le plus sujet dans les pays chauds; le refroidissement en est la cause la plus habituelle, porter une ceinture de flanelle sur le ventre est le meilleur moyen do s'en préserver. Quand elle existe, le meilleur moyen de la couper est de prendre un purgatif salin, 15 à 30 grammes de sulfate de magnésie, et de garder le repos et la diète un jour ou deux : l'opium échoue généralement contre la diarrhée des pays chauds.

La dyssenterie est un ennemi bien autrement redoutable. La fièvre, le ténesme, c'est-à-dire un besoin incessant d'aller à la garde-robe avec sentiment de cuisson douloureuse au fondement, enfin selles liquides, peu copieuses et sanguinolentes, tels en sont les premiers symptômes. Le ealomel à doses répétées, la décoction d'ipécacuanha sont les moyens à employer contre cette affection cruelle qui exige les plus prompts secours de l'art. Les évacuations bilieuses produites par ces deux médicaments amènent un grand soulagement. On ajoutera un peu d'opium comme calmant. Pour boissons : eau albumineuse (un blanc d'œuf battu dans un litre d'eau )

La fièvre bilieuse n'est qu'un degré de plus de l'embarras gastrique, accompagné d'un état fébril et d'un léger degré d'ictère (jaunisse). Elle cédera facilement, dans les cas simples, à l'usage d'un vomitif, le premier jour, suivi de purgatifs légers les jours suivants. Quelques bains frais, un régime très-doux, achèveront ordinairement la guérison.

La furcre intermittente, avec toutes ses variétés, est le grand ennemi contre lequel il faudra se mettre en garde. Éviter avec soin les campements dans les lieux bas, humides, marécageux; placer autant que possible sa tente sur un endroit élevé, à l'abri de rideaux d'arbres, s'il y a des eaux stagnantes dans le voisinage; éviter, surtout le soir, les promenades au bord des rivières encaissées; se garder de l'humidité et du froid de la nuit dans les régions où la végétation n'est pas renouvelée par la culture, sont les précautions à prendre pour s'en préserver. L'accès de fièvre intermittente débute par un frisson violent, avec claquement de dents, c'est ce qu'on appelle le stade de froid; il est suivi d'une période de chaleur qui se termine par une transpiration abondante, puis la fièvre cesse, et l'on entre dans ce qu'on appelle la période à'apyrexie, c'est-à-dire un état de santé app*~ rent. L accès revient ordinairement à jour fixe et à la même heure,

ÎN VKODI CïiON.

tantôt tous les jours (fièvre quotidienne), tantôt tous les doux jours (fièvre tierce), tantôt tous les trois jours (fièvre quarte).

La fièvre intermittente doit être combattue par le sulfate de quinine dès le début. Une dose de 50 centigrammes sera prise immédiatement

après l'accès, puis on attendra l'accès suivant, pour recommencer encore après l'accès, jusqu'à ce que la fièvre soit coupée, c'est-à-dire jus-

souvent l'accès se révèle encore par un frisson imperceptible se re produisant à jour fixe : alors la maladie n'est pas terminée, et il faut continuer le médicament jusqu'à ce que ce dernier symptôme ait dis-

ftaru. Il est inutile de prendre du sulfate de quinine tous les iours entre es accès; le médicament ne doit être employé qu'à haute dose et par intervalles, c'est-à-dire immédiatement après chaque accès. Pris pendant les accès, il no serait pas toléré. Cependant, si ceux-ci se rapprochaient, s'ils se répétaient deux fois dans une mémo journée, presque sans intervalle d'apyrexio, alors il faudrait craindre la fièvre pernicieuse et donner le remède le plus vite possible, n'importe à quel instant, en élevant rapidement la dose à 1 gramme, 1 gramme 50 et 2 grammes par jour, dose qui ne devra jamais être dépassée sans avis d'un médecin.

La pharmacie que nous conseillerions au voyageur d'emporter, et qui pourrait tenir tout entière dans une très-petite boite, serait ainsi.compot ée :

fois, à 10 minutes d'intervalle, délayé de verre d'eau sucrée.

Sulfate de quinine, 20 doses de 50 centigrammes chacune (se prend dans un pain à chanter, à jeun, boire par-dessus un verre de limonade bien acide).

Calomel à la vapeur, 20 doses de 5 cent. — 10 doses de 50 centigrammes (se prend délayé dans un peu d'eau:.

