‹ Itinéraire descriptif, historique et archéologique de l'OrientChapitre 201 sur 511 · LK BOSPHORE · texte numérisé non relu

LK BOSPHORE

eouv/e les pentes de la rhainede montagne* que le

Erojette jusqu'au Bosphore. C'est i seule forêt qu'on trouve dans la Thrace , aux environs de Constantinople. De sa conservation dépend l'alimentation du grand réservoir d'eau de la capitale, et des gardes spéciaux veilJent à la fois sur la forêt et sur les travaux d'art des aqueducs. Le village de Belgrade, qui s'appelait Petra du temps des Byzantins, est situé dans un vallon entre les deux réservoirs appelés le grand Bend et lé petit Bend. Deux réservoirs plus petits , construits par Andronic Comnène , se trouvent de chaque côté du grand Bend ; l'un d'eux se voit sur la route de Pacha-Déré, — De ces quatre réservoirs , les eaux se rendent jusqu'au Paehahouz, ou grande citerne de Pyrgos, bâtie également par Andronic Comnène, et réparée par Osman II.

A l'O. de Belgrade et au N. de Pacha-Déré , dans la vallée de Emad eddin , se trouve un autre bend, celui de Aivat, bâti en 1760 par Mustapha III; ses eaux vont par deux aqueducs dont l'un se nomme le long aqueduc , rejoindre la grande citerne de Pyrgos. Toutes ces eaux réunies dans cette citerne coulent alors vers la capitale el franchissent deux vallées par deux aqueducs dont l'un porte le nom de grand aqueduc de Juslinioi.

En outre de ces beaux ouvrages hydrauliques, la forêt de Belgrade présente les promenades les plus charmantes et les sites les plus pittoresques. Sa végétation , qui rappelle les forêts du Nord, comprend des essences très-diverses, le hêtre, le bouleau, le chêne, le platane, l'yeuse, le pin, l'orme et le oeuplier. Les villages de Bnghtchè - Keui et de Belgrade sont dans les mois de printemps la résidence favorite des Franc», des Grecs et des Arméniens de C'onstantinople ; mais , dans le courant de l'été, la forêt devient moins salubre, et il vaut mieux

'JTKQL'IÊ D'EL'ROPK.

séjourner sur les rives du Bos- monastère phore.

Au N. de Belgrade, on peut franchir la chaîne des montagnes et

Sousser jusqu'à Domouz - Déré, 'où l'on découvre la mer Noire sur une vaste étendue.

Revenons à Buyuk-Déré pour achever de décrire la rive du Bosphore. Le Mézar-Bournou (cap des tombeaux), qui ferme au N.-E.

le golfe de Buyuk-Déré , porte, comme son nom l'indique , le cimetière du village de Sari-Ier (4e sol jaune), célèbre par ses jardins. C'est la que vient aboutir la petite vallée du Kastanié-Sou, déjà mentionnée. Le Mézar-Bournou

n'est autre que l'antique promon-

Route ">H.

de Mavro - Molos , g t ceux d'une tour ronde { furr**- Timxa J qui servait de phare dans les temps anciens.

Buyuk-Liman, l'ancien port des Ephésiens, est le premier mouillage que rencontrent sur cette côte les navires venant de la mer Noire. Il est protégé par la masse rocheuse du promontoire de Koribtché , antique Gypopolis f ou ville du Vautour , à laquelle se rattachait la fable du roi Phint^e, tourmenté par les Harpies; une forteresse couronne le sommet de Karibtché-lSournou ; au delà de ce point, le Bosphore s'élargit considérablement jusqu'au Roumili-Fener ou Fanaraki (le

toire Simas, où s'élevait un temple fanal d'Europe, le petit fanal), qui de Vénus Meretricia, très-honoré en marque la limite. Les trois des navigateurs. On aperçoit en- pointes qui terminent de ce côté suite le village de léni-Mahallé, la côte d'Europe portent des batpuis le fort de Téli-Tabia , un peu teries assez importantes. En face plus loin le château de Roumili- de ces trois promontoires . on Kavak, qui croisent leurs feux avec aperçoit les Roches Cyanées ou les forts de loucha et d'Anadouli- Symplégades (en turc Euréké- Kavak sur la rive opposée. A par- Tachi). Selon la fable, les roches tir de ce point jusqu'à l'embou- Symplégades étaient mobiles, et chure de la merNoire, leBosphore s écartaient pour se heurter enne présente plus qu'un canal droit suite avec violence. On sait avec et évasé, dont les rives escarpées quelle hardiesse .Tason franchit ce et nues offrent un aspect plus terrible passage avec le navire sévère que celles que nous avons Argo. Ce sont des îlots rocailleux longées jusqu'à présent. Téli- reliés au continent par une eapèce Tabia a été construit en 1794 par d'isthme , que les eaux de la mer l'ingénieur français Monnier, et laissent souvent à découvert, de Roumili - Kavak par sultan Mu- I sorte que les ilôts sont alors unis rad IV. C'est en cet endroit que entre eux et avec le continent. Jason avait élevé un autel à Cy- Dans les hautes eaux, les rochers bêle. C'est aussi là que s'élevait le sont au contraire séparés , phéno- Sérapeion , ou temple de Séra- mènes naturels , oui ont donné pis , élevé par les Byzantins. Au naissance à la fable antique. On xiv* siècle, les Génois, établis à voit sur l'un de ces rochers un pic- Galata, et bravant l'autorité vacil- dental avec une colonne brisée, lante des empereurs , élevèrent que l'on nomme sans aucune raisur les deux rives deux châteaux son colonne de Pompée, et qui forts , qui leur assuraient la pos- parait le débris d'un autel romain, session du détroit ; unefortechaine Pour achever cette excursion, était tendue en travers du canal. | on fera bien de pousser sur la cdte

Les ruines du château génois d'Europe sont beaucoup moins bien conservées que celles du château d'Asie (v. ci -après). A quelque distance de là se trouvent,

de la mer Noire jusqu'aux villages de Demirdji-Keui , Zékéré-Keui et Domouz-Dcré , où l'on observe un gisement de lignite , et d'où l'on peut revenir a Buyuk-Déré

snr les hauteurs, les restes du | pafBelgrade. Le fort de Kila pivs

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