Les faibles doses sont destinées à être prises suivant la méthode fractionnée, c'està-dire une dose toutes les heures, en tout 10 doses par jour, contre les états bilieux, la dyssenterie.

l a forte dose de 50 centigrammes doit être prise en une fois ; excellent purgatif pour les engorgements du foie.

Extrait d'opium (-20 pilules de 5 centigrammes chaque), chaque pilule est la dose d'un jour, c'est le calmant par excellence, employé pour combattre le symptôme douleur, à peu près dans toutes les maladies.

Laudanum de Sydenbam (30 grammes), même usage; dose à l'intérieur : 8 gouttes, en lavement ou dans un verre d'eau. Usage externe pour cataplasmes, pansement* des plaie*.

10 paquets vomitifs, composés chacun de ; poudre d'ipéca, 2 grammes; tartre subie, 5 centigrammes, à prendre en trois

dans un quai

Ipécacuanha, en racines concassées (90 grammes en 4 paquets), en décoction contre la dyssenterie : un paquet de 5 grammes pour 200 grammes d'eau, (un grand verre]. Faites bouillir, pour réduire l'eau de moitié, administrez en trois fois à trois heures d'intervalle*

iSulfate de magnésie (sel de Sedlitz) (G0 grammes en 4 paquets), un paquet delayo dans un verre de limonade, comme purgatif léger.

Sulfate de zinc (10 grammes on 10 paquets}, dissoudre un paquet dans un verre d'eau, pour collyre faible, contre l'ophthaï m le peu intense.

Collyre moyen : nitrate d'argent 5 centigrammes, eau distillée 30 grammes ; contre l'ophthalmie plus grave.

Collyre fort : nitrate d'argent 1 gramme, eau distillée 30 grammes, contre l'ophthalmie purulente*

Ces deux derniers collyres conservés avec soin dans des flacons de verre bleu, bouches à leuieri, ne devront être employés que par gouttes : on les introduira entre les paupières au moyen d'un petit pinceau à aquarelle.

ÉQUIPEMENT. xxxt Tatietas d'Angleterre, sparadrap de dia- lées, quelques compresses, unpeu de char-

chyllaai, une feuille d'agaric (contre les hé- pie, pour faire au besoin de petits pansea%orThag;es). Quelques bandes de toile rou- ments. Docteur lsambert.

$ 4. Équipement.— Restreindre son bagage autant, que possible est le

moyen d'éviter les plus grands ennuis du voyage et do s'épargner de< dépenses considérables. Dans un pays comme l'Orient, où l'on doit toujours voyager à cheval, cette n'ïgle devient encore plus nécessaire, si l'on ne veut multiplier outre mesure le nombre des bêtes de charge dont il faudra grossir sa caravane. Rappelons-nous qu'il vaut infiniment mieux acheter en route un vêtement qui nous manquerait que se charger au départ d'objets qui no serviront peut-être jamais.

Voici a quoi le bagage personnel d'un homme peut ê,re réduit pour en voyage de six mois :

Pharmacie portative, livres et cartes.

Couverture de voyage en laine, aTec sa courroie. On fait /aire une feDte au milieu pour passer la tète, et alors la courerture devient un vaste manteau. Au campement ou à bord, elle sert de matelas pour s'étendre. A cheval, on peut eu envelopper les reins, les jambes pour les protéger contre la pluie, tandis qu'un manteau de caoutchouc protégera la tête, les épaules et le dos.

L'équipement d'une femme devra être analogue. Celle qui se sentira le courage d'entreprendre le voyage de Syrie, ou de Grèce, comprendra facilement qu'elle doit renoncer à la toilette ; deux costumeg d'amasone, de grands plaids pour manteaux, chapeau à larges bords, voile bleu, etc.

;au de feutre a larjres bords.

Un habillement à l'européenne pour les visites aux consuls, banquiers, etc.

Un habillement de voyage en toile blanche.

Un habillement de voyage en étoffe de

Quatre chemises de flanelle (excellent sa point de vue de l'hygiène, comme à celui de la propreté).

Mouchoirs, cravates, bas on chaussettes (une demi-douzaine).

trois paires, une paire de

Ntcê&sajre de toilette, en forme de trous*'» en cuir ou en taffetas gomme bien préférable aux coffres, qui sont pesants et

incommodes.

pour écrire, papier, encre)

etc.

Ne pas emporter de caisses ni de malles, mais une double sacoche à cheval en cuir ou en toile imperméable. On en trouve de fort bien faites au Bazar du voyage, rue de la Paix, 25, mais elles ne sont ordinairement pas assez grandes : il faut donner à chaque poche au moins 50 centimètres de long sur 40 de large et 30 d'épaisseur, veiller à ce que l'entrée ne soit pas trop étroite. Une pareille sacoche double tient autant qu'une malle et contiendra, parfaitement l'équipement que nous Tenons ôvénuroércr. On en trouve au besoin au bazar de Constantinople ou du Caire de très-commodes et h bon marché. Une selle à l'européenne est fort utile à emporter, car les selles grecques, turques ou arabes sont détestables; on a beaucoup de peine à s'y habituer. Pour une femme, la selle européenne est indispensable, et il faut savoir qu'on aurait beaucoup de peine à s'en procurer, même au Caire ou à Constantinople.

Noua croyons inutile d'acheter une tente en Europe : ce qu'on pourrait emporter serait nécessairement petit, et tous les drogmans en ont a louer d'infiniment plus vastes et plus commodes. Nous en dirons autant des matelas, des lits de camp, de la cantine (vaisselle, couverts de table, etc.). Les drogmans se enargent de fournir tous ce» acce»-

xxxii INTRODUCTION.

soires. Pour les dames, cependant, ils peuvent avoir leur utilité. Un mousticaire léger, formé d'une espèce de grand sac de gaze légère, dans lequel on s'introduit par une fente ménagée à la partie moyenne, n'est pas une précaution inutile, si l'on doit voyager en été.

Des armes apparentes sont à peu près indispensables, comme maintien, dans un pays où tout le monde est armé. (V. p. 54 et 6Ç5) Le revolver est l'arme Qui étonne le plus les Arabes et leur inspire le plus de crainte , malheureusement il ne se voit pas de loin ; un fusil à deux coups est un porte-respect qui prévient l'attaque. On fera bien d'en emporter un (l'Europe, mais il est inutile do prendre des armes de luxe.

Nous avons recommandé aux voyageurs de se livrer à l'étude ; évidemment ce n'est pas sous ce rapport qu'ils devront se restreindre, car ils ne trouveraient absolument rien en Orient. Que les livres solidement reliés, les cartes collées sur toile soient aussi nombreux que possible ; les albums, crayons, boites de couleurs, bien fournis. Un mètre pour prendre des mesures, une bonne lunette de spectacle, telle que nos bçns opticiens en construisent maintenant pour voir à grandes distances, une paire de conserves bleues ou un voile de soie bleue sont des objets utiles. Les instruments scientifiques : baromètre, thermomètre, sextant, boussole, etc., les appareils de photographie nécessiteront nécessairement un équipement particulier, mais les voyageurs, malheureusement peu nombreux, qui se livrent à ce genre de travaux savent d'avance s'organiser chacun suivant sa spécialité. Il est inutile d'ajouter qu'on ne doit se charger d'instruments de précision que quand on sait parfaitement les manier.

Un grand nombre de livres sur l'Orient conseillent d'emporter une grande Quantité de caisses de provisions: sucre, riz, vin, légumes conservés, etc. Sauf ce dernier article, le voyageur trouvera à acheter à peu près tout en Orient, et nous lui conseillons de ne pas se charger de tant de bagages. Celui qui se rendrait directement en Egypte pour remonter le Nil ou faire le voyage d'Arabie, aurait seul avantage à faire quelques achats à Marseille ou à Malte. {V. vn« partie, Egypte, p. 954 pour les renseignements particuliers.)

Enfin, on a conseillé de se munir d'avance d'objets qui pussent être offerts en présents aux cheikhs arabes. Des armes à feu, de la poudre, quelques objets de coutellerie, de bijouterie, de petites boussoles de poche pour indiquer la direction de La Mecque, sont ce qu'on peut offrir de plus agréable. Mais il est complètement inutile de se munir de pareils objets si l'on n'a pas l'intention de faire des voyages d'exploration proprement dits. Les bazars du Caire et de Constantinople fourniraient d'ailleurs un certain nombre d'objets à ceux qui en auraient besoin.

§ 5. Passe-ports, argent, lettres de crédit et de recommandation.

— Le passe-port est presque inconnu en Orient, heureusement! à peine est-il nécessaire de le montrer aux autorités locales en arrivant a Athènes, à Constantinople, & Alexandrie, mais il est exigé pour sortir de France, et pour y rentrer ; il est demandé dans les légations et les consulats, où il sert d'introduction : il faut donc avoir un passe-port pour l'Orient. On doit le demander à Paris, non pas à la préfecture de police, mais au ministère des affaires étrangères qui le délivre sans frais en échange d'un ancien passe-port. Il doit être revôtu du visa des légations de tous les pays qu'on se propose de traverser. (Important si l'on veut passer par l'Allemagne ou 1 Italie).

L or français et anglais ont cours partout en Orient. C'est la monnaie qu'il faut emporter: Une ceinture en toile écrue à plusieurs comparu-

MANIERE DE VOYAGER, ETC. xxxm

menu, comme on en trouve au Bazar du voyage, est le mode le plus sur de porter son argent. Il ne faut pas se charger de plus de 2 ou 3000 francs. On emportera le surplus sous forme de lettre de crédit. Tous les banquiers ne sont pas à môme de vous ouvrir un crédit sur les villes éloignées de l'Orient. Nous indiquerons à cet égard M. Flury Hérard (rue saint Honoré, n. 372, à Paris), banquier de tous les consulats, comme étant en état de délivrer une lettre de crédit circulaire sur toutes les villes où nous avons des consuls.

En tin les lettres de recommandation pour les membres des légations, des consulats, les médecins sanitaires de France; les agents des mes^ sageries impériales, seront souvent utiles, mais le voyageur muni d'un passe-port régulier, peut se présenter avec confiance chez les consuls de France, partout où il s'en trouve , son seul titre de français et d'homme du monde lui assure une bonne réception. C'est même en quelque sorte manquer aux convenances que de négliger cette visite dans les localités peu fréquentées par nos compatriotes. Dans les grands centres, au Caire, à Constantinople, on peut plus facilement î"cn dispenser, mais il vaut mieux le faire, car on aura toujours besoin de recourir à leur obligeance pour obtenir des permissions, des renseignements.» pour conclure les arrangements avec les drogmans, etc.

$ 6. Moyens de transport, poste, manière de voyager, guides, hôtels. — C'est presque toujours par mer qu'on se rend en Orient, ou bien en descendant le Danube. Nos lecteurs trouveront ci-dessous aux routes préliminaires A, B, C, les règlements généraux des grandes compagnies des paquebots, Messageries impériales françaises, Lloyd autrichien, et Compagnie tmp. et royale du Danube, etc. Il va sans dire que les itinéraires, jours de départ de ces paquebots pouvant être incessamment modifiés, il faudra se renseigner au moment du départ, à l'administration des Messageries impériales, à Paris, rue Notre-Dame des Victoires, 28; à Marseille, place Royale, n. I ; à Lyon, place des Ter* raux, etc. Les renseignements sur le Lloyd pourront être demandés à Paris au consulat d'Autriche, rue Lafitte, 21. La poste en Orient est entièrement entre les mains des Européens et desservie par les paquebots (V. pour chaque pays sa notice spéciale). Le Télégraphe électrique atteint maintenant Malte, Corfou, etConstantinople ; on doit le pousser jusqu'en Egypte, où il se reliera a celui de l'Inde.

Quant à la manière de vovager dans chaoue pays, aux chevaux, voitures, barques, guides, drogmans, etc. V. les articles spéciaux, p. 64, 339. 457 , 602, 947.

On trouve maintenant des hôtels à l'européenne dans toutes les villes principales. Dans le centre du pays, on a recours à l'hospitalité des particuliers, des couvents, des karavahséraïs, ou bien, on loge sous sa propre tente, ou dans sa cange (F. p. 359 et 952).

Prendre un courrier, ou guide général pour le voyage, nous semble une dépense inutile, puisque ce guide aura toujours besoin d'en prendre d'autres dans les pays si différents où l'on arrivera. Les guides grecs qu'on peut trouver à Malte, à Corfou et a Athènes, sont, sinon les plus probes, du moins les plus intelligents.

§ 7. Routes préliminaires.— Il nous reste maintenant à conduire le voyageur aux trois grandes villes, où l'on s'embarque ordinairement pour l'Orient, Marseille, Trieste et Vienne. Nous ne pouvons ici indiquer ces routes que d'une manière sommaire. Le voyageur désireux de se rendre en Orient par l'Italie ou par l'Allemagne trouvera des renseignements plus détaillés dans les itinéraires spéciaux de M. Du Pays et de A. Joanne, ou le Guide en Europe, qui les résume en un volume et que Ton pourra emporter sans grossir beaucoup son bagage,

INTRODUCTION

[Routk A.)

